FO-KIEN
Limites et
conQgaration.
ment vers le nord, est hérissé, en tous sens^ de montagnes, de collines et de rochers. Les côtes, en général très-élevées et très-abruptes, hardiment découpées, bordées de nombreuses îles qui forment elles-mêmes autant de petites montagnes, présentent un aspect formidable de plages sablonneuses et désolées, de falaises à pic et d'anses profondes où Ton pénètre par des passes tortueuses, de détroits inextricables, de caps hardis dé* fendus par des récifs dangereux, et ont été, de temps immémorial, infestées par les pirates, aivières. Les deux principaux fleuves sont le Min au nord, et
le Loungkiang au sud. Le Min est formé de trois rivières qui descendent des monts Bohéa et se réunissent près de Yen-ping- fou ; il coule vers le sud-est, arrose 27 villes importantes et se jette dans le canal de Formose, un peu au-dessus de Fou-tchéou-fou, la capitale du Fo-kien. Son cours, qui mesure environ 120 lieuèS, est presque partout navigable et traverse un pays trèstourmenté et très-pittoresque. Près de Min-ngan-hien, à 6 lieues de la mer, il se resserre brusquement entre deux montagnes hautes de 1 ,800 pieds, cultivées jusqu'à leur sommet d'où Ton embrasse un horizon admirable, couvertes d'arbres odoriférants, couronnées par des forts et hérissées de batteries: Dans cette passe étroite, le Min a une profondeur moyenne de 20 brasses. Cette belle et utile rivière est malheureusement d'un accès difficile, à cause des rochers nombreux (jui se trouvent près de son embouchure et des grandes marées si fréquentes sur ces côtes. Le Loung-kiang (rivière du Dragon) prend sa source près des frontières du Kouang-toung, se dirige de l'ouest à l'est, se déverse, comme le Min, dans le canal de Forraose, et embrassé, à son embouchure, l'île d'Amoy. Son cours est de 80 lieues. Les Fo-kiennois constituent une population rude et turbulente. La plupart enroulent leur queue sous
oéoguaphie n
un turban. On dit que cet usage, introduit vei^ l'époque dé rinvaâion mandchotie, fut, à Torigine, une protestation courageuse contre la tyrannie des conquérante qui imposèrent la queue à tous les Chinois comme un gagé de Servitude.
FoU'tchéoU-fou (la cité heureuse) appelée HoktchéoU' Villes principales hoU par ses habitants, capitale de la province, située sur la rive septentrionale du Min, à 9 lieues de son embouchure et à 15 kilomètres de l'île Pagode, près de laquelle viennent jeter l'ancre les bâtiments de fort tonnage; bâtie dans une plaine fertile d'environ 30 lieues carrées qu'environnent de belles montagnes dont quelques-unes ont 1,000 mètres de hauteur; entourée de murailles qui ont 30 pieds d'élévation, 12 pieds d'épaisseur à leur sommet et sur lesquelles on a construit, [de distance en distance, de petites fortifications en bois défendues par des. canons ; percée dé sept portes que surmontent de hautes tours. Maisons basses et niai construites ; déplorable état de là voirie ; quartier militaire entouré de murs et renferinant une garnison de 8,000 Mandchoux. Parmi les édifices ou les établissements publics très-rares et trèstnesquins que renferme Fou-tchéoU, il faut citer : un grand temple, le Tching-ouang-miao ; ceux qui sont dédiés au dieu de la guerre et à la déesse de miséricorde; le KioU'Sieti'Chan (colline des neuf génies), orné de nombreuses et jolies pagpdes ; les bains publics qu'alimentent plusieurs sources d'eau chaude et qui renfertoènt cinq pu six citernes larges de 6 pieds, profondes de 4, où tout le monde se plonge pêle-mêle pour le prix modique de 2 centimes; la tour de la porté du Nord qui domine toute la côte et qui â'élêve au bord d'un précipice de 100 pieds de profondeur. Lé i^txhouTgdie Nan-taï iaàt communiquer Fou-tch^Jou avec le Min. Il se déploie parallèlement sur ses rives et ooeupo»
au milieu de la rivière, une petite île que deux ponts de pierre, bordés par des boutiques, relient à la terre ferme. Une nuée d'embarcations de toutes grandeurs, ornées de fleurs ou de plantes au gai feuillage,. encombre le cours du Min. On donne à Fou-tchéou 600,000 âmes. Le langage des habitants est rude comme leurs mœurs, particulièrement guttural, et diffère, sous ce rapport, de celui qu'on parle à Ning-po ou aux envii ons d' Amoy. Ils s'adonnent un peu au négoce, fort peu à Tindustrie et beaucoup au funeste usage de l'opium *.
