Voyez plus loin liv. IV, cliap. n
2. On pcat voir & ce sujet quelques exemples cités par M. Mackenzie Wallace, Ru$sia, t. I*", p. ?00, 202. Les fonctions pour lesquelles le paysan a le plus de répugnance sont celles de collecteur d'impôts. I^ poids et la solidarité des taxes, la difficulté de les recouvrer, n^expliquent que trop une pareille aversion ; elle est si naturelle que la charge de collecteur des taxes n'est imposée que pour un an, tandis que tous les autres fonctionnaires sont
diable décadence. 11 est des niagislrals communaux qui saltachent à leurs fondions; si beaucoup en abusent, quelques-uns les remplissent avec un dévouement qui, sur une scène plus vaste, leur vaudrait les applaudissements des hommes ^ L'attachement au mir et le respect pour SOS décisions sont encore, chez d'ignorants paysans, le principe de naïves et simples vertus, sans lesquelles le mir, comme la république de Montesquieu, aurait peine à vivre. Les fonctionnaires de la commune sont nombreux, et, par suite, l'administration rurale est relativement compliquée ^l dispendieuse ; c'est là un des reproches que lui font ses adversaires. A la tête de chaque communauté de village est une sorte de maire ou de bailli, portant le titre d'ancien ou de vieux [starosla). A la tête du bailliage ou vol4)8t est un fonctionnaire analogue dont le rang supérieur dans la hiérarchie villageoise est indiqué par une sorte de superlatif ou d'augmentatif de ce titre patriarcal : on rappelle slarchina. A l'origine, quand la communauté n'était encore qu'une famille agrandie, le chef était le plus âgé; alors même que ce ne fût pas toujours le plus vieux, il en garda le nom. Comme marque de leur autorité, ces anciem portent à leur cou une chaîne et une médaille de bronze. Starost et starcJiine sont, le premier sous le contrôle du second, chargés de la police et du maintien de l'ordre; ils ont en certaines circonstances le droit d'imposer aux perturbateurs du repos public soit une légère amende, soit
élus pour trois ans. On a peu de goût aussi pour remploi d^ageot de police. Les cenleniers {soUkié)^ chargés de ce service, sont généralement pris parmi les paysans indigents et impropres au travail . Parfois on a recours à d*anciens soldats rétribués à cet cITet. Dans quelques localités du gouvernomcnt de Toula, la règle est que tous les paysans doivent être centeniers à tour de rôle ; mais, dans la pratique, les gens aisés se font remplacer à prix d'argent. I^s colonies allemandes sont presque les seules communes vraiment pourvues d'une police régulière. {Materialy dlia iioulch. iovrem, polog. iem- UvL, etc., I, 1880.)
1. Un récit de M. Alex. Potiékbine, publié dans le Vestnik Evropy (avril et mai 1877) sous le titre de Po Mirou, représente en traits vivants, bien qu'un peu idéalisés, un de ces héros rustiques^ un de ces Washington de village.