Pallas, Voyages, t. II, p
Y agate, la cornaline, Yopal, la calcédoine, Y onyx, le chrysolithe, etc.
Nous bornant, pour toutes ces substances minérales, à cette simple mention , nous pourrons nous étendre un peu plus sur deux autres qui se recommandent à notre attention par leur importance commerciale , le sel et le charbon de terre.
La Russie possède du sel en très-grande abondance, mais, malheureusement, pas sur tous les points de son territoire : les provinces Balliques et le royaume de Pologne , trop éloignés des lieux de production , sont obligés d’acheter au dehors ce qu’il leur en faut pour leur consommation. La production annuelle générale est d’environ 28 millions de ponds, ou de plus de 450 millions de kilogrammes, qui proviennent soit de mines de sel gemme, soit de sources salines , soit de nombreux lacs ou marais salants. Sur cette quantité , environ 6 millions de ponds sont produits dans les propriétés particulières, le reste dans les terres ou domaines de la couronne. La saline la plus productive est celle d’Iletsk, décrite par Pallas et par M. G. Rose '. Elle se trouve dans des rochers de gypse, un peu au nord de l’Ilek, qui trace en cet endroit la frontière du gouvernement d’Orcnbourg du côté de la steppe des Kirghises-Kuïssaks. «On s’est assuré, dit le premier de ces voyageurs, de la richesse du terrain qui renferme le sel gemme, par les fouilles qu’on a faites jusqu’aujourd’hui. 11 commence près du rocher de gypse et du lac attenant à la forteresse. Son diamètre, qui s’étend jusqu’à la rivière d’Ilek, a environ 600 brasses, sur près de 550 de largeur.» De beaux cristaux de sel gemme se forment aussi le long de la rivière. Cette contrée peut fournir annuellement 350,000 pouds et plus. D’autres mines sont situées dans les gouver-
t. Pallas, Voijuges en di/lerenles province.», t. I, p. 365-384 ; G. Rose, (. II, p. 302 et suie.
NATURE ET PRODUCTIONS DU SOL
nements d’Astrakhan , d’Érivân et d’Irkoutsk. Les principales sources salines sont celles du gouvernement de Perm dont nous avons déjà dit 1 qu’il est le plus grand magasin de sel de l’empire, pour toutes les provinces septentrionales; Solikamsk est le centre de cette exploitation. Dans le gouvernement de Novgorod, c’est Staraïa-Rouss, non loin du lac llmen , qui est le point central. Les anciennes exploitations du gouvernement de Simbirsk paraissent avoir été abandonnées. Enfin, comme on l’a vu déjà, les steppes des Boudjaks (Bessarabie), des Nogaïs, des Kalmuks , dos Kirghises , dans la Russie d’Europe , celles d’ichim , et plusieurs autres de la Sibérie, sont couvertes de lacs ou de marais salants qui fournissent les plus grandes quantités du même minéral. Les lacs qui entourent Pérékop, en Crimée, sont renommés pour leur sel *; mais le plus célèbre de tous par rapport à ce produit et à cause des observations curieuses auxquelles il a donné lieu, est le lac Elton, dans le gouvernement de Saratof, dont il a suffisamment été question p. 352. 11 produit annuellement de 2 à 3 millions de pouds. L’exploitation du sel de la mer se réduit à peu de chose : on ne s’y livre que dans le district d’Okhotsk et sur quelques points du gouvernement d’Astrakhan.
Passant à la houille, nous dirons que c’est encore une question fortement débattue que celle de savoir si la Russie possède réellement , et par quantités assez notables, ce combustible minéral, première condition d’un grand développement industriel. Ce qu’on a d’abord donné comme tel s’est trouvé n’être que de l'anthracite ou une sorte de lignite. Les couches des vastes gisements carbonifères qu’on avait d’abord supposées riches, ont, au contraire, fini par se montrer d’une grande indigence. Cependant d’une exagération