HYDROGRAPHIE; FLEUVES ET RIVIÈRES
mer sans profondeur et où les bas-fonds des côtes empêchent les grands navires d’en approcher. C’est là la part de l’ombre dans un tableau qui du reste ne manque pas de clartés.
"Entre la Russie d’Europe et la Russie d’Asie , il y a cette différence que , dans la première , le pays des sources est vers le centre, tandis que, dans la seconde, les berceaux de tous les principaux fleuves sont voisins de la frontière du sud. et en grande partie contenus dans les chaînes limitrophes , d’où ces fleuves descendent vers la mer Glaciale , en franchissant un intervalle d’environ mille lieues , plus ou moins. Aussi, dans la Russie d’Asie, la circonscription des bassins , que nous aurons à déterminer , est - elle plus facile à décrire que dans la Russie d’Europe.
Avec la division par bassins fluviaux nous combinerons celle par bassins maritimes, et c’est cette dernière qui nous fournira les principales rubriques de ce chapitre.
Bnnle d’Europe.
En Europe donc , le pays des sources est vers le centre; le point de départ de tous les grands fleuves est à peu près le même. Le Volga et la Dvina, de même que la Duna, ont leur origine à l’escarpement du nord-ouest du plateau central; le Dniepr, un peu plus au sud, à l’escarpement tourné vers l’ouest, et le Don dans les ondulations de terrain qui, de ce même plateau , se continuent jusqu’à la ville de Toula et le lac Ivanof d’où il sort.
Le territoire européen de l’empire Russe se partage ainsi en un certain nombre de bassins très-inégaux , mais qui tous s’appuient sur ce plateau central. Les bassins du Dnièpr, du Don , de la Duna et de la Dvina sont considérables , mais celui du Volga a des proportions tout à fait extraordinaires et insolites dans notre partie du monde. Il occupe l’est de la Russie; le Don partage avec lui et le Dnièpr le sud; le Dnièpr
règne en outre, avec la Duna et la Vistule, du côté de l’ouest; le nord est en grande partie réservé à la Dvina, qui laisse cependant une portion du sol ingrat des toundras à la Petchora , au Mésen et à l’Onéga.
Bassins penchés vers la mer Noire et la mer d’Asof.
- Avant de commencer avec nous cette étude , le lecteur voudra bien se reporter à la description que nous avons donnée de ces mers1 2.
Nous partirons de l’embouchure du Danube, fleuve qui, depuis le confluent du Prouth, formait dans ces derniers temps et depuis le traité de Boukarest*, la frontière de l’empise de Russie du côté des principautés roumanes ou danubiennes qu'il borde d’abord au sud , qu’il contourne ensuite à l’est, et qu’il met en rapport avec la mer Noire, en les vivifiant par le commerce et par la facilité des communications.
Cependant, quoique deux des trois principaux bras du Danube inférieur, le bras dcKilia et celui de Soulina, lesquels avec la mer , forment les îles de Tchétal et de Léti , appartiennent encore actuellement à l’empire qui nous occupe, et que le troisième, le bras de St. George, trace, depuis Toultcha, la frontière et touche encore par conséquent à ce même empire, nous ne comprendrons pas le Danube, avec son affluent, le rapide Prouth, purement limitrophe, parmi les fleuves russes, et nous ne décrirons pas ici son bassin3. En ce qui concerne la Russie , celui-ci ne se compose guère que d’une grande partie de la Bessarabie; mais, dans son ensemble, il se partage, comme on sait, entre la Turquie avec les principautés d’un côté, et la monarchie Autrichienne de