Voir Murchison, édit. Léonhard, p. 127 et suiv
2. Oppidum in Tanài» ostio ruiT , dit déjà Pline (Il iV. , VI, 7). Voir làdessus Mannert, t. IV, p. 331, et Hommaire, t. III, p. 126, dans le savant chapitre intitulé : Géographie historique et physique de la mer d'Asof.
maisons , et surtout dans les belles figures asiatiques qu’il rencontre en avançant. »
Le lecteur devine que c’est l’épouse, non pas le mari, qui tient ici la plume, et il se défiera peut-être quelque peu de celte poésie; toujours est-il cependant que la Russie n’est pas aussi dénuée de beautés pittoresques qu’on se l'imagine ordinairement, surtout dans le midi, mais aussi dans le nord; car nous -même, en lisant par exemple le voyage du professeur Rlasius, nous avons été surpris de rencontrer partout des «hauteurs», des «escarpements», des «plateaux», des «points très-élevés1; et en décrivant les lacs, nous avons déjà eu à signaler un grand nombre de paysages dignes d’intérêt et peut-être même d’exercer les pinceaux des artistes.
A propos du Don , cependant, le docteur Clarke, nous devons en convenir, n’a pus trouvé sur sa palette des couleurs tout à fait aussi riantes que celles de Mmo de Dell. Sur le Don supérieur, à Pavlofsk, ville de district à 152 verstes au sud de Voronège dont il dit quelle présente un coup d’œil agréable, il ajoute bien1 que «la rivière, large et rapide, offre également un bel aspect», et que les taillis qui en couvrent les rives orientales sont peuplés de rossignols, «dont on entend les chants dans la ville, même pendant toute la nuit» ; mais arrivé dans le pays de la milice, à Kasanskaïa, voici en quels termes il s’exprime : «La ville
1. Chez les voyageurs allemands et dans la traduction allemande de Murchisnn, les mots de llurhland, hdduter Pirnkt , et autres semblables reviennent à tout moment dans la description de ce pays de plaines, qu’on se ligure à tort d'une platitude absolue.
2. Traveln Ihrough iariuu-1 counlriet of Europe , etc., traduction française, Vtnjagea en Un a aie, en Tartane, etc., t. I, p. 319, 350. Voir aussi J. Il, p. 16 et suiv. , avec une carte de l’emplacement de Tcherkask. — Les observations de Clarke sur le nom du Don ( t. I, p. 387 et suiv.) sont presque puériles, et sur la carte des Bouches du Don, on place la •province de Raslof» (lisez district de Rostof) dans le gouvernement de Novgorod Séverski, qui, quand il eiistait , était sur la Dessua, dans la Petite Russie.
hydrographie; bassin du don.
est bâtie sur la rive occidentale du Don. Nous apercevions de nos fenêtres la rivière roulant à grands flots. Des groupes d’arbres et de fleurs , et la plus riche végétation en dessinaient le cours au milieu d’une contrée inculte et découverte; mais au delà de ces rives, tout le pays était nu et stérile.»
Avant de revenir à l’embouchure du fleuve, disons encore un mot de l’espèce d’isthme (en russe volok') qui, entre Katehalinskaïa, à environ 400 verstes au-dessus de l’embouchure du Don, et Tsaritsyne, ville de district et forteresse du gouvernement de Saratof, sur le Volga, sépare le cours de l’un des fleuves de celui de l’autre.
11 a été dit plus haut (p. 201), que l’Obchtcliéï-Syrt envoie ses dernières escarpes jusque sur le Volga , près de Kamychine, et que l’on peut même regarder comme en étant le prolongement les hauteurs sur la rive droite du fleuve, celui-ci ayant réussi à se frayer une route à travers ce mouvement de terrain. C’est, du nord au sud, entre Kamychine et Tsaritsyne, de l’ouest à l’est, entre Katehalinskaïa etDoubofka, que l’intervalle entre le Volga et le Don n’est que d’environ 60 verstes. Aussi a-t-on songé, à différentes époques, à percer ce volok. Le premier, Soliman-le-Grand, en eut, dit-on, le projet : il voulut, vers 1560, opérer la jonction du Don et du Volga, afin de pouvoir arriver par cette voie à Astrakhan, peut-être même à Kasan , et arrêter les progrès de la Moscovie, dont il s’alarmait pour le khan de Crimée*. Pierre-le- Grand , au regard d’aigle de qui n 'échappait aucun élément
1. Vololchnk, dans le nom de Vyschnii-V'olotchok par exemple, est un diminutif de volok, mol qu'on trouve aussi dans te nom de Volokolamsk ( Volok Lamakoï ), et qui signifie portage, intervalle entre deux fleuve» où il faut trainer ou porter les cargaisons. — On dit aussi péréroloka ; la préposition indique le mouvement d'un lieu à un autre.
2. Voir Kar?m/.ine, Histoire de Russie à l'année 1563, t. VIII, chap. 1", et Muller, Der Cgrischc Yolksstamm, t. II, p. 502. Voir eu outre sur celte question, Pallas, Voyagea, t. V , p. 321 et suiv. , et Hôuimaire , t. lit , p. 379.
de prospérité pour son empire, s’occupa à son tour, en 1G9C et, depuis, d’une entreprise semblable sur un point voisin , et un canal fut creusé par son ordre , assure-t-on , en 1716, entre la Kamychenka, faible aflluent du Volga, et l’ilavlia, rivière plus forte qui se réunit au Don, lesquels, selon Vsévolojski ', ne laisseraient plus entre eux qu’un espace de quatre verslcs. Mais rien ne fut achevé, et aujourd’hui même la possibilité de l’opération est encore problématique , attendu qu’on n’avait pas suffisamment étudié la différence de niveau des deux lits. D’après le professeur Parrot, le nivellement est fait maintenant, et il aurait constaté que le niveau du Don est de 42 mètres plus élevé que celui du Volga *. On a parlé encore d’un autre point où la jonction pourrait s’opérer, au moyen de la Karpofka et de la Sarpa. Nominalement, la jonction entre les deux fleuves est accomplie sur un troisième point; du moins Vsévolojski nous apprend que le Voronège, affluent du Don, a été réuni par ordre de Pierre-le-Grand avec la Riaisa qui, indirectement, se joindrait à l’Oka, affluent du Volga. C’est sans doute d’une jonction de la Riaisa , affluent du Voronège, avec la Rakova , aflluent de l’Oka qui va renforcer le Volga , que le géographe russe a voulu parler 5.