‹ L'empire des tsars et les Russes 3, La religionChapitre 264 sur 353 · LA. Arsenief, Sekta skoptsof v Rossii, Berlin · texte numérisé non relu

LA. Arsenief, Sekta skoptsof v Rossii, Berlin

2. Gomme les khlysty, les skoptsy semblent, sous Alexandre I*', avoir recruté des prosélytes jusque dans les classes privilégiées, parmi les oITiciers et les fonctionnaires. C'est au moins ce qui résulte des notes de police mises à profit par Nadejdine dans ses Izsledovaniia o skoptch. crfisif Sbovnikj t. UI.

ludes de la Sibérie, d'où il doit revenir, à la lête des légions célestes, pour fonder l'empire des saints. C'est vraiment une destinée bizarre que celle de ce prince de Holstein, déirôné pour avoir si mal compris la Russie, et devenu le dieu de la plus singulière des sectes russes Pour établir le règne de la justice, quelques skoptsy donnent, connue fulur lieutenant, à l'époux peu guerrier de Calherine II, Napoléon P'', que ces eunuques revendiquent comme un des leurs*. D'autres sectaires, voisins des skopUy et des khlysti/j ont fait de Napoléon leur unique messie, et rendent à ses images le même culte que les blanches-colombes aux images de Pierre III Les portraits de ce dernier prince, comme ceux de Selivanof, sont un des indices auxquels se reconnaissent les skoptsy. Ils ont aussi parfois d'autres emblèmes, ainsi un moine crucifié qui semble une figure de leur nouveau rédempteur. Le roi David, qui dansait devant l'arche, est encore un des types favoris des skoptsy^ aussi bien que des khlysly.

. Malgré leurs précautions pour se dissimuler, les mutilés sont souvent dénoncés par leur extérieur même, par leur visage, par leur voix. Gomme les sopranistes des chapelles romaines, le skopets a d'ordinaire le teint jaune, la barbe rare, la voix aiguë, avec un je ne sais quoi d'efféminé et d'incerlain dans la démarche et le regard. A ces signes, l'œil reconnaît les disciples de Selivanof parmi les changeurs de Pétersbourg ou de Moscou. La police semble parfois seule à ne pas les voir.

1. Si Pierre HI est demeuré populaire parmi les dissidents^ c'est qu'il leur avait accordé la liberté de conscience. De plus, en dépouillant les monastères de leurs biens, Pierre lU avait enjoint de donner à leurs paysans les terres qu'ils cultivaient. Or les khlysty^ d'où sont sortis les skoptsy, étaient nombreux parmi les serfs des couvents. On comprend qu'en le voyant leur octroyer la terre et la liberté^ certains de ces paysans aient cru reconnaître, dans ce lilxM^ateur couronné^ un messie.

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