‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 195 sur 359 · Les steppes de la mer Caspienne, etc. , t. I , p · texte numérisé non relu

Les steppes de la mer Caspienne, etc. , t. I , p

hydrographie; bassix du dxiêpr.

dans la steppe), point de gazon qui se flétrisse, point de terrain rongé par la vague : c’est l’image d’une éternelle immobilité.

«Aussi leDnièpr atteint-il ici des profondeurs que la sonde n’a jamais pu mesurer, et les habitants prétendent-ils qu’il renferme dans ses abîmes de véritables monstres marins. Tous les pêcheurs ont vu le silure, requin d’eau douce dont, les mâchoires ne s’effrayent pas d’engloutir un homme ou un cheval , et ils vous racontent à ce sujet des traits qui vous transportent sur les bords du Nil ou du Gange, dans la patrie fortunée des rapaces alligators (?) .»

Au reste, Mme de Ilell, pas plus que M. Kohl, ou, plus anciennement, le comte de Ségur, le compagnon de voyage de Catherine II, dans sa fameuse marche triomphale de Saint- Pétersbourg en Crimée, ne nous décrit en détail les cascades , quoiqu’elle ait passé une quinzaine de jours dans une maison de campagne qui n’en était éloignée que de quelques verstes ; car ce qu’elle dit dans le passage suivant est vague et n’a pas l’air d’un dessin fait d’après nature. «Plus loin, le regard découvre les aiguilles, les masses de granités brisés et les flocons d’écume des cataractes. Çà et là quelques rochers à fleur d’eau , dont l’un surnommé le Brigand (?) , est l’effroi des mariniers, servent de retraite à une infinité d’oiseaux aquatiques , dont les cris joyeux accompagnent longtemps le voyageur que le bac, emporte d’une rive à l’autre. Toute celte scène est gaie , pastorale comme un tableau de Greuze; mais en revanche les collines pelées qui suivent les ondulations de la rive gauche du fleuve ne présentent que tristesse et aridité.» lloinmaire de Hell luimême, dans un autre endroit de son livre remarquable', donne heureusement quelques détails de plus.

1. T. III , p. 280. — Les quelques critiques auxquelles cet auteur, enlevé prcmaturémeitt à la science, se livre contre nous dans le chap. XIX de son tome

La pente générale des rapides du Dnièpr est , d’après ce même voyageur, de 42m. 60 (0.593 par 1000).

On compte ordinairement treize chutes, dont plusieurs toutefois disparaissent au printemps, pendant les hautes eaux, et ne laissent plus voir que des tournants, dangereux à la navigation, sans la rendre précisément impossible. On sait qu’au trefois lesKosaks, dans leurs tchaiks, franchissaient intrépidement ces tourbillons et les cataractes ellesmêmes. Le lit du fleuve, rétréci jusqu’à n’avoir plus qu’environ 100 mètres de largeur, est encaissé dans les rochers granitiques ou calcaires dont les blocs détachés l’encombrent. En luttant avec ces difficultés , le fleuve, dont la pente est si forte qu’il entraîne tout, mugit, se couvre d’écume et lance son eau à une hauteur considérable. Quand ces difficultés proviennent de bancs de rochers continus, mais dentelés à leur extrémité supérieure et présentant ou des pyramides ou des cônes ou aussi des masses arrondies, ce sont alors les véritables poroghi , chutes ou gradins : les habitants d’alentour en comptent aujourd’hui neuf; mais en outre ils comptent neuf saborg ou pérébory , c’est-à-dire rampes, parois , qui occupent seulement un point du lit du fleuve et permettent plus facilement le passage '. Les poroghi se prolongent sur un espace de 230 et en tout même de plus de 900 mètres, dans le sens du cours du fleuve , de manière que, sur ces points là, il n’y a pas de navigation possible en été , par les basses eaux. Dans la saison plus favorable , les

premier, tout en utilisant fréquemment nos données, critiques présentées d'ailleurs avec convenance et auxquelles l’occasion de répondre se présentera dans une autre parlie de cet ouvrage , ne nous rendront pas injuste à son égard et ne nous empêcheront pas de proclamer hautement son mérite , d'ailleurs reconnu par tous les juges compétents.

1. Voir Erman, AreUv, t. IV ( 1841), p. 61 et 62, et t. VI, p. 307-317. Ce dernier article est traduit de la Gazette officielle du gouvernement de lékatcrinoslaf.

Page 1