‹ L'empire du Milieu, description géographique [&c.]Chapitre 2 sur 93 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

clales/ industrielles et mercantiles du peuple chinois n'appartiennent désormais à' l'Europe. Nul doute aussi qu'elle ne parviendra point aies transformer sans subir les épreuves d'une lutte incessante et laborieuse. Les erreurs souvent déplorables de notre passé, les enseignements parfois douloureux de notre expérience guideront, en Chine, nos futurs elBforts. Nous n'oublierons pas que nous y avons des fautes , des crimes même à racheter par des services et des bienfaits. Nous opposerons constamment aux méfiances du gouvernement chinois, à son mauvais vouloir que déguisent mal ses protestations affectées, à ses ruses artificieuses qui sont les armes naturelles de sa faiblesse, la loyauté et la courtoisie de nos allures, la dignité et la fermeté de notre attitude. Nous essaierons de le contraindre au maintien de la paix en le faisant notre obligé et notre débiteur, en appelant, par exemple, au secours de son trésor appauvri, les capitaux de nos^ financiers; nous nous garderons de ces précipitations imprudentes, de ces ingérences téméraires, de ces inutiles provocations qui compromettent les meilleures causes; nous saurons maintenir résolument, fût-ce même au prix de quelques sacrifices, l'union des quatre grandes puissances qui, seule, protège efficacement à Péking les intérêts solidaires des peuples civilisés, qui seule protège la Chine contre les ambitions rivales des deux puissants empires dont les frontières lui sont communes ; nous protégerons, avec une stricte impartialité, l'admirable dévouement de nos missionnaires; dé-

sireux de témoigner, en toute circonstauce, notre an)our pour la justice, nous ne craindrons point de réprimer, avec éclat, les actes coupables que commettraient nos nationaux ou les tentatives illégales de notre commerce; nous lui rappellerons, s'il le faut, que, sans la bonne foi et la patience, il risque son honneur et sa fortune.

Ce n'est pas sans dessein que j'ai fait précéder cet ouvrage des réflexions qu'on vient de lire. Elles en feront comprendre le sens et l'intention. Mes loisirs m'ont permis d'étudier la plupart des recueils anecdotiques, scientifiques, édifiants, statistiques, pittoresques ou littéraires que les Européens ont écrits sur l'Empire du Milieu *. Les plus sérieux et les meilleurs, si l'on excepte les excellentes études de nos sinologues et les volumineux travaux de nos anciens missionnaires, sont dus, sans contredit, aux publicistes anglais ou américains. Il m'a été facile de comparer leurs valeurs respectives pendant mon séjour en Chine, où j'ai pris une part active et directe aux affaires diplomatiques et passé six ans de ma vie.

J'ai cru qu'en coordonnant les notions que j'avais puisées dans ces recueils, en les complétant par mes propres souvenirs et par les informations qui me sont parvenues depuis mon retour, en écrivant, d'après ces données authentiques et consciencieuses, un volume simple et impartial, sobre

i. De tous ces livres, le Middle Kingdom, composé en Chinp, il y a vingt ans environ, par un missionnaire américain, M. Wells- Williams, m*« paru le plus méthodique et le plus complet. C'est l'ouvrage que j'ai le plus souvent et le plus utilement consulté.

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