‹ L'Empire des Tsars et le RussesChapitre 228 sur 283 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Communautés de village : du mode de partage et d'allotibsement. — Grandet communautés et libre jouissance des terres vacantes. — Le mir actuel et les partages |)érioditjues. — Partage par âmes et par liaylos. — Epoques de répartition. Inconvénients des partages fréquents. — L'allutissement. l'nc partie des défauts, reprochésau mtr, retomtje sur les grands villages agglomérés. — Conséquences du parcellement excessif.

Aux époques où la population était plus clairsemée, les communautés russes, d'ordinaire aujourd'hui restreintes ù de simples villages, ont parfois pu s'étendre à des divisions territoriales beaucoup plus importantes. On en rencontre des exemples contemporains aux deux extrémités de la Russie, au nord, dans le gouvernement d'Olonets, sur les frontières de la Finlande, au sud, chez les Cosaques de l'Oural, Cosaques grands-russiens d'origine, pour la plupart vieuxcroijants de religion, et aussi attachés aux anciens usages qu'aux anciens rites. Là, aux bords du fleuve Oural, a subsisté jusqu'à nos jours une vaste commune, embrassant toute une grande région géographique; là une armée entière, seule propriétaire du sol qu'elle occupait, ne formait qu'une communauté indivise. On retrouvait presque intact, au dix-neuvième siècle, le mode de propriété et le mode de jouissance de la tribu ou du clan des âges préhistoriques*.

Des steppes immenses, peu fertiles et presque désertes,

1. Ilaxlhausen, Studien, t. III, p. 1^3-162, donne une description du régime de ces Cosaques, avant les récentes réformes et avant les envahissements de la propriété individuelle, constituée peu à peu au profit des officiers, grùco à l'introduction d'une hicrarcliie militaire, étrangère par l'origine cl par les mœurs aux traditions cosaques locales.

il est vrai, un espace de près de 9 millions d'hectares était la possession collective des Cosaques de l'Oural. Sur tout le cours du grande fleuve, dont on fait la limite conventionnelle de l'Europe et de l'Asie, il n'y avait encore, au milieu du siècle, pas un lot de terre appartenant en propre à un particulier, pas un lot même appartenant à une ville ou à une stanitsa (village et centre administratif et militaire des Cosaques). La jouissance ainsi que la propriété était commune. Au jour fixé par Vataman^j au signal donné par les officiers de chaque stanitsa, commençait la fenaison des prairies du bord des rivières. Tous les hommes, jouissant du titre de Cosaque, se mettaient simultanément à l'œuvre; chacun traçait avec la faux, dans les hautes herbes, les limites du lot qui lui devait revenir. Tout ce qui, dans la première journée, avait été ainsi enclos par un Cosaque lui appartenait de droit, il pouvait ensuite le faucher à son aise avec sa famille. Dans cette vaste communauté, la terre comme l'eau, les champs ou les prairies comme les pêcheries de la mer ou des fleuves, étaient la propriété de tous et étaient exploités de la même manière, tous se mettant à l'ouvrage au même moment, sur un ordre et sous la surveillance des chefs, mais chacun travaillant pour soi, car cette commune propriété et cette commune jouissance restaient étrangères au système d'égale rémunération, prêché par certains socialistes. Malgré celte importante restriction au principe communiste, un pareil régime, dès que les habitants sont assez nombreux pour se disputer les produits du sol, laisse peu de liberté à l'aclivité individuelle; il mène à la démocralic autoritaire ou à la réglemenlalion bureaucratique. S'il a pu durer jusqu'à nos jours, aux bords de l'Oural, c'est grilcc à l'organisation militaire des Cosaques, Dans les steppes du sud comme dans les forêts du nord,

I. Co nom d'alnman, dont nous avons fait hctmnn cl qu'on fuit dériver do rallcm.'inil nauptnianti, cul encore aujourd'hui lo litre des couiuiandanls dos dkvcrttu» uriiiiica ^voïëka) C0bU<|uc8.

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