DEUXIÈME PÉRIODE
1516. — Rafaël Perestrello aborde en Chine sur une jonque venant de Malacca et portant les couleurs portugaises. L'Empire du Milieu n'avait encore vu aucun pavillon européen.
1517. — Ferdinand Andrade se fait bien voir des autorités de Canton; on lui permet de faire stationner quatre bâtiments portugais à San-tchouen (Sahit-Jean). Thomé Pires, son compagnon, que le gouverneur de Goa envoyait en ambassade à la cour de Chine, est retenu à Canton sous divers prétextes.
1521-1523. — Procédés imprudents de Simon Andrade, frère de Ferdinand. Les Portugais sont expulsés de Saint-Jean. Pires meurt en prison.
iri45-l549. — Les Portugais sont chassés également dé Tchin-tchéou et de Ningpo ; ils y avaient fondé des factoreries, nnais avaient exercé contre les populations environnantes d'inrjualinables violences.
1560. — Après un séjour de quelques années à Lampaçao, Tune des grandes Ladrones, ils prennent pied à Macao, moyennant un tribut de 500 taëls (4000 francs) payé annuellement 9^xx autorités provinciales*
Premières
relations
des Foiiugais
avec la Chine
1573. — Celles-ci font construire une haute muraille pour isoler la nouvelle colonie du territoire chinois, et délèguent à Macao un fonctionnaire chargé d'y administrer la population chinoise.
Pendant le xvii® siècle, la ville de Macao se construit; le commerce portugais en Chine se fonde et se développe.
1667. — Une ambassade est envoyée de Goa pour protester contre les mesures rigoureuses qui avaient suspendu le commerce. Elle n'obtient aucun résultat.
1727. — La mission politique à' Alexandre Metello qui accompagne à Péking le jésuite Magdillans, n'est pas plus heureuse ^. Elle se borne à un échange de présents diplomatiques.
1753. — Quatrième ambassade; Elle est admise à Péking. Beaucoup d'humiliations, aucun résultat.
1820. — Le transport de V opium à bord des receiving-ships porte un coup fatal au négoce portugais qui languissait déjà depuis un siècle.
1839. — 11 reprend momentanément quelque importance, à la suite des graves événements qui suspendent le commerce de Canton.
Premières
relations
des Espagnols
avec la Chine.
1575. — Le gouverneur de Manille ayant expulsé de sa colonie le fameux pirate Li-ma-hon^ que poursuivait un amiral chinois, celui-ci, pour témoigner sa reconnaissance, conduit à Canton deux moines augustins chargés d'une mission politique auprès de son gouvernement. On les traite honorablement, puis on les congédie, sans qu'ils aient pu obtenir, en faveur de leurs compatriotes, aucun avantage commercial.
1580. — Nouvelle mission non moins stérile, confiée à Martin Ignatius par le roi d'Espagne. Son caractère
i. Magaillans apportait la réponse du saint -siège relative i h question des cérémonies civiles (voir page 241)»
est méconnu. Il est emprisonné à Canton, délivré à la requête du gouverneur de Macao et dirigé immédiatement sur Manille.
Vers la fin du xvi® siècle, une colonie chinoise se fonde à Jaiçou où elle subsiste encore aujourd'hui , nombreuse, florissante, mais soumise à des règlements très-sévères. Un négoce assez actif, uniquement chinois, s'établit entre cette colonie et sa métropole qui reçoit de Manille des chargements de riz considérables.
Les Espagnols obtiennent plus tard le privilège de commercer dans le port d'Amoy à l'exclusion de tous les autres peuples. Mais ce privilège est assujetti à de telles restrictions qu'ils n'en font pour ainsi dire aucun usage.
Vers 1650, le gouvernement russe fait construire quelques fortifications sur la rive septentrionale de l'Amour, et envoie à Péking une mission. Elle y est dédaigneusement accueillie.
1680. — Une armée chinoise détruit ces fortifications et emmène à Péking tous les Russes qui s'y trouvaient. Ceux-ci construisent une église et fondent un collège dans la capitale de l'empire.
1685. — Ambassade du Russe Golowin. Son entrevue à Selinginsk avec les envoyés chinois, qui s'étaient fait attendre deux ans et qui s'y rendent avec une force imposante. Toute prétention sur la vallée de l'Amour est abandonnée. On stipule que les Yablonoï seront désormais la frontière commune.
1692 et 1719. — Le gouvernement chinois interrompt le commerce par caravanes. Missions d'Ysbrandt- Ides et d' Ismailoff' dans le but d'obtenir le rétablissement de l'ancien régime.
1728. — Traité de Kiachta : il rétablit le commerce, consacre et constate l'existence des établissements russes à Péking.
Premières
rejations
des Busses
avec la Chine.
1758. — Une expédition que l'empereur Rieng-long dirige contre une peuplade de la Sibérie inspire de vives alarmes à Pétersbourg.
