Plus haut, p. 16t
3. M. Hansteen fait ici celte observation que , sur trois cartes russes différentes, l'embouchure du Iénicéï est indiquée différemment , et la différence est de 4 degrés et demi, ce qui, sous cette latitude , fait 33 milles d’AII. ou 24 l kilomètres. Reine-F.rinnerungen aii.t Sibirien, traduet. allem. de Sebald, p. lit.
4. Voir sur elle, p. 372 , et Humboldt, Ane centrale, t. I, p. 370.
hydrographie; bassins intermédiaires. 559
sieurs bassins accessoires, beaucoup moins étendus, et n’ayant d’importance qu’au point de vue géographique. Ce sont des solitudes absolues, dont la description n’offrirait aucun intérêt et dont il nous suffira de faire connaître rapidement les fleuves, tous directement tributaires de la mer Glaciale.
La Piacina, écoulement du lac Piacino (p. 375), est le moins long de ces fleuves. D coule à l’est du liman du léni— cél et parallèlement avec lui, en recevant plusieurs petits affluents. Le golfe de la mer Glaciale où il se jette n’est séparé de l'embouchure du même liman que par une espèce de presqu’île.
La Khalanga sort d’un autre lac au sud du Piacino , où ces sortes de nappes d’eau sont nombreuses. Coulant d’abord à l’est et puis au nord-est , elle arrose la partie septentrionale du gouvernement de lénicéïsk , et aboutit à une baie qui lui emprunte son nom. On donne à son cours une longueur de 700 verstes.
L ’Anabara, plus à l’est, en a au moins 500, et celte ligne, dirigée droit vers le nord, forme la séparation du gouvernement de lénicéïsk et de la province de Iakoutsk, du côté septentrional. Ses bords sont inhabités, tandis qu’on trouve encore quelques établissements sur la Khatanga. Au-dessus de son embouchure, elle reçoit à droite l’Olem ou Olia, comme elle, descendu des dernières ramifications des montagnes entre Iénicéï et Léna.
Enfin, ïOlének, dont la source est dans ces mêmes ramifications , mais sur un point où elles s’avancent moins vers la côte, à peu de distance de Verkhné-Vilouisk, est le plus considérable de ces fleuves secondaires et arrose le nordouest de la province de Iakoutsk.
Bassin de la Léna. La majeure partie de cette même province en dépend , ainsi qu’une portion du gouvernement
d’Irkoutsk. Très-élendu au sud , il se rétrécit vers le nord , où le bassin de l’Olének et celui de la lana le resserrent.
Voici quelles sont ses limites : au sud-ouest, il est appuyé sur les monts Baïkaliques et de la Léna, et ceux-ci, en se prolongeant , deviennent les montagnes entre lénicéï et Léna , lesquelles arrivent jusque sur l’Olének; au sud-est, le lablonnoî-Khrébeth lui sert pareillement de point d’appui. Celuici est continué au nord-est et au nord, par le Stanovoï, la chaîne d’Aldàn et les monts Iansk ou Verkho-Iansk, qui s’avancent jusqu’à proximité de la mer Glaciale. Car on se rappelle que la Sibérie au delà de la Léna , loin d’être plate comme la partie en deçà , est au contraire entrecoupée de soulèvements de toute espèce. Au nord de la Daourie chinoise , le bassin de la Léna , qui confine avec elle , n’est séparé de la mer d’Okhotsk que par une bande d’une largeur très- ,
restreinte : aussi avons nous déjà fait cette observation (p. 3 15) que les affluents du fleuve Aldàn qui ont, pour aboutir avec la Léna à la mer Glaciale , à franchir une distance de
2.000 à 2,400 kilom. , n’en auraient que 200 à parcourir pour atteindre le Grand Océan. Les bassins voisins du nôtre au sud , sont celui du lac Baïkal et celui de l’Amour. La route d’Irkoutsk à Okhotsk le traverse en une longueur qui n’est pas de moins de 3,500 verstes, suivant le fleuve jusqu’à Iakoutsk et touchant sur ses rives à de nombreux établissements; puis allant droit à l’est, dans un pays presque désert depuis cette ligne jusqu’à la frontière chinoise. Il n’y a peut-être pas
1 50.000 âmes dans tout le bassin de la Léna , plus de trois fois grand comme la France : ce sont généralement des lakoutes. Cependant dans sa portion la plus méridionale, au district de Kircnsk 1 , il y a de belles vallées très-susceptibles de culture, et les épaisses forêts sont peuplées de
t. Voir Ha$<el, Kussie d'A'ic, p. 600 • • .
HYDROGR APHTE', BASSIN DE LA LÉNA. 561
gibier et de bêtes à fourrure, comme les cours d’eau , si abondants, le sont de poissons de toute espèce.
Legrand et beau fleuve de ce bassin, la Léna, y trace une immense ligne brisée, ayant son angle à Iakoutsk. D’après M. Ritter, sa longueur serait de 440 milles d’All. ou 3,260 kilom. ; d’après d’autres autorités, par exemple M. le baron de Wrangcl , nous croyons pouvoir la porter jusqu’à 4,000 verstes. Sa source est dans les monts Baîkaliques, à peu de distance du lac, au nord-ouest de l’ilc d’Olkhôn, où commence la moitié septentrionale de ce dernier. D’après les rapports des voyageurs, elle se trouve, à la hauteur d’environ 680 mètres' au-dessus du bourg appelé Kalchonga ou Katchougskaïa Pristân *. Déjà large comme la Tamise, au rapport de l’Anglais llill’, elle coule d’abord du sud au nord, et ensuite elle se retourne au nord-est en décrivant tontes sortes de sinuosités. Dans la partie supérieure de son cours , la Léna, très-rapide, mais cependant déjà navigable, est hérissée de rochers de calcaire escarpés qui, sur quelques points, offrent à la vue des dentelures bizarres, des colonnes et d’autres accidents de terrain curieux *. Après avoir touché à Kirensk, elle arrive à Vitimsk, et là, non loin de la limite du gouvernement d’Irkoutsk , elle reçoit par la droite son premier affluent considérable, le Vitim, auquel M. Pavlof donne 1,500 verstes de long. Sorti du lablonnoi Khrébeth,. à l’est du lac Baïkal , il décrit pendant quelque temps les
1. Humboldt, Asie centrale, 1. 1, p. 370; Ritler, t. III, p. 23.
2. Voir Wrangel, Reite , t. I, p. 126. — D'après cet auteur, un bateau <i vapeur arriverait d'ici, en uu mois, aux |«)inls les plus éloignés de la basse Léna.