FONCTIONNAIRES COMMUNAUX
c'est que, sous ce rapport, le mir ne fait pas exception en Russie. Dans toutes les institutions provinciales ou municipaleSy du haut en bas de Téchelle sociale, les fonctions électives sont d'ordinaire salariées.
Les fonctionnaires communaux ont des avantages de deux sortes : ils sont d'abord exemptés par la loi de tous les impôts en nature à la charge de la commune, exemptés de tout châtiment corporel, car, chez ces petites républiques rustiques, moins soucieuses de la dignité humaine qu'économes du temps ou de l'argent, l'usage des verges, aboli dans la juridiction criminelle ordinaire, est maintenu ou plutôt toléré par la loi*. D'habitude les fonctionnaires de la commune reçoivent en outre une gratification en argent ou en nature dont le chiffre est laissé & la déci* sion des assemblées communales. Les fonctions, comme celles d'ancien de village, qui à l'origine étaient gratuites, sont presque partout rétribuées aujourd'hui. Malgré cette indemnité et ces privilèges les charges communales ne sont pas d'ordinaire fort enviées; les paysans les plus capables de les remplir s'en montrent souvent peu jaloux, souvent les candidats manquent, et les administrateurs en place cherchent des prétextes pour en déposer le fardeau. Il faut parfois l'autorité et la violence du mivy auquel personne n'ose désobéir, pour trouver des maires de village. Parfois, dans ces petites démocraties illettrées, se montre un dégoût des fonctions publiques qui rappelle les répugnances des sujets de Rome pour les charges municipales, & la un de l'empire Romain*. Le mal est déjà profond et presque général; on aurait tort cependant d'y voir, pour les institutions rurales, un germe d'irrémé-