‹ L'empire du Milieu, description géographique [&c.]Chapitre 25 sur 93 · HISTOIRE NATURELLE · texte numérisé non relu

HISTOIRE NATURELLE

Notions générales sur la minéralogie, la zoologie et la botanique chi< noises. ^ L'herbier chinois. — Si méthode et ses divisions.

Si la Chine était mieux connue, si ce grand pays qui étend ses limites depuis les zones torrides des tropiques jusqu'aux confins glacés de la Sibérie, qui subit l'influence de tous les climats et qui présente tous les aspects, avait été exploré, depuis plusieurs siècles, par les savants Européens ; si les voyageurs qui Tont parcouru avaient eu plus de science ou de loisirs, plus d'expérience ou moins de crédulité, il n'est pas douteux que leurs investigations eussent fait grandement progresser les sciences physiques. Ce qu'ils nous ont appris sur l'histoire naturelle de ces régions est si vague, si incomplet, quelquefois si invraisemblable, les classifications et les descriptions chinoises sont elles-mêmes si bizarres et si naïves que, pour rester sérieux et ne point abuser nos lecteurs, nous devons nous en tenir aux notions les plus générales sur ce vaste et intéressant sujet.

Les richesses minéralogiques que possède l'Empire minéralogie.

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chinois, que recèlent les flancs de ses montagnes et les masses quartzeuses de ses rochers, que charrient ses rivières^ que renferment les eaux salées de ses grands lacs ou les soUtudes inconnues de ses déserts, sont assu- Riehessesda règne rément aussi variées qu'abondantes. Ignorant des proéraiogiquc. ç^j^g simples et puissants que la science applique, en Europe, à l'exploitation des mines, à l'extraction et l'affinage des métaux, à la fabrication des substances chimiques les plus utiles, routinier par principes, apathique par nature, le gouvernement impérial, auquel la loi attribue la propriété exclusive de ces richesses^ les laisse enfouies pour la plupart dans le sol où les révolutions terrestres les ont lentement formées pour l'usage de riiomme et l'embellissement de son existence. Parmi celles que les étrangers se sont trouvés à même de connaître, il faut citer :

Pierres. Les granits^ dont les Chinois se servent, à Canton et

à Amoy, pour le pavage de leurs rues, la construction et l'ornement de leurs demeures, de leurs ponts, de leurs monuments publics, et qu'ils excellent à tailler, à ciseler, à sculpter;

Les grès et les micachistes^ employés aux mêmes usages dans d'autres parties de l'Empire;

Beaucoup de belles gemmes, et entr'autres des qtiartz merveilleux, du cristal de roche très-pur, des agates^ des serpentines^ des lazulites, des opales, des diamants, des rubis f des améthystes , des grenats et le fameux jade (yu), si estimé des Chinois, sorte de pierre très-dure, demi-transparente, dont la nuance varie du blanc laiteux au vert foncé ^ ; la plupart de ces gemmes viennent

1. Le jade est un composé de silice, de chanx, de potasse et d'oxyde de fer. On le recueille principalement dans le lit des rivières du Yoanan et du Khoten. Cette pierre est assez commune dans plusieurs contrées, notamment à Java, mais les Chinois n'estiment que le jade de leur pays. Sa valeur varie beaucoup suivant qu'il est plus ou moins sonore et dWe nuance pluâ ou moins foncée.

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des provinces ou des colonies de l'ouest et du sud* ouest; les lapidaires indigènes, qui sont fort patients et fort habiles, les polissent avec de la poudre de corindon que Ton extrait de certaines roches granitiques;

Plusieurs espèces de pierres calcaires, des marbres assez grossiers, dont on fabrique dans les jardins, aux environs de Canton, des rochers artificiels où dans lesquels on taille de laides plaques destinées à Tornementation des maisons et des temples; les Chinois ne font point de statues avec ces marbres qui sont peu susc^tibles de poli ; mais ils y impriment, à Taide d'un acide très-mordant, des- paysages fantastiques; ils ignorent d'ailleurs l'usage de la chaux;

Le gypse cristallisé^ abondant dans le nord-ouest du Kouang-tong; on le réduit en poudre sous la meule et on en fait une grande consommation pour le calfatage des bateaux, la coloration du thé, la fabrication du sucre en poudre, la composition du fard dont les femmes se couvrent le visage et ia fabrication de diverses substances dentifrices ; la médecine l'emploie aussi comme réfrigérant;

Le nitre^ que l'on obtient dans les provinces du nord en lessivant les couches superficielles de certains sols très-humides, et qui sert à la fabrication de la poudre à canon ;

L'alun, très-commun et très-utile pour clarifief l'eau, fixer les couleurs et blanchir le papier;

Le sel commun^ obtenu uniquement par l'évaporation des eaux de la mer; les Chinois ne connaissent pas le sel gemme, bien qu'ils en aient probablement des mines considérables;

Le sel ammoniac^ que l'on recueille près des lacs Mongols;

L'or, que donne avec assez d'abondance, par le pro- Mèiaui

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cédé du lavage, le sable des rivières du You-nan et du Se-tchouen, notamment celui du Kin-tcha-kiang (rivière dorée). Tune des branches du grand fleuve (voir page 1 3); on en fabrique des bijoux et des décorations officielles et on le bat en feuilles très-minces, dont on se sert pour la dorure; le commerce l'emploie en lingots; on ne trouve pas en Chine d'or monnayé;

L'argent, que les mines du You-nan fournissent en grande abondance et dont il existe de nombreux filons dans d'autres provinces de l'Empire; on le fond, de temps immémorial, en Hngots dont le poids fixe la valeur et dont le commerce fait usage; avant l'introduction en Chine des piastres espagnoles, ses habitants ne connaissaient pas l'argent monnayé;

Le cuivre^ qui est aussi très-commun et qui constitue l'unique base de la monnaie indigène; on en fait des cloches ainsi que des ornements et il entre dans la composition de diverses espèces de bronze ; lorsqu'il est à l'état pur, il prend le nom de tsz-M (cuivre naturel); le You-nan et le Koueï-tchéou renferment beaucoup de minerai d'où l'on tire un métal analogue au zinc, bien que plus dense; les Chinois l'appellent /?e-fowg'; le pétong remplace, pour une foule d'usages, le cuivre naturel ; il est susceptible de prendre un beau poli semblable à celui de l'argent;

Le fer ^ moins commun qu'en Europe; on ignore où sont shuées exactement les mines d'où on l'extrait, et par quels procédés on l'obtient; les pays étrangers en fournissent beaucoup à la Chine;

Le zinc, dont il existe des mines au You-nan et dans le Hou-pé, mais qui est encore très-peu employé;

L'étain, encore plus rare et presque inconnu;

Le plomb, que l'on trouve à l'état de galène (plomb sulfuré); le prix en est élevé et l'usage très-restreint;

Le mercure f très-abondant au Koueï-tchéou et au

Ghen-si, employé en médecine et pour Tétamage des glaces;

Plusieurs sulfures^ et entr' autres le cinabre (sulfure de mercure), dont on fait du vermillon ; le sulfure de plomb (galène), dont nous venons de parler; V orpiment (sulfure d'arsenic, dans lequel on taille des statuettes et des figurines) ; le lazulite^ qui donne une couleur bleue avec laquelle on peint sur cuivre et sur . porcelaine, on le tire surtout de Tîle de Haï-nan ;

La houille^ qui existe en couches considérables dans plusieurs provinces et qui est employée comme combustible dans tout le nord de TEmpire, soit à Tétat pur, soit mélangée avec de Targile. Le Kouang-tong en possède des gisements très-riches qui occupent, sur une^ grande longueur, les rives du Pé-kiang; mais celle qu'on en extrait, dure, sèche, et renfermant beaucoup de soufre, ne brûle qu'avec difficulté en répandant une fumée insupportable. Les galeries où on la recueille sont horizontales, superposées et s'ouvrent en étages sur les flancs des collines. Si les Chinois connaissaient l'art de creuser, de ventiler, d'exploiter les mines et tous les avantages que l'industrie européenne retire du charbon de terre, les gisements houillers que recèle leur sol deviendraient pour eux la source d'une incalculable prospérité.

Pour terminer l'énumération des richesses minérales de l'empire, il nous reste à parler des curieuses pétrifications fossiles dont les auteurs chinois ont analysé, il y a déjà plusieurs siècles, les caractères extérieurs, et les eaux thermales qui jaillissent du sol dans les provinces du nord et de Touest. Quelques-unes de ces sources d'eaux chaudes, dont nous ignorons d'ailleurs les propriétés chimiques, sont en grande réputation par toute la Chine. L'une d'elles, qui se trouve à* Jé-ho, près du palais d*étéy est enfermée dans l'enceinte d'un hôpital

Combustibles.

Fossiles.

Soarces d*eaa chaude.

ZOOLOGIEa

Quadiumai.es.

Gbéiroptères«

oii Tempereur fait soigner, à ses frais, un certain nombre de vétérans mandchoux. D'autres, les ho-tsing (puits à feu), que nos missionnaires ont vues au Se-tchouen, s'é< chappent d'ouvertures étroites, profondes de 1,500 pieds, creusées de main d'homme et ressemblant à nos puits artésiens. Leur chaleur est intense et leur jet puissant. Non loin du lieu où elles se trouvent, de nombreuses fissures dégagent un gaz sulfureux qui prend feu avec explosion et brûle, en longues flammes bleuâtres, au milieu d'un épais nuage de fumée.*

Les différents types zoologiques répandus dans les vastes régions torrides et glacées, peuplées et désertes, montagneuses et unies, fécondes et stériles, nues ^et boisées qui constituent le territoire de l'Empiré offrent des variétés nombreuses. Pour ne nommer que les principaux, nous citerons :

. Premièrement, dans la famille des quadrumanes^ le donc cochinchinois (simia nemœus), grande espèce de singe, très-remarquable par la diversité et l'éclat des couleurs de son pelage ; sa face plate, encadrée dans une longue paire de favoris, est jaune orange; une bande sombre traverse son front ; il a le haut du corps et les avant-bras gris brun, le reste des bras blancs, les mains et les cuisses noires, les jambes d'un rouge bril-, lant; sa queue est blanche et prolonge une grande tache triangulaire de la même couleur,qui couvre une partie de ses reins; il a deux à trois pieds de longueur; — une autre espèce un peu plus grande , que les Chinois nomment haï-tuh et les Cochinchinois ki-doc^ dont la queue est fourchue et le nez se prolonge en trompe; -— le fifi, sorte de chimpanzé qui a une longue crinière, et le sing-sing^ dont l'apparence se rapproche beaucoup des formes humaines;

Deuxièmement, dans celle des chéiroptères^ plusieurs espèces de chauves-souris, dont les plus grandes se

trouvent au sud et atteignent jusqu'à deux pieds d'envergure; la description que donne Therbier chinois de là chauve-souris est curieuse à plus d'un titre ; elle mé« rite d'être citée comme une des plus fidèles et des plus sérieuses de ce volumineux et puéril recueil : < Cet animal, dit Fauteur^ que nous appelons rat céleste, rat enchanté, rat volant, hirondelle nocturne, a la forme d'une souris ; son coi*ps est d'un gris cendré, ses quatre jambes et sa queue sont comme soudées les unes aux autres par des ailes minces et membraneuses; il fait son apparition en été, mais demeure engourdi pendant l'hiver; c'est pourquoi ne mangeant rien, durant cette dernière saison^ et ayant d'ailleurs la faculté de se substanter en avalant sa propre haleine, il peut vivre très-longtemps; il a les habitudes d'un rôdeur de nuit, non qu'il ne puisse voler pendant le jour, mais parce qu'il redoute les poursuites d'une sorte de faucon qui en est très-friand ; il se nourrit de moustiques et de moucherons et vole toujours la tête pendante, parce que son cerveau est très-pesant; »

Troisièmement, dans la famille des plantigrades : pimiigrades. Vours brurij assez commun sur les montagnes de l'ouest, et Vours blanc, qui fréquente parfois les côtes de la Mandchourie; on fait sécher et on vend très-cher, sur les principaux marchés de l'Empire, des pattes d'ours, que les Chinois considèrent comme un mets exquis ; — le glouton, dont la fourrure est recherchée et dont le poil soyeux sert à fabriquer des pinceaux à écrire;

Quatrièmement, parmi les digitigrades : plusieurs es- nigiiignides. pèces de martres, qu'on trouve en grande quantité dans les provinces du nord (leurs magnifiques fourrures font la principale richesse du pays); — la loutre terrestre et la loutre de mer; — Ta belette; — le chien, dont le type commun ofte beaucoup d'analogie avec celui des animaux de la même race que l'on voit sur les côtes

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septentrionales des continents asiatique et américain; le chien chinois a le poil épais et rude, invariablement noir ou jaune clair, sans mélange d'aucune autre couleur; le corps haut d'un pied environ et long de deux; la queue longue, abondamment frisée et relevée en trompette; les jambes de derrière remarquablement droites, ce qui lui donne un aspect gauche et l'empêche de courir très-vite ; les oreilles raides, pointues; la tête effilée, les yeux petits, noirs et perçants; la langue, les commissures et le palais d'un bleu noirâtre; il est sobre, doux et de bonne garde, quoique peu susceptible d'attachement et de mœurs assez sauvages; sa voix est éclatante et ses aboiements précipités ; on dit sa chair comestible et même assez délicate; les dames chinoises de haut rang font grand cas d'une espèce très« rare de petits chiens au poil soyeux, aux yeux saillants, aux jambes torses, aux oreilles longues et pendantes qui paraissent venir du Japon et qui ont beaucoup de ressemblance avec nos king's-charles ; — le loup et le renard^ que l'on considère comme possédés de malins esprits et qui sont l'objet d'une terreur superstitieuse, ne sont pas très-communs; — le lion et le tigre^ encore plus rares, si on en juge d'après les tableaux des peintres chinois, qui en font des animaux de fantaisie, comme si le type de ces deux grands carnivores n'était plus qu'une réminiscence du passé; il est probable toutefois qu'il existe encore aujourd'hui dans les jongles du You-nan ; — une sorte de petite panthère, que Ton trouve dans les forêts mandchoues où les premiers empereurs de la dynastie actuelle, entre autres le célèbre Kang-hi, la chassaient avec un luxe de vénerie incroyable; — \echat domestique, à poil gris ou noir; -— Vangora, trèsaimé des dames de Péking, et qui a, dit-on, les oreilles pendantes; — une grande espèce de chat sauvage, très-féroce, très -carnassier, et dont la

chair est en grande réputation ; les Chinois mangent aussi le chat domestique; — le lynx^ assez commun dans tout le pays;

Cinquièmement, beaucoup de rongeurs, entre autres: le rat du Bambou (Tchou-chpu), sorte .de mulot des bois très-répandu dans les provinces méridionales, et le rat noir commun ; — la souris; — le porc-épic; — le hérisson; — la marmotte; — le lièvre et le lapin communs qu'on trouve dans le nord et qui diffèrent un peu des nôtres pour leurs formés ou leurs couleurs ; — une espèce de grand lièvre^ dont parle Staunton, et qui foisonne en Mandchourie; "il a le pied remarquablement allongé et son poil, fauve en été, devient presque blanc pendant Thiver; — Vécureuilet l'écureuil volant ou /?o/atouche^ que la science chinoise classe parmi les oiseaux;

Sixièmement, un édenté : le manès ou pangolin^ dont le^ formes singulières et les habitudes amphibies ont fait la stupéfaction des naturalistes chinois, qui lui ont donné le nom de carpe de montagne; il fréquente les rochers des côtes méridionales et la médecine compose avec diverses parties de son corps, plusieurs remèdes auxquels on attribue une grande efficacité;

Septièmement, un grand nombre de pachydermes : \* éléphant et Xerninocéros qui hantent les grandes jongles du You-nan (on fait avec la corne du rhinocéros une poudre fréquemment employée par la médecine et on en fabrique des coupes habilement ciselées, qui purifient, selon la croyance du vulgaire, les breuvages empoisonnés); — le tapir, qui passe pour digérer les pierres et le cuivre; — le sanglier^ très-commun dans le Tché- Kiang, où il fait le désespoir du cultivateur en ravageant les rizières et les jeunes plantations de bambous ; — le cochon, dont les jambes sont courtes, le dos particulièrement ensellé, le corps très- arrondi, le groin tronqué et rengraissement remarquablement facile (de tous les

RoogeurSi

Êdentés.

Pachydermes.

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animaux domestiques que renferme la Chine» le cochon est sans contredit le plus répandu et le plus utile ; cette précieuse espèce a été introduite en Angleterre verâ la fin du dernier siècle); — le cheval^ petit, osseux, trapu, peu gracieux de formes; il a la tête grosse, la croupe ravalée et l'aspect misérable du poney des Schetland; celui du nord est sensiblement mieux fait et plus vigoureux; le gouvernement chinois entretient de misérables haras en Mandchourie et en Mongolie, mais il n'a jamais rien fait pour l'amélioration de la race chevaline dans la Chine proprement dite, oîi Ydne et le mulet sont beaucoup plus communs que leur noble congénère ; luuinants. Huitièmement, dans l'ordre des ruminants : le cha-

meau d'Asie à deux bosses; il rend, dans les provinces du nord et du nord-ouest, particulièrement dans le Gobi, les mêmes services que le dromadaire aux Arabes, mais il n*est pas connu au sud de Tempire; selon du Halde, il est moins léger et ses membres sont plus robustes; on a vu cependant à Péking des chameaux dont les jambes sont grêles, les formes élancées et fines ; ceux-là sont spécialenient consacrés au transpprt des dépêches et des marchandises légères; on les nomme Foung-kiO'to (chameaux aux pieds aériens); — des bœufs à bosse et sans bosse ^ pas plus hauts que des ânes, presque tous roux , ayant les cornes petites et mal faites, d'ailleurs assez rares ; — les buffles, beaucoup plus gros que les bœufs et employés à l'agriculture'; ce sont de beaux animaux, au poil gris foncé, doux, laborieux et dociles ; ils sont moins grands que le buâle des Indes et difi'èrent essentiellement, comme formes et comme caractère, du bison américain ; leurs cornes sont longues et demi-circulaires; pendant les ardeurs de Tété et dans l'i^itervalle des travaux, ils se couchent dans la J}Oue liquide des rivières, où ils disparaissent tout eptiers

ne montrant que Textrémité luisante de leurs museaux; — le yak^ ou bœuf grognant du Tbibet, récemment introduit en Europe par les soins de M. de Montigny, et qui rend, comme nousTavons dit plus haut (page 136)f de si utiles services à l'agriculture et à l'industrie ; — la chèvre; — le mouton dont on distingue deux sortes, le Yang-tsao et le Yang-ti; le Yang-tsao (mouton des herbes) fréquente les pâturages tartares; le Yang-ti (mouton des terres), appelé par les naturalistes français mouton à large qiietie^ et introduit récemment en Europe sous le nom probablement corrompu de Ong-ti^ est répandu dans la Chine propre; la forme particulière de ses oreilles auxquelles manquent les rudiments de la conque, celle de son nez fortement busqué et de sa queue courte, grasse, large, très-aplatie à sa base, le distinguent de ses congénères; sa sobriété, sa rusticité, sa douceur et la précieuse fécondité de sa brebis qui peut donner, par an, deux portées de quatre à cinq agneaux chacune, le recommandent particulièrement à nos éleveurs; sa laine, un peu grossière et mélangée de longs poils, pourrait, sans doute, être améliorée parleur industrie; — une charmante espèce d'ar/s, au pelage fauve tacheté de blanc, au regard expressif et langoureux, qui faitTun des plus agréables ornements des parcs chinois; — le bubale^ sorte de grande antilope, qui erre par petites troupes dans les solitudes du Ko-ko-nor ; son corps est pesant, ses cornes, longues de neuf à dix pouces, sont annelées, divergentes, émoussées et recourbées en arrière; le bubale chinois est caractérisé par la protubérance imobile et recouverte d'un bouquet de longs poils raides qui est placé sous sa gorge et qui devient monstrueux chez les vieux mâles ; — deux ou trois autres espèces de cer/i, qui hantent les forêts et les montagnes du nord et de l'ouest; — euûn^le chevrotin porte musc ^ objet à* une chasse ardente dans la région montagneuse qui s'étend

depuis le Thibet jusqu'au lac Baï-kal ; le porte-musc est assez semblable au chevreuil, mais de plus petite taille; ses jambes de devant sont ânes et flexibles, celles de derrière robustes et fortement arquées; le muss se trouve, à Tétat semi-fluide, dans une petite poche placée sous le ventre du mâle ;

imphibies. Neuvièmement, un amphibie : le phoque, que les navi-

gateurs ont observé quelquefois sur les côtes du Léaotong, mais dont les mœurs ne sont point connues des naturalistes chinois ;

Cétacés. Dixièmemont, dans la tribu des cétacés : une espèce de

marsouin, assez commune dans le Yang-tze-kiang ; les indigènes lui donnent le nom de cochon de rivière; — le dauphin, qui se montre souvent isolé ou en troupes à Tembouchure du fleuve des Perles ; c'est un gros poisson de six à sept pieds de long, dont la tête est allongée et la couleur gris-clair; les pêcheurs chinois, qui rappellent paki-ki^ ont pour lui une sorte de respect superstitieux; ils lui rendent sa liberté lorsqu'il se laisse prendre dans leurs filets ; — la baleine^ principalement la baleine franche, qui hante quelquefois les eaux peu profondes du Haï-nan et du Tonquin. Dès que sa présence y est signalée, les pêcheurs de la côte s'associent pour sa capture et réunissent leurs barques au nombre de quarante ou cinquante afin de se prêter un mutuel secours. Ils se servent, comme nos baleiniers, de harpons fixés à de forts câbles, qui sont eux-mêmes attachés aux mâts des embarcations. Lorsque le monstre marin est épuisé par la perte de son sang, on le traîne sur la plage où il expire. Ses os cartilagineux, sa chair et sa graisse sont recueillis en commun et partagés ensuite par les capteurs. Les Japonais pèchent la baleine et aussi le cachalot dans la mer Jaune et sur les côtes orientales de la Mandchourie.

Aussi curieuse et aussi variés, les oisçaux de la Chine

sont encore moins connus que ses mammifères, soit parce qu'étant moins utiles, ils n'ont pas été étudiés avec autant de soin, soit plutôt parce qu'un grand nombre d'entre eux, que l'on trouve seulement dans les forêts et sur les hautes montagnes du nord et de l'ouest, ont pour séjour des lieux à peu près inaccessibles aux investigations des naturalistes. On sait vaguement, d'après les récits des voyageurs, que l'ordre des rapaces diurnes Rapaees. et nocturnes doit être très-complet, mais il est impossible de répartir entre les différentes espèces classées par nos ornithologues, les individus dont l'herbier chinois renferme les descriptions bizarres. Il fut un temps où l'art de la fauconnerie que pratiquent encore quelques seigneurs japonais , était en grand honneur parmi les Mongols. Marco Polo parie, dans ses intéressantes relations, d'une espèce de beaux oiseaux de proie si forte et si courageuse qu'on la. dressait à attaquer les loups, et qu'ils les pouvaient maîtriser dans leurs serres puissantes. 11 est certain que les aigles^ les vautours et les faucons^ les ducs^ les chouettes et les hibous de toute taille et de tout plumage sont communs dans les forêts de la Chine, sur ses montagnes ou parmi les rochers qui bordent ses mers, ses fleuves et ses* marais. La fauconnerie n'y est plus aujourd'hui qu'un passe-temps fort peu estimé des Chinois eux-mêmes, mais encore en usage parmi les soldats mandchoux qui forment en grande partie les garnisons de l'Empire,

Les individus les plus remarquables des autres ordres sont, autant qu'il a pu nous être donné de les connaître :

Dans celui des pics : les perroquets et les coucous ; la P'cs» plupart des perroquets que l'on vend dans les rues de Canton viennent de l'archipel malais, mais le Younan en possède quelques espèces moins brillantes; les naturalistes chinois signalent les habitudes indépen-

dantes du coucou auquel ils donnent le même nom que les Européens ; ils ont observé qu'il pondait dans le nid des autres oiseaux pour s'épargner en partie les embarras de la paternité;

Palmipèdes. Dans Tordre des palmipèdes^ qui est particulièrement

très-riche : le canard domestique et le canard sauvage^ dont on trouve plusieurs espèces, entre autres le canard mandarin ^, Tun des plus beaux oiseaux de la création, récemment introduit en Europe; le inâle est orné des plus riches couleurs ; — Y oie sauvage et Y oie domestique, dont le plumage est également gris cendré (l'oie et le canard sont, aux yeux des Chinois, les plus frappants symboles de la fidélité conjugale; il est d'usage d'en faire figurer dans tous les cortèges nuptiaux) ; — la sarc^/fe, très-commune et d'espèces très-variées ; — les pélicans^ que l'on voit en troupes sur presque tous les fleuves de la Chine; — le cormoran^ que les habitants des provinces de Test dressent à la pêche ; — les mouettes et d'autres oiseaux de mer; le gibier d'eau abonde sur tous les lacs, les rivières, les marécages et les marchés de la Chine ;

Échassiers. Parmi les échassiers : deux jolies espèces de grues^

au plumage lisse et brillant, que Ton a observées dans les marais du Kouang-tong; — la cigogne^ respectée des Chinois qui la considèrent, aussi bien que le lapin et la tortue, comme l'emblème de la longévité 2; — le héron^ le coiirlieu^ le pluvier^ très-répandus dans toute la Chine; — la bécasse^ aussi très-commune, et plusieurs sortes de bécassines; — les râles; — la poule d'eau et le gracieux jacana^ cet oiseau singulier des régions tro-

1. Ge.palmipèie, auquel on donne le nom de mandarin, à cause de sa beautéi est originaire des proyinces centrales. • 2. Sur les cartes de visite qu'ils échangent à roccasion du noayel an, est peint ou imprimé un groupe assez gracieux qui réunit les trois emblèmes.

picales qui, ne pouvant nager longtemps à cause de la disposition de son plumage^ se soutient à la surface des marais en fixant, dans les feuilles de lotus^ les éperons crochus de ses ailes ;

Dans la tribu des gallinacées : la poule domestique^ Gaïunacies. extrêmement répandue dans toute la Chine, dont elle nourrit en partie les habitants ; on en distingue deux espèces : la poule commune^ très-sobre et bonne pondeuse, mais de taille médiocre et de difficile engraissement, et la poule soyeuse^ remarquable par Textréme ténuité de son plumage ; le noir est leur couleur la plus commune ; — le dindon, d'importation récente et encore peu connu; — IdL perdrix grise ; — ïbl caille, dont on dresse le mâle au combat et dont le plumage est orné de couleurs plus vives qu'en Europe ; — le colin et le franc colin ; — le coq de bruyère ; — diverses espèces de pigeons (les plus beaux sont le pigeon à cravate et le pigeon ' rose) ; — le paon^ introduit en Chine depuis plusieurs siècles ; suspendues aux bonnets officiels des fonctionnaires^ ses plumes servent à désigner leurs rangs et leur grades ; — plusieurs faisans^ tous originaires de la Chine et tous parés des plus magnifiques ou des plus charmantes couleurs : le faisan d^or et le faisan d'argenty que l'on trouve de nos jours dans toutes les ménageries européennes ; le faisan à queue barrée (phasianus superbus) « de larges bandes alternativement l)lanches et jaunes ornent les plumes de sa queue^ qui atteignent jusqu'à six pieds de longueur; le faisan argus connu aussi sous le nom de paon argus , les plumes de ses ailes et sa longue queue sont semées d'un grand nombre de taches arrondies, très-bien marquées et ayant la forme d'un œil; le faisan à collier, qui doit son nom à une sorte de membrane placée sur le cou du m&le , elle resplendit, au moment des amours, de couleurs très-brillantes admirablement nuancées de rouge,

iOO L'EMPIRE DU MILIEU

de pourpre et de vert ; on nomme quelquefois ce bel oiseau faisan à cornes^ parce que sa tête porte deux petites touffes de plumes implantées derrière ses oreilles; le faisan vénére\ dont le plumage est gracieusement tacheté de jaune et de noir ; il était resté inconnu jus« qu*à ce jour en Europe, où M. Berthemy, notre ministre à Péking, eu a rapporté dernièrement plusieurs exemplaires ; Passereaux. Dans la nombreuse famille des passereaux: quelques

espèces de pies-grièches^ de gobe-mouches^ de fauvettes et de merles ; parmi ces derniers, le houa-mi (sourcils peints), petit oiseau gris jaunâtre; — la grive violette (turdus violaceus)y bleue d'acier avec une belle tache blanche sur les ailes, et la grive à lunettes, ainsi nommée à cause des cercles noirs qui entourent ses yeux, sont très-estimées des Chinois qui les élèvent en cage et payent fort cher le plaisir d'entendre leurs chants harmonieux ; — Valouette^ dont ils prisent encore davantage la voix douce et mélodieuse; — Vhirondelle^ un de leurs oiseaux favoris ; — V engoulevent ; — le rougegorge et la fauvette ; — le moineau franc^ aussi commun et aussi importun qu en Europe ; — le corbeau à collier blanc, que les habitants de la Chine révèrent comme uu oiseau sacré et comme le symbole de la piété filiale ;

— le geai et plusieurs sortes de pies ; la plus remarquable ^est la pie bleue au bec rouge, très -commune dans les environs de Ning-po oii les voyageurs européens ont souvent admiré son vol léger et gracieux;

— un beau martin pêcheur (le fi-tsoui)^ qui habite les marais des provinces méridionales et qui est environ de la taille du moineau ; le rouge et le vert nuancés de bleu décorent ses plumes fmes et lustrées avec lesquelles Fart chinois compose très-habilement, en les collant sur des planchettes, de petits paysages d'un joli effet.

La classe des reptiles n'est guère moins riche en Chine que celle des oiseaux. Elle renferme beaucoup de tortues d*eau douce et d'eau salée dont la chair est comestible, et plusieurs espèces de serpents^ dont une seule, celle des naja^ paraît être venimeuse ; le serpent naja hante les rochers et les broussailles des provinces méridionales ; ses écailles sont luisantes et rayées par de larges bandes alternativement noires et blanches, ce qui lui a fait donner le nom de noir et blanc ; on croit sa blessure mortelle; — la grenouille ordinaire^ dont les paysans font une grande consommation, et le crapaud commun abondent dans toutes les provinces. On a observé dans le sud la grenouille mugissante.

La tribu des Sauriens est particulièrement nombreuse : quantité de petits lézards d'espèces très diverses ont. été décrits par les naturalistes indigènes, mais ils connaissent seulement de nom le redoutable crocodile^ que l'on trouve cependant aux Indes sous les latitudes du Kouang-toung et du You-nan. La Chine ne possède pas non plus la tortue caret. Ce sont les îles Malaises qui lui fournissent les brillantes carapaces avec lesquelles on fabrique à Canton de si charmants objets de fantaisie.

Il n'y a pas de pays au monde dont les ressources ichthyologiques surpassent, égalent même celles de la Chine*. Ses mers, ses rivières et ses lacs abondent en poissons de toutes sortes et de toutes grandeurs. On sait que les Chinois excellent dans l'art de la pêche qui leur fournit d'indispensables ressources, et qu'ils ont inventé bien avant nous la pisciculture. Il est constant qu'ils pratiquent, de temps immémorial, cette précieuse industrie avec intelligence et succès; mais les procédés qu'ils appliquent à la fécondation artificielle nous sont trop vaguement connus pour qu'il soit possible de les comparer aux nôtres. Les meilleurs poissons des mers chinoises sont :

Reptiles.

Poissons d'eaa salée.

d*eaa douce*

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Y esturgeon^ assez commun dans le nord et très-estimé des gourmets; — deux espèces de requins : le requin zébré et le requin marteau, dont on vend la chair sur les marchés des villes du sud ; — une raie gigantesque, qui atteint quelquefois cinq pieds de longueur; — plusieurs serram et wa polynème (j)olynemus tetradactylus), qui fournissent des mets d'une extrême délicatesse; — un stramatée (stromateus argenteus); — plusieurs sortes de soles; — ^ de maquereaux; — de mulets, — de rougets; — V alose et Y anchois. — Une espèce de torpille {narcine lingula), se débite aussi sur les marchés. On croit que la mcrue franche ne se trouve pas dans les mers de Chine. t»oisfon8 Les poissons d'eau douce sont très - nombreux et

quelques-uns atteignent une grosseur vraiment prodi^ gieuse. Le docteur Richardson, dans le rapport qu'il a présenté en 1845 à l'Association britannique, désigne jusqu'à 52 espèces de cyprynoïdes. Parmi les plus connus il faut citer : la carpe commune ; — le hoang-yu (poisson jaune), que Ton pêche dans le Yang-tze-kiang, et qui pèse jusqu'à 600 livres ; — deux ou trois sortes de goujons, que l'on voit ramper à marée basse dans la boue fétide des rivières qui reçoivent les égouts des grandes villes ;

— le pih'fan (riz blanc), long de 6 à 7 pouces, dénué d'arêtes et presque diaphane ; on le considère comme le plus délicat de tous les poissons de la Chine ;

— le charmant poisson rouge^ qu'elle nous a donné et que ses habitants nourrissent dans tous les bassins de leurs parterres, dans tous les vases qui décorent leurs demeures. Les reflets métalliques de ces beaux cyprins ont tantôt l'éclat de Tor, tantôt celui de l'argent. Ils deviennent blanchâtres dans leur vieillesse ou quand ils sont malades. On eu a vu qui pesaient jusqu'jà 10 livres. Les eaux douces de la Chine renferment encore le brochet; — différentes espèces de chétodons aux couleurs brillantes ; — un ophicéphale {ophicephalus macu-

latus)^ que les Chinois appellent song-yu (poisson vivant) et qui a la vie si dure qu'on peut lui arracher les entrailles sans le faire mourir immédiatement.

Les crustacés et les mollusques de la Chine n'ont pis « cmstaeés encore été classés scientifiquement. Les seconds, dont «' n»<>"'^<i"«« quelques amateurs étrangers possëdentdéjàd'assez belles collections, sont très-abondants^ mais imparfaitement connus. Nous citerons dans la classe des crustacés : Vécrevisse; — la crevette ; — plusieurs espèces de crabes tous comestibles, dont les deux plus grandes, le long-lm {crabe dragon) et celle que nos naturalistes appellent crabe polyphème, remplacent assez bien le homard et la langouste inconnus en Chine. On pêche des huUres de bonne qualité près de Macao, et Ton trouve dans le limon des rivières ou sur le sable des grèves quantité de coquillages. Le docteur Cantor en a classé 88 genres différents qu'il a recueillis entre Canton et les îles Tchou-san. Les coquilles à perles ne sont pas rares sur les côtes orientales, et les Chinois assurent, ce qui parait fort contestable, qu'ils connaissent le moyen de les reproduire artificiellement en introduisant dans certains coquillages un filament enlevé à la mère perle. Deux ou trois sortes de sèches ont été observées près des côtes méridionales. La sangsue est très-commune, et la médecine chinoise en fait un grand usage.

Les insectes de la Chine ne sont ni moins variés ni insectes. mieux connus que ses poissons ou ses mollusques. Le docteur Cantor en a classé 59 genres qu'il a trouvés, en 1840, aux environs de Tchou-san, mais ses rechercha n'ont pas dépassé certaines limites et sa collection est naturellement très-incomplète. Celles que vendent à Canton les marchands chinois, assorties seulement d'après leurs nuances, préparées avec de mauvais ingrédients, conservées dans des boites mal closes, ne tardât pas à toinber en poussière et ne peuvent avoir

aucune valeur aux yeux de la science. L'araignée, dont il existe différentes variétés, les unes, revêtues des plus brillantes couleurs, les autres, velues, hideuses et « si grosses qu'elles peuvent prendre les petits oiseaux ; — une espèce de scorpion dont la piqûre n'est pas dangereuse;— la sauterelle^ ^diTiont très-commune, et dont une espèce, le criquet, voyageant en bandes très-nombreuses, exerce parfois de grands ravages comme sa congénère d'Afrique ; — le grillon commun ; — deux sortes de blattes^ l'une très-grande et ailée, le cancrelat^ l'autre moindre et sans ailes, toutes deux infectes et trèsincommodes; — la courtillière ; — la cigale commune dont les chants stridents et infatigables retentissent pendant neuf mois de Tannée; — deux autres cicadaires : la première {cicada limbata)^ qui se nourrit des feuilles du peh'la-chou (arbre à suif), et dont la larve produit elle-même l'utile substance que l'on recueille sur cet arbre précieux ; la deuxième, le fulgore porte-^lanteme^ qui brille, pendant le jour, du vif éclat de ses élytres, tandis que, dans Tobscurité, l'appendice cornu placé sur le devant de sa tête, jette une lueur phosphorescente; — quelques grandes espèces de coléoptères, entre autres de très-remarquables longicornes * ; — la venimeuse scolopendre, très-commune sous les pierres, les rochers, derrière les vieilles boiseries, longue quelquefois de 12 à 15 centimètres, et très-redoutée des indigènes; — le termite, fourmi blanctie qui, sans produire d'aussi grands ravages qu'aux Indes, creuse, en troupes innombrables et avec une incroyable rapidité, sa demeure souterraine dans

1. L*un d*eux, que j*ai trouvé moi-même aux environs de Ghang-haï et qui ne figurait pas alors dans les collections européennes, est un des plus gracieux insectes que l'on puisse voir. Il mesure de 04 à 05 cent, sans compter ses antennes. Ses formes sont fines et élégantes^ ses élytres et sa tête d*un beau noir» son corselet est d'un rouge vif. Malheureusement cette dernière couleur se ternit trôs-yite après la mort de rio9ecte.

OiîOGHAPHIË 105

les solives, les meubles, les arbres, les marchandises de toute sorte» dérore Tintérieur des charpentes sans manifester sa présence par aucun signe apparent et fait quelquefois écrouler les toitures ou les maisons construites en bois ; — Vabeillef dont on utilise la cire, mais dont on recueille assez rarement le miel ; — plusieurs sortes de fourmis ; — de brillants lépidoptères^ dont le plus grand paraît être le bombyx atlas que produit la chenille de Tailante (ses ailes brunes, semées de taches argentées, mesurent de 8 à 9 pouces *); — le moustique annelé, qui pullule partout et qui est un des fléaux du pays. Tels sont^ sans compter la puce, la punaise et diverses espèces de pouXj les principaux insectes que les Européens ont observés en Chine. Il faut ajouter à cette liste plusieurs vers à soie dont Tindustrie chinoise utiUse les cocons, celui du mûrier qu'elle connaît, si l'on en croit ses annales, depuis 4500 ans, et que deux moines ont apporté en Europe au vi® siècle de notre ère; ceux de Tailante du ricin et du chêne, dont l'industrie européenne cherche, depuis quelques années, à introduire l'éducation dans nos latitudes.

L'imagination superstitieuse et fantaisiste du peuple chinois a créé quatre types d'animaux fabuleux dont on fabuleux. retrouve de toute antiquité, dans les œuvres de ses artistes, de ses poètes, de ses philosophes, la physionomie bizarre et légendaire. Ce sont ïunicorne^ le phénix, le dragon et la tortue. Les premiers naturahstes qui ont divisé tous les êtres vivants en quatre classes, considèrent chacun de ces types comme réunissant, en lui seul et au plus haut degré, toutes les perfections que pos-

1. On sait que de nombreux essais, encouragés par la Société d'acclimatalion, ont été tentés en France, dans ces derniers temps, pour acclimater la clienille de l'ailanle, dévider ses cocons et utiliser la soie on peu grossière qu'on en obtient.

teo L'EMPIRE DU MILIEU

sède chacune d'elles. Selon leur opinion, Tunicorne prime tous les animaux à poils, le phénix, tous les oiseaux; le dragon et la tortue, tous les animaux à écailles et à carapaces, de même que Thomme domine

Unicorne. la famille des animaux nus. L'unicorne (ki-lin) a le corps d'un cerf, les sabots d'un cheval, la queue d'un renard. Il porte sur le front une corne unique dont l'extrémité est charnue. Les autres animaux le respectent et il leur témoigne, dans sa dignité, beaucoup de mansuétude. Il se montre seulement aux époques de prospérité, lorsque la Chine est gouvernée par des souverains pieux et justes comme Yao et Choun, ou enseignée par des sages comme Confucius.

Phénix. Non moins noble et doux que l'unicome, le phénix

(foung-houang) a des formes encore plus singulières, t II ressemble par devant, dit l'auteur chinois qui en a donné la description la plus complète, au cygne sauvage, et par derrière au ki-lin; il a la gorge d'une hirondelle, le bec d'une poule, le cou d'un serpent, la queue d'un poisson. Sa tête, conformée comme celle de la grue, est surmontée d'une couronne semblable à l'aigrette du canard mandarin ; son corps, qui a cinq coudées de hauteur, est rasé comme celui du dragon et il a le dos voûté d'une îortue. Son plumage est orné de cinq couleurs différentes auxquelles on a donné le nom des cinq vertus cardinales. Sa queue est étagée comme la flûte de Pan et son ramage imite les cinq mélodies que l'on tire de cet instrument harmonieux, i Cette belle description dont la naïveté ambitieuse nous fait sourire, mais qui charme les instincts littéraires et nationaux du peuple chinois, paraît convenir assez bien au faisan argus, dont nous avons parlé plus haut. On dit que le phénix n'a pas paru depuis la mort de Confucius. j)r3g^„^ Le loung (dragon) est plus populaire encore que le

phénix et l'unicorne ; il est l'emblème par excellence du

fort, du puissant et du terrible ; aussi son image est-elle représentée sur les armes impériales. Les Chinois admettent trois sortes de dragons, celui du ciel, celui de la terre, celui des mers ; mais le premier est principalement l'objet de leur terreur superstitieuse. La légende lui donne la tète du chameau, les cornes du cerf, les yeux du lapin, les oreilles d'une vache, le cou d'un serpent, le ventre d'une grenouille, les écailles d'un;poisson, les serres d'un aigle, de gros favoris et une longue barbe ornée d'une grosse perle brillante. Sa voix ressemble au son du tam-tam ; son haleine se change, suivant son caprice, en eau ou en feu. C'est lui qui produit en s' agitant dans l'espace, lorsqu'il descend vers la terre ou qu'il remonte au ciel, la pluie, le tonnerre, les ouragans.

La tortue a des formes moins extraordinaires et de moins puissants attributs, mais elle est en grande vénération. Les livres historiques, dont le vulgaire ne conteste pas l'authenticité, racontent qu'elle aida Pouan-kou, le premier homme, lorsqu'il cisela le monde dans les rochers du chaos.

Si l'on considère l'immensité de l'Empire du Milieu, l'extrême diversité de ses latitudes froides, tempérées ou torrides, les prodigieuses inégalités de son sol qui constituent tantôt de hautes chaînes de montagnes, tantôt des vallées étroites et profondes, tantôt de vastes plaines arides ou noyées, peuplées ou désertes, on est convaincu que la flore chinoise est une des plus variées du monde. Les intéressantes études dont elle a été l'objet dans ces derniers temps,. jnais qui n'ont été dirigées que sur des points du territoire assez rapprochés des côtes, nous en ont fait entrevoir les abondantes ressources, sans nous en révéler toutes les richesses. Nous ne ferons qu'eflBeurer ce vaste sujet, et nous nous bornerons, pour ne point coiânettra d'erreur, à dresser la nomenclature des vé-

Tortne.

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