HYDROGRAPHIE ; BASSINS DE LA TRANSCAUCASIE
la mythique expédition des Argonautes'. Le Khopi n’a que la moitié de la longueur de l’Ingour, au plus 130 verstes; mais il est navigable jusqu’à une grande distance de la mer. Celle-ci n’est ici pratiquable que pour les petits bâtiments : de plus gros sont obligés de se tenir à plus de 600 mètres de la côte, et le moindre coup de vent les force à lever l’ancre et à gagner la haute mer.
Le Rion ou Rioni, le Phase des anciens*, a un cours long d’environ 250 verstes, et tous les autres cours d’eau de l’iinéreth se réunissent à lui. Il a sa source un peu à l’est de l’Elbrouz, non loin de celle du Térek\ là où, sur la carte du général Khatof, est placé le mont Patza-Passi. La partie supérieure de son cours, dans le Ratcha, est obstruée de rochers et de cataractes. Au sud d’Oni, chef-lieu de ce canton, il passe en mugissant, comme on l’a dit p. 240, par le défilé de Zesi ou Tsési, et il reste extrêmement rapide jusque dans les plaines de l’Iméreth, qui succèdent aux montagnes du Ratcha. Là, au sud de la capitale Koutaïs*, il reçoit sur sa rive gauche la Kvirila, son principal affluent, qui vient du Caucase inférieur et fournit un assez long cours. La route de Redoute-Kalé à Tiflis passe le Rion, sur un pont de pierre à une seule arche, à l’entrée de Koutaïs. De ce point, le fleuve continue à couler au sud, avec différentes sinuosités,
t. Voir Eichwald , Périple, p. 331 et suhr. ; Haonert , t. IV, p 22-47.
2. 4>à3i;, fleuve déjà bien connu d'Hérodote (I, 104). Selon le père de l'histoire, il formait la séparation entre l'Asie et l'Europe (IV, 45 j. D’après d'autres auteurs anciens, il sortait des monts Moschiques, en Arménie. Voir Strabon, XI, p. 497, et Mannert, t. IV, p. 407-409.
3. Voir plus haut, p. 225, et en outre, Klaproth, Tableau du Caucase, p. 125; Gamba, Voyage dans la Russie méridionale, t. I, p. 338 et suiv. , arec une carte du cours du Rion. Voir aussi le chapitre VII, t. I, p. 173, et les chapitres suivants.
4. Le lecteur se reportera, relativement à cette ville, aux pages 240, 253 et 254. Aux ouvrages indiqués dans les notes de ces pages, il peut ajouter Klaproth, Tableau, p. 126.
jusqu’au fort Var-tsikhé, où il tourne vers l’ouest. Un instant, il sépare l’Iméreth du Gouria, et puis celui-ci de la Mingrélie; mais après avoir reçu, à droite, le Tskhénis-Tskhali, qui passe à Klioni et à Maran, en formant la frontière entre l linéreth et la Mingrélie, il entre dans cette dernière, en arrose le sud , y reçoit encore la Tsila, passe au nord du lac Paliastum, et débouche dans la mer, à Pothi, ville aujourd’hui insignifiante dans une plaine marécageuse. La profondeur et la vitesse du cours du Rion, dit Klaproth, diffèrent suivant la nature du terrain; mais ses eaux sont toujours troubles. «Le Rioni n’est navigable qu’à 80-90 verstes audessus de son embouchure. Dans les montagnes, ses bords sont rocailleux; dans la plaine, ils sont argileux et ont ordinairement jusqu’à deux toises de hauteur. Comme les eaux de cette rivière sont mêlées de beaucoup de parties terreuses qui les rendent jaunes, on les peut distinguer de celles de la mer à une distance considérable. Le Rioni est très-poissonneux : on y prend principalement des saumons et des esturgeons, des œufs desquels on prépare une grande quantité de caviar1.» Il a de nombreux affluents, indépendamment de ceux que nous avons nommés.
Le bassin du Ilion est considérable, puisqu’il embrasse tout l’Iméreth, tout le Gouria, tout le Ratcha et une grande partie de la Mingrélie. Son étendue peut être étàluée à 17,000 kilom. carr., plus ou moins*.
1. Sur la situation de Charapén ou Chorapani, le Sarapana de Stral>on (XI, p. 500), où s’établissait la communication entre le Phase et le Cyrus , voir Dubois , t. II, p. 3CO ; voir aussi Mannert, t. IV, p. 411, et Ekhwald, AUe Géographie des Catpischen .Meeres , p. 339.
2. L’Iméreth avec le Ratcha a environ 9,200 verstes carrées ; le Gouria, 1,800 ; la Mingrélie en tout, 8,000. De ce dernier nombre, nous attribuons 2,000 verst. carr. au bassin de l'Ingour.
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hydrographie; bassin du kocr et de l’araxe. 529
Btiiini penchés vers le mer Caspienne.
Nous avons dû compter ceux du Koï-sou et Soulak, du Zamour, et les autres, plus petits, au nord du Besch-Barmak et de la presqu’île d’Apchéron, comme faisant partie de l’Europe. En Asie, abstraction faite de quelques petits bassins côtiers, tels que celui du Pirs-Sagath, entre cette presqu’île et l’embouchure du Kour, il n’y en a qu’un seul à nommer, celui qui embrasse la plus grande partie de la Transcaucasie russe proprement dite : c’est le
Bassin du Kour et de l’Araxe. S’appuyant d’une part, dansl’Arménie turque, sur leTaurus septentrional où les deux fleuves ont leurs sources et où leurs sous-bassins spéciaux sont, à leur naissance, séparés, comme nous l’avons dit', par les monts Tchildyr et les monts Bambak; s’appuyant d’autre part sur la chaîne principale du Caucase dont descendent l’Aragvr, le Ion et l’Alasân, et dont le Kour lui-même baigne le pied, il s’abaisse en approchant de la mer Caspienne. En outre de ces rebords supérieurs, il est séparé des bassins du Rion, de Flngour, etc., par le Caucase inférieur*, de celui de l’Euphrate par le groupe de l’Ararath , et le plateau même de l’Araxe continue, pour la Russie, la limite de ce bassin du côté du sud. Nous disons pour la Russie, car du sous-bassin de l’Araxe dépend encore une partie de la province limitrophe persane d’Adzerbaïdjân. Dans ces bornes, le bassin du Kour-Araxe présente une immense plaine, très-montagneuse dans quelques-unes de ses parties, plate et basse dans les autres, en grande partie géorgienne et arménienne par sa population , mais aussi persane ou d’une autre nationalité, et vers le sud de laquelle s’étale le beau lac de Goktchaï, décrit à la p. 355. Ce sont aujourd’hui, et sauf changement ultérieur, les gouvernements de Tiflis, de Chémakha et