‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 80 sur 359 · Sans doute île padath', tomber · texte numérisé non relu

Sans doute île padath', tomber

«Les fleuves sibériens sont, dans des longueurs de 3 à 4000 verstes, partout variés et pittoresques. Ils coulent entre des montagnes couronnées de la verdure la plus épaisse des mélèzes , des cèdres de Sibérie , des sapins , des pins et des bouleaux, et qui tantôt forment seulement des rivages escarpés, tantôt au contraire de véritables murailles de rochers perpendiculaires, d’entre lesquelles des blocs penchés menacent d’une chute affreuse. Ces masses de rochers elles-mêmes sont ornées de couches de végétaux comme de guirlandes, et çâ et là de mélèzes d’un riche feuillage. De distance en distance, les montagnes s’éloignent du rivage et font place à des plaines où l’on voit alternativement un village, un champ de blé ondoyant , un troupeau dans les pâturages ou un Sibérien qui coupe avec sa faucille l’herbe qui le couvre par-dessus la tête. Enfin , on trouve, dans le cours de la rivière, beaucoup d’iles toutes couvertes de vastes prairies et d’un doux gazon'.»

On a pu, dans ce passage, prendre une idée de la végétation sibérienne : il convient d’ajouter quelques mots de plus. Elle est d’une grande richesse. Dans les steppes et les vallées , on trouve des prés et des pâturages où croissent une foule d'herbes sauvages propres à la nourriture des bestiaux, officinales, ou pouvant servir à embellir les jardins.

Parmi les arbres, on distingue particulièrement le ceinbrot ou cèdre de Sibérie ( pintis cembra ), arbre majestueux qui aime les marais couvrant les fonds rocailleux. On en rencontre de vastes forêts sur la pente orientale de l’Oural, dans la Baschkirie et vers Verkholourié ; il est aussi très-commun sur la frontière de la Dzouugaric et de la Mongolie. On en trouve beaucoup qui donnent des planches d’un mètre et demi de

1. Ce curieux passage a été emprunté à la Bibliotéka < Ilia Ichtehénia, livraison du ipois de septembre 18 (H, par M. Erinan (Archir , t. VIII, p. 330-339), qui a vu les contrées décrites , et qui ne contredit que par-ci par-là le trop emphatique écrivain.

ASPECT GÉNÉRAL

large. Le pin ordinaire (piuus sylvestris) se trouve surtout vers l’Oural et l’Altaï. Le mélèze ou larix vient encore dans les contrées les plus froides, jusque dans le voisinage de la mer Glaciale. Le peuplier blanc s'arrête au contraire au 5Ge degré de latitude; du moins, on ne le trouve plus, au delà , à l’état sauvage. Sur le Iénice'i et dans la contrée transbaikulique croit le peuplier balsamifèle , arbre considérable dont le feuillage odorant ressemble à celui des pommiers. Il y a, en Sibérie des saules de toute espèce , sous la forme de grands arbres comme sous celle d’arbustes. Us croissent dans les montagnes et le long des grands lleuves. Les bouleaux couvrent aussi de vastes étendues. On en connaît une espèce qui , ne formant qu’un petit arbuste , pourrait être d’un grand secours dans les jardins d’agrément. Le genévrier qu’on rencontre sauvage en bien des endroits , rendrait le même service , ainsi que la Sabine, dont la verdure survit à l’hiver. L’arbi eà pois ( gorokhovik en russe) est aussi très-commun : on en connaît cinq espèces différentes. L’amandier, le cerisier et le prunier sauvages n’ont pas peur des contrées froides, ainsi que beaucoup d’autres arbres ou arbustes que nous plissons sous silence1.

11 nous reste à compléter le tableau de la Russie d’Asie par quelques traits relatifs à ses extrémités du nord-est.

Un navigateur russe , le capitaine Billings , qui a visité , en

1. Outre les livres connus, Falk, Cbappe d'Auternchc, Martvinof, Juhn Dundas Cnrhrane, Knrnilof, Erman, etc. , on peut consulter, sur la Sibérie, «lui de M. Charles-Herbert Coltrell , eu anglais. Nous le connaissons par la traduction allemande dont voici le litre : Sibirien , nach faner Nalurbeschaffenheit , xcinen gexellxdiuplidien iwd polit indien Verhtiltnisxen und ah Slrafcubmie gescliildert; au* dem iïnglixdien iiberseltl und mil Anmerkungen begleitetvon Lindau, Dresde, 1 8-tli, 2 vol. in-8“. Voir aussi de Haxlhausen, t. Il, p. 2G2 et suiv. ; Alci. Castren, Heixen im A ’orden, aus lient Schwedischen übersetzt von Heinis , Leipzig, 1H. VS ; Ilill, Traieh in Libéria, Londres, 1851, 2 vol. in-8°; et Hansteen fleixeerinneruiigen au* Sibirien , Leipzig, 1854-. Voir aussi, dans la Hevite de* Deiix-ifunde* , on travail estimable de M. Saint-René Taillandier, 1855, 1" et , 15 septembre.

