CONCLUSION
tenant ce principe fondé sur l’ordre éternel des choses : A l’homme des champs et des pâturages, la simplicité et la bonhomie jointes à l’application des forces musculaires; aux villes, le travail de la pensée, préservée toutefois, autant que possible, de l’esprit de doute et de négation illimitée, qui nous prive du point d’appui dont nous avons besoin, indispensablement besoin, dans les traverses de la vie.
Au reste, n’anticipons pas ici sur les matières qui doivent être l’objet de la suite de notre ouvrage. Nous venons de faire, assez largement, ce semble, la part de la nature : dans les parties ultérieures de cette publication , nous nous occuperons de l’homme, et, après avoir étudié la population dans son ensemble, nous chercherons à comprendre quel genre de civilisation lui est en quelque sorte indiqué. Heureuse la population russe si, avant tout, elle réussit à concilier les oppositions qui aujourd’hui la divisent comme en deux corps et l’empêchent de se tracer nettement sa voie, commune à toutes les classes, et de la suivre d’un pas déterminé! Alors aussi elle reconnaîtra que, quoique appelées par la Providence à travailler concurremment à l’avancement des intérêts généraux de la grande famille humaine, et en particulier de la famille chrétienne, les nations peuvent cependant très-bien ne pas entendre la civilisation absolument de la même manière, qu’elles peuvent s’y avancer par des chemins différents, chacune par le sien, plutôt qu’en suivant servilement un chemin rebattu; qu’elles peuvent s’approprier cette même civilisation par un côté plutôt que par un autre, s’attacher, celle-ci à la consolider et à l’épurer, celle-là à la pousser en avant et à lui faire produire tous ses fruits. Arriver par la diversité à l’unité, n’est-ce pas là le but proposé à la race humaine? et si Dieu a permis que les peuples parlent des langues différentes, professent des cultes qui ne se ressemblent pas, et se trouvent placés, ici