‹ L'empire des tsars et les Russes 3, La religionChapitre 148 sur 353 · Voyc2: plus haut^ môme livre, chap. v, p. IGO · texte numérisé non relu

Voyc2: plus haut^ môme livre, chap. v, p. IGO

cérémonies^ à peine clonno-t-il un ou deux roubles; pour les plus petites et les plus fréquentes, quelques kopeks (centimes du rouble). La multiplicité de ces redevances peut seule dédonimag-er le clergé de leur modicité; aussi n'en néglige-t-il aucune. Il tend à se transformer en agent financier, en collecteur de taxes. Tout se paye, et rien n'a de tarif; depuis Pierre le'Grand, on a plusieurs fois songé à tarifer le casuel ; les préventions du peuple s'y sont opposées. La misère besogneuse du pope doit le disputer à Tavare pauvreté du moujik. Pour une cérémonie, pour un mariage ou un enterrement, on négocie, on marchande parfois, comme on ne marchande pins qu'en Russie. On a vu des fiancés venir à l'église et s'en relourner, sans être mariés, pour n'avoir pu se metire d'accord sur le prix avec le curé. On a vu des paysans enterrer clandestinement leurs morls pour échapper aux exigences du prêtre.

De là toutes sortes d'anecdoles, de contes, de légendes. Une fois c'est un pope rjui, pour se venger de la ladrerie du père, donne à l'enfant c]u'il baptise un nom ridicule. Une autre fois, c'est un paysan qui demande à son curé l'autorisation de se marier dans une autre paroisse. « C'est fort bien, répond le ministre de Dieu; mais as-tu calculé ceciue me coûte ton dépari? D'abord je t'aurais marié: soit tant de roubles. Puis tu auras des enfants, mettons sept : cela me ferait sept baplemes. Puis, plusieurs de tes enfants viendront à mourir; mettons trois : cela me ferait trois enterrements. Puis tu auras des fils ou des filles à marier; mettons quatre : cela me ferait cjuatre mariages. — Mais, baliouc/tka, réplique le paysan, tu es déjà vieux : tu pourrais mourir avant tout cela. — C'est vrai, mon ami, riposte le pope, nous sommes tous mortels, aussi je ne te demanderai que dix roubles. »

La rapacité du clergé a fourni la matière de plusieurs contes populaires. Ces skazki montrent quelle opinion l'impitoyable levée du casuel a donnée du pope au moujik.

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