‹ L'empire du Milieu, description géographique [&c.]Chapitre 74 sur 93 · TOTAUX · texte numérisé non relu

TOTAUX

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JAUGE

Produit en 1864

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Situation

du

commerce français

en Chine.

6t0 L'EMPIRE DU MILIEU

En 1864, les douanes ont constaté Tintroduction en Chine de 52,083 caisses d'opium de diverses provenances '.

Elles ont, dans le courant du même exercice, encaissé, pour le compte du gouvernement chinois, 65,104,816 francs.

La colonie anglaise de Hong-kong qui possède une rade immense, sûre, profonde; des docks; des magasins de toutes sortes abondamment fournis ; qui centralise en outre, dans ces parages, le crédit commercial et la navigation à vapeur, participe, avec une grande activité, au mouvement mercantile dont les chiffres précédents attestent la prodigieuse importance. Le port libre de Victoria a reçu en transit pendant Tannée 1864, 2,264 bâtiments de toutes nations, jaugeant ensemble 1,013,748 tonneaux. En 1863 et 1864 il a expédié 6,500 Chinois en Californie, en Australie et aux Indes \

II ne nous a pas été possible de recueillir d'informations suffisamment authentiques sur le commerce maritime de Macao pendant ces dernières apnées.

Les chiffres qu'on vient de lire, représentent fidèlement le progrès des échanges maritimes de l'Empire du. Milieu et révèlent , par d'affligeantes comparaisons, l'insignifiance de nos opérations mercantiles dans l'extrême Orient. — L'année dernière, les ports chinois, où le pavillon britannique flottait sur 4,000 bâtiments, ne recevaient que 122 navires portant les couleurs françaises. A côté des prince-merchants de rAngleterre et de TAmérique, dont les opulentes maisons ont fondé partout des succursales, notre négoce végète à peine et

1. A savoir : 29^998 de Maiva, 16,412 de Patna, 5,063 de Bénarés et 610 de Turquie et autres lieux. Ces chiffres ne représentent pu toute rimportance du commerce de l'opiam qui se fait, en grande partie, par voie de contrebande.

%, Ces informations sont empruntées au Government gazette.

fait humblement sa petite fortune. Est-ce à dire qu'il n'y ait point de place, pour la France, sur ce vaste marché, et qu'un jour elle ne puisse profiter largement des inépuisables ressources que l'ouverture de l'empire chinois ofifre aux légitimes convoitises de l'Europe. Nous ne le croyons pas. La conquête de Saigon, les services réguliers que nos messageries impériales ont organisés entre Marseille et l'Indo-Chine, l'établissement de deux agences du comptoir d'escompte à Hong-kong et à Shanghaï, les conditions nouvelles où le régime éminemment progressif du libre échange a placé notre fabrication indigène, sont autant de promesses qui nous rassurent sur l'avenir de notre commerce dans ces régions lointaines. Pour favoriser la réalisation de ces promesses, il convient, sans doute, que notre gouvernement ne lui refuse point son appui, mais il faut avant tout que notre industrielui vienne en aide. Jusqu'à ce jour,nous avons envoyé en Chine quelques chargements de vin pour la consommation de notre escadre, quelques articles de pacotilles d'une très-médiocre valeur; nous avons reçu d'elle du thé et de la soie, marchandises peu encombrantes de leur nature et dont une partie nous arrive par la voie de l'Angleterre. Insignifiant à la sortie, le fret des bâtiments que nos ports expédient dans les mers chinoises, est à peu près nul au retour. Si nos grands manufacturiers confectionnaient, sur les mesures adoptées par la Chine de temps immémorial, les cotonnades, les étoffes de laine, les draps grossiers qui trouvent, dans toutes ses provinces, un rapide et facile débit ; si elle laissait exploiter par les Européens, au grand profit de ses habitants, quelques-unes des riches mines de fer, de cuivre, de charbon, de soufre que ses côtes et ses îles recèlent en abondance ; si notre gouvernement autorisait, sur les rades de l'Orient, la hbre francisation des navires; si les constructions de nos armateurs ne coûtaient pas

plus cher que celles des chantiers anglais ou amëricains; nul doute que notre commerce avec TEmpiredu Milieu ne devint bientôt prospère; que les cai^aisons ne lui fissent plus défaut; qu'il ne prit une part active aux fructueuses opérations du cabotage; qu'en un mot, il ne soutint, avec honneur et succès, la formidable concurrence que lui font aujourd'hui ses invincibles rivaux.

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