Saint-Pétersbourg, 1810, p. 8 et suiv
NATURE ET PRODUCTIONS DU SOL. • 607
déjà explorées, . . . sont au contraire remarquables par la quantité et la variété de métaux et de minéraux qu’elle^ renferment. L’Oural et l’Altaï , dont les montagnes de Nertchinsk peuvent être considérées comme le prolongement, doivent être rangés parmi les dépôts métallifères les plus riches du globe , et surtout au nombre de ceux qui offrent le plus de chances de durée. L’or, le platine, l’argent, le cuivre, le plomb et le fer sont les métaux qu’on y exploite. L’or, que les alluvions de l’Oural peuvent cesser de fournir un jour, paraît inépuisable dans celles qu’on découvre continuellement dans le développement immense de la chaîne altaïque et de ses innombrables accotoirs1. Le platine, compagnon inséparable de l’or dans tous les gisements, n’en offre encore qui lui soient propres que dans une localité de l’Oural; mais il serait possible qu’on en découvrit dans les gîtes nombreux de la Sibérie. L’argent, dont les mines principales paraissent épuisées , doit se trouver dans les grandes vallées de l’Altaï, à peine visitées par de rares voyageurs, et dont la composition géologique offre de l’analogie avec celles qui renferment les mines exploitées. Il en est de même du plomb. Le cuivre offre encore de magnifiques gisements dans les deux chaînes. Quant au fer , ce qu’on en connaît dans l’Oural seulement suffirait à une production sans limite; et de plus, ce métal se trouve en abondance dans certaines parties de l’Altaï, du territoire de Nertchinsk, et en moindres qualités dans quelques gouvernements méridionaux de l’empire.
«Les produits minéraux (non métalliques), continue l’habile rédacteur de cette introduction , abondent également en Russie. Les gisements de pierres précieuses de l’Oural, les riches carrières de jaspe, de porphyre et de marbre, variés
t . Tels par exemple que la chaîne de Kouxnotik el de Salaïrsk. Voir p. 285.
de texture.et de couleurs, qu’on rencontre dans l’Altaï, les cristaux rares et recherchés de différentes substances appartenant exclusivement à son territoire , ses vastes dépôts de sel gemme, et quelques bassins houillers à peine explorés, mais les plus étendus qui soient au monde', mettent la Russie au premier rang parmi les pays les plus riches en produits minéraux. . . .
«Si l’on compare, dit-il en finissant, les points occupés du territoire métallifère avec ceux qui sont encore inexplorés, on remarquera que le connu est encore dans une proportion bien faible avec l’inconnu. Que de lichesses peuvent encore se révéler aux générations futures! Il n’est pas impossible que la destinée de l’empire soit de rouvrir la source de richesses dont l’Amérique fut longtemps en possession de doter le inonde, et qui, épuisées par le temps ou rendues improductives par des bouleversements politiques, ne seraient plus pour elle que le brillant souvenir de son importance passée.»
Dans les seuls monts Ilmen', devenus célèbres par cette raison, on trouve, au milieu du granité, presque tous les genres de minéraux, ainsi que M. Gustave Rose l’a constaté. En voici l’énumération : feldspath, albite, quartz, mica, élæolithe , sodalithe, cancrinite, amphibole, épidote, tourmaline, grenat, béril, zircon, topaze, corindon, apatite, monazile, spath fluor, spath calcaire, litanite, pyrochlore æschinite, urano-tantalc , tchevkinite, mengite, ilmenite, fer magnétique et grapliite \
Entrons quelque peu dans les détails.
1. A part, sans doute, ceui des États-Unis. Mais on peut dire, les plus étendus de l'Ancicu-Monde.