‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 194 sur 359 · Voir plus haut, p. 50, note · texte numérisé non relu

Voir plus haut, p. 50, note

2. Voir i ce sujet, Ülasius , /(«« , t. II, p. 110, 157, 165.

hydrographie; bassin du dnièpr.

refoulée vers ce dernier système. Le point de partage entre le Dnièpr et la Duna a 200 mètres de haut à Babinovitch , et 260 à Kiséléva. Plus loin, les obstacles disparaissent et le bassin s’élargit : les marais de Minsk et de Pinsk , que traverse le Pripctt venu des abords du bassin de la Vistule , font partie de celui du Dnièpr; et sur la rive gauche du fleuve, la Dessna, séparée de lui par un mouvement de terrain, parcourt aussi une assez grande distance avant de s’en rapprocher. De ce côté, le plateau de Koursk parait constituer le point de partage, qui se prolonge au nord dans le gouvernement d’Orel. Du côté opposé, dans le gouvernement de Kief, les derniers émissaires des monts Karpalhes , en s’avançant à l’est, repoussent le fleuve dans la direction du sud-est, qui remplace alors celle du sud et que le Dnièpr suit jusqu’à Iékatérinoslaf, point où d’autres hauteurs viennent l’arrêter et l’empêcher d’empiéter sur le bassin du Don, assez voisin. Après avoir reçu la Petite Samara, se retournant vers le sud , il est bientôt forcé de se replier vers l’ouest, et c’est ainsi que, moyennant un énorme coude, il aboutit à la mer Noire, non loin du Boug, quand il semblait, au contraire, devoir se rendre en droite ligne dans la mer d’Asof.

Telle est la configuration de ce bassin longitudinal, qui a été, pour les Varèghcs-Russes, la roule de la Scandinavie à Constantinople, et que l’on peut considérer comme le vrai berceau de la monarchie russe antémoscovite.

Étudions maintenant le cours du fleuve lui-même.

Les sources du Dnièpr ' sont un peu au sud de ce que

1. Son ancien nom est Borytlhene» , qu'on trouve dans Hérodote (IV, 53), et qui, applicable surtout au liman, parait signifier passe étroite du nord, de Bopéa;, nord, et OTtvèi;, étroit. D’après cela, il faudrait écrire Borystèue, sans A. Le nom de Danaprit, dont est venu Dnièpr, est donné au même fleuve pour la première fois par Constantin Porphyrogénète (De administrando Imperio, chap. 9) , puis par le géographe de Itavennc et par l'aulcùr du Periplus Ponli

nous avons appelé le pays des sources, tout au nord du gouvernement de Smolcnsk et vers ses confins avec celui de Tver, sous 55° 40' de lat. N., comme nous l’avons dit. Le cours du fleuve, jusqu’à la mer Noire, est d’une longueur de près de 2,000 verstes, et par conséquent double de celle du Rhin. Il coule d’abord au sud , jusqu’à Dorogobouge , où il commence à porter des barques, n’étant vraiment navigable toutefois qu’à partir de Smolensk. Pour gagner cette vieille forteresse , il fait un coude vers l’ouest, laissant entre lui et la Duna, qui lui est parallèle ici, cette large ouverture dont on sait qu’elle est l’entrée de la Vieille-Russie , entrée qu’effleure la grande route de Vilna à Moscou, et dont Smolensk est la clef, conjointement avec Vitebsk, ville ancienne aussi, entourée de fortifications délabrées et située sur les bords élevés «le la Duna. Cette direction vers l’ouest, le Dnièpr la suit jusqu’à Orcha, dans le gouvernement de Mogbilef; là, il se détourne vers le sud, pour arroser ce même gouvernement et baigner la ville du même nom, avant de s’avancer jusqu’à Kief, la vénérable capitale de saint Vladimir, où on le passe sur un pont flottant long de plus de mille mètres Dans les limites de ce gouvernement, il reçoit d’abord à droite le Drouet/ et la Rérésina, dont nous reparlerons, puis à gauche, sur ses confins avec le gouver-

Eujcini qui .«c trouve dons les Geographi minores , cd. Hudson. Le géographe arabe Aboulféda connail le nom de Thanabers, niais il dit d’étranges choses sur le cours du fleuve. Voir l’édil.de M. Reinaud, Paris, 1818, I. Il, lrr part., p. 588.

