‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 334 sur 359 · Pallas, t. II, p · texte numérisé non relu

Pallas, t. II, p

NATURE ET PRODUCTIONS DU SOL

consommation de cierges, ce qui maintient le prix de la cire; quant au miel, il sert à préparer l’hydromel, boisson populaire qui, avec le quass et le kislitchi, supplée au vin, trop cher pour le peuple , et même à l’eau-de-vie , dont l’usage , malheureusement si fréquent, a des suites trop pernicieuses. Les vers à soie se trouvent principalement dans la Transcaucasie, où ils sont l’objet d’une culture qui produit, dit-on, jusqu’à 18,000 ponds ou environ 295,000 kilogrammes. Le gouvernement de Stavropol produit encore de 3 à 400 pouds, et en 1811, cette même portion du territoire en a donné jusqu’à 442. Dans les autres gouvernements, les mûriers sont plus rares : aussi leur produit réuni reste bien au-dessous de cette quantité; ceux d’Astrakhan et de Tauride fournissent environ 20 pouds; ceux de Saratof, Kharkof, Kief, Podolie, lékatérinoslaf, Kherson, beaucoup moins. La même culture commence à se répandre dans les gouvernements de Poltava et de Tchernigof. Un troisième insecte utile est le kermès, ou plutôt le coccus Polonorum, qui vit, dans l’Oukraine, sur une plante appelée polygonum minus. Ce gall-insecte lient lieu jusqu’à un certain point de la cochenille, et donne une belle couleur cramoisie, utilisée depuis le commencement de ce siècle.

Nous ne rangerons pas parmi les insectes malfaisants la grosse blatte répandue partout sous le nom de tarakane', et qui, de même que les scolopendres, grosse espèce de mille -

1. « Aussitôt que notre domestique eut préparé le somavar (grande bouilloire) et allumé les bougies , nous Times sortir des fentes des murs et du plafond une innombrable quantité de bêtes noires qui , attirées par la fumée de la bouilloire et l'éclat des lumières , tombaient de tous les côtés comme une pluie vivante. Qu’on songe à notre consternation à la vue de cette légion de démons noirs qui fourmillaient autour de nous , ne nous laissant d'autre parti à prendre que celui d'éteindre les bougies. Ces insectes , appelés tarakane* dans le pays , quoique d'un aspect dégoûtant , sont fort inoffensifs et se permettent rarement de monter sur les personnes. Hommaire, t. Il, p. 16.

podes qui s’introduit aussi dans les maisons 1 * 3 4 5 , est le fléau des voyageurs, le symptôme d’une grande malpropreté dans les habitations; nous ne voulons pas non plus parler de ces cousins, phryganées, éphémères, etc., par les essaims desquels, au dire de M. Blasius1, l’air est quelquefois littéralement obscurci ; mais nous citerons, d’après Pallas et d’autres voyageurs, trois espèces auxquelles cette qualification s’applique à tous égards. Le plus dangereux est Y araignée-scorpion , espèce de phalange ( phalangium araneoides) qui s’est beaucoup multipliée aux environs de Tsaritsyne et de Sarepta. <D est certain, dit Pallas*, que le venin de cette araignée est mortel, «i l’on n’y porte remède à temps.» Ce remède, c’est l’huile, auquel il faut avoir recours immédiatement. «Les Kalmouks , dit ailleurs le même auteur , ont une si grande horreur de cet animal , que , dès qu’ils en ont vu un dans une contrée, ils l’abandonnent aussitôt,» La tarentule monstrueuse, qu’il a observée aux environs de Samara*, et qu’on trouve sur les bords de l’Oural comme du Volga , ne présente pas autant de danger, malgré sa ressemblance avec l’araignée de Tarente; cependant sa morsure cause une forte enflure et de vives douleurs. On en connaît une autre près de Kief, désignée sous le nom de lycosa singoriensis , Laxmann. Enfin , tout le monde est instruit des affreux dégâts dont les sauterelles sont la cause. Pallas en parle en beaucoup d’endroits*. Les déserts de l’Asie passent pour être la

i. Pallas, t. V, p. 314.

S. Voir plus haut, p. 117.

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