‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 78 sur 359 · Voyage, t. I , p · texte numérisé non relu

Voyage, t. I , p

ASPECT GÉNÉRAL

nature à peu près morte ; mais , plus au nord , ils deviennent de plus en plus rares. Tous les végétaux ligneux se rabougrissent. Leurs troncs, minces et tort us, sont revêtus d’une épaisse fourrure de mousse grise , comme si la nature avait voulu par là les mettre à l’abri de la formidable influence du vent du nord. Bientôt on ne voit plus que par-ci par-là un misérable bouleau nain isolé* ou un buisson de saule éclairci qui, luttant pour ainsi dire contre le climat destructeur , bourgeonnent et — gèlent. Au delà du 70e degré, il n’y a plus, à vrai dire, d’arbre ni de buisson. Toute la vaste étendue de là jusqu’à la mer Glaciale n’est qu’une plaine marécageuse à perte de vue , parsemée de petits lacs, et qu’on appelle ici toundra; plaine dont le sol , qui n’est pas dégelé peut être depuis des milliers d’années , est incapable de rien produire , si ce n’est l’unique végétal qui puisse se développer dans cette région glacée, sous ce froid éternel qui détruit tout. Une demi - couverture de mousse est étendue sur tout cet aride et plat désert , à cela près qu’elle alterne çà et là avec des masses de neige non fondue. Une chétive herbe isolée, qui d’aventure se serait égarée sur une pente inclinée vers le sud, est une rareté qui ne peut manquer de fixer l’attention du voyageur.

«Dans les véritables toundry', il y a peu de rivières ou de ruisseaux; mais, en revanche, comme il a été dit, une quantité innombrable de lacs profonds , d’une circonférence considérable et poissonneux. De plus, on trouve encore ici une espèco de flaques d’eau -( laïdy ) qui ont quelquefois plusieurs verstes de circuit , mais tout au plus une archine et demie de profondeur’; celles-ci, naturellement, gèlent en hiver jusqu’au fond et ne renferment, par conséquent, pas de poissons.

*On peut à peine se faire une idée du terrible silence de mort de ces déserts, où de temps en temps seulement on ren-

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