Emian, Rrisr , 1. II, p
3. Images de la faim dévorante, dira peut-être, un juge moins satisfait. Hâtonsnous cependant d'ajouter que ce ne serait pas tenir compte de l'abondance des poissons dans les fleuves. Voir Erman , t. U , p. 39.
HYDROCRAPHIE ; BASSIN DU IÉNICÉI. 557
devient de plus en plus un grand fleuve: en hiver, il n’a pas moins de 1 ,300 mètres de largeur. Mais il coule , avec une assez forte pente , par des déserts , qui n’ont que lui pour les animer un peu. Sa rive droite est haute , et même la rive gauche est souvent hérissée de rochers et de montagnes. Ses affluents de gauche sont insignifiants, le Sym, le lélo— goui , etc. Entre ces deux , sous 61 0 30' , il s’élargit en un lac plein d’iles: puis il reçoit à droite la Podkamennaïa- Toungouska (Toungouska au delà des rochers), qui vient des montagnes de la Léna , dans le gouvernement d’Irkoulsk. Plus loin , encore à droite (car tous les grands affluents du Iénicéï lui viennent par cette rive), il est rejoint par la Toungouska inférieure , dont la source est voisine de celle de la Toungouska moyenne ou Podkamennaïa, et dont le cours est long d’environ 1,500 verstes. Un peu au-dessous, mais à 921 verstes de Iénicéïsk , est Touroukhansk , ancienne ville de district , où l’on vient de loin , par eau , attiré par la foire aux pelleteries ’. Enfin , au - dessous du Vieux Khantaïsk (Staro-Khantaïsk , ainsi nommé pour le distinguer de Khantaïsk situé plus au nord) , dans le pays des Samoïèdes Khasovas, le Iénicéï ralentit son cours et le transforme dans ce liman que l’on qualifie souvent de baie et qui , d’une largeur inégale , a plus de 330 kilom. de long. Nous en avons parlé à la page 96 , en décrivant la mer Glaciale, où il aboutit. U est obstrué d’iles et d’ilots, et couvert de glaces jusqu’au mois de juin.
Comme tous les fleuves de la Sibérie , le Iénicéi est riche en poissons. Quant à l’affirmation de Vsévolojski que, sur ses bords, on trouve des mines de charbon de terre trèsriches, nous la donnons pour ce qu’elle vaut, sans y attacher beaucoup d’importance.
1. Erman, Heise , t. H, p. 230. Voir aussi Ennan, Arehiv, t. XI, 1852, p. 337-340, Die Stadt Turuchantk.
Ajoutons encore un mot sur la Toungouska inférieure , qui n’est autre (jue Y Angara inférieure, nom sous lequel elle s’écoule du lac Baïkal au-dessous d’irkoutsk , capitale de la Sibérie orientale ’. Les voyageurs la décrivent comme un fleuve majestueux, et nous en avons déjà vu un s’extasier à son aspect *, surtout à propos de sa cascade des Chamanes. A son origine, elle a la largeur d’une verste; très-rapide et très-profonde, elle est d’une limpidité parfaite. D’irkoutsk, l’Angara inférieure coule au nord avec beaucoup de sinuosités, et est grossie, entre Balagansk etPadounsk, par l’Oka , qui s’unit à elle sur sa rive gauche. A droite , elle reçoit l’ilim avant de sortir du gouvernement d’irkoutsk. Arrosant alors le pays des Toungouses, elle est appelée Toungouska supérieure et entre dans le gouvernement de lénicéïsk , où elle coule alternativement au nord-ouest et à l’ouest pour opérer son confluent avec le grand fleuve, peu au-dessus de la ville de lénicéïsk s.
L 'Angara supérieure, remarquable par ses cataractes, appartient au bassin du Baïkal*. Hedenstrôm voudrait regarder tout le lac comme le lit de l’Angara supérieure continuée par l’Angara inférieure, et alors la Sélenga serait un affluent de la première.
Bassins intermédiaires. Le bassin du Iénicéï, dans sa partie méridionale, touche immédiatement au bassin de la Léna ; mais il n’en est pas de même au nord , du côté de la mer Glaciale. Là , ils sont séparés l’un de l’autre par plu-
1. Outre les ouvrages cités p. 292, note I , on peut consulter sur Irkoutsk, llill , Heine in Sibirien , t. Il , p. 300 et suiv.