Amoy ou Hia-moun, 45 lieues S.-O. de Fou-tchéou, située sur l'île du même nom qui est formée par l'embouchure du Loung-kiang et qui fait partie du département de Tsiouen-tchéoU'fou. Port fréquenté, ouvert aux Européens par les traités de 1844. Les faubourgs, l'enceinte murée et la citadelle qu'une large route bien dallée, courant sur la crête des collines, relie à la cité, ont ensemble 2 lieues de tour. Une ligne de montagnes très-âpres, où l'on remarque de vastes tombes creusées dans le roc et ornées d'épitaphes, se développe derrière la ville qui est construite sur une langue de terre assez étroite. D'un côté de ce petit cap, se trouve le port intérieur protégé par les collines environnantes; de l'autre, s'étend la rade extérieure bordée en partie, vers l'est, par la petite île de Koulang-sou dont les batteries commandent entièrement la ville. Koulang-sou, qui mesure environ 1,600 mètres de longueur sur 1,200 de large et contient une population rurale de 3,500 âmes, fut occupée, pendant quatre ans, par les troupes anglaises, à l'époque de la première guerre de Chine. L'aile d'Amoy a 16 lieues de tour et possède, avec là ville qui porte son nom, 400,000 habitants. De nombreux îlots l'accompagnent. Le plus considérable est, au nord-est, Que^
i. Ainsi que nous le verrons plus loin, Fou-tchéou est devenu, depuis quelques années, le centre principal du commerce des thés noirs.
moy OU Kifi-moun (ia rade d'or) dont les côtes basses contrastent singulièrement avec les montagnes voisines. La différence entre les hauteui*s des marées dans le port d'Amoy est de 14 à 16 pieds. Â marée basse, le Loung- Kiang est souvent à sec. Il y a deux siècles, Âmôy était le principal entrepôt du commerce étranger avec la Chine.
Tsioiien-tchéoU'fou^ 35 lieues sud de Fou-tchéou, capitale d'un département riche et peuplé, qui renferme l'importante sous-préfecture de Toun-ngan et l'île d'Amoy. Un peu à l'est de Tsiouen-tchéou, on voit les collines d'An-kot où l'on récolte un thé noir d'une saveur particulière.
Tchang-tchéoU'fou^ sur le Loung-kiang, 52 lieues S.-O. de Fou-tchéou, 12 lieues ouest d'Amoy, au centre d'un bassin de 12 lieues de long sur 8 de large qu'environne de tous côtés un amphithéâtre de montagnes stériles aux sommets hardis et dénudés; bien bâtie et bien pavée, entourée de splendides cultures, de beaux arbres et d'innombrables villages. Pont de 800 pieds sur le fleuve ; industrie active et variée; importantes manufactures de soieries ; population intelligente qui s'élève, croit-on, à près de 700,000 âmes. Tchang-tchéou est une des villes importantes de la Chine *.
Hing-hotM^fott^ 16 lieues S. de Fou-tcheou, capitale d'un département populeux où l'usage de l'infanticide est, dit-on, très-répandu.
De nombreuses îles, grandes et petites, dépendent, pour la totalité ou pour une partie seulement de leur territoire, de la province dh Fokien. Ce sont, entre autres, Formose et le groupe des Pescadore, Formose est Forirose. séparée en deux parties bien distinctes par une chaîne
i. Sotmtao, dont les traités de Tien-tsin ouvrent l'accès au commerce étranger et qui fut, avant l'époque de leur conclusion, le centre d'une contrebande très-aclive, est, à proprement parler, le port de Tchang-tchéou.
