Dans l'introduction, p
point de vue est différent : ce n’est pas de l’utilité des choses que nous avons à nous préoccuper , c’est du fait même de leur existence , et sous ce rapport, sans doute, un vaste champ s’ouvre devant nous. Néanmoins la question reste toujours ' celle-ci : la multiplicité, la variété des minéraux, des végétaux, des animaux, sont-elles en rapport avec l’immensité du territoire ?
En général, nous l’avons Air, dans les portions de ce territoire où règne la nature du nord , — et elles laissent peu en dehors d’elles , — les observateurs exercés ont moins trouvé le caractère de la variété , qu’au contraire celui de la monotonie. On se rappelle les remarques ingénieuses de M. Blasais', et ce mot profond : *Une richesse inépuisable de vie en grandes masses est étalée dans toutes les directions; mais toute cette vie atteste une indigence d’idées qui est réduite à une éternelle répétition.» L’uniformité, on peut le dire, est, relativement aux productions, excepté peut-être celles du règne minéral , le caractère de la Russie d’Europe, comme de la Russie d’Asie; la Transcaucasie et le littoral méridional de la Crimée y ont seules été soustraites.
Il n’en est pas moins vrai, nous le répétons, qu’en énumérant les productions , on a la plus vaste échelle à parcourir : chacune des grandes divisions de la Russie en fournit quelques-unes qui lui sont propres, et, comme nous l’avons dit autrefois, la somme de toutes celles qui se présentent à l’observation attentive, forme une richesse nationale assez considérable pour permettre à la Russie de se suffire, au besoin, à elle-même, et pour justifier l’orgueil avec lequel ses vrais enfants regardent leur patrie.
Nous passerons successivement en revue les trois grands règnes de la nature.