‹ L'empire des tsars et les RussesChapitre 44 sur 255 · Voyez plas haut p · texte numérisé non relu

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blesse {dvorianstvo)j avalent, grâce à leur mode d'entretien et de dolation territoriale, des intérêts particuliers, & la lois différents de ceux de TÉtat et de ceux des localilcs qu'ils gouvernaient*. Déjà le peuple élait victime d'une administration à la Tois ignorante et corrompue. La Russie du dix-huitième siècle élait presque entièrement privée des classes où se recrutaient ailleurs les fonctionnaires de rÉlat. Le dix-neuvième siècle n'a pas encore entièrement comblé celte lacune. Ce but, en apparence si modeste, la création d'un corps de fonctionnaires capables et moraux, est depuis Pierre et Catherine un des objectifs principaux de la Russie et de son gouvernement. Pendant longtemps les établissements d'instruction fondés à grands frais par le pouvoir central ont en Russie, tout comme en Chine, eu pour première mission de préparer à TÉlat des serviteurs et des agents. Ainsi se montre dans toute son étendue la tâche que s'étaient imposée l'autocratie et la centralisation. Celte administration, chargée d'importer aux rives du Volga la civilisation de l'Europe, il fallait d'abord la dresser elle-même aux usages et aux mœurs, si ce n'est à l'esprit de la culture européenne.

Le principal moyen employé par Pierre le Grand, qui ne pouvait toujours recourir à des étrangers, fut le tchine et le tableau des rangs^. Celte institution, qui faisait dépendre le rang et les préséances du grade civil ou militaire, fut avant tout un mode de recrutement des fonclion* naires de l'État. Pour la noblesse, contrainte, sous peine de perdre ses droits et privilèges, à entrer dans l'armée ou l'administration, le tableau des rangs de Pierre le Grand fut une sorte de conscription ou, mieux, un véritable service obligatoire. Pierre parvint ainsi à rassembler pour l'empire un nombreux contingent d'employés; mais, les

1. A. Gradovski : Systémy mêstnago oupravléma, U [Sbomik ûosoucU snanii, t. VI, 1878).

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