Géographie , t. Il (Asie, I. I), p
taie ; mais dans le fait , sa division la plus naturelle serait celle qui se ferait par le moyen de la latitude; car la Sibérie appartient à deux zones , à la zone tempérée et à la zone glaciale. Le cercle polaire , qui forme la démarcation , est comme on sait, par 66° 32' de latitude. Mais comme les lignes isothermes ne coïncident pas avec les parallèles, il est impossible d établir la démarcation d’une manière si déterminée. La ligne qui la trace est celle au nord de laquelle l’agriculture n’est plus possible : tantôt elle suit le 59e degré, tantôt elle s’avance jusqu’au 60e degré et au delà. C’est de cette manière un peu vague ou flottante qu’il faut entendre la division en Sibê rie méridionale et Sibérie septentrionale.
La région où l’agriculture n’est plus praticable, se divise ellemême en deux parties : dans l’une se rencontrent , même à perte de vue, des forêts, et elle peut produire encore certains fruits et des pâturages ; dans l’autre , il n’y a que des marécages, des toundras. Dans la première, les demeures fixes sont encore possibles ; la seconde ne peut plus servir qu’à la chasse , et toute la richesse de ceux qui les hantent consiste en troupeaux de rennes, se nourrissant de lichens. Toutefois, il y a des exceptions à cette règle générale; car quelques étendues de côtes de la mer Glaciale assurent si largement la subsistance des hommes par la pèche, qu’elles sont réellement habitées avec fixité, et partout où les hommes sont à demeure, se montrent aussi des végétaux.
L’amiral Wrangel décrit dans les termes suivants la région des toundras , au moins dans une de ses parties 1 : « Plus on s’approche des bords de la mer Glaciale , plus les arbres deviennent rares et rabougris. Jusqu’à Vcrkho-Iansk ( pays de Iakoutsk ) , on voit encore se dresser des masses de mélèzes qui cachent un peu au regard du voyageur le spectacle d’une