‹ L'empire du Milieu, description géographique [&c.]Chapitre 81 sur 93 · Voir le n® du journal VOverland-ehina-maU du 13 mai i · texte numérisé non relu

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étt L*ËMPIRE DU MILIEU

. A la requête de M. le baron de Méritens, inspecteur des douanes à Fou-tchéou, deux nouveaux ports, Ki* long et Takao, sont ouverts dans l'île de Formose au commerce étranger.

Mai. — Retour de M. Lay à Péking.

Mort du révérend père Lêmaitre^ supérieur de la mission des Jésuites.

Capture de Kouin-san par le major Gordon. Succès de Gordon. Jutn-août, — Belle campagne du major Gordtm

dans le Kiang-sou. Chassé de Vou-Kiang et des forti&ea* tiens qu'elle occupait près de-cette ville, Tarmée rebelle se replie sur Sotitchéou où elle se renferme.

Burgevine s'empare, par surprise, d'un petit steamer sur le canal de Sou-tchéou, et passe à rinsurrection. Sa tête est mise à prix par le gouverneur du Kiang^sott, malgré les représentations du corps consulaire.

Une convention négociée entre les gouvernements du Danemark et de la Chine, par Hang kij Tsùng-hao^ surintendant des ports du nord et le colonel Raaslo/f^ est signée le 13 juillet à Péking.

M. L:n échoue Octobre, — Les négociations entreprises par M. Lay à Péking, pour organiser la flotte anglo-chinoise, dont la direction est réservée au capitaine Osborne, échoue complètement sous l'influence de Tsm-Kouo-fan^ vice-roi du Kiangnan, qui veut maintenir, avec raison, dans toute l'étendue de son gouvernement, la plénitude de son autorité administrative.

Le consul général de France, M. Mauboussin, meurt le 25 à Sliang-haï.

Novembre. — Plusieurs engagements ont lieu, sous les murs de Sou-tchéou, entre les insurgés et les troupes du major Gordon. Les Impériaux en sortent presque toujours victorieux.

Capturé, pendant une attaque nocturne qu'il dirige contre le steamer Fi-loting, un des bâtiments de la floi-

ddus ses iu>gori;itioi]S.

HISTOIRE m

tille qui sert à ravitailler les forces impérialistes, Burgevine est conduit h la prison du consulat américain.

Décembre. — Le gouvernement chinois provoque la démission de M. Lay, directeur général de Tinspectorat des douanes chinoises, et confie à M. R. Ilart les fonctions qu'il remplissait.

Les ouvrages extérieurs qui protégeaient Sou-tchéou ayant été emportés^ d'assaut, le général rebelle négocie avec les autorités provinciales, par l'entremise de M. Gordon, l'évacuation de cette importante cité qui ouvre ses portes aux vainqueurs le 8 décembre. Tchingj commandant des Impériaux, fait mettre à mort les chefs rebelles au mépris de la foi jurée. Gordon témoigne énepgiquement son indignation au gouverneur du Kiang-sou et le menace de sa démission.

Le 8 décembre, une belle et imposante cérémonie, inaugucée par un touchant discours de M. le baron de Trenqualye, consul de France, a lieu dans la capitale du Kouang Tong. En présence des hautes autorités provinciales et du corps consulaire, sont jetés les fondements de la cathédrale qui s'élève, au centre de Canton dompté et pacifié, sur les ruines du prétoire de Yéming-tching, l'orgueilleux viceroi des deux Kouang.

Démis s on

de M. Lay.

Rèoccupation

de Sou-tckéou.

Fondation

delà

Mtliédrale

de Canton.

1864, février. — Réconciliation du gouverneur Li et de Gordon. Ce dernier s'avance vers Nanking pour combiner ses mouvements avec ceux de Tseng-Kouofan qui assiège cette ville. Il rétabHt successivement le pouvoir de l'empereur à Ïl-Sing et Li-Yang^ mais ses troupes sont repoussées avec perte et il est blessé, luimême, à l'attaque de Km-tang.

31 Mars. — Le corps franco-chinois, commandé par M. d'Aiguebelle, s'empare do Hang-tchcou que les insurgés occupaient depuis plus de deux ans et restitue ainsi à Tempereur l'une des plus grandes ville de ses Etats.

Rèoccupatioa

de Hang- tclu'ou.

6i4 L'KMPTRE DU MILIEU

11 Mai. — Après une vigoureuse résistance, Tchangtchéou est emportée d'assaut par les troupes du gouverneur Li et du major Gordon. Ce dernier considérant sa tâche comme accomplie, renonce à son commandement. Les corps anglo-chinois et franco-chinois sont dissous et se fondent dans Tarmée de Tsang-Kouo-fan.

