‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 62 sur 359 · Bloto , eu polonais , signifie marécage · texte numérisé non relu

Bloto , eu polonais , signifie marécage

ASPECT GÉNÉRAL

plus bas (le la Lithuanie , dit M. Eichwald ', beaucoup de rivières, dont quelques-unes sont importantes et qui ont leur source au sud, sur le plateau d’Avratyne (ou de Krémènetz), lequel s’abaisse vers le nord , viennent presque toutes grossir

le Pripelt La Pina , près de Pinsk , et la laciolda , qui arrive

du nord au Pripelt et qui déborde au printemps , contribuent beaucoup de leur côté à grossir la masse d’eau de cette rivière. 11 en résulte qu’un peu au nord de Pinsk , elle devient comme un grand fleuve, jusqu’à sa jonction avec leDnièpr. Au printemps, tout le pays est inondé dans tous les sens, et l’on traverse pendant des milles une continuité de lacs.

Dans la région dont nous parlons, les marais et les terrains impropres à la culture occupent près d’un septième de la superficie. Les forêts en couvrent aussi de vastes étendues (un tiers du sol cultivé). La plus considérable de ces forêts est celle de Bialovéja1, à laquelle M. de Brinken donne 30 milles carrées d’All. ou 1650 kilom. carr. de superficie, et 25 milles d’All. ou 185 kilom. de circonférence. Les pins y dominent; en revanche les sapins et les mélèzes y manquent entièrement.

La région de l’est est la région de l’Oural, y compris l’Obschtcheï- Syrt : le plateau et les montagnes de Samara, celles du gouvernement de Saratof, et même celles des bords

1. Mi' me ouvrage, p. 100. — Voir aussi Possart , l. 11, p. 900. — Néanmoins, d’après M. de Humboldt, Pinsk est encore de 68 toises ou 136 mètres au-dessus du niveau de la Raltique. C'est peu sans doute, quand on considère son grand éloignement des côtes, mais Moscou n’a qu'une altitude de 47 toises ou 94 mètres (voir là-dessus, Asie centrale, t. I, p. 7f>). I,e même savant remarque que le climat se ressent de ces circonstances hjpsométriques : la géograptiie des plantes, dit-il, offre déjà, et à peu de distance de Pinsk, le phénomène curieux de pieds ti'atalea pontica végétant spontanément sur des collines.

4. Eu polonais liiqlowicza. — Nous l’avons décrite , d'après Eichwald , dans La ltussie , la 1‘ologne ni la Finlande, p. 414. Voir aussi Possart, t. Il, p. 912 et suiv., et surtout von der Brinken, Mémoire descriptif sur la foret impériale de Bialowicta en Lithuanie, Varsovie, 1826, in-4°, avec une carte et de» gravures.

du Volga , se rattachent à ce système *. Comme nous aurons à en parler plus loin assez longuement, nous nous bornerons ici à noter que les forêts couvrent encore plus de la moitié de sa superficie , presque triple de celle de la France , car elle est de 1,370,000 kilpm. carrés.

Toutes les régions dont il a été question jusqu’ici , sauf la Volynie et la Podolie, sont généralement au nord du 52e degré de latitude. La Russie moyenne , région de forêts et de champs cultivés , forme la transition à celle de l’agriculture par excellence, qualifiée comme telle par son gras terreau noir ( en russe tcliernozeni'). Non-seulement le chêne s’y montre, comme dans la région intermédiaire , mais les conifères n’y paraissent plus , et aux pommiers et poiriers sauvages succèdent les arbres fruitiers cultivés. Ce terreau noir qui constitue,

1. Possart, t. II, p. CIO, 632 cl 592. Voir aussi Erdmann, Beilrâge lur Kenntniss 1 les Inneni ron Bussland , t. II, trl‘ partie, p. 53, cl les cartes qui accompagnent cet ouvrage; enfin, voir La Ilnssie, la Pologne et la Finlande , p. 677 et 685. — Parmi les montagnes qui bordent le Volga, M. Possart nomme celles de Tchcrnosatonsk, et celles dites Béiitchii Gory ou montagnes des Demoiselles. Déjà le vieux Oléarius nous les a fait connaître dans la description de sa navigation sur le fleuve , et l'on peut en voir un dessin fort curieux dans la traduction française de Wicqucfort, 1727 , fol. , l. I, p. 426. On peut vofr aussi, sur les hauteurs du Volga, Murrhison, p. 37, ainsi que plus haut, p. 113. ri cette région appartiennent quelques curiosités que Malte-Brun indique, éditiqo 1", t. VI, p. 447, et qui s’ajoutent à celles que nous avons fait connaître au commencement de ce chapitre.

2. M. Blasius parle du « fameux tchemoïè » em. » La terre se dit en russe x-mlia , et sans doute iem est la racine de ce mot ; niais nous, ne l’avons pas trouvé dans le Dictionnaire étymologique de M. Iteiff , comme s’employant séparément. M. de Koippeu, aussi bon Russe que savant Allemand, écrit, en un seul mot, tchernuxem. Ce premier des statisticiens russes indique aussi la limite du terreau noir dans sou savant ouvrage , Slalistische Iteise in ’■* Land der donischen Kosaken, 1852, p. 7, 9, 127. Nous aurons souvent l’occasion, dans la suite, de citer M. de Kerppcn. Sur le Ic/iemoiem et toutes les circonstances qui s'y rapportent , il faut consulter le savant travail géologique de M. Murchison , p. 552 et suiv.

ASPECT GÉNÉRAL

selon le professeur Blasais', «le pays d’agriculture le plus fertile de l’Europe,» forme une couclie plus ou moins profonde, ayant partout pour base le sable blanc mouvant (Flttgsand). Sa limite, au nord, est le Seim ou Sein et la basse Dessna, affluent du Dniepr qui, lui-même, reçoit les eaux du Seim. Cette région du lerreuu noir, qu’on a appelée aussi région des Kmpathes, et que les géographes allemands nomment ouralo - karpalhiquc*, à cause de sa frontière du sud , formée par des rameaux des deux chaînes, s’étendant dans une longueur de plus de 2900 kilomètres, embrasse la Petitellussie et l’Oukraine polonaise, ou les gouvernements de Kief, Tcbernigof, Pollava et Kharkof, et encore, si l’on veut, ceux de Podolie et de Volynie , dont le premier surtout est célèbre par sa grande fertilité. Selon Malte-Brun5, elle constitue une masse de 17,850 milles carrés d’Allemagne, cireur grave qu’il importe de c rriger ; car cette région n’a pas plus de 0000 milles carrés de superficie , c’est-à-dire 3.50,000 kilom. carrés. Plus basse, dit le savant auteur du Précis, que le plateau central de la Russie et que les promontoires des Karpathes, qui la bornent à l’est et à l’ouest, l’Oukraine présente, dans son ensemble, une grande plaine ondulée, variée seulement par de faibles accidents de terrain. Le Dnièpr, qui en marque la ligne la plus basse , la partage en deux. Le rivage oriental de ce lleuve est généralement très-bas et marécageux. Les deux gouvernements de Tcbernigof et de Pollava , et la moitié occidentale de celui de Kharkof, forment ensemble une plaine inclinée qui s’élève peu à peu des bords du Dnièpr jusqu’à ce qu’elle joigne le plateau central de la Russie; la ligue où se termine la pente et où commence le plateau n’est

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