74 LEMPIRE OU MILIEU
de montagnes, les Mou^kan-chan^ qui traverse l'Ile du nord au sud et qui renferme plusieurs grands pics dont quelques-uns ont une altitude de 4,000 mètres. La' par«> tie occidentale, fertile, riante, bien cultivée, a 400 kilo«* mètres de longueur sur 130 do largeur, et forme un département dont la capitale, Tai-ouan, est située au sud-ouest de Formose, à peu près sur la latitude de Canton. C'est une assez grande ville possédant une belle rade. Tan-choui^ à 40 lieues au nord, et Kùloung, bon port asse2 fréquenté, sur la côte septentrionale de Tlle, à 15 lieues nord- est de Tan-choui, sont, après Taï* ouan, les villes les plus importantes de Formose. Les MoH*k(m-chan et leur versant oriental sont habités par plusieurs tribus turbulentes et rivales, aux membres grêles, au teint olivâtre, qui n'ont pas toutes reconnu la juridiction des autorités chinoises. Elles portent les ohe- Teux longs et se noircissent les dents. Honnêtes dans leur trafic et assez douces dans leurs mœurs, elles sont ftrdentes àla vengeance et très-portées aux idées supers^ titieusés. Elles paraissent, d'ailleurs, n'avoir point de culte et ne pas connaître récriture. On les supposé d'origine malaise ou polynésienne. Ce fut seulement au xv^ siècle que les Chinois visitèrent Formose, et en 1683, qu'ils y formèrent une colonie sérieuse après que le célèbre pirate Ko-ching-a efa eut chassé les Hollandais. On évalue à 3,000,000 d'habilâiits là population actuellement soumise à l'autorité impériale. Beaucoup de riches Chinois du Fo-klen et du Kôuàng-foung achètent des terres à Formose, et ces deux provinces y déversent un perpétuel courant d'émigration* Celle grande lie doit son nom européen à la beauté de ses côtes occidentales qui excita l'admiration des navigateurs portugais. Les Chinois Rappellent Tcd-ôuaii^ comme la première ville qu'ils y ont fondée ^
i. Formose possède des mines do bouille ef de soufre encore înex-
Entre Formose et le Fo-kien, à 30 lieues sud-est lies Pescadore. d'Amoy , les Pescadorê (en cliinois , Peng*hou4ing) forment un groupe de 24 ilôts qui constituent un arrondissement sous la juridiction du préfet de Taïouan-fou. La plus grande donne son nom à tout Tarchipel. Elle en occupe le centre et possède un excellent port. Elle a environ 9 lieues de tour. Les Pescadorê renferment 10,000 habitants, tcfUs pêcheurs ou pirates. Elles produisent des ananas, du millet, des patates et des légumes destinés à la consommation de Formose. Les arbres y font presque complètement défaut.
Parmi les lies innombrables qui bordent les côtes du Fo-kien, il faut citer, outre Amoy et Quémoy, dont nous avons parlé plus haut, Namoh; Nanao, célèbre dépôt d'opium ; les groupes des Lamyt; les Ockséou; HiMan^ entre le Loungkiang et le Min, et, au nord de cette rivière, les Chiens^blancs; Ma-tsau-chan; les Samsah; Toung-^young; Pih*siùng; Pih'kouan. Les pics que renferment quelques-unes de ces îles atteignent une altitude de 1,500 pieds.
Le Fo-kien étant très^ accidenté et les sommets de ses montagnes ou de ses collines ne se trouvant point, en général, propices à la culture, le sol de cette province ne produit pas assez de céréales pour la nour»rtture de ses habitants. On y importe beaucoup de ri^ de Siam et de Formose. Le^ucre, la porcelaine, le grasscloth * , le thé noir qui croit abondamment sur les monts Fôw-ftt, au sud-ôuest de la province, sont les principaux objets d'exportation? Quelques montagnes sont bien boisées.
12 départements subdivisés en 65 arrondissements ;
Productions
et
cultures.
ploitécs. Tous ses ports : Taî-ouan'foUy Tan-ôhoui, Kiloung et Tàhao admetUent librement aujourd'hui les navires de commerce étrangers. i. On donne ce nom à des toiles très-fines fabriquées avec les fibres de deux espèces d'ortie.
Gouvernement
et
population.
15 millions d'habitants administrés par un gouverneur sous la juridiction du vice-roi du Min-tché qui réside à Hang-tcliéou.
HOn-PKH.
Limites.
Réuni autrefois à la province voisine, le Hou-nan^ sous le nom de Hou-kouang (les grands lacs), le Hou-pé (pays au nord des lacs) a pour limites, à Test et au nord-est, le Ngan-hoeï et le Honan^ dont le sépare la chaîne des Ma-ling; au nord, le Cheu-si ; à Touest, le Setchouen; au sud, le Hou-nan et le Kiangsi. Le
ivièrcs et lacs. Yang-tze-kiang baigne toute la partie méridionale de la province et le Han-kiang onHan-chotié, qui se jette dans le grand fleuve près de Vou-tchang-fou, la traverse du nord au sud ; cette rivière prend sa source dans le Chen-si, entre la chaîne des Pek-ling et celle des Ta-paling, reçoit quelques- tributaires et se déverse dans le Yang-tze-kiang par un grand nombre d'embouchures, après avoir alimenté plusieurs lacs qui s'étendent dans une immense plaine de 80 lieues carrées, la plus fertile, dit-on, de toute la Chine, parallèlement au grand fleuve. Les principaux de ces lacs ont reçu les noms de Lac au Millet, Lac de la Hache, Lac du Cheval rouge. Le reste de la province est accidenté ; la haute chaîne des Tapa-ling qui sépare, vers le nord-ouest, les bassins du Han et du Yang-tze^ renferme plusieurs pics toujours neigeux.
