‹ L'empire des tsars et les RussesChapitre 205 sur 255 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

D.% livres et des joamaax soamis à la censure préalable. — La censure ëlraDgérc. — Le caviar des censeurs. — Mésaventure personnelle. — Sévérités contre les langues indigènes autres que le russe. — La presse provinciale. Sa dépendance.— Un procès de presse en province. — Comment cet esclavage de la presse locale est une des raisons de Tineflicacité des réformes. — Manque d'informations du gouvernement et du public — Conséquences du monopole constitué au proût de la presse des capitales.

Lors de mon premier voyage en Turquie, il y a déji une trentaine d'années, je fus étonné, en débarquant au pied de Péra, de voir un employé de la douane me prier de lui soumettre mes livres. Ce douanier de la pensée était un jeune nègre qui bredouillait et emmêlait quelques mots de français, d'italien et d'anglais. Les choses se passent à peu près de même à la frontière russe, avec cette différence que le bakchich y règne moins effrontément, et que Texamen des livres ne s*y fait point par des noirs ignorants.

Les livres étrangers, ne pouvant être poursuivis dans la personne de leurs auteurs ou éditeurs, ne jouissent pas de l'exemption de la censure préventive. Comme sous Nicolas I"", il y a pour eux une censure spéciale (inostrannaïa tsenlsoura). De cette censure étrangère relèvent les livres ou journaux qui se présentent aux portes de Tempire. La besogne ne lui fait pas défaut, car les Russes, grands amateurs des langues de l'Occident, le sont aussi beaucoup de ses littératures. Vers le milieu du règne de Nicolas I"^, la librairie russe importait annuellement trois cent cinquante mille volumes étrangers, fiançais surtout*; la plupart, il

L GhiCTie donné pour 1836 par Schnitzler^ Stahntique de la Russie.

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