1772, le pays des Tchouktches, en a donné la description suivante1 2: «Tout le pays consiste en vallées stériles et en montagnes nues sur lesquelles on chercherait en vain une autre végétation qu’une chétive mousse grise, se développant entre les pierres et qui sert de nourriture aux rennes. Dans un petit nombre de vallées seulement, j’ai trouvé çà et là des saules de sable (Sandwetden) rabougris et à moitié desséchés. Le climat est le plus triste que l’on puisse imaginer avant le 20 juillet, il n’y a pas le moindre indice d’été, et vers le 20 aoùt^ l’hiver recommence. Ainsi que je l’ai dit , le pays renferme beaucoup de montagnes , dont plusieurs sont d’une hauteur considérable : on voit non-seulement sur leurs sommets , mais aussi dans les ravins et les vallées , des masses de neige qui ne fondent jamais. Dans les parties plates inclinées vers le nord, on trouve un grand nombre de fleuves, grands et petits, dont le lit est généralement pierreux. La plupart des vallées sont trempées d’eau et couvertes d’une foule de petits lacs. Entre la mousse y croissent , mais sans abondance , les myrtilles , les airelles rouges, l 'empetrum nigrum, etc. A la côte est, nordest, et en partie aussi à la côte méridionale, on prend des lions marins , des morses et des phoques. En fait de quadrupèdes, il n’y a ici, outre le renne, que le mouton sauvage, le loup blanchâtre, Tours , le renard ordinaire et l’isatis. Pendant la courte durée de Tété se montrent des aigles , des faucons, des perdrix et quelques espèces d’oiseaux aquatiques; mais en hiver on n’aperçoit que des corneilles , dont les essaims suivent les indigènes dans les évolutions de leur vie nomade et se nourrissent de leurs déchets*. »

Quant à la grande presqu’île de Kamtchatka, nous en avons

1 . Dans son Voyage , publié par le vice-amiral Sarytchef. — Voir aussi ce qui a été dit plus haut, p. 99 et 100.

2. Voir aussi Wrangel, Voyage, l. II, p. 220 et suiv. , et Qidckop, Der ruexische Merkur, 1831 , n° 27-31.

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déjà donné plus haut quelque idée’; voici cependant ce qu’écrivit à sa vue, en y arrivant par mer , en 1804, un des compagnons de l’illustre amiral de Krusenslern’: *Le 1 Sjuillet, vers le soir, nous vîmes les hautes montagnes du Kamtchatka; le 15, nous entrâmes dans le port de Pétropavlofsk , et jetâmes l’ancre. Nous n’en crûmes pas nos yeux quand nous eûmes devant nous une si belle vue. Sur lefc sommets des hautes montagnes , il est vrai , la neige est en permanence ; mais sur les hauteurs moindres s’étale un beau tapis de verdure. L’odeur des bouleaux vint jusqu’à nous sur nos navires, t> L’intérieur de la presqu’île répond à celle description. Coupée, parallèlement à sa longueur, par une chaîne de montagnes qui donne naissance à un grand nombre de petites rivières, parmi lesquelles la Kamtchatka peut presque être appelée un fleuve’, elle varie à l’infini les aspects pittoresques. On peut la considérer comme la seule portion articulée de toute la Sibérie , et elle a tous les avantages de cette condition. Son sol est d’ailleurs volcanique, et elle est fréquemment ébranlée par les feux souterrains , qui ne cessent de chercher une issue. Les volcans célèbres du Kamtchatka sont le Klioulchefsk, qui a son cratère à une hau- ' leur de 4900 mètres , et le Chévélitch * , qui ne reste pas audessous de 3300 mètres. Selon l’observation de M. de Hum* boldl , les Irachites de la péninsule forment comme un monde à part , faiblement lié à la grande masse continentale.

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