Iles principales. Vou-tchang-fou, Capitale de la province, sur la rive orientale du grand fleuve qui la sépare de Hanyang-fou. Ces deux villes, en y comprenant les vastes faubourgs de Vou-tchang, qui forment eux-mêmes, au bord du Yang-tze, une vaste cité connue sous le nom de ftan-kéou, constituent, au dire des statistiques chinoises, le plus grand centre commercial de tout l'empire. La largeur du fleuve auquel vient s'unir, près de Han-yang-fou, la rivière //an, est au moins de
4 kilomètres, bien que Han-yang soit situé à 200 lieues Je son embouchure. Plus de 10,000 bateaux, de toute grandeur et de toute forme, reposent à l'ancre près des quais de Han-kéou^ dont la longueur atteint, dit-on, 4 lieues. L'aspect misérable de la ville ne répond pas à ces conditions de prospérité. Les rues sont sales, bourbeuses, infectes, et beaucoup de maisons tombent en ruines. Han-kéou a été occupée plusieurs fois par les rebelles depuis le commencement de l'insurrection. Les traités de Tien-tsin l'ont ouvert au négoce étranger.
Kin-tchaO'fou , sur le Yang-tzé, 45 lieues ouest de Vou-tchang. Position militaire importante; nombreuse garnison.
Siang-yang-fou, sur la rivière Han, célèbre dans les annales historiques de la Chine.
Céréales, soie, coton, thé, cire, bois de charpente, nocnbreuses fabriques de papier et de toiles. Pêcheries abondantes.
27,000,000 d'habitants, H départements, 67 arrondissements; un gouverneur administrant sous les ordres du vice-roi du Liang-hou. Ces deux fonctionnaires résident à Vou-tchang.
Produciions.
Pnpalation
et
gouvernement.
Entre le Hou-pé, .au nord ; le Se-tchouen et le Koueïtchéou, à l'ouest; le Kouang-si et le Kouang-toung, au sud ; le Kiang-si, à l'est, se trouve compris le Hou- Tian (pays au sud des lacs) dont le sol est plus montueux encore que celui du Hou-pé. La partie sud-est de la province que parcourt un prolongement des Nan-ling, renferme des plateaux élevés et stériles où une population éparse et misérable trouve à peine sa subsistance. Au sud-ouest, les Nan-ling, qui séparent le Hou-nan du Kouang-si, sont habités par plusieurs tribus de Miaotze insoumis, dont les fréquentes révoltes à main armée causent beaucoup de soucis aux autorités indi-
HOD-NAH.
CoiiOguralion limites.
Rivières et lacs.
7^ L'EMPIt^Ç DU MILIEU
gènes. La province est arrosée par trois grandes rivières, le Siang, le Tsé et le Youen S qui prennent naissance dans les Nan-Iing, coulent du sud au nord et se jettent, toutes trois, dans le lac Toung-ting, Ces rivières reçoivent plusieurs affluents et sont reliées entre elles par des canaux, en sorte qu'il n'y a point en Chine de province où les voies de communication et de transport soient plus nombreuses qu'au Hou-nan. Nous avons dit plus baut que le Toung-ting était le plus grand lac de la Cbipe propre et qu'il communiquait avec le Yang-tze-luapg. Sur ses rives, que bordent des plaines extrêmement fertiles, sont situées les villes les plus considérables de la province. On dit que ses eaux sont infestées de pirates qui mettent souvent à contribution les vilUges de la côte.
Villes principales. Tchang-tcha, capitale de la province, sur le Siapg-
kiang, ville importante, très-peu connue des élraug^rs^ reliée, par des canaux, avec toutes les autres préfectures de la province.
Yok-tchéou-fou, sur la rive orientale du Toung-ting, vaste entrepôt de commerce.
Le sol, en général bien cultivé, excepté daps 1^8 départements du sud-est, oîi sa grande élévation le rend infertile, produit des céréales et particulièrement du riz. Ou trouve sur les montagnes des pins, des cassiers et d'autres bois de charpente qui remontenti sous forme de radeaux, jusqu'au grand fleuve. Elles renferment du charbon, du fer, du plomb et de la malachite.
12 départements, 67 arrondissements, 19,000,000 d'habitants administrés par un gouverneur qui réside à TdiangrtcUa et qui relève du vice-roi du Liangbou.
i. Ce sont les noms indiqués par les eartes chineiset. Non» ne sa- Toxui sur quelle autorité a'apituie du Halde torsqu^ii ckduae les mwk û^
Caltore
et
productions.
Population
et
gouvernement.