‹ L'empire des tsars et les RussesChapitre 56 sur 255 · POLICE DES VILI^S · texte numérisé non relu

POLICE DES VILI^S

ont, gous Alexandre III, élé reprises par le général Eozlof^ alors grand maître de police. Le dvomiky arraché au service du propriélaire ou des locataires, doit monter la garde devant sa maison; et à ces sentinelles, qui ne coûtent rien au Trésor, les règlements imposent un service qu'on oserait à peine réclamer d'un soldat ou d'un gendarme. Le dvornik en faction ne doit quitter son poste sous aucun prétexte ; il lui est expressément interdit de dormir, interdit même de s'abriter contre la pluie ou la neige sous la porte cochère', et le service de ces malheureux dvorniks est ofBciellement fixé, pour les six mois d'hiver, à seize heures consécutives, de quatre heures du soir à huit heures du matin. Avec les hivers de Saint-Pétersbourg, on devine ce que peut être une pareille faction ; quelle que soit l'endurance russe, un seul homme n'y saurait sufGre. Grâce à cette garde imposée aux portiers, le gouvernement a donné à chaque maison de la ville un ou deux veilleurs de nuit, qui sont, pour les propriétaires, une charge d'autant plus lourde qu'à l'intérieur il a fallu les remplacer par des suisses*. Comme si elle se sentait incapable d'assurer l'ordre dans les rues de la capitale, la police a eu Tidée, assurément bien russe, d'en charger une classe d'habitants, ainsi soumise à une corvée d'un nouveau genre. Si ingénieuses qu'elles semblent, toutes ces précautions n'ont, du reste, eu jusqu'ici qu'un médiocre succès.

Un des motifs de la négligence et de TinsufOsance de la police russe, c'est la multiplicité des fonctions qui lui sont conGées. Quoique déjà notablement restreintes sous Alexandre III, ses attributions restent encore démesurément étendues. Après avoir élé si longtemps l'instrument favori du pouvoir, la police continue, aux dépens de ses

Page 1