Beitrâge , t. III, p
2. Erman, Archiv, t. IX, 1850, Dos Klima von Woloqdn , p. 172-179.
3. Sur le climat de la Finlande, voir l'ouvrage du prince Galilsyne, t. I, p. 316. Sur celui de Novaîa Zemlia, Humbnldt, Asie centrale, t. III, p. 46-48.
sud jusqu’à 38° 20', ce qui esl une latitude comparable à celle de Messine (38° 11'). à celle de Smyrne (38° 25'), et à celle qui , en Espagne , sépare Valence de Carthagène. En somme, cependant, la Transcaucasie est loin de jouir de la même douceur de climat. A des étés brûlants succèdent des hivers froids , et rien n’est plus fréquent que les changements subits de température. Néanmoins , si le chiffre donné par M. de Humboldt est exact, la température moyenne de l’année à Tiflis (41° 41' 4") est de 4- 15°, 8, celle du mois d’août de 4- 28°, 5, celle de décembre de 4- 5° , 8 ; et cette ville appartient à la zone que M. le comte Cancrine a désignée comme celle de l’olivier , de la soie et de la canne à sucre *. Mais l’écrivain - ministre ne manque pas de faire l’observation que cette zone n’offre pas un caractère uniforme et que le climat des vallées y est bien différent de celui des plateaux. 11 assure, avec toute l’autorité de l’éminente position qu’il occupait, que la canne à sucre, autrefois cultivée dans ces lieux, y reparaît vers l’embouchure du Kour, et que dans les chaudes vallées voisines de la Perse croissent le cotonnier , le riz et différents fruits du sud.
La côte méridionale de la Crimée au pied de la laïla , cote délicieuse où la terre est couverte de vignobles, de vergers et de jardins, participe encore de ce climat; mais au nord de la laïla, au nord du Caucase, tout prend un autre aspect , l’influence de la bise se fait sentir , la température passe d’une chaleur extrême à un froid extrême. A Astrakhan , cependant, la chaleur s’élève en été jusqu’à plus de 30 degrés de l’échelle centigrade; la moyenne de l’été y est de 4- 21° 9, mais aussi la moyenne de l’hiver de — 2°, 8. La moyenne générale de l’année est de 10°, 1. 11 n’est pas rare , dit Ilom-
1. Die klimalitchen Verhàllnisse Ruetlandt , dans Erman , Archiv, l. I, 1811 , p. 702-722. — Sur le climat de Tiflis, voir Asie centrale, t. lit , p. 564.
CLIMATOLOGIE IIL’SSE.
maire*, qua six mois d’intervalle les variations thermométriques embrassent jusqu’à 70 et même 75 degrés de l’échelle centigrade. «Dans notre voyage à la mer Caspienne, nous avons eu pendant quatre mois consécutifs de 30 à 38 degrés de chaleur, et pendant plusieurs jours de suite le thermomètre s’est élevé jusqu’au chiffre énorme de 30 à £0. » En revanche, ajoute -t- il, «les froids commencent dès le mois d’octobre, et souvent même, à cette époque de l’année, le thermomètre descend déjà jusqu’à 15 degrés au-dessous de zéro , et une neige abondante recouvre toute la surface de la steppe. Ils se continuent ensuite jusqu’au commencement de mai, et, pour peu que l’hiver ait été rigoureux, le Dnieper et le Boug ne se débarrassent de leurs glaces que vers la fin d’avril.» Sur la côte occidentale da la mer Noire , les froids de 28 et de 30 degrés ne descendent presque jamais au delà du 46e degré de latitude ; mais sur le littoral de la mer Caspienne , soumis à la fois aux influences de l’Europe septentrionale et de la Sibérie , on constate des froids de 32 degrés jusque sous le 44® degré de latitude. Eufin , lors de l’expédition contre Kliiva , en 18-40 , M. Tchikhatchef constata un froid de — 43°, 7 à Ak-Boulak, sous le 47e degré de latitude. «Des froids rigoureux , dit encore Hoinmaire, l’on passe sans transition aux fortes chaleurs de l'été. Les effux provenant de la fonte des neiges septentrionales n’ont pas encore fini de s’écouler , que déjà le thermomètre s’élève dans la steppe à 30 degrés de l’échelle centigrade. C’est vers le milieu de juin que commencent les chaleurs les plus intenses , pour continuer jusqu’aux premiers jours de seplemhre. A l’arrivée de eette saison, les pluies deviennent une exception des plus rares, et quinze jours de soleil suffisent le plus souvent pour dessé-
1. T. III, p. 34, dans le chapitre intitulé : Éludes relatives b la climatologie " de la Russie méridionale.
cher et brûler la brillante végétation de fleurs printanières qui a succédé aux neiges de l’hiver, etc. >
Voici , (juant aux principales localités du midi de la Russie d’Europe , plus Tiflis , le résultat des observations de M. Vesselofski. On remarquera qu’il présente des variantes notables relativement aux données du tableau Mahlmann dont il a été question plus haut; mais les degrés se rapportent au thermomètre Réaumur et non à l’échelle centigrade.
Température moyenne
Odessa ....
de l'année.
de l'hiver.
Nikolaïef . . .
Kherson . . .
Astrakhan . .
Kizliar . . . .
Simféropol . .
Sévastopol . .
Tiflis
Après avoir fait connaître les points extrêmes , c’est-àdire l’exception , il nous reste à nous occuper de la règle , c’est-à-dire du climat de la Russie moyenne en Europe, telle •pie nous l’avons délinie à la page 343, de l’étendue comprise entre le 50° et 60e degré de latitude. Nous résumerons à cet effet les observations climatologiques faites à Moscou, placé au centre, à Kasan qui se trouve vers l’extrémité orientale, à Saint-Pétersbourg, point voisin de l'extrême limite de cette zone du côté du nord, et à Varsovie, qui représente l’extrémité occidentale. Nous ajouterons quelques mots sur Astrakhan et sur Taganrog, quoique ces villes soient déjà au delà de la zone, vers le midi.
Moscou (lat. 55° 45' 21"; long. or. 35° 17' 30"). — Selon M. Spaski’, la température moyenne a été, de 1820 à 1841 ,
1. Auteur de l'ouvrage O klimalè Moiknj, Moscou, 1847, in 8°. Voir aussi
CLIMATOLOGIE RUSSE
en degrés centigrades, comme suit: pour l’année entière -t-40,1*; pour l’hiver, — 9°, 5; pour le printemps, -+- 4°, 5; pour l’été, -+- 17°, 4; pour l’automne, -t- 4°,0. Les plus grands froids arrivés dans les dernières de ces années ont été de — 33° en 1841 , de — 39°, 2 en 1840. Le mercure n’a gelé qu’une seule fois pendant les dix-sept années de 1820 à 1837*. La moyenne de la plus grande chaleur, qui se l'apporte au mois de juin (à un mois tout entier), est de 21 degrés centigrades; la moyenne du plus grand froid, se rapportant à décembre, de — 9°, 9. Dans une autre période de seize années , le plus grand froid a été de — 33°, 8 R. ; la plus grande chaleur, de -t- 28°. A Moscou , le printemps et l’été sont plus chauds, l’automne et l’hiver plus froids qu’à Saint- Pétersbourg.
Kasan (lat. 55° 47' 50"; long. or. , 40° 47'). — Son climat est bien plus rigoureux que celui de Moscou. D’après M. Knorre, professeur à l’université de cette Aille3, la moyenne des années de 1834 à 1837 aurait été comme suit: pour l’année entière , -t- 1°,9‘; pour l’hiver, — 14°, 3; pour le printemps, H- 3°,2 ; pour l’été, -+- 16°, 2; pour l’automne , -t- 2°, 7. Les plus grands froids ont été, dans ces mêmes années, de 29°, 5 et 30°, 2; les plus grandes chaleurs, de -+- 27», 8.
Saint-Pétersbourg (lat. 59° 50' 31" ; long. 27° 58' 34"). — Nous donnons les chiffres d’après l’astronome Vischniefski ,
llumboldt, Asie central* , t. III, p. 59-61 , et p. 552-535; et Erman, Archic , t. II, 1818 , p. 231-239, l’eber tins h'Iima von iloskau.
1. Les calculs de Mahlmann ont présenté une variante : selon ses tableaux, la température moyenne de l’année serait de -t- 3°, G , etc.
2. Asie centrale, t. III , p. 57 , où l'on peut trouver aussi des points de comparaison.
3. On peut comparer les observations de M. Knorre avec celles de M. Simonof (cité aussi par M. Struve) dans l'Asie centrale, t. III, p. 66 et p. 554.
4. Selon le tableau de Mahlmann, -4-2°, 2. Hiver, — H», 3; été, -t-17“,0.
et se rapportant aux années de 1832 à 1834*. La température moyenne, pour l’année entière, de l’échelle centigrade : -f- 3°, 5; pour l’hiver, — 8°,4; pour le printemps, -t- 1°,7 ; pour l’été, -+- 15", 7; pour l’automne, -4- 4°, 7. De 174-4 à 1845, il y a eu à ce sujet des oscillations continuelles*. Moyenne de la plus grande chaleur’, se rapportant à juillet, 17° 3; moyenne du 'plus grand froid, en janvier, — 9-5. Le thermomètre monte souvent à 27 degrés R.; en 1826, il s’éleva même à 35. Il descend presque chaque liiver et au moins pour deux ou trois jours, à — 26°, quelquefois à • — 30° , mais rarement au-dessous; le maximum moyen du froid a été, en 17 ans, de — 24° '/, R. Jamais, à Saint- Pétersbourg, le mercure n’a été vu gelé par suite d’un froid naturel. Cependant l’hiver dure cinq, six et même sept mois. Dans la règle (déduite d’une expérience de plus de 120 années), la Néva est prise pendant 146 jours, ce qui donne presque la moyenne de cette durée *; toutefois un tableau météorologique relatif à 1840 que nous avons sons les yeux , constate qu’encore au mois de mai le thermomètre est descendu à — 3°, 3 IL, qu’il était en septembre au point de congélation , et qu’il n’y a eu dans l'année que trois mois
1. Asie centrale, t. III, p. 56. Voir cependant Kupffer, Veber die Ableitung miltlerer Tagestemperaturen in H ussland, dans Ennan, Arcbiv, t. VIII, 1848, p. 88. D'après le savant académicien de Saint-Pétersbourg, la tempéralure moyenne de l'année dans celle capitale est de -I- 3", 3. M. Emian adopte aussi ce chiffre , Archiv , t. I, 1841 , p. 247. — Le tableau du Calendrier académique de Saint-Pétersbourg (1850, p. 50j donne encore des résultats différents, avec de grands détails. Voir aussi l'Annuaire météorologique et magnétique du Corps des ingénieurs des mines; Heine, Mediciniscli - topographische Skias von Sancl-Petersburg, 1844, p. 3-8; et Possart, t. Il, p. 255-257.