‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 63 sur 359 · Édition de 1833, I. VI, p · texte numérisé non relu

Édition de 1833, I. VI, p

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DigitizecUpy Googte

pas encore bien fixée dans son ensemble. On sait seulement qu’elle traverse les bassins au lieu de les circonscrire. A l’exception de quelques bandes de sable ou de craie dans le Tchernigof, toute cette contrée est couverte d’une couche de sol (humus) noir et gras. La moitié orientale de Kharkof forme une extrémité du plateau central et présente en général l’image d’une steppe , mais avec une pente très - légère vers le bassin du Don. Le sol , argileux et sablonneux , participe moins de la fertilité générale. Sur la rive ci - devant polonaise du Dnièpr , la configuration du sol est bien plus variée : des collines de cent à cent cinquante pieds bordent en partie le cours du fleuve dans le gouvernement de Kicf qui, sans cesser d’être une plaine , présente partout de petits points de vue pittoresques. Les collines venant des cataractes du Dnièpr , traversent le midi de la province et partagent les eaux et les terrains. Au sud , la steppe commence à paraître avec sa nudité uniforme.» Nous verrons bientôt quelle est la limite naturelle entre elle et la région du tchernozem que nous venons de décrire.

Entrons maintenant dans cette région nouvelle, plus méridionale, la région, nom qui n’a rien qui flatte l’imagination, de la steppe ou des steppes *. Le principal géographe russe , M. Arsénief, lui donne, en Europe seulement, une étendue de 17,728 milles carrés d’All., ou de 975,000 kilom. carr. , par

I. Le mot de steppe ne se trouve pas encore dans Y Histoire de Pierre le Grand de Voltaire : on employait alors les mots lande et désert ; mais il se trouve dans la traduction française de Strahlcnberg (Description historique de l'empire russie n, 1. 1, p. 31) qui est de 1757. «Dans certains déserts ou plaines incultes, y est il dit, que les Russes appellent steps. ■ En effet , le mot step ou stepp nous est venu de la Russie, mais M. Reiff n’en donne pas l’étymologie; peut-être est il dérivé du turc (tatar) ou mongol. C'est, en russe, un substantif féminin, et cependant le Dictionnaire de l’Académie en a fait un substantif masculin, comme si l’on écrivait encore step ; il est vrai que ce Dictionnaire ajoute ; « Plusieurs géographes font de ce mot un féminin. » Certes , nous pourrions citer autant d'exemples de l’un que de l'autre , et nous usons de la liberté que l'Académie semble accorder , on continuant de faire comme ces mêmes géographes.

ASPECT GÉNÉRAL

conséquent plus grande que l’Allemagne et la monarchie autrichienne réunies*. Du côté de la Petite -Russie, c’est la Vorskla, affluent de gauclie du Dnièpr, qui en forme la limite ; plus à l’est , c’est le Donetz ; plus loin , le Don , et au delà du Volga, c’est l’Obschtchéî - SyrL Ainsi, la steppe commence vers l’extrémité méridionale des gouvernements de Pollava*, de Kharkof1, de Voronège*; elle occupe la plus grande partie des gouvernements de Saratof*, d’Astrakhan*, de Stavropol et même d’Orenbourg 7, qui est beaucoup plus au nord; puis, une portion très- considérable du pays des Kosaks du Don8, des gouvernements de Tauride’, d’Iékatérinoslaf'®, de Kherson*' où se trouve le Dziké Polé des Polonais,

1. Celte évaluation est très-modérée. M. de Briuken, administrateur forestier, déjà cité plus haut , auteur de l'ouvrage Ansichlen üher die Dewaldung derSleppen de* europâi*chen Russlands , Brunswig, 1833, in 1°, porte le total à 21,000 milles carr. d’All., c'est-à-dire, 1,155,000 kilom. carr. , ce qui est presque un cinquième do toute la Russie d'Europe. Le statisticien russe llcrnnann évalue même Tétenduc des steppes à près d’un tiers du total de la superficie. Vais il fait alors mie steppe du désert de la Pelchora et des toundras du nord en général.

2. La Russie, la Pologne et la Finlande, p. 16(5. Sporadiquement, la steppe s’avance jusque dans le gouvernement de Tchernigof (voir Blasius, Voyage, t. Il, p. 198). Mais c'est à Krémentchoug que ce voyageur atteignit la vraie sle|»pe. Voir ibid., p. 268.

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