1. Les Russes ne prononcent pas autrement : or, ce pays c’est la Russie Rlanchc; en polonais , on écrit Mohilcw.

2. On peut voir sur Kief et son histoire, notre ouvrage La Russie, la Pologne et la Finlande , p. 449-458; Possart, I. II, p. 859-865, el Rlasius, t. Il, p. 258-258, avec gravures. — Quant à la longueur du pont, le chiffre que nous donnons, nous parait fort, et nous trouvons ailleurs seulement 590 mètres pour la largeur du Dniepr à Kief; cependant Ysévolojski parle de 1,638 pas , el l’on va voir l'estimation de M. Kohl. La profondeur du fleuve . prés de la même ville, est d’environ 16 mètres.

hydrographie; bassin Dr dnièpr.

nement de Tehornigof, la Soja , grossie des eaux de la Pronia. Depuis ce point, où il est dans la Petite -Russie, son pays d’adoption, le Dnièpr sépare les gouvernements de Minsk, de Kief et de Kherson à l’ouest, des gouvernements de Tchernigof et de Poltava à l’est, attirant à lui deux rivières importantes, à droite le Pripett, à gauche la Dcssna, renforcée du Seim; plus loin encore, la Sonia et le Psiol, à gauche, et à droite, le Ross, rivière qui porte le môme nom que l’empire. La rive gauche du Dnièpr est presque toujours trèsélevée, et l’on sait qu’à Kief elle se dresse en charmants coteaux qui font à cette seconde « mère des villes russes » un site fort pittoresque et vraiment imposant. Plus loin, à Krémentchoug , port très-animé du gouvernement de Poltava, il est déjà très-large, car tous ses principaux affluents lui ont apporté leur tribut. Les bateliers de M. Kohl lui donnaient, par estimation, une largeur de 1,700 aunes; mais de quelles aunes voulaient-ils parler?1 Un peu audessous de Verkhné-Dniéprofsk, le fleuve, dans sa marche vers l’est, et après avoir reçu la Vorskla, au delà de laquelle commence sur ce point la steppe, entre dans le gouvernement d’Iékatérinoslaf et baigne le chef-lieu de ce nom. Là , comme on le sait déjà, il arrête la direction de son cours vers le sud-est et coule droit au sud sur Alexandrofsk. C’est dans l’intervalle entre les deux villes, à 12 verstes au-dessous de la première, et sous 48° 20' de lat. environ , que se trouvent , dans un espace de plus de 60 verstes , les fameuses cascatelles ( poroghi ) auxquelles les Kosaks Zaporoghes * ont emprunté leur nom.

1 . Celle filiale incertitude au sujet des mesures est toujours la mémo : avec ces unités vieilles, ou étrangères, impossible de rien préciser! Si l’on a voulu parler d’archines russes, cela ferait 1.2U0 mètres. — Vojr Kohl, fteisen in Sü<l- Hurslami , t. I, p. 9.

2. Non pas Zaporoviens ou Zaporaviens, comme on disait autrefois. Le nmn vient de poroglii, avec la préposition a a, par délit. On prononce cependant paroghi.

La nature, a dit l’ingénieux touriste, M. Kohl, que nous venons de citer, a fait malheureusement, à l’égard du Dniepr , d’ailleurs si beau et si profond, cette seule faute de le gâter, dans son cours inférieur, par des bancs de rochers qui y régnent transversalement et rendent la navigation trèsdifficile. 'Sans ces chutes , ajoute-t-il, qui sait jusqu’à quel point et avec quelle solidité le commerce et la civilisation des anciens Grecs se seraient établis le long du Danube et quelle résistance tout autrement forte on eût pu alors opposer à la barbarie de la migration des peuples ! » Mais ces chutes, qui sont ici de simples rapides et plus loin presque des cataractes, ne constituent pas, comme on l’a vu plus haut1, des accidents de terrain isolés : elles se lient à un mouvement continu du sol, à la petite chaîne granitique dont nous avons déjà parlé , allant des Karpathes jusqu’à l’Oural et qui force aussi le Don à s’écarter de sa direction rectiligne pour faire un immense coude jusque dans le voisinage du Volga.

Sans ces obstacles, qui commencent à une distance d’environ 270 verstes du liman , dont il sera question tout à l’heure, le Dniepr serait en effet , pour la Russie, la plus vivifiante des artères ; elle aurait un point pittoresque de moins et de grandes richesses de plus.

«Près des cataractes, dit encore l’éloquente épouse du voyageur Ilommaire de llell*, le fleuve a toute la profondeur et toute la tranquillité d’un beau lac. Pas une ride, pas une vague n’en altère le sombre azur. Son lit est encaissé par des rochers de granité, dont les blocs gigantesques semblent avoir été entassés au hasard par la main des géants. Tout est grandiose , solennel , dans ces scènes d’une nature primitive. Rien n’y rappelle la fuite et les ravages dû temps. Point d’arbres qui s’effeuillent sur la rive (on est

Page 1