‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 291 sur 359 · Ceci d'après les calculs de M. de Humboldt · texte numérisé non relu

Ceci d'après les calculs de M. de Humboldt

CLIMATOLOGIE RUSSE

M. de Humboldl fait observer ' que de Saint-Pétersbourg à Odessa , à Nikolaïef , à Simféropol (différence de latitude 13 et 15 degrés), le décroissement est très-régulièrement de 0°,40 par degré de latitude. Dans d’autres contrées, par exemple dans l’Amérique orientale, la proportion du décroissement est différente.

Quoi qu’il en soit, si l’on compare la tempértTture moyenne de Tiflis à celle d’Oust-Iansk , on remarque une différence de 31 degrés, différence énorme et telle qu’elle existe par exemple entre le Spitzberg et Rio-Janeiro.

Au total , le climat de la Russie est rigoureux : la température moyenne de l’hiver dépasse le point de congélation même dans les parties les plus méridionales; dans toutes, la différence entre cette température et celle de l’été est énorme. C’est , dit notre illustre guide , aussi grand physicien que géographe, un climat éminemment continental et il entend désigner par là un climat excessif, analogue à celui des États-Unis d’Amérique, avec des étés très-chauds succédant à des hivers très-froids , tel enfin qu’il résulte de masses de terres compactes. Et naturellement ce climat devient de plus en plus continental à mesure qu'on avance vers l’est , puisque ces terres déjà compactes en Europe le deviennent encore davantage en Asie, et qu’au lieu des vents de mer, relativement tempérés, y régnent des vents de terre refroidis sur ces immenses espaces et contre lesquels il n’y a pas d’abri 3.

Ce qui atteste quelle faible part le degré de latitude, pris isolément, peut quelquefois avoir au chiffre de la lempé-

t. Asie centrale, I. III, p. 229.

2. Ibidem, p. 32. II oppose ce climat à celui des eûtes, des Iles, et des pays partout voisins de la mer.

3. Voir Asie centrale, t. III, p. 25 et suiv. , sur les causes de ta température modérée de l'Europe occidentale et de la température relativement froide de l’Asie.

rature d’une localité, c’est que les hivers d’Orenbourg, ville placée à huit degrés plus au sud que Saint-Pétersbourg’ étaient en moyenne de— 17°, 8 ou de — 15°,2 dans des

années où ils étaient dans la capitale de — H°,3 et 10° 8

Aucun arbre fruitier ne végète autour d’Orenbourg situé sous la latitude de 51° 45' 31 ", qui est celle du nord de l’Allemagne; les saules, le bouleau et le robinia caragana sont, dit M. de Uumboldt1, les seuls arbres à feuilles non acéreuses que l’on puisse cultiver. Pendant l’hiver de 1829 les rennes, qui habitent généralement par le 62e degré de latitude, ont fait des excursions jusqu’à l’usine de cuivre de Préobrajenskoï, qui n’est pas d’un demi-degré plus septentrionale qu’Orenbourg. Même dans la steppe, plus méridionale, des Kirghises (46° à 51°), le mercure est quelquefois, et pour des journées entières, à un état de congélation qui le rend malléable*. A Kizliar, sur le Térek (sous la latitude d’Avignon et de Rimini) , on voit souvent en hiver descendre le thermomètre centigrade à 25 et à 30 degrés au-dessous de zéro. Moscou et Kasan , quoique situées sous la même latitude, ont un climat respectivement très-différent.

Ici donc le climat est déterminé, au moins jusqu’à un certain point, par les masses de terres continentales. L’Asie, nous voulons dire la Sibérie , contribue beaucoup à refroidir la Russie d’Europe. Elle est si excessivement froide , parce qu’au nord elle est exposée aux vents glacés de la région arctique , et qu’au sud , elle est défendue contre les vents chauds des contrées tropicales par de hautes chaînes de montagnes. De cette circonstance importante résulte que le climat russe en général n’est pas aussi tempéré que la latitude le ferait supposer; mais il n’est tout à fait froid que

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