Juin. — Départ de sir F. Bruce pour la Grande-Bretagne. M. Wade dirige la légation anglaise en qualité de chargé d'affaires.

Par suite d'un malentendu, portant sur l'interprétation du texte chinois, l'échange des ratifications du traité portugais est indéfiniment ajourné.

Juillet. — Le major Gordon institue, près de Shanghaï, avec l'autorisation des consuls, un camp de manœuvre pour l'instruction des troupes chinoises. isedeNanking. Nanking est prise d'assaut dans la journée du 19 par les troupes de Tsang-Kouo-fan. L'emperem* rebelle disparaît dans le combat. Une partie de ses troupes prend la fuite sous les ordres de son premier lieutenant, le Tchong-ouang. Cette importante victoire donne le coup de mort à l'insurrection qui désolait, depuis dix ans, les plus riches provinces de la Chine. L'heureux vice-roi du Kiang-nan est comblé de louanges et d'honneurs. Son influence aux yeux du peuple et son crédit dans les conseils de l'empire grandissent rapidement, malgré les jalouses manœuvres de Tsang-ko-lin-sin.

1865 : Janvier. — Un chef rebelle, le Chik-ouang^ réunit dans le Fokien ses compagnons dispersés, s'empare de Tchang-tchéoH, chef-lieu du département où se trouve la ville d'Amoy, et cherche à **elever les afifaires de l'insurrection. Deux proclamations revêtues de son sceau, sont affichées aux environs d'Amoy. L'une, dont le langage est à la fois paternel et sévère, engage les habitants des villages à reprendre sans crainte le cours

df5

Départ 4e tir Hercules.

de leurs paisibles travaux et les menace des plus rigoureux châtiments» s'ils ne se hâtent point d'acquitter les taxes foncières. L'autre, rédigée en termes polis et séduisants, s'adresse aux nations étrangères, que le Shi-ouang convie à seconder ses efforts contre la dynastie mandchoue, par l'attrait d'une vengeance et d'une proie communes.

Les mahométans du Ho-nan lèvent l'étendard de la révolte. Une des villes de cette province, Lo-yang^ tombe en leur pouvoir.

Mars. — Nommé gouverneur de Geylan, sir Hercules Robinson quitte Hong-kong pour se rendre dans sa nouvelle résidence.

Sur la demande des autorités impériales, la légation britannique prend de sages mesures pour guider l'inexpérience des touristes anglais qui visitent Péking, et prévenir les incidents fâcheux qu'elle peut faire naître.

Un décret de la reine {China and Japan order in coundl), daté du 9 mars, organise la juridiction civile et criminelle dont les sujets britanniques, résidant en Chine et au Japon, dépendront à l'avenir. Cette juridiction est entièrement distincte du système judiciaire établi à Hong-kong. Elle embrasse tous les tribunaux consulaires. A sa tête est placée une cour suprême et d'appel, dont les sessions ordinaires se tiendront à Shang-haï.

Avril. — Deux décrets impériaux concernant le prince de Kong, sont publiés, à quelques jours d'inter- du prince de Kon valle, dans la Gazette officielle. L'un, prenant en considération ses velléités d'indépendance, le prive de ses rang et dignités; l'autre lui restitue la direction des affaires étrangères, dont le précédent avait investi Ouen^ siang.

Mai, — Un régiment de braves s'insurge aux envi-

Disgrâco

6λ L'EMPJRE D(J MILIEU

rons (le Hankéou; lertedr' des résidents ^fMgefts ^ttë protègent deux canonnièpes anglaises.

Mort Uiiis auii révoltés du Ho-nan, les barides des Nien-fél

(leTsing-ko-iin- ravagent le nord du Slian-tong et les districts méridio^

nau& du Tchi^i. Tsang-ko-lrli-^ii esl ttië diffr» utie» èm^ glante atfaire^ en les combsittaril à \û tête èe sft tH-- Valérie.

Juillet. -^ Arritée en Chine de èir Edmmâ HmAy, président de la èour suprême de Sbang-hati

Les troupes impériale^ s'emparent de Tebm(^tefaé>ti/ Bdrgevine y est pria les armes à la mailla Dirigé Mius escorte vers Sou-tcbéou, il péril am {fâssftge d'em %^k victime d'un accident fortuit, ou noyé plulAI ft des^lto par Tordre du vice-roi dtl Kiftng-niln, qtif m déjbàrrâsse ainsi d'un prisonnier comprometiant.