1771. — Quelques centaines de Cosaques des rives du Volga désertent en Gliine. Le cabinet de Péking les fait bien traiter et rejette hautement les réclamations que lui adresse à ce sujet une ambassade russe. La grande Catherine fait préparer une expédition contre la Chine. Elle n'a pas de suites.
1839. — Pendant la guerre de l'opium, la Russie fait donner à diverses reprises, au cabinet de Péking« des assurances de son bon vouloir sans en obtenir toutefois de nouveaux privilèges.
rdatiOBi
d % Hollaii4iIi
«v^ U Chine.
1622. -- Les Hollandais s'emparent des lies Pescadores^ dans l« détroit de Formose, et y construisent dés fortifications. Expéditions dirigées contre eux par les autorités du Fokien.
1624. — fis abandonnent les Pescadores et s'établissent à Formose oii ils élèvent le fort Zealandia. A la suite de la conquête des Mandchoux, une colonie d'éniîgrants cinnois vient se f^ronpor autour de Zealandia. Succès dt»s missionnaires hollandais à Formose. L'un d'eux compose un dictionnaire dans la langue du pays.
16S5. — Mission à Pékincr de Goyer et de Keyser^ deux ritlies marchands de Batavia. Après avoir fubi force humihations, ils obtiennent pour leur pays l'autorisation d envoyer en Chine, tous les huit ans, une ambassade et quatre navires de commerce*.
. 1658. — Le pirate Ko-rhinq-a s'empai-e de Zealandia, et chasse les Hollandais de Formose.
1602-1664. — Après avoir échoué dans une première tentative, l'amiral Bort expulse d'Amoy les troupes
i. Nieahoff a fait, en i673, le corieux récit de cette misdoii.
HlSTOlHË 889
de Ko-cliing-a et remet celle ville au gouvernement chinois. En témoignage cie sa gratitude, ce dernier Inî offre deux jonques pour Taider à reconquérir Formose.
1664. — Van Hoorne se rend par le grand canal à Péking, où il est envoyé conjnie ambassadeur, Il est forcé de s* astreindre aux plus humbles formalités et n'obtient aucune concession. Les négociants hollandais sont relégués à Canion comme ceux des autres pays.
1793. - Nouvelle tentative diplomatique. Isaac titsingh et Van Braam^ agent consulaire à Canton, vont complimenter à Péking l'empereur Kien-long qui commençait la :soixantième année de son règne. Ils ne sont m mieux reçus ni plus heureux que leurs devanciers*.
Au commencement du xvui® siècle, le commerce français se fonde à Canton sur le même pied que celui des autres pays. 11 y possède une factorerie, et la France y entretient un consulat particulièrement chargé de la protection des missionnaires catholiques.
Avant 1844, aucune ambassade française, si Toq excepte celle de Rubruquis, mentionnée plus haut, ne fut envoyée en Chine. Mais la faveur dont jouissaient nos missionnaires, sous les premiers souverains de la dynastie mandchoue, les services scientifiques qu'ils leur rendirent, les nombreux travaux qu'ils publièrent, avaiefit tacitement établi, depuis le milieu du xviie siècle, entre la France et l'empire chinois, des relations intéressantes et suivies.
1780. — Un matelot français s*étant rendu coupable de meurtre sur la personne d'un Portugais, est Uvré à la justice chinoise qui le fait étrangler.
1785. — Canton voit naître les relations mercantiles
Premières
relations
des Français
avec la Ctdne.
i. De Guignes, ttn des membres de cette ambassade, en^ a publie les aventures (i808) en 3 volumest
PrcBriëres
ida^oBs
des Btets-Unis
If ee It GbiBe.
PranièiilL
nlatioiis
des ABgblf
iteetaiCUie.
Institution des Hong.
fission le Flint»
860 L'ËlilPtRË DU MILIEU
des États-Unis avec la Chine. Elles s'exercent paisible-» ment sous la surveillance d'un consul qui n'entretient aucun rapport officiel avec les autorités.
Toutefois, en 1822^ un matelot du navire américain Emily^ ayant commis un meurtre involontaire, les autorités locales instruisent* son jugement et le font mettire à mort, malgré les énergiques protestations denses compatriotes.
1596. — Elisabeth fait partir pour la Chine un escadre de quatre vaisseaux et une ambassade qui ne parviennent pas à leur destination.
1637-1699. — Arrivée à Canton de quatre bâtiments de commerce sous les ordres du capitaine WeddeU Après maintes difficultés que suscite la jalousie des Portugais et un combat soutenu contre les forts du Bogue, Weddel obtient Tautorisation de vendre ses marchandises et de prendre du fret. La Compagnie des Indes établit à Canton une succursale, dont le chef est nommé consul. Les factoreries, fondées dans la ville d'Amoy à Tépoque où elle était au pouvoir de Ko-ching-a, sont abandonnées par suite des vexations qu'il leur faut subir de la part des autorités indigènes.
1720. — Institution à Canton de la corporation privilégiée des marchands Hong auxquels est remis le monopole du commerce étranger avec la Chine (voir page 482). Ce commerce est assujetti à des droits énormes et à des exigences de toutes sortes.
1736. — Un édit de Kien-long adoucit un peu ces dures conditions en abaissant les droits de douane.
1741. — Le pavillon de guerre anglais se montre pour la première fois en Chine sur le Centurion. Conduite digne et ferme du commodore Anson , à qui on avait d'abord refusé des vivres.
1755. — Les exigences de la douane devenant into-
lérabIes,M. Flint, agent de la compagnie, fait une tentative pour prendre pied à Amoy et à Ningpo. Ayant complètement échoué , il se rend à l'embouchure du Pei-ho et fait parvenir ses doléances à Péking. On le renvoie par terre accompagné d'un commissaire impérial qui destitue le directeur des douanes de Canton. Toutefois, FUnt est emprisonné pendant quelques mois à Casabranca, pour avoir manqué de respect à l'empereur.
1756. — A la suite d'une rixe entre des matelots anglais et français, les autorités locales interdisent le débarquement des équipages de commerce sur la terre ferme, et assignant à leurs ébats une petite île située près de Whampou.
1784. — Dans un salut tiré à bord de la Lady Hughes^ un boulet oublié tue un Chinois. Les autorités exigent qu'on leur livre le canonnier qui a commis cette fatale imprudence, et le font étrangler.
Toutes les fois qu'un meurtre est commis par un étranger, soit sur la personne d'un indigène, soit sur celle d'un autre étranger, soit même sur un de ses compatriotes, les agents de l'autorité prétendent qu'à eux seuls appartient le droit de juger le coupable, et ils exigent toujours vie pour vie, suivant les dispositions du code qui concernent les barbares.
1792. — Ambassade à Péking de lord Macartney. II Ambassade y est convenablement accueilli, mais aucun avantage deiordiiacartm nouveau n'est concédé au commerce anglais. Curieuses relations de Staunton et de Barrow.
1808. — L'Angleterre met garnison à Macao pour protéger cette colonie contre la marine française. Le vice -roi dénonce cette téméraire violation du territoire national et interrompt le commerce. La garnison ayant été retirée, un temple est construit près de Canton pour commémorer cette victoire.
1814. — Le vice-roi donne l'ordre aux agents de
LordAnhent
Heurtre eonmis
par Tièqiiipage
àSL Topaze,
Difficultés au siyet des Hong.
m L'EMPiHii DU MILIEU
la compagnie d'expulser des eaux de la China la frégate la DorU^ dont les entreprises font un tort considérable au négoce américain. Ceux-ci refusent, et, comme leun compatriotes ont grandement à souffrir par suite de cette courageuse résistance, ils suspendent à leur tour le commerce. Le vice-roi cède alors sur tous les points et de nouvelles concessions sont faites aux étrangers. Désormais, ils pourront correspondre sous plisi cachetés avec le gouvernement; on respectera leur domicile; on laissera en repos leurs serviteurs.
1816. — Mission de lord Amherst. Henri EUU et $ir Georges Staunton raccompagnent, MotUion est son in^ terprète. Comme Macartney, il refuse fièrement le Koftan; comme lui, il n'obtient aucun succès. La réponse du gouvernement chinois à ses demandes, réponse négative de tous points, ne lui est remise qu'après son retour i Canton.
1822. -^ Deux Chinois de Lin- tin sont tués dans une rixe par des matelots du navire de guerre Topaze. Le vice*roi demande les têtes des coupables, et comme on les lui refuse, suspend les opérations mercantiles. Les agents de la compagnie quittent Canton. On finit par s'entendre et par proclamer ce principe : que les négo* ciants ne peuvent être rendus responsables des actes commis par les gens de guerre.
Un incendie dévore les habitations des marchands étrangers et les demeures des Hong. Ce désastre est bientôt réparé.
1828. — Faillites des deux principaux Hong. Le consou paye leurs dettes, mais le gouvernement abolit, pour l'avenir, la mutuelle responsabilité primitivement établie entre ses membres. Deux autres faillites, en ayant encore réduit le nombre, les agents de la compagnie demandent qu'il soit complété par de nouvelles nomi^ nations. Résistance du vice-roi. Les agents an^tent,i
l'entrée de la rivière, les navires de la compagnie» et quittent eux-mêmes Canton. Le vice-roi fait complètement droit à leur requête et paye les dettes des nouveaux faillis.
1829. — La compagnie nomme à Canton de nouveaux agents. En Tabsence du vice roi, le gouverneur provincial fait détruire les constructions élevées sur les bords du fleuve depuis Tincendie, et impose aux négociants étrangers des humiliations sans nombre. A son retour, le vice-roi veut prendre des mesures plus sévères ; on prévient ses intentions en le menaçