‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 293 sur 359 · Reite, I. II, p · texte numérisé non relu

Reite, I. II, p

3. licite , I. Il, p. 239. — Notons repondant que, d'après le môme explorateur, les Initiaux , à Vcrkho-lansk , vont encore à la pâture en hiver (p. 238).

CLIMATOLOGIE RUSSE

produit, dans le gosier et dans les poumons, un sentiment tout particulier de douleur. Avec cela, il ne lui est pas permis , pendant dix heures et plus (c’est le temps que l’on met d’une couchée à l’autre), de se séparer de son cheval; car, vêtu comme il l’est, il n’a pas la liberté de faire même quelques pas dans cette neige profonde par laquelle les chevaux les plus exercés ont peine à se frayer un chemin. Et ces pauvres bêtes ne sont pas moins à plaindre que le cavalier; car, indépendamment du grand froid en général, leurs naseaux se garnissent de chandelles de glace qui leur rendent la respiration très-difficile, etc., etc.» Le même auteur nous apprend1 que, vers les bords de la Kolyma, on rencontre des champs de glace et des glaciers particuliers qu’il nomme laryni , formés par des eaux qui s’épanchent de la terre , gèlent, sortent des premières couches glacées à travers des crevasses, s’épanchent et gèlent encore, et superposent ainsi une couche glacée à l’autre jusqu’à une certaine hauteur.

Un tel froid a de quoi effrayer l’imagination. Cependant la température parait tendre à s’élever. Avant 1820, il ne se passait pas d’année à Irkoutsk que, dans quelques nuits, le mercure ne gelât : à partir de 1820, certaines années ont fait exception à cette règle. Depuis 1830, le maximum du froid n’a pas dépassé 28° R., et même quand il est à — 30°, dit M. Hansteen, l’air est heureusement toujours calme, ce qui, joint à la sécheresse, produisait cet effet que le voyageur norvégien en souffrait moins que par 15 degrés dans son propre pays. Néanmoins, il nous fait part du fait suivant assez significatif : «J’ai couvert , dit-il, avec du cuir mince les vis des instruments, parce que si quelqu’un touche à du métal avec la main nue, il éprouve la même douleur

t. T. II, p. 234.

comme s’il palpait un charbon ardent, et il en résulte une ampoule blanche comme après l’attouchement d’un fer rouge.» Voici ce qu’il ajoute relativement à l’état du ciel : «Je crois qu’il serait difficile de trouver un climat aussi favorable aux observations astronomiques que celui de la Sibérie. Depuis le moment où l’Angara, qui sort du lac Baïkal et entoure en partie Irkoutsk, est prise par les glaces1, jusqu’au mois d’avril, le ciel est constamment serein : on n’aperçoit pas un nuage; le soleil se lève et se couche dans toute sa splendeur, le froid étant de 30° à 85° R., et n’a pas cette apparence rouge qu’il prend chez nous près de l’horizon en hiver. La situation élevée du pays et la grande distance où il est de la mer, rendent l’air sec et libre de vapeurs. Au printemps, le soleil a tant de force que, lorsque le thermomètre marque à l’ombre de — 20° à — 30°, l’eau coule des toits du côté tourné vers les rayons de l’astre du jour.»

On a vu plus haut la température générale d'Oust-lansk, situé sous 70° 55'; la température moyenne de l’hiver y est de — 38°, 30. A Irkoutsk, sous la latitude de 52° 17' 16", mais, il est vrai, à une altitude de 450 mètres, la température moyenne de l’année est encore de — 0°,2, et celle de l’hiver de 1 7°, G.

La température moyenne de l’été est à Irkoutsk de -+- 15°, 9, et à Iakoutsk de -4-17°, 2 : nous rappelons qu’à Paris elle est de -+- 18°, 1 et à Londres de -+- 17°, 1. En 1813, le maximum de la chaleur s’éleva en Sibérie jusqu’à 31°, 6 IL, c’est-à-dire au delà de la limite ordinaire, qui est de 28° R.

1 . Ce qui arrive rarement avant le milieu de décembre (voir plus liant, p. 372). L’hiver cependant, quand il est précoce, commence à Irkoutsk déjà à la mioctobre; quand il est tardif, il rommence à la mi-novembre. Le grand froid y dure jusqu'au milieu de février. — Sur le climat du lac Baïkal, voir Hitler , t. III, p. 97 ; Erman, t. ll,p. 99.

CLIMATOLOGIE RUSSE

A Tobolsk aussi , le climat est encore très-rude : la température moyenne de l’année y est (sous 58° 12' 22 ") de 4- 0°,63. Rarement, dit M. Erdmann1, le dégel est complet, en été , sous le plancher qui remplace le pavé des rues ; et même en août le sol est gelé par-ci par-là, quoiqu’à l’heure de midi la chaleur dépasse souvent 30° R. Le Tobol et llrtyscli sont pris avant le 20 octobre , et la débâcle n’arrive que vers le 20 avril. En comparant cette situation avec celle de Vologda, en Europe, sous 59° 13' 35', l’avantage sera très-décidément du côté de cette dernière ville, car la température moyenne de l’année y est de 4- 2°, 15. Les hirondelles y arrivent, en moyenne, le 14 mai , et il faut pour cela une température de 4- 7°, 17*.

A Arkhangel (64° 32' 8"), le climat est naturellement moins clément qu’à Vologda : la température moyenne de l’année y est de -f- 0°,7 R. Le jour le plus court n’y dure que 3'heures 47 minutes: le 21 décembre, le soleil s’y lève à 10 heures 6 minutes, et s’v couche à 1 heure 53 minutes; tandis qu’à Astrakhan , il se lève à 7 heures 43 minutes et se couche à 4 heures 16 minutes. En revanche, le 21 juin, le soleil se lève à Arkhangel à 1 heure 23 minutes et se couche à 1 0 heures 41 minutes \

De l’extrême, nord, passons à l’extrême, sud.

Là encore, la nature «continentale» du climat se fait sentir. Car les contrées au sud de la ville deTiflis sont à peu près sous le parallèle du golfe de Naples (lat. 40° 51'), site délicieux où la moyenne de l’année est de -t- 16°, 7, et où celle de l’été s’élève jusqu’à 4- 24°. La lisière méridionale du khanat de Talysch ou Talycliinc s’étend même vers le

Page 1