Tsàng-kotio-fan est nommé générât en cbef de Vàrniéd

du Chang-tong qui guerrcrte contre les Nién-fëîi iM

rapports officiels portent le nombre de ces derniefi il

800,000 homtiies.

Martyre Août. - — Un prêtre français des Missiorië éftrdligères^

^® M. Atartineau, est lapidé par la pobiil^^^e prfe de Yon^

M.Mjrtineau. , , o .

yan^y dans le Sé-tchouen.

Repoussés du Chan-long^ les Nien^fëï se réfugient dans le Ho-nan.

Liow, gouverneur intérimaire du Kiang-soui interdit aux négociants cilinois de Shang-haïd'affréterjàraveniri aucun navire étranger pour le transport de leurs marchandises.

Arrivée dans cette ville du nouveau fcofisul anglais^ le docteur Winchester^ dont le ptédécesslettfj sir H. Parkes^ û été nomtné ministre pléiiipotefttiaitfe ati Japon.

Septembre, — Sur la représëtitEltion du edtistti htitannique résidant à Canton, un habitant de cette tllte< Yoti-ahi, qui avait prôrtdncé, eil présériCe d'un Anglais,

HISTOiRR

l'épilhète imuHante de Fat^tionet (diable éiranger)» est puni publiquement de la cangue^.

Octobre. — Tn-kou est évacué par la garnison anglofrançaise que les deux gouvernements y avaient maintenue depuis la conclusion des traités.

Par suite d'un conflit de juridiction» le conseil naanicipal qui adnainistre, à Shang-ha'û les intérêts de la con-* cession française, est dissous par M. Brénier, consul général de France.

Un décret impérial envoie Soni-liou^ gouverneur intérimaira des deux Kooang, à Tchao-tchaOf pour préparer, eonformément aux exigences des traités, Tadminisskm des étrangers dans cette ville ^.

Notemhtê -^ Deux Français, l'un officier de marine^ l'autre négociant, ayant été traîtreusement assaillis el cruellement frappés aux environs de Han-kéou par une troupe de braves, notre consul, M. Dabry^ demande et obtient une réparation aussi éclatante que rigoureuse.

Le {Mrince de Kong est rétabli dans ses titres et digni* %6è par un décret impérial du (1 novembre, et reprend ainsi les fonctions de ministre dirigeant.

Une proclamation des ministres étrangers au Japon, poftant la date du 25, annonce que les traités conclus par fë Taï-koun avec les puissances qu'ils représentent^ ont reçu la ratification définitive du Mikado.

Décembre. — Le nouveau plénipotentiaire anglais, sir Rutherford Alcock se rend à Péking, oii M. Wade lui remet le service de la légation britannique ^.

1. Ce fait insignifiant, en apparence, a cependant une remarquable portée. Avant les événements de 1857, Canton était le boulevard de Tarrogance chinoise. L'entrée en était interdite aux étrangers que les habitants de ses faubourgs poursuivaient, sans cesse, de leurs outrageantes moqueries.

2. TchaO'tchao a pour port Soim-iao. Le commerce étranger n'y avait pas encore pénétré, bien que les conventions de Tien-tsin Tautorisasient à s'y établir.

3. Sir Rutherford est l'un deâ Européens qu iconnaissent le mieux

Évacuation de Ta-koa.

P.éinl(>gration

da prince de Kong.

Sir R. ÂIcock«

nommé

plénipotentiaire

k Pékiiig.

Kiachta étant relié à la Russie par un fil électrique, le commerce anglais entreprend d'établir des communications régulières et rapides entre cette ville et Tien-tsin par Ourga, Kalgan et Péking.

Nous terminons ici le dernier chapitre de cet ouvrage. Les faits dont nous venons de voir le résumé chronologiquCy tracent, en quelques lignes, la marche de nos conquêtes dans Textréme Orient. Ils y racontent nos progrès d'abord mystérieux, isolés, obscurs, bientôt moins lents et moins timides, s' affirmant, au début de ce siècle et à la face du monde, par des victoires et des traités , rapides enfin , depuis l'expédition de 18S8, hardis, éclatants, décisifs. Ils montrent l'Empire du Milieu exposé désormais de toutes parts, par les entreprises de notre commerce, par le contact incessant de notre industrie, par la libre propagande de nos missions, par l'action immédiate et persévérante de nos ambassadeurs, par notre intervention directe dans ses affaires administratives, à l'irrésistible influence de notre civilisation.

Textrôme Orient, où il réside depuis vingt années et où il a saccessiyement rempli, avec talent el vigueur, les fonctions de consul à Shang-hàî et à Canton et de plénipotentiaire à Yédo.

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