‹ L'empire du Milieu, description géographique [&c.]Chapitre 4 sur 93 · NOTIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

NOTIONS GÉNÉRALES

Noms qui désignent Tempire da Milien et ses habitants. »• Son étendue ; ses limites. — Ses montagnes, ses flenves, ses lacs. —La grande muraille et le grand canal. — Aspect général dn pays et des côtes. — Différentes 'races de l'empire. — Divisions administratives et politiques.

. La portion du continent asiatique à laquelle les géographes donnent ordinairement le nom de Chine et qui est gouvernée, de nos jours, par la dynastie des Tsing, constitue un des plus vastes empires qui ait jamais été soumis au sceptre d'un seul homme. On y trouve tous les sols et tous les climats. Les grands fleuves qui Tarrosent et qui reçoivent de puissants tributaires, la fertilisent, l'assainissent et offrent à ses

habitants des moyens de communication qu'on ne retrouve en aucun pays, aussi nombreux, aussi faciles. Les Chinois n'ont eu, pour ainsi dire, à demander aux autres nations du globe rien de ce qui alimente, embellit et charme l'existence de l'homme. Leur civilisation s'est formée et développée d'elle-même. Ils ont inventé leur gouvernement. Ils possèdent une littérature complètement nationale. Leur langue se distingue de tous les autres idiomes du monde par ses signes, sa syntaxe et son antiquité. Enfin ils forment, à l'est du continent asiatique dont ils occupent une grande partie, un peuple immense, unique entre tous les peuples de la terre par l'ancienneté de ses origines, la pureté de ses traditions, le caractère particulièrement remarquable de ses mœurs, de ses instincts, de ses aptitudes. Aucune région du monde n'offre un champ plus vaste ou plus fécond à la propagande du missionnaire, aux investigations de la science, aux entreprises de l'industrie et du commerce.

ORIGINE On n'a pu former encore que des conjectures sur l'ori-

PROBABLE DU' gjjjg (J^ jjqjjj p^p lequcl les étrangers désignent aujour-

LE8 ÉTRANGERS ^'hui la Chinc et qui est inconnu de ses propres habi- DONNBNT tants. L'opinion la plus vraisemblable l'attribue à la A LA CHINE, familles des Tsin dont le chef, vers l'an 250 avant Jésus- Christ, étendit sa domination sur tous les petits princes qui gouvernaient alors le pays et s'illustra, dans toute l'Asie, par ses exploits guerriers. Il y avait déjà longtemps, à cette époque, que les Tsin dont les possessions occupaient les territoires qui forment, de nos jours, la partie N.-E. de l'Empire, portaient un nom célèbre. Si Ton en croit le R. P. Vizdelou qui s'est occupé spécialement de leur histoire, la splendeur de la famille Tsin, dont l'auteur serait Ta-yé, fils de l'empereur Tchouenhou^ n'aurait pas duré moins de mille ans et, pendant cette longue période, elle aurait presque égalé l'éclat de

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la dynastie souveraine. Un des membres de cette famille, Feitzôy surintendant des haras de Tempereur Hiao*^ ouang^ avait reçu, en récompense de ses services, l'investiture du petit royaume tributaire de Tsin-tchao qui ftit érigé, cent vingt ans plus tard (770 av. J.-C), en souveraineté indépendante au nom de Siang-koiuin, Tun de ses descendants. Celui-ci avait puissamment aidé sop souverain Ping^ti à se venger des Tartares, vainqueurs et meurtriers de son père. Ping-ti ayant, quelques années plus tard, quitté sa capitale Singan-fou*, pour transporter le siège de son empire à Loyang, dans le Honan, aurait abandonné à son sauveur ses ancienis l^tats qui forment aujourd'hui le Chen-si. Devenu plus puissant, Siang-kouan voulut conserver à la nouvelle souveraineté le nom de la ville de Tsin-tchaOy qui avait été Torigine de sa grandeur*.

A l'époque où s'accomplissaient les événements que raconte le savant jésuite, la dynastie des Tchao occupait encore le trône de la Chine. Le premier pays que rencontraient, au sortir des solitudes du Gobi^ les cara^ vanes venant des régions occidentales par la vallée de Yarkand, était précisément le royaume des Tsin qui avait alors pour capitale, ainsi que nous venons de le voir, l'ancienne résidence des empereurs. Il était donc naturel que les étrangers prissent ce royaume pour l'empire lui*méme. Plus tard, lorsque les Tchao, ayant été renversés par les Tsin, l'un des chefs de cette race puissante^, se fût rendu fameux par ses conquêtes en Cochinchine et au Tong-king, son implacable cruauté envers tous les lettrés de l'empire et la construction de la grande muraille, le nom de sa famille devint encore plus illustre. Il est constant que les Malais, les Hindous,

i . Aujourd'hui capitale de la proYiuce de Chen-si. 3. Voir d'Herbelol, bibliothèque d'Orient, t. IV. 3. L'empereur Tchirlioang-ii»

les Perses, les Arabes et les autres peuples de TAsie, désignaient les régions que nous appelons la Chine, par les termes Jinn^ Tchinn^ Sinn, Sinœ^ Tzinistœ^ et d'autres semblables. Tout porte donc à croire que Vizdelou ne s'est pas trompé dans ses conjectures et, peut-être, doiton y voir l'explication de lobscure prophétie dans laquelle Isaïe parle de la terre mystérieuse de Sinim et de sa tardive conversion au culte du vrai Dieu.

BXPRE8SI0M8PAR Lcs Chinols ont employé, à toutes les époques de leur LESQUELLES histoirc, dcs expressions diverses pour distinguer leur^

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