‹ L'Empire des Tsars et le RussesChapitre 17 sur 283 · LES STEPPES ARIDES · texte numérisé non relu

LES STEPPES ARIDES

sieurs années de suite, puis abandonnée pour une plus longue période à sa végélation nalurelle, pendant que le laboureur va chercher, dans ces vastes espaces, des champs d'une fertilité vierge. Cette culture de translation et connue errante ne peut persister qu'avec une faible population. 11 ne faut que 24 ou 25 habitants par kilomètre carré pour la rendre h peu près impossible par l'insuffisance des jachères, et lui faire céder la place à la culture triennale, le mode habituel d'exploitation du tchernoziom. Ainsi, avec le progrès de la i)Opulalion s'accomplit graduellement l'annexion des steppes à la Terre noire. O'ile conquête s'opère sanselTorls, sanssoulTrances du premier occupant, sans martyrs de la civilisation. Le sieppe à sol fertile, couvrant 500 000 ou 600003 kilomètres carrés, est encore presque aussi vaste que la zone du tchernoziom actuellement en culture régulière. Dans un avenir prochain, l'un et l'autre ne formeront qu'une seule région agricole, comme un seul et même champ, occupant, en Europe seulement, de 1 million à 1 200 000 kilomètres carrés presque d'un seul tenant, environ deux fois la surface totale de la France. La prairie d'Amérique, qui passe par des phases à peu près analogues, sera probablement le seul pays de céréales à l'emporter sur elle, et si le développement en est plus rapide, cela tient surtout à l'abondance des capitaux et à l'immigration européenne.

Au Sud et à l'Est de la région du tchernoziom steppien viennent les steppes nus, les steppes éternels, qui semblent i\ jamais impropres à l'agriculture. Lii toute couche végétale disparaît pour ne laisser voir que le sable, ou un sol imprégné de sel, plus défavorable encore à la culture. Telle est la vaste dépression ouralo-caspienne, fond de mer récemment desséché, où l'eau en s'évaporant a laissé le sel, et qui est encore çà et là couvert de petits lacs salins, débris de l'ancienne Méditerranée aujourd'hui réduite aux proportions de la Caspienne. Ainsi que le Sahara, cette

région est un vrai désert qui n'offre à l'homme que de rares oasis. Oceupant presque tout le cours inférieur du Volga, à partir de Tsaritsine, ces déserts de sel se mêlent ou se relient, sur les rives septentrionale et orientale de la Caspienne, à des déserts de sable ou de pierre, qui forment l'immense steppe des Kirghiz, et se prolongent en Asie jusqu'au cœur du Turkcstan. Une partie de ces steppes salins sont au-dessous du niveau de la mer, comme la Caspienne elle-même, dont ils forment l'ancien bassin, et qui, rélrécie et abaissée, se trouve aujourd'hui de 26 ou 27 mètres au-dessous de la surface de la mer Noire'. Ce steppe ouralo-caspien est, de toute la Russie d'Europe, la partie la plus sèche, la plus dénuée de bois, la plus exposée à des saisons excessives. C'est une contrée décidément asiatique par le sol et le climat, par la flore et la faune, comme elle l'est encore par la race et le genre de vie des habitants. S'il y a, de ce côté, une limite naturelle entre l'Europe et l'Asie, ce n'est pas à l'Iaïk, au fleuve Oural, qu'il la faut chercher, c'est à l'extrémité occidentale de celte concavité Caspienne, prolongement des déserts de l'Asie centrale; c'est vers le point où le Don et le bas Volga se rapprochent le plus l'un de l'autre, sans que l'art ait encore pu les réunir, si nette est la délimitation physique des deux régions.

De l'autre côté de la mer d'Azof, la moitié septentrionale de la Crimée et les côtes adjacentes, entre l'isthme de Pérécop et l'embouchure du Dniepr, forment une petite région, qui n'est guère moins rebelle h l'agriculture, comme un autre morceau de l'Asie transporté au Nord de la mer Noire. Ici, sur les steppes salins dominent les sables

1. <.<-rluiiiH KiisNi-s oril nvi-ili- n-ridn- un jour à la Onspicnnc son ancienne élcndui', avec son nncion nivouii, i.>n y (iiHcrHant les eaux Je lu nier Nuire ou de l'Azof, au moyen d'une Irancliée a travers l'isllinie iionto-caspicn. D'autres, moinn ambitieux, «e contenteraient d'un canal h écluses entre l'Azof et la Cupienne pour donner au Volga un débouché sur lu Méditerranée, et, à l'Europe, une voie navigable vora l'Asie centrale. Ce dernier |)rojct n'a rien de cliiut6rique.

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