Muller, t. I, p
formée, selon Lépékhine1 2 3 *, de la réunion de treize ruisseaux, dont les sources seraient de 540 mètres au-dessus du niveau d’Orenbourg. Là, elle est très-près du fleuve Oural et semble vouloir le rejoindre; mais elle fait des contours, coule au sud-ouest, se retourne au nord, et ensuite, au-dessous de Tabinsk au nord-ouest, direction qui la mène à la ville tatare d’Oufa, qu’on peut regarder comme la capitale des Baschkirs1, et de là, par Birsk,à la Kama. Le principal, affluent de la Biélaïa est la rivière d'Oufa, aussi sortie de l’Oural méridional et qui, au-dessous de Krassno-Oufimsk , reçoit à gauche l’Aï et ensuite le lourouscn. Son eau, d’un blanc de lait très-prononcé, a fait donner à la rivière principale dont nous parlons le nom de Biélaïa, qui, comme celui d’Ak-Idel 5 usité chez les Baschkirs, signilie la Blanche. Elle n’offre pas de cascades, mais son cours néanmoins est d’une faible ressource pour la navigation, à causa des sables et îlots dont il est encombré.
Depuis ce confluent, la Kama coule de plus en plus à l’ouest, tout en conservant une tendance vers le sud. Audessous de lélabouga, elle opère sa jonction, sur sa rive droite, avec son affluent le plus considérable, la Viatka, dont nous avons déjà vu le berceau, voisin du sien , mais qui s’est aussitôt éloignée d’elle, en suivant une tout autre direction.
Cette rivière des Votiaks coule dans un sens diamétralement opposé à celui delà rivière des Baschkirs'; elle a d’ailleurs un cours beaucoup plus long, car on lui donne 1,500
1. Tagehuch , t. II, p. 86. Voir aussi sur elle, Muller, t. I, p. 30.
2. Voir sur elle, Millier, t. I, p. 31-37; t. Il, p. 330-352.
3. Par opposition à cette rivière blanche, les Tatars appellent la Kama, dont clic est un affluent , rivière noire, Kara Idcl, et non sans raison, car la couleur
de son eau est très-foncée.
d. Voir Muller, t. Il , p. 356.
verstes de développement. Depuis Glasof, elle coule au nord, parallèlement à la Kama; mais avant que celle-ci se détourne à l’est, elle-même prend la direction de l’ouest et du sudouest, pour suivre plus tard celle du sud-est, et arroser ainsi presque tout le gouvernement de Yiatka, dont le cheflieu de même nom, anciennement appelé Khlynof, est situé sur la rive gauche de la rivière, celle qui, par son élévation, mérite d’être désignée comme gornaïa. Jusqu'à une certaine distance du chef-lieu et jusqu’après sa jonction avec la Moloma, qui vient du nord, la Yiatka continue de s’avancer au sud-ouest ; mais ensuite elle coule au sud-est, vers Ourjoum et Malmysch. A ce dernier endroit, la grande route sibérienne, dans sa partie entre Kasan et Perm, la franchit. La rivière y a déjà une largeur d'environ 000 pas, et sa rive gauche est fort élevée. Enfin, à Mamadysch, elle se réunit à la Kama. Son cours est lent et sans chutes, mais quelquefois ensablé; son eau est médiocre, mais elle renferme beaucoup de poissons.
A partir de ce confluent, la Kama, coulant de l’est à l’ouest, n’a plus qu’une faible distance à parcourir pour atteindre le grand fleuve, principale artère de l’empire. C’est près de Spask , qu’a lieu ce nouveau confluent.
Tel est le colossal système des eaux du Yolga avec tous ses principaux affluents; système fondamental en Europe, ou du moins destiné à le devenir, quand l’empire des tsars, plus exploré et plus ouvert, occupera dans les préoccupations des Européens la place importante qui lui appartient ; système que nous avons pu seulement esquisser ici et sur lequel il faut consulter les relations des voyageurs-académiciens russes du siècle dernier, ainsi que l’admirable tableau de Muller et les travaux hydrographiques plus récents, mais dont néanmoins on a maintenant un aperçu général où rien d’essentiel , que nous sachions, n’est omis.
hydrographie; bassin de l’oüral. 477
Bassin de l’Oural. Enfermé entre celui du Volga et celui de l’Obi-Irtysch , il est beaucoup plus long que large, mais embrasse néanmoins encore une étendue qu’on évalue à 275,000 kilom. carr. , à peu près égale par conséquent à celle de la monarchie prussienne. Il se compose de la partie orientale du gouvernement d’Orenbourg, agrandie d’une portion de la steppe des Kirghises-Kaïssaks , et de la partie orientale du gouvernement d’Astrakhan , agrandie de môme. C’est une immense steppe presque partout saline, et montagneuse seulement au nord-est, c’est-à-dire à la naissance de la chaîne de l’Oural , dont s’approchent en outre les monts Mougod-iars. Ce bassin, appuyé contre la première et penché vers la mer Caspienne, se partage entre l’Europe et l’Asie, il en a été suffisamment question déjà , et nous l’avons aussi signalé comme la grande porte des peuples de l’Orient, au temps de la migration générale. Aujourd’hui, il n’a guère pour habitants que des nomades, les Baschkirs au nord, les Kalmuks à l’ouest, et à l’est les Kirghises, sur lesquels la Russie exerce une surveillance active et contre qui a été élevée la ligne de forts dont la défense est confiée aux Kosaks ouraliens.
Le fleuve Oural qui , il y a moins d’un siècle , s’appelait encore Iaik ', est généralement regardé aujourd’hui comme
1. Chez les .miens, il était connu, depuis Ptoléméc, sous le nom de Rhi/mmu* ('Pupjio;) ou sous celui de Daix | Aocïij). Le géographe d'Alexandrie (VI, 14) place , après les bouches du Rha (Volga), celles du Rhymmus, puis relies du Daïx, et ensuite celles de l'iaxarte. Après avoir nommé les monts Rhymmiques, il dit qu’en outre du Rhymmus plusieurs autres cours d'eau en découlent, lesquels se réunissent en partie au Rha et en partie au Daix; puis il ajoute, au sujet du mont Nçrossus, qu'il renferme les sources du Daix, de même que celles de plusieurs rivières qui vont se1 réunir i l'iaxarte. D’après cela, l'Oural est ou le Rhymmus ou le Daïx des anciens : on peut choisir. La consonnancc du dernier nom avec celui de Iaik a paru décisive à Manncrt (t. IV, p. 484) et à quelques autres géographes. Ilommairc de Holl (t. III, p. 334) la regarde comme purement fortuite, et nous sommes de son avis quand il n’y attache qu'une médiocre im-
CFIAPITnE IV.
traçant, avec la chaîne de montagnes d’où il sort, la limite entre l'Europe et l’Asie. Hommaire lui donne un parcours de 2,500 kilom. , et M. Arsénief même de 3,000 verstes. D’après l’ouvrage allemand sur les Communications fluviales de la Russie1, la longueur, sans doute directe du fleuve, ne serait que de 1,200 à 1,500 verstes; mais il fait une infinité de tours et de détours , lesquels , si on les porte en ligne de compte , peuvent bien élever le chiffre jusqu’à 2,500 ou même 3,000. L’Oural fait en outre deux grands coudes, le premier vers l’ouest, le second vers le sud et la mer Caspienne. De là , la division en trois parties : l’Oural supérieur, dirigé du nord au sud; l’Oural moyen, de l’est à l’ouest; l’Oural inférieur, encore du nord au sud.
Les sources du fleuve sont au sud du gouvernement de Perm , dans le district de Troïtzk (partie asiatique du gouvernement d’Orenbourg); c’est un point de la partie méridionale de la chaîne ouralique, au sud des vallées transversales de Zlalooust et de Minsk’, qui lui donne naissance. Les sources de la Biélaïa sont voisines de ce point, à l’ouest;
portance. Mais que le Daïz soit alors nécessairement l'Emba, nous ne voudrions pas i'aflirmer davantage, car le mont Norossus n'est pas nécessairement la petite chaîne de Mougod-iar; de même que les monts Hhymmiquos ne sont pas l'Oural, que Ptolémée a pu aussi désigner sous le nom de Norossus. Nous laisserons cela, moins par paresse d'esprit que par conviction , dans le vague où les géographes anciens l’ont enveloppé. D'un autre côté, que le Rhymmus soit le i Cjasuri » (Kiasouri) entre le Volga et le fleuve Oural, comme le veut Mannert, cela ne nous parait pas moins problématique. Ce qui est certain, c’est que déjà cher. Ménandre, et ensuite chez les autres Byzantins, l’Oural s'appelle Daikli ( Aoù'x ) , et que Rubruquis et Plan Car pin, qui l’appellent lagag et laek, avaient entendu le vrai nom de laik, usité jusqu’en 1775. Dans celte année , Catherine 11, pour effacer toute trace de la fameuse et formidable révolte de Pougalchef, changea ce nom en Oural, de même que le petit fort de Veikh-laiksk fut rebaptisé en Verkh-Ouralsk , etc. — Voir eucorc sur le Rhymmus et le Dali, Eichwald , Aile Géographie de » Caspischen ileeree , 1" partie, p. 79 et 86.