‹ L'Empire des Tsars et le RussesChapitre 41 sur 283 · TYPE TATAR EN RUSSIE. S · texte numérisé non relu

TYPE TATAR EN RUSSIE. S

même signalement. Leur visage témoigne souvent du mélange des races; dans de petites régions, sur un nombre d'hommes relativement faible, les types sont parfois fort difîérents. Dans la seule Crimée, où les émigrations successives les ont réduits à moins de cent mille, on trouve une grande diversité. Sur les steppes du Nord se rencontrait naguère encore le Nogaïs au nez aplati, aux yeux bridés, à la lace pres(jue mongole, kalmouke. Sur les montagnes de la côte Sud, le Talar a le visage ovale, les sourcils ar(jués, le nez droit ou aquilin, le type tout caucasique, ûryen, presque grec. Dans les deux cas, c'est là l'effet du mélange des races : le Nogaïs, aujourd'hui rejeté sur la Caspienne, est fortement croisé de Mongol; le Tatar de la côte descend en grande partie des Grecs du littoral ou des Goths de linlérieur, qui, devant les invasions tatare^, se sont réfugiés dans les montagnes, et n'ont été convertis à l'Islam (ju'un siècle ou deux avant de tomber sous le pouvoir de la Russie. On peut signaler des dilTérences analogues chez les Turcs ottomans, selon les provinces, les villes et les classes, selon le degré de mélange avec les races conrjuiscs, en sorte qu'aujourd'hui le rameau tatar a encore moins d'homogénéité que le rameau linnois.

La Crimée, et ce qu'on appelait encore au dernier siècle la Pelite-Tartarie, reste peut-être le pays où il est le plus aisé d'éludier les mœurs et le caractère des Tatai s. ils en étaient les maîtres et presque les seuls habitants, il n'y a guère que cent ans. Par suite d'émigrations répétées, ils y sont, aujourd'hui, deux et peut-être trois fois moins nombreux que les colons russes ou étrangers qui sont venus prendre leur place; en certaines parties de la péninsule cependant, on sent qu'ils sont toujours chez eux. Sur les steppes du Centre et du Nord, rebelles à la culture, ils continuent leur existence nomade. Dans la région fertile, ils ont encore des villes dont ils forment la principale et presque l'unique population, comme Karasou-bazar, comme Bakhlchi-Saraï, l'ancienne cajjilale des khans. Là, dans un

étroit et frais vallon, autour des verts jardins et des fontaines de marbre du palais des Ghireï, vit une population musulmane plus purement orientale que celle des villes de la Turquie d'Europe ou des échelles de l'Asie Mineure. Là règne dans toute sa rigueur la loi mahométane, et rien, si ce n'est la solitude des salles du palais, encore tendues et meublées comme à l'époque du dernier des khans, ne rappelle la chute de la puissance tatare.

Les Turcs de Bakhlchi-Saraï et de Karasou-Bazar sont marchands et agriculteurs. Il en est de môme de ceux du Volga; habitants d'un pays à sol fertile, ils ont quitté la vie nomade et sont artisans ou marchands dans les villes, laboureurs dans les campagnes. A Kazan, l'ancienne capitale du plus puissant des trois khanats sortis du démembrement de la Horde-d'Or, les Talars habitent une slobode, un faubourg situé au pied de leur ancienne ville et relégué loin du Kremlin, que leur ont enlevé les tsars orthodoxes. Leur ville a l'air propre, tranquille et prospère. Ils y ont leurs mosquées et leurs écoles* avec leurs mollahs élus par la communauté, qui, selon la coutume musulmane, leur servent d'arbitres ou déjuges.

A Kazan ainsi qu'en Crimée, les Tatars ont gardé la spécialité de certaines industries orientales, comme la confection d'objets en cuir et en maroquin : bottes, babouches, selles, étuis, fourreaux. Ils ont souvent conservé la force musculaire quun proverbe attribue aux Turcs, ce sont des Talars qui servent de portefaix à la foire de Nijni. Le haut commerce ne leur est pus fermé, et à Kazan plus d'un de leurs négociants est arrivé h une fortune considérable. Bien qu'au moral, comme ai' physique, il y ait entre

L Dan» cps éro!pR, comme dans lotilcs le» lU-olos miisnlmnnes, le fond de ren8piKn<'menl csl l'nmlx! du Kornn, dont lo tcxlo osl souvent récilé sans ôtro compris. (À>llo baildire niélliode esl «n grand obslaclo au développement des Tatnrs. Aussi le pouvcrnemenl fuit-il de louables eflorlspour introduire clio7. eux renseignement en lutar en attendant ([u'il puisse leur être donné en rui«o.

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