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C'est ce qu'on appelle les concessions étrangères

king du 22 août 1842, le tarif qui y fut annexé l'année suivante et le traité supplémentaire du 8 octobre 1843. Ces importants résultats auxquels participèrent la France et les États-Unis par des actes diplomatiques signés en 1844, furent obtenus à la suite d'événements militaires qui s'étendirent successivement à Canton , Amoy, Tchousan,Ningpo, Chang-hai, Tcbin-kiang, Nanking et eurent une durée de deux ans. On remarqua, comme un fait étrange qui semble particulier à la Chine et qui s'est renouvelé depuis, qu'ils exerçaient sur les habitudes de la population une influence purement locale, et qu'aussitôt le départ des belligérants, elle reprenait à Canton avec les négociants anglais, sur le lieu même où la lutte avait pris naissance et pendant qu'elle durait encore, ses relations commerciales accidentellement interrompues, soit qu'elle se considérât comme étrangère aux querelles de son gouvernement, soit plutôt que celui-ci cherchât à décliner à ses yeux, en facilitant la reprise des affaires, la responsabilité des tragiques événements dont la guerre était la cause.

Pendant la période pacifique de quatorze années qui les suivit, le nouveau régime, glorieusement inauguré par la convention de Nanking, porta ses fruits et communiqua au négoce extérieur de l'empire la plus féconde impulsion. A peine cette ère de paisible prospérité que termina fatalement en 1857, la ridicule aflFaire de FArrow, et durant laquelle le commerce du thé et de la soie prit un merveilleux développement, futelle inquiétée ou interrompue par les événements de l'insurrection, les déloyales manœuvres de la contrebande, les exigences des autorités. On organisa le trafic de l'opium sur une large échelle. De nombreux receiving-ships furent construits et solidement ancrés dans de bons mouillages, soit un peu en dehors et comme sous la protection des ports ouverts par les

Indifférence

des populations

aux

événements

politiques.

Développement

du commerce

des thés, des soie;

et de l'opium.

Soaa-tao.

Etat a contrebande.

Inspecteurs étrangers

le la douane chinoise.

traités^ soit dans la rade de Soua-tao ^ qui devint m des centres les plus actifs de cet odieux commerée. Partout les revendeurs chinois vinrent s'y appiovi* sionner ouvertement, et les autorités locales vetidirènU sans pudeur leur connivence avec ces déplorables abu& sur lesquek le gouvernement ferma presque complètement les yeux, impuissant qu^l était à les réprimer. En 1854^ plus de 65,000 caisses d'opium furent débarquées sur les côtes de Tempire.

Au reste, si les conventions conclues avec la Ghine^ avaient organisé et régularisé son commerce extérieur^ elles n'avaient pas réformé les habitudes corrompues de son administration douanière. Dans tous les ports, les négociants étrangers purent exercer sous main la contrebande et frauder en partie les droits^ toutes les fois qu'imposant silence à d'honorables scrupules, ils ne craignirent pas de faire appel à la vénalité des employés chinois. Quelques-uns d'entre eux se refusèrent toujours à profiter de ce triste et facile avantage ; les autres l'exploitèrent avec une ardeur plus ou moins timide, et de son côté^ la douane indigène n'accueillit pas toujours leurs propositions avec la même faveur. Pour mettre fin à ces conditions inégales qui décourageaient partout la libre et loyale concurrence, les représentants des puissances étrangères eurent recours, en 1854, à une très-ingénieuse combinaison qui couvrit leur propre responsabilité et mit fin aux frauduleuses manœuvres du négoce illicite, en même temps qu'elle procura au fisc impérial de précieuses ressources. Il fut convenu que la douane indigène, tout en restant soumise à la direction supérieure des autorités chinoises, fonctionnerait à l'avenir, dans les ports

1. Soua-tao est le port de Tchâng-tchéoù-fon, Tune des grandes villes du Fokien et des plus importantes cités de Tempire.

ouverts par les traités, sous la surVeillance immédiate d'inspecteurs européens dont l'investiture émanerait toute entière du gouvernement chinois, mais dont le choix serait désigné à ce gouvernement parles légations étrangères. L'expérience de cette importante mesure^ dont les autorités anglaises avaient pris Thabile initia^ tive, eut lieu d'abord à Shang-haï avec un grand succès. Ainsi que nous le verrons plus loin, elle fut consacrée, régularisée et complétée après les conventions de 1858, par les actes internationaux qui en furent la consé* quence.

Grâce aux avantages particuliers qui résultent pour situation elle de son climat, des mœurs paisibles de sa popula- eommerciaie tion, avant tout de sa position privilégiée à l'entrée du hang-hai. grand fleuve et non loin des districts qui produisent en abondance le thé et la soie, la ville de Shang-hal profita laidement du régime établi par les traités et vit bientôt sa prospérité commerciale prendre un prodigieux essor (page 56). Les habiles et audacieux marchands qui exploitaient son marché, secondés par la prudence et la vigilance de leurs consuls, surent mettre à profit toutes les situations, toutes les circonstances. En 1853, une troupe d'impurs brigands ayant occupé la ville, leurs opérations commerciales n'en furent point interrompues. D'une part, les douanes ne pouvant plus fonctionner, ils signèrent, sous le nom de Bock dulies^ des engagements dont la valeur rétrospective fut par la suite plus ou moins méconnue ; de l'autre, la neutralité des nations étrangères ayant été sagement proclamée entre le gouvernement impérial et l'insurrection, ils n'hésitèrent pas à l'enfreindre en vendant fort cher aux bandits qui tenaient Shang4iaï des vivres, des armes et des munitions^. Cinq ans plus tard, quand le voisinage

1. Quelques négociants s'abstinrent honorablement de ce trafic illé* gitime. La plupart des maisons américaines y prirent une part activa.

d'une division rebelle vint mettre eu danger leurs intérêts mercantUeSyils obtinrent que cette même neutralité fût violée au profit du gouvernement mantcbou et que Fennemi commun fût repoussé par les canons européens. En 1845, le port de Shang-haî recevait 87 navires de commerce sous pavillons divers et le chiffre total du commerce étranger atteignait 134 millions et demi de francs. Dix ans plus tard, à Tépoque même où l'insurrection entravait déjà la libre circulation des marchandises, ce commerce faisait pour 200 millions d'affaires et était alimenté par 600 navires de toute provenance, dont 350 au moins portaient les couleurs anglaises.

De Canton. A mesure que le mouvement des transactions deve-

nait plus actif à Shang-haî, il diminuait proportionnellement à Canton. Obéissant à sa pente naturelle, le courant des affaires commerciales abandonnait progressivement la direction factice que la méfiance du gouvernement impérial leur avait imprimée depuis plusieurs siècles. Le revirement s'opéra sans doute avec lenteur puisqu'il faisait violence à la ténacité des habitudes traditionnelles du négoce indigène , mais il n'en suivit pas moins une progression irrésistible. Il faut remarquer d.' ailleurs que^ ni les habitants de la capitale des deux Eouang, ni son administration ne firent rien pour l'arrêter. Pendant que les marchands de tous les pays s'établissaient librement sur les concessions qui avoisinent Shang-haï et y construisaient d'agréables demeures entourées de jolis jardins, Canton fermait obstinément ses portes et F accès de sa banlieue aux prisonniers des factoreries. Son port et celui de Whampou qui avaient accueilli 306 navires en 1845, en recevaient 395 dix ans plus tard, mais le chiffre du commerce britannique y tombait, durant cette même période^ de 157 à 32 miUions de francs.

Shang-haï ne fut pas seule à profiter de cette décadence : Amoy et Ningpo en tirèrent également parti. On peut évaluer à 50,000,000 de francs la valeur annuelle du trafic étranger dans le premier de ces deux ports auquel abordèrent, en 1856, 491 navires de tous pays, tandis que 73 seulement y étaient entrés dix ans auparavant. Les exportations, durant cette période décennale, y avaient décuplé, et les importations ne s'y étaient accrues que d'un quart, bien que Manille continuât à lui envoyer beaucoup de riz. Ce fut dans les environs d'Amoy que prit naissance l'émigration destinée à fournir des travailleurs aux mines de Cuba et du Pérou. Elle donna lieu, comme nous le verrons plus loin avant qu'elle fût sévèrement réglementée, à d'odieux abus de toute sorte et à de sanglantes émeutes. Rigoureusement proscrites par l'administration locale, ces lucratives opérations s'organisèrent dans les ports du sud ; on les vit bientôt fonctionnant au milieu de mille dangers, sous la surveillance plus ou moins stricte ou avec le concours plus ou moins intéressé des autorités anglaises, françaises, portugaises, espagnoles, péruviennes, à Souatao, Hong-kong, Macao, Cam-singmoun * , Whampou.

Ningpo vit comme Amoy décupler en dix ans l'importance de ses transactions commerciales avec l'étranger. Ces transactions qui se traduisaient en 1845 par la modeste somme de^ 800,000 francs, alors que le premier port du Tché-kiang recevait seulement deux navires anglais, dépassaient 8,000,000 en 1855. L'année suivante, 196 bâtiments, portant le pavillon britannique , franchissaient les passes de Tchin-haï.

Quanta Fovrtchéou qui paraissait destiné en 1842, en

D'Amoy.

Émigration chinoise.

Commerce de Ningpo.

Commerce de Foa-tchëon.

i. Cam-ting-moun est une baie située à cinq lieaes nord de Macao.

4(to L'EMPIRE DU MILIEU

raison dn voisinage des monts Bohea^ à deyenir l'entrepôt de la plupart des théà noirs exportés par là Gbiné, odais qae les dàilgers màritiities de ses abords, les tur* bulentels habitudes de sa population, l'orgueil tuéfiant de ses autorités avaient tenu pendant neuf ans presque hehnétiquement fermée aux aventureuses entreprises du commerce européen, il dut, avant tout, aux succès dé la rébellion le développement de ses ressources natu* relies. Le thé desBohéa prit nécessairement, en 1853, les routes fluviales qui aboutissent à son port, du moment où les bandes dont lé pays était infesté lui fermaient les chemins de Canton et de Shang-haï, et le nouveau trafic qu'une circonstance fottuite avait fait naître, s'est rapi^ dément accru sous Titiâuence des conditions normale^ qui le favorisent. 1 A8 bfttitnents de diverses nations jé^ talent l'ancre en 1856 sur la rade de Fou-tchéou, ôÛ 8 navires étrangers avaient paru seulement en 1845. On évalue à 100 millions de livres dont la plus grande partie aùi*ait été chargée en contrebande, la quantité de thés hoirs que ses négociants exportèrent l'année sui* vante. En même temps le trafic des cotonnades s'orgà* nisait, et l'administration indigène autorisait, à titre de tolérance toute exceptionnelle et d'expédient fiscal, l'introductiOn de l'opium qu^elle imposait sagement comme les autres marchandises.

Consulats Pour pi^otéger, surveiller et diriger au besoin leutt

Btstauons navales, relations commerciales avec TEmpire du Milieu, le*

grandes puissances maritimes ont établi successivement déà cotisuls ou des agents consulaires dans les cinq ports ouverts par les traités, et y ont constamment entretenu Prospérité (îes slations navales. Plus intéressée que les autres au de Hmif«koD(f. développement prospère de ces relations, soit par U grande importance de son commerce, soit par lé voisinage presque immédiat de son empire des Indes, guidée, en Hh mot, par les traditions du passé et les espéranées

DE L'AGRttiULtUttE ET DU CbMllERGE 4^1

de l'avenir, l'Angleterre a pris, ddhs ces parages, la situation prépondérante qttè liii destinait d^aillèiirs ^on rôle dé {iuissatice victôiriease. Lé traiié dé Nanking lui avait cédé Vile de Hiong-kong en tbiite propriété. Là, malgré lès difficultés ^aitis iîoihbrë qtie pi^éséhtàiëtit des rives abruptes, rocheuses et dépourvues de plage, tititë granSte ville s'est élevée comme {^ar ibàgie eh fhce d'uiie belle et Vaste rade admirableméhl abritée^ et le génie colonial de l'Angleterre à établi un port firaùc qui est devenu lé centre de îùùi le mouVëhienthiaritinM'dë ces parages. €e pbH qui poissède un bel ai^enal, des ma* gasihs d'approvisionnements, dés cba Atiei^ et des àl^liéils de touttô sortie, qui est lé point de dépàH d'Uhe hôïii^ brfeuse émigration pour la Gàlifoi^nie, l'AtisIrâlié, lés Antilles et qui communiqué iTréqûémmëilt', sôit fàv les nbmbreùx steamers delà compagnie péhitt^Ulàit^ drïén-' taie, soit par des vapeurs apparte)^àt)l à dé^ ^ti*ë|(jr{9éè particulières, avec l'Europe, l'AmétiqUe:, leslhdës et tbus les points importants du littoral chint^ , liecevàit^ en 1857, plus de 1,000 navires jàttgean^ éi^mblé 517>000 tonneaux. Lé gbùtémètir délia nbUVèlle^lonié fut revêtu des fonctions diplomatique iè plénipo^ tentiaire, et chargé^ en qualité dé isûirintêndiàht dulàôMs^ merce, de là dîrécttoh déS teihq donsulât^ ânglàîs'. €elû{ Mnnidpautés de Shanghaï ne tarda ^as à prendre unie felti^me impôi^*- ^ ^^H^a. tance. Les intérêts des résidents groupé!» à T^o^ré de son pavillon, sur les terrains de là éôricéssioh anglaise où ils avaient construit dés iûaisbns et dés mïkgasihs, devinrent assez sérieux et aàsez com^teiés pour ^e Ton jugeât utile de lés autoriser à élire, ^ite la présidence du consul, un corps municipal auquel Ait It^t^fiée la fixation d'trn budget destiné à fournir tes dé^è^ès communes de police et d'embellissement, d'eUttlstien des quais et des routes; Bientôt la comtoiunauté qui ^joiln^* tfait isùr ht t^oncessi^ fran^^aise adopta Wâfé èi^àni!»àllétt

Représentation diplomatique.

Répression de la piraterie.

Situation

commerciale

de Macao.

semblable. On leva des taxes locales dont l'abondance et la régularité facilitèrent des améliorations de tout genre. Il y eut, sur les vastes terrains situés h Test de Shang-haïy trois petites villes administrées par des conseils municipaux et gouvernées politiquement par des consuls.

La représentation suprême de la France, des États- Unis et du Portugal, fut également confiée à des plénipotentiaires qui eurent mission de surveiller leurs consuls nationaux. La légation de France s'établit à Macao où les autorités portugaises l'accueillirent avec beaucoup d'empressement et de courtoisie. Celle des États-Unis résida un peu partout. Le gouverneur de Macao était revêtu comme celui de Hong-kong de la plénitude des pouvoirs diplomatiques. L'Espagne se fit représenter par un consul général qui vint, comme le ministre de France, habiter Macao.

En diverses circonstances, les commandants des stations maritimes rendirent d'éminents services au cabotoge indigène aussi bien qu'à leurs nationaux en combattant énergiquement le fléau de la piraterie. La station navale anglaise, plus nombreuse que celles des autres puissances et possédant de plus petits navires, accomplit, presque seule, cette belle et utile mission à laquelle les lorchas de guerre du Portugal prirent néanmoins une part honorable. Péniblement déchue du grand rôlequ'elle jouaitdans ces parages il y a deux siècles, Macao n'est pourtant pas restée inactive en face du mouvement commercial dont elle ne pouvait contempler, sans un légitime sentiment de regret et d'envie, les magnifiques progrès. Un décret de la reine dona Maria lui octroya, le 20 novembre 1845, les privilèges dont jouissent les ports francs. II est probable que si le gouvernement portugais, moins docile aux impérieuses exigences du cabinet de Péking, les lui eût accordés cinq ans plus tôt.

au moment où les négociants de tous les pays, chassés de Canton, cherchaient à rallier leurs espérances à Tombre d'un pavillon protecteur, Hong-kong n'eût pas eu sa brillante destinée. En 1855, Macao possédait 176 navires, dont 3 vapeurs et 172 lorchas jaugeant ensemble 13,500 tonneaux et portant 1,032 canons. La même année, ses deux ports recevaient^ sous pavillons divers, 308 bâtiments étrangers mesurant 47^388 tonneaux. La plupart venaient débarquer des passagers ou faire des approvisionnements; 70 avaient des chargements de riz; quelques-uns ont embarqué des coulis ; beaucoup sont repartis sur lest. Le commerce purement chinois dont on ignore la valeur exacte ^ avait encore à cette époque de Timportance et de

l'activité. Principaux faits

En résumé : la conclusion des traités anglais, fran- deuxième période çais, américains et la concession des privilèges stipulés commerciale. par ces actes internationaux ; — l'établissement des représentations diplomatiques et consulaires, ainsi que des stations navales ; — le prodigieux essor imprimé au commerce des thés et des soies; — le pacifique développement de la contrebande ; — la paisible progression du trafic de Topium qui fut autorisé dans les derniers temps à Fou-tchéou ; — le commercé des thés noirs fondé dans cette dernière ville ; — la décadence du marché commercial de Canton au profit de Mingpo et d'Amoy; — la magnifique prospérité de Shang-haï ; — la construction de Hong-kong et sa rapide fortune ; — le concours des puissances étrangères à la répression de la piraterie; — ^la neutralité plus ou moins scrupuleuse de ces puissances entre le gouvernement légitime et l'insurrection; — la fréquence des périlleuses entreprises auxquelles donna lieu l'expédition des coulis chinois; — Tinstitution des inspecteurs étrangers de la douane chinoise ; — -l'installation à Shang-haï des

m L'KAfPlIlE OU MILIEU

municipalités étrangères ; -r* tels furent les principaux faits de la seconde i)4riode commerciale qui aiépare tô42 de 1858.

Troisième Les traités conclus en (858 et (860 avec l'Empire du

triode hUtorique ^^^li^^ « q^^^ ouYCrt de vastes perspectives au com-

•n 188S. merce étranger. Ils aai consacré en sa faveur de nou-

Noa^eues ^^^«^ privilèges, des garanties plus sérieuses, et stipulé

concessions i son profit d'importantes compensations pour les d<Hn-

"*"" waitts" ^^^ ïïiages dont il avait eu à soufi&v pendant la durée

101858 et de 1860. de la guerre.

En vertu de ces traités et des actes qui les complètent^, les avantages précédemment obtenus sont pleinement confirmés ;

Des indemnités considérables, au payement desquelles on affecte certaines parties du revenu des douanes, sont stipulées en faveur des négociants anglais, français et américains 8;

Treize nouveaux ports sept ouveitts, à savoir : Tieth isin^ Nieou-ichouangrTang'tchaOy Soua-tao sur les côtes orientales du continent asiatique; Kiloung^ Tai-oimn^fou, Ta-m, Torkao, dans l'île de Formose; Kioung-Tchao,

i . Les plus importants de ces actes sont : les nouveaux tarifs annexés au traité ; — la convention de i8S8 qui légalise l'importation de ropium; — ceUe qui ûjlq les condi^ops d^ commerce étranger dans les ports du Yang-tze-kiang; — les règlements que MM. |^^i;]f:es et d'Aboville ont élaborés à Canton, de concert avec les autorités locales, au sujet de l'émigration chinoise à bords des bâtiments anglais et français; r^le décret impér^l qui sanctioi^i^e px organise, ^p i86i, l'établissement de l'inspectorat étranger des plouanes ch|nqisesj — qe)^ qui ouvre (1864) deux nouveaux ports à Formose.

2. Un cinquième du revenu total de toutes les douanes de l'empire fut affecté ^ l'acquitteipent des indemnités anglaises et CrançaiM^. L'indemnité américaine dut être couverte par une retepue de l/iO* seulement sur les droits de tonnage payés par les bâtiments de commerce des États-Unis. Ces engagements fuient scrupuleusement teons par le gouvernement cfilnpis.

DE L'AGRICULTURE ET DU COMMERCE m

dans celle de Haï-nan; Tehin-kiang^ Nanking^ Kioukiang et Han-kéou^ sur les rives du Yang-tze ;

Les sujets des puissances contractantes peuvent y former des établissements sous la protection d'un consul, et la sûreté de leurs personnes, aussi bien que la liberté de leurs actions, y sont efficacement garan* ties;

Munis de passe-ports dûments visés par les agents de l'administration indigène, ils sont libres de circuler dans tout l'empire;

En temps de guerre le commerce ne peut être interdit aux neutres ;

La contrebande est punie dans tous les cas par la confiscation ;

Le droit de tonnage est réduit à 4 maces pour les navires qui mesurent plus de 150 tonneaux, et à i mace pour ceux dont la jauge est moindre;

Les caboteurs qui ne transportent point de marchan- .dises sujettes aux droits de douane en sont exempts;

Aucun navire n'y peut être soumis plus de trois fois dans une même année tant qu'il ne quitte pas les eaux de la Chine;

Les dispositions du tarif sont aussi plus libérales ;

Toute charge ou rétribution quelconque, autre que la taxe douanière et le droit de tonnage^ est absolument supprimée ;

Les droits de transit ne doivent pas dépasser 2 et demi pour 100 ad valorem ^ et peuvent être acquittés en une seule fois au lieu de l'expédition ;

L'introduction de Topium est autorisée moyennant un droit fixe de 30 taëls (240 francs environ) par pécul;

Les monopoles qui imposaient aux négodants le concours souvent inutile et toujours chèrement payé de certaines corporations, sont abolis ;

496 L'EMPIRE DU MILIEd

De sages dispositions sont prises pour éviter les conflits de juridiction et faciliter le mutuel recouvrement des créances;

Des mesures uniformes, préalablement vérifiées, seront déposées aux consulats afin qu'aucune contestation ne puisse avoir lieu relativement au poids des marchsmdises et au titre de la monnaie;

Partout oii le besoin s'en fera sentir, on réglementera de concert le pilotage^ on s'entendra pour établir des bouées et des phares ;

La liberté de Témigration est reconnue; des règlements protecteurs, librement consentis, préviendront désormais les tristes abus auquel a donné lieu rembarquement clandestin des coulis chinois;

Pour assurer le maintien des relations si heureusement établies, les diplomates étrangers ont le droit de résider dans la capitale de l'empire ;

Le service de l'inspectorat étranger des douanes indigènes est définitivement et officiellement organisé par un décret impérial rendu au mois de mars 1861 ; il comprend un inspecteur général largement rétribué et entretenant des relations directes avec Péking, des inspecteurs de 1'^ et de 2e classe dont chacun est chargé de la surveillance immédiate de Tun des ports de commerce et, en outre, un personnel étranger considérable qui ne compte pas moins de 200 employés. Avantages Admise à profiter de tous ces avantages comme ayant

commerciaux Jj.qJj ^^ traitement de la nation la plus favorisée, la

concèdes en outre ^ '

Ji la Russie. Russie a stipulé en outre, au profit de son commerce national, qu'un courrier partirait tous les mois de Péking pour Pétersbourg, et que des envois de marchandises expédiées quatre fois par an, mettraient en communications régulières Kiachta et Péking.

Résuitots La plupart de ces heureuses innovations ont porté

deees concessions, j^y^g fruits. Si le commerce extérieur, cédant aux in-

fluences que nous avons signalées plus haut^, déchoit progressivement à Canton, il s'est maintenu à Shanghaï, notablement accru à Soua-tao, Amoy, Ningpo, Fou-tchéou, fondé et sensiblement développé à Nieoutchouang^, en Mantchourie, à Tien-tsin, Tang-tchao', aussi bien que dans les ports du Yang-tze et à Formose*.

Canton trafique principalement à Vimportation : sur l'opium, les lainages^ les cotons étrangers et indigènes^ les métaux ;

Et à Vexportation : sur les thés^ les soieries « les sucres et la casse.

Shang-haïj à Vimportation : sur l'opium, les cotons, les lainages, les métaux, le riz, le sucre, le papier, la porcelaine, l'indigo, les huiles, le tabac, la houille;

Et à Vexportation : sur les thés, les soieries, les cotonnades.

Opérations

commerciales

des

dilTérents ports.

1. L'ouverture des ports orientaux a été la cause primitive et déterminante de la décadence du marché de Canton. H convient d'ajouter à cette cause le transport direct dans les grandes villes de la Chine centrale, par la voie du Yang-tze-kiang, des marchandises qui y parve* naient autrefois par la voie de Canton.

2. Niéou-tchouang , dont le port, comme celui de Tien-tsin, est fermé par les glaces, pendant l'hiver, ne possédait, en 1864, que trois maisons étrangères, mais il avait admis, cette même année, 300 navires de tout tonnage sous divers pavillons. Les mœurs des populations environnantes, leurs conditions agricoles et industrielles ne semblent pas promettre un brillant avenir à ce nouveau marché.

3. Tang-ichao, appelé plus communément Tché-fou, du nom de la petite ville qui lui sert de port, est située plus favorablement que Niéou-tchouang. Sa rade ne gèle jamais. l\ est probable qu'il absorbera une grande partie du commerce maritime de ces parages.

4. Formose, où la vigilante et habile intervention de l'un des agents supérieurs des douanes, M. le baron de Méritons, a obtenu, Tannée dernière, l'ouverture de deux nouveaux ports: Ta-kao, au sud, et Kilong, au nord, possède des mines de soufre et de houille encore inexploitées, dont les produits offriraient d'abondantes ressources aa commerce d'exportation. Elle importe aujourd'hui an pea d'opium et de coton. Les chargements de retour y font défaut,

498 L*ËMP1RE DU MILlËt

Souatao^ à V importation : sur Topium, le x^ton, les pois et les fèves ;

Et à l'exportation : sur les sucres et le tabac.

Atnoy^ à l'importation : sur Topium, le coton, le riz et les fèves;

Et à r exportation : sur les thés et les sucres.

Ningpo^ à IHmportation : sur l'opium^ les cotons, les riz;

Et à V exportation : sur les thés verts, les soies écrues et les cotons.

FoU'tchéou^ à l'importation : sur Topium, les cotons, les lainages, les soieries, le tabac;

Et à l'exportation : sur les thés noirs et le papier.

NiéoU'tchouang, à l'importation : sur l'opiain;

Et à l'exportation : les pois et les fèves.

Tien-tsin^ à l'importation : sur Topium, les laines, le coton, le sucre, les soieries, le thé;

Et à l'exportation : sur les drogues, les cotons^ le tabac.

Tang-tchao, à l'importation : sur l'opium, les cotons, le sucre, les soies, le papier;

Et à r exportation : sur les cotonnades^ les pois et les fèves, les pâtes alimentaires.

KioU'kiang, à Fimportation : sur Topium, le sucre, le coton ;

Et à r exportation : sur les thés, le papier, la porcelaine et le tabac.

Han-kéou^ à rimportation : sur l'opium, les lainages, les cotons, les soieries, les sucres;

Et à l'exportation : sur les thés, les cotons, les huiles, le suif végétal, le labac.

Comme sous le régime des traités de 1842, l'importation est alimentée principalement par l'opium, les cotonnades, les lainages, le riz; et l'exportation par les soies et les thés. Dans les tables commerciales que l'ios-

pectoral des douanes a publiées l'année [dernière, nous voyons figurer

 l'importation :

L'opium pour. . .

Les cotons pour, .

Les lainages pour.

Le riz pour. . . .

Et à l'exportation :

Les soies et soieries Les thés pour. . .

226,000,000 de fr. environi.

Sur les rives du Yang-tzé, Kiou-kiang etHan-kéou (le grand emporium de la Chine centrale) ont concentré, jusqu'à ce jour, les efforts du commerce étranger. 11 ne s'est établi encore ni à Nanking, à peine délivré du joug des rebelles, ni à Tchin-kiang, où ses nombreux navires à voile et à vapeur sont tenus de faire station pour accomplir les formalités que leur imposent les règlements. Il prendra, sans aucun doute, un élan vigoureux lorsque l'œuvre de la pacification des provinces environnantes sera terminée, lorsque leurs populations laborieuses pourront, de nouveau, se livrer sans méfiance aux travaux de la culture et de l'industrie. Déjà les riches marchands indigènes que l'insurrection avait mis en fuite, reviennent à Han-kéou et y rouvrent leurs comptoirs. La navigation du grand fleuve entre cette ville et Shang-haï est devenue remarquablement active. Depuis trois ans, l'importance du négoce étranger de Kiou-kiang et de Han-kéou^ s'est grandement accrue. Elle est représentée en 1864 par des chiffres considérables : 56,000,000

4. Il eu a été introduit également de notables quantités par la contrebande.

3. En 1864, cent cinquante étrangers, dont cent trois anglais, yingltroîs américains, quinze français et neuf russes, y étaient établis et quatre banques étrangères y entretenaient des succursales.

importaiions en 1864.

ftkuàftàtà

ssfuhÊàms

en 1864.

itaMiflMaMU eomlaiict.

Béfiaetettel ie nispeelont

Régime actael de rémigration.

de francs pour le premier de ces ports, — 192,000,000 pour le second.

Dans toutes les villes maritimes dont font mention les traités, sauf à Kioun-tchao où les affaires commerciales sont restées exclusivement, jusqu'à ce jour, entre les mains des indigènes, un agent supérieur de l'inspectorat surveille l'administration des douanes et des établissements consulaires protègent les intérêts mercantiles des puissances maritimes ^ Secondé par l'utile con* cours de 7 ou 8 bâtiments bien armés dont les équipages sont en partie européens, et parmi lesquels figurent quatre navires à vapeur, Finspectorat réprime partout la contrebande et combat efficacement la piraterie qui est encore le plus grand fléau des mers chinoises. Nul doute que cette sage institution, en mettant fin aux conditions inégales qui décourageaient autrefois le commerce honnête, et en fournissant à l'empire des ressources précieuses par leur abondance et leur régularité, ne soitdestinée à rendre d'éminents services tant>ala Chine qu'aux nations étrangères, si le cabinet de Péking a le bon sens de n'en point prendre ombrage et de la maintenir.

L'émigration chinoise, qui avait donné lieu à de si déplorables et fréquents abus, fonctionne sans entrave dans la capitale du Kouang-tong, où les nouveaux rè-

I. V Angleterre entretient partout des consuls, sauf à Kioun-tcbao et dans les deux ports récemment ouverts à Formose;

Les ÉtaU'Unis sont également représentés dans tous les ports> excepté dans ceux de Formose et à Kioun-tchao ;

La France entretient un consul général à Shang-haï, des consuls à Canton, Ningpo^ Han-kéou, Tien-tsin, Hong-kong, et des agents consulaires à Fou-tchéou et Amoy;

La Rikssie : un consul général à Shang*haï, un consul à Tien-tsio, des agents consulaires dans les au(res ports.

La direction des consulats et des agences est confiée aux plénipoteotiaires qui représentent ces diverses puissances auprès du cabinet de péking.

maritimes.

glements concentrent ses opérations. Ces abus se sont évanouis devant la stricte surveillance à laquelle se soumettent réciproquement les agents étrangers et les autorités indigènes. Une seule des conventions récemment Monnaies élaborées, celle qui impose au commerce l'usage de ^îfcomme^i^^* toutes les monnaies européennes dont on a minutieuse- étranger, ment établi les valeurs respectives par rapport au taël chinois, est demeurée lettre morte. Elle n'a pu triompher jusqu'ici des vieilles coutumes. Dans les ports du sud, les négociants continuent à se servir des piastres espagnoles et mexicaines, tandis qu'à Shang-haï et dans les villes du nord, le taël est resté l'unique instrument des échanges.

On connaît d'ailleurs les nombreuses ressources que Bessource» l'organisation du crédit européen et la navigation à va- ^^^^^^ commercial peur procurent, en Chine, au commerce étranger. Plu- etdestransporu sieurs établissements considérables, entre autres : ïoriental Bank, le commercial Bank, le Hong-kong and Shang-haï limited Bank^ ont leur siège à Hongkong et des succursales ou des agents dans tous les ports. Shanghaï est mis en communication tous les mois avec le continent européen par trois services réguliers, dont deux sont accomplis par les magnifiques bâtiments de V oriental and Peninsular company, et le troisième par les beaux navires de nos messageries impériales. Les vapeurs anglais de la compagnie touchent, soit à l'aller soit au retour, à Souatao, Amoy et Fou-tchéou. Aucun service public ne fonctionne aujourd'hui entre Shanghaï et les ports septentrionaux, mais des steamers, appartenant à des entreprises particulières, sillonnent, tous les jours, l'embouchure du fleuve des Perles entre Canton et Hong-kong et transportent, trois fois par semaine, les passagers et les marchandises, soit entre Hongkong et Macao, soit entre Macao et Canton. L'ambition croissant avec le succès, les négociants étrangers rêvent, de-

lui L'EMPIRE DU MILIEU

puis quelques années déjà« la construction de plusieurs chemins de fer et l'établissement de la télégraphie électrique. Si, comme on l'assure, les populations du littoral, aisément converties par l'instinct de leurs intérêts personnels, ne doivent pas s'y montrer hostiles, il n'est point douteux que la jalousie des lettrés et la méfiance du gouvernement repousseront systématiquement ces belles innovations si périlleuses pour leur prestige^.

Afin de compléter les renseignements que nous venons d'exposer sur le commerce extérieur de l'Empire du Milieu, nous terminons ce chapitre par une série de tableaux, dont les données statistiques et comparatives feront succinctement connaître la nature, l'importance, les progrès des échanges qui alimentent le trafic du peuple chinois avec les nations civilisées.

I. L*inspectenr en chef des douanes de Fou-tchéou, M. le luron de Méritens, avait établi entre ses bureaux et File Pagode, un tél^rapbe électrique qui fonctionnait plusieurs fois par jour, à la satisfactioa apparente des autorités provinciales. Revenu à Paris l'année dernière, en vertu d'un congé, il apprit qu'aussitôt après son départ la jalousie des lettrés de Fou-tchéou avait fait passer cet utile appareil pour une invention du diable et qu'on venait d'en rompre les tils.

TABLEAU No 1

)ésignant par ordre alphabétique les objets qui alimentent principalemint le commerce d* importation, ainsi que les lieux de provenance.

DENOMINATION DES OBJETS

ir-Agar.

bre.

LIEUX DE PROVENANCE

Archipel indien.

Archipel indien.

a^fœtida.

er, jou.

Indes.

Europe. Amérique.

Indes.

OBSERVATIONS

Gelée compacte extraite du gigartina te^ nax (fucus marin) ^ employée comme apprêt pour le papier qu'elle rend imperméable et transparent, et comme comestible. Il vaut de 6 à 4 2 fr. le picul, et ta Chine en reçoit environ 500 picols (30,000 kilos) par an.

Trois espèces : le gris, qui est le plus pur et qui est employé par la médecine cninoise ; le blanc jaunâtre et le noir dont on fait des colliers pour les costumes de cérémonie. L'ambre noir est probablement fabriqué. Le gris et le jaune sont recueillis près des côtes indiennes. Il flotte à la surface de la mer ; sa consistance ressemble à celle de la cire. Soumis à Taction de la chaleur, il se ramollit et exhale une odeur musquée. La Chine le paye fort cher et n'en reçoit que de petites quantités.

Gomme-résine, extraite par incision de certaines plantes ombellifères de l'Asie occidentale. Nombreux usages en médecine; guérissant, dit-on, les fumeurs d'opium.

Importé en petite quantité.

Employé en général à l'état massif; les menuisiers chinois, qui sont en même temps ébénistes, ne sachant pas bien plaquer.

La noix d'arec, appelée aussi noix de bëtel, parce qu'on la mâche ordinairement avec la feuille du poivre bétel, arrive en Chine desséchée et dépouillée de sa coquille. Le bétel croit sur les côtes méridionales de l'empire. Avant de mâcher ses feuilles, les Chinois les recouvrent d'une couche de gambier qu'ils teÎKnçnt en rouge avec du cinabre.

DârOMllfATION DES OMBTl

UfVX DE PSOVEIfANCB

OBSERTATIOHS

Biche de mer.

Bexoarde.

Benjoin*

Cotons en laine.

Tiisue de coton.

Archipel indieo.

Cire,

Cachou.

Indes.

Iles de la Sonde.

IndesetÊtats-Unis

Angleterre, Ëtatg.

Unis, Russie.

Timor,

Japon.

Limace de mer que Ton prend dans les récifs de l'Archipel indien. £lle alteint quelquefoit^ un pied de longueur; on la rèche et on la fume avant de l'exiiëdier. La cuisson l'enfle et la ramollit. Trèsrecherchée à cause de ses propriétés toniques et excitantes, le Bicho-do^meir, appelé Trifang par les insulaires, eit roDJet d'un grand commerce. Les Chinoijs en comptent trente espèces. Sa valeur varie entre une piastre et demie et quatre-vingts piastres le picul.

Calculs biliaires et urinaires de certain ruminants dont les médecins chinois fmt le plus grand cas.

Raume résineux extrait d'un arbuste appelé styrax benzoin. On le brûle comme encens dans les temples. Importé sous forme de gâteaux.

On estime la quantité de cotons en laiDe importée annuellement des Indes et de i'Améiique à 45 millions de kilog.

La valeur annuelle des cotonnades (ca^ cots, percales, jaconas blancs, teints, imprimés) que l'Angleterre et les Indes fournissent à la Chine dépasse 40,000.000 de francs. Elle en reçoit aussi beaucoup de TAmérique. La Russie lui vend, chaque année, à Kiacht», des velours de coton pour 5 ou 6 millions de francs.

Quant à la France, dont la fabrication est meilleure, mais plus coûteuse que celle de l'Angleterre, elle n'a encore importé en Chine qu'une quantité insigni- Gante d'étoffes de coton. On calcule que le comm(»rre étranger introduit annuellement en Chine 55,000,000 dekilog.de cotons en laine et de colonnades.

La cire d*aboilles vient en grande partie de Timor par bâtiments portugais; on la mélange avec If suif végétal pour la la* biication des bougie^;.

Appelé aussi terra japonica; substance végétale extraite de certains mimosas qui croissent au Japon^ ayant l'apparence terreuse et la couleur du chocolat. Importée en petites galettes rondes et très-

)SIINATIONl OBJETS

ilîe.

re.

Japon.

Mexique.

Bornéo.

OBSERVATIONS

de buffles rhinocéros

de lamenet autres ée$.

Archipel indien.

Indes et Afrique.

f de tortue

Rëgionsque borde le PaciOque.

Indes.

Archipel indien.

Europe.

Singapour.

États-Unis.

Archipel indien.

plates. La Chine l'emploie seulement comme matière colorante. Le bon cachou fond djns la bouche sans laisser aucun résidu.

Importations rares et peu abondantes.

Employée pour la teinture.

Beaucoup plus estimé que le camphre indigène, comme étant plus pur et plus aromatique; celui de Bornéo a dans le commerce une valeur dix-huit fois plus considérable.

Ornements et décorations officiels.

L'industrie en fabrique des coupes très- Gnement sculptées, des poignées de' sabre, des manches de couteau, des boutons. La médecine les emploie en poudre. Une corne de rhinocéros bien faite et sans défaut se vend plus de 4,500 fr. On attribue aux coupes en corne la propriété de neutraliser le poison.

Presque aussi dures et aussi blanches que l'ivoire et employées aux mêmes usages; elles ont une grande valeur.

On fait usage, à l'état massif, de Tébène noire. C'est le nom que donne notre industrie au diospiros ebenum gui croit aux Indes et à Madagascar, ainsi qu'à Vebenoxylon que l'on trouve en Cocbinchine.

Mômes propriétés que celles de la corne. Applications semblables.

Importationsassezconsidérables sous formes de barres, clous, tringles, cercles, etc., etc.

Substance très-astringente que Ton obtient en faisant des^^écher la décoction sirupeuse des feuilles et des jeunes rameaux de plusieurs sortes de rubiacées. Teinturerie et tannerie. Expéditions importantes.

Le!% Élats-Unis expédient en Chine, depuis 4821, les racines médicales de celte précieuse araliacée qui croit sur les Montagnes Rocheuses et sur les Alleghany. La valeur de ce commerce n'atteint pas un million de francs.

Commerce insignifiant; parfumerie.

DÉKOMIIIATION DES OMETS

Gtmme gutte.

Horlogmê.

Imin.

AvWMP ^^^H^^^^^rVV

Mercure,

Myrrhe.

Nacre,

Nageoires de requin.

Nids d'oiseau, Oliban.

LIEUX DE PBOVENANCB

Siam et Gocbinchine.

Snisse, France.

Indes.

Rassie , Angleterre , États- Unis, Hollande.

États-Unis, Pérou, Espagne.

Indes.

Archipel indien.

Archipel indien.

Archipel indien.

Indes.

OBSERVATIOKS

Sac laiteux qui découle des incisions pratiquées sur plusieurs espèces de stalagmites. 11 devient brun rougeâtre en se solidiâant et donne, délayé avec de Teau, une belle couleur jaune brillante. La peinture chinoise eu fait une grande consommation.

On fabrique en Suisse et en France, particulièrement en Suisse, une horlogerie toute spéciale dont les ornements et le système sont adaptés aux mœurs comme au goût des Chinois. Le cooimerce qui se fait de celte horlogerie,- par Tunique intermédiaire des maisons suisses établies en Chine, n'est pas sans importance.

La plus grande partie vient d'Afrique et de Cochinchine par la voie des Indes. Defocile débit, mais peu abondant.

Draps grossiers, draps fins, lastings, cotons* lain^, flanelles, serges, couvertures. La valeur annuelle des lainages fournis par la Russie atteint environ 8 millions de francs. Celle des tissus de laine, importée par les autres nations, dépasse 40 millions.

Importations considérables. Étamagedes glaces ; réexporté en quantités considérables sous forme de vermillon.

Usages médicinaux. Gomme résineuse, extraite d'un arbrisseau d'Arabie et impop tée par la voie des Indes.

Commerce assez important. On en fabrique des boutons, des peignes et d'autres objets d'un travail délicat dont la plupart sont destinés à l'exportation. On sait qoa la nacre est la substance calcaire, aux reflets irisés et brillants, qui tapisse l'intérieur d'un grand nombre de coquillages marins.

Ils fournissent une substance molle, gélatineuse, insipide, qui passe pour aphrodisiaque, dont la cuisine fait grand usage et qu'elle assaisonne de plusieurs sortes.

Même usage (voir page 202).

L'oliban ou encens, gomme résineuse de couleur jaune rougeâtre, extraite per incision de plusieurs espèces de ihéré-

DE L'AGRICULTURE ET hU COMMERCE

sBaasaHaasBaBBSBBBaaswssssa

>éNOHINATION DES OBJETS

um.

LIEUX DE PROVENANCE

Turquie, Indes.

9Bm

OBSERVATIONS

binlhacées qui croisj^ent aux Indes et en Arabie, est brûle comme parfum en l'honneur des dieux. Très- recherché et d'un plus fréquent usage que le benjoin. Quatre sortes : 4 o celui de Turquie, venant de Smyrne, vendu très-bon marché et en très-minime quantité; 2o le Malwa^ préparé au delà des frontières de l'empire mdien auquel il paye un droit de transit considérable, toujours impur et plus ou moins mélangé d'argile, de sucre, de mélasse, de bouse de vache, de jus de coing ou de datura et d'autres substances végétales comme la chélidoine et la mélisse^ cependant un peu plus cher que le turc; 30 et 4o le Patna et lefénam, dont la fabrication est surveillée par le gouvernement qui les fait vendre aux enchères à Calcutta pour l'exportation.

Chaque caisse lui coûte environ 4,400 fr. et est revendue 2,000 fr. — Pour expédier en Chine la pâte opiacée, on en forme des boules plus ou moins grosses, que l'on empile et que l'on empaquette soigneusement dans de fortes caisses hermétiquement calfeutrées. Les caisses de Malva renferment quatre ou cinq cents boules et pèsent 70 kilos. Celles de Bénarès et de Patna, divisées en deux étages, lesquels sont subdivisés chacun en vingt compartiments-, contiennent seulement quarante boules et pèsent à peine 67 kilog. L'usage de fumer l'opium ne parait pas avoir été connu en Chine avant la fin du xviii^ siècle. Vers cette époque, lès Portugais commencèrent à en introduire dans l'empire d'assez grandes .quantités. Elle en reçut mille caisses en 4767. La Compagnie des Indes.en établit, en 4780, un dépôt assez considérable sur deux petits navires mouillés dans Lark's bay. — 4794 : il se vend à Canton comme substance pharmaceutique, et la caisse vaut un peu plus de 2,000 fr. — 4 800 : un décret de l'empereur interdit l'importation du pernicieux narcotique, mais on continue à le vendre à Wham-

MblOBlUTION »BS OBim

USUX DB PSOTBNAlfCE

Or.

Perles.

Pierres précieuses

Pelleteries*

Californie.

OBSERYATIOIfS

Plomb.

Indes.

Indes et Asie centrale.

Sibérie.

Divers.

pou et à Macao avec le concours payé des autorités indigènes. — 4820 : un arrêt du gouverneur des deux Kouang en prohibe formellement le commerce.

— 4824 : il n'a plus lieu ni à Whampou, ni à 'Macao; établissement successif des Receiving-ships, à Lin-tin, Kam-siogmoun, Hong-kong; tentatives plus ou moins heureuses pour fonder dans les provinces orientales le commerce de l'opium; expéditions sur les côtes da Fokien, du Tche-kiang, du Kiang sou,da Liao-tong ; station de Receiving-sbi|^,à Soua-tao; contrebande armée ; collisions.

— 4839: 1 opium livré et détruit par Lin; la guerre éclate. — 4842 : la contrebande s'organise largement et fon&tionne sans entraves par le moyen des Receiviog-ships, aux environs des dnq ports et à Soua-tao. -— 4856 : commerce de l'opiupi autorisé à Fou-tchéou. -* 4860 : rékime de la tolérance officielle. L'opium importé librement est soumis à un droit de douane comme les autres marchandises. On a calculé que, depuis 4842, la Chine recevait chaque année, en moyenne, 70,000 caisses d'opium (30,000 de Malwa el 40,000 de Patna et Bénarès), dont la valeur totale monte à 468,000,000 de francs.

La Chine reçoit l'or de l'étranger en poudre ou en fils. Avec la poudre da précieux mêlai, elle fabrique des lingots et principalement des feuilles d'or; avec ses fils, elle confectionne de riches broderies et des parures.

Colliers et parures.

Enf)ployées par les bijoutiers pour la confection des bagues, chapelets, colliersi agrafes et des insignes officiels.

Importation tfès-active par les frontières septentrionales ; nulle dans les ports da nord et de l'est. Canton reççit par mer quelques fourrures.

La Chine emploie beaucoup de plomb pour la confection de théières et la fobricatioa des couleurs (minium et céruse).

tm

NOMINATION lES OBJETS

{bois dé), al.

Hre.

'dragon.

LIEUX DE PROVENANCE

Iles de la Sonde el Manille.

Amérique du Sud Indes.

Singapour.

Divers.

Indes.

OBSERVATIONS

Importation considérable et encouragée [ ar la francliise dont jouissent les navires exclusivement chargés de riz. Plus de 30 millions de kilog. par an.

Importés en billes ou en bûches pour Tiisage de la menuiserie qui l'emploie massif.

Le santalum album, dont le bois pesant, compacte, doux el comme gras au toucher, distille une huile très-âcre, croit aux Indes et dans la Chine méridionale. Sa couleur est le jaune fauve. U exhale une odeur musquée très-agréable. On en fait des boites, des étuis , des ustensiles de toutes sortes sculptés à jour avec un luxe de délicatesse incroyable. La poussière de sandal est employée à la mbrication des baguettes odoriférantes que Ton brûle dans les tripodes sur les autels des temples.

Très-faibles quantités.

Importation primitivement interdite ; monopole du gouvernement qui en fait l'acquisition pour ses manufactures de poudre.

Résine rouge extraite par incision d'un palmier rotang (le calamus draco) et importé en lames. Employée comme remède, comme matière tinctoriale, comme vernis, et d'un très-fréquent usage.

SIO

LtMPIRK nu MILIEU

Indiquant^ par ardre alphabétique, les objets qni alimentent principalement le commerce d'exportation, ainsi que les lieux de leur destination.

DéNOÉINATION BES OBJETS

Alun.

Anit, Arsenic, Bambou, Camphré,

Capour-huchrée.

Cous»

Chanvre.

Cire végétale.

Corail,

Colle de poiMsoUi Co'le forte.

Corne -,

Ctton,

DCSTllfATIONS

Indes.

Indes.

Indes.

Indes.

Toules destina

lions.

Indes et Perse.

Toules deslina* lions.

Indes.

Tous pays, Inderi.

Indos.

Inde?.

Indes.

Indes, Europe.

OBSIRTATIONS

Qualilë inférieure. Teinturerie ; on en fait un fréquent usage aux Indes pour purifier Teau.

Exportation insignifiante.

Médecine.

Ustensiles divers.

De qualité inférieure.

Racine aromatique de Yhedichium spicor tum : saveur chaude, piquante, camphrée ; teinte brune à Textérieur, blanchâtre à l'intérieur ; expédiée en petites rondelles plates et minces. Parfumerie et médecine.

La Chine envoie annuellement aux pays étrangers 40 à 50,000 kil. de casse. C'est un produit irès-demandé. On expédie le fruit pulpeux du canéficier dans la gousse siliqueuse qui le renferme, ou bien on l'extrait de cette gousse, et on le fait sécher après l'avoir sépare de son noyaa. lie commerce exporte auï:si du midi de la Chine un peu d'huile de casse.

En étoupes ou en ccheveaux, et en quantités considérables.

Commerce médiocre.

La Chine envoie aux Indes un peu de o rail sous forme de grains.

Cuisine, fabrication des perles fausses-

L'exporlation des colles fortes, fabriquée avec les débris de quelques grands mammifères appartenant à 1 espèce bovine, donne lieu à un commerce qui n'est pas sans importance.

Toules sorlesde petits ustensiles, fabriqués plus ou moins fînement avec des cornes de buffles, de daims, de chèvres, elc.,etc.

On exporle de Chine, pour les Indes, quelques tissus de coton . Elle envoyait autre-

DK l/AiiHIClM/rUHK KT DU CUMMEHCK

NOMINATION £S OUJIiTS

re.

uma.

oiités .

UêM.

HeM,

ts seci, ti confiis,

nga.

DESTIN ATiONS

Indes.

Indes.

Indes.

Tous pays.

Indes.

OBSERVATIONS

Indes et Archipel indien.

Ports indigènes.

Indes et Archipel,

Indes, Ports indigènes.

Indes et Archipel.

fois à l'Europe beaucoup de ses nankins. Dt! nos jours, ces expédiliotis sont devenues insignifiantes.

ROcolië dans les provinces mëridionalos.

La plus grande partie du poivre cubèbe que consomme l'Europe vient de Java.

Ustensiles en cuivre blanc, et feuilles de cuivre rouge battu pour l'ornement des pagodes.

Racine allongée et rugueuse, grise à l'intérieur, jaune safran à l'intérieur, d'une espèce de zinzibéracée qui croit dans les provinces méridionales ; saveur acre et ainère ressemblant à celle du gingembre ; alimentation, teinturerie, parfumerie.

L'exportiilion des curiosités de toutes sortes que la Cbioe envoie à l'étranger, vases en terre, porcelaine, cuivre et bronze de toutes formes et de toute destination, services de table, écrans, stDtueltes, figurines, coupes, peintures sur papier de riz, et autres objets laqués en tout genre, etc., se solde chaque année par des sommes importantes.

La Chine fait un commerce considérable de droguerie. Ses produits pharmaceutiques, transportés par le cabotage et par le trafic intérieur, du Nord au Midi et du Midi uu Nord, trouvent aussi des placemonts avantageux sur les marchés de l'Inde et de Tarctiipel Indien.

Transformée par l'industrie en une foule de petits ustensiles délicatement ouvragés, i'écailio do lu tortue est réexportée aux régions indiennes.

Venant surtout des mines du Ghan-si, qualité très-médiocre.

Exportation considérable. Beaucoup de dattes et d'amandes de diverses sortes.

Fabrication très-habile et très-étendue. Exportations considérables, principalement d'Âmoy et de Ningpo.

Très-employé comme épice. Deux espèces : le grand et le petit. Le grand est la ra, ci ne de Katnpferia aalanga. Le petit* beaucoup plus estime, est celle du iftfu« ranta galanga. Couleur rougeâtre; deux

MS

DÉNOMIKATION DBS OBJETS

6ing$mbrt.

Graik doth.

Builes, lÀguma.

Marhrêi.

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