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COMMUNAUTÉS DE VILLAGE : ÉPOQUE DES PARTAGES

sol n'ont pas besoin d'(Hro indiquées. Sur ce point, les avis sont presque unanimes. Le paysan, délenteur d'un lot de. terre qu'il sait ne devoir pas conserver, ne s'y attache point et ne cherche qu'à en tirer un produit immédiat, sans s'inquiéter du lendemain.il réserve ses soins et sa prévoyance pour le petit enclos (ouaadba), attenant à son izba, qui n'est point sujet aux partages périodiques. Ainsi, disent les adversaires du mir, se montrent, chez le moujik môme, les avantages de la propriété fixe et individuelle sur la lenurc collective. Le cultivateur du champ communal redoute de s'imposer un travail ou des frais dont ne profiterait qu'au» irui, J-e manque de toute fumure, de tout engrais, dan^ beaucoup de villages de la Grande-Russie, est souvent attribué à cette absence d'intérêt du cultivateur dans l'amélioration de la terre. De lu, inévitable appauvrissement du sol le plus riche et aggravation constante des mauvaises récoltes. A ce mal il y avait jadis un remède, au moins un palliatif : on abandonnait les terres épuisées pour des terres neuves, parfois vierges de la charrue ; aujourd'hui, l'accroissement de la population et l'extension de la culture rendent le recours à ce moyen de plus en plus difficile et de moins en moins efficace.

Est-ce là un mal irréparable, un fléau naturellement inhérent à la propriété collective? Pour un esprit impartial, cela n'est point encore démontré. Certaines communes des gouvernements de Simbirsk et de Penza, entre autres, se sont mises à imposer aux paysans des fumures obligatoires, sous peine de garder le même lot à la nouvelle répartition. Cet exemple pourrait être imité, et l'autorité communale, étant toujours sur les lieux, serait mieux i\ môme qu'un propriétaire éloigné, de veiller à l'observation de semblables conditions. Il est, du reste, un moyen plus simple et d'un usage plus facile encore : c'est de re-^ culer les époques de partage. Or, d'après les enquêtes agricoles, c'est ce qui, depuis l'émancipation, se fait de plus en plus presque partout. Tantôt de leur propre mouvc-

ment, tantôt sous l'impulsion d'un fonctionnaire intelligent, les paysans allongent la période de jouissance. La répartition annuelle, pour les champs du moins, n'est déjà plus qu'une exception *, la répartition triennale se fait plus rare. Des périodes de dix, quinze, vingt, parfois môme trente ans deviennent de plus en plus fréquentes. En certains districts, les paysans, instruits par l'expérience, ne recourent à une nouvelle répartition qu'à la dernière extrémité.

La fréquence des partages est un mal que les apologistes les plus décidés du mir sont les premiers à reconnaître. Aussi ne saurait-on s'étonner que, dans un pays toujours fort enclin à réclamer l'immixtion de l'État, plus d'une voix autorisée ait demandé à la loi et à l'administration de fixer par des règlements la durée de la jouissance des terres. Certains défenseurs des communautés, voyant leur institution favorite compromise aux yeux de l'opinion par l'abus de partages répétés, ont conjuré le gouvernement de venir au secours du mir en le protégeant contre luimême, sans comprendre que, par cet appel à l'ingérence administrative, ils risquaient de porter un coup irréparable à un régime dont la principale force est dans les mœurs, dans la tradition, dans la spontanéité vivante.

Les défauts, justement reprochés aux partages annuels, sont loin d'être limités aux terres communales. La propriété individuelle n'y échappe pas. Beaucoup de domaines sont loués à court terme aux paysans des communes, qui les allotissent et les cultivent de la môme manière que leurs propres champs. « Quelle différence y a-t-il, dit à ce propos l'un des avocats du îujV*, entre une propriété personnelle, mise chaque année en loyer(ce qui, pour un grand nombre de domaines seigneuriaux, est l'usage habituel), et une pro|)riélé collective, mise chaque année en parlage? Il est plus diflicile d'amener les propriétaires à allonger leur

1, Matrriabj, etc., I (1H80).

2. Kochclcf.Oi obchtclimnoiniemlévladctUi v Ilo8m(\y 12, 14), Ucrlin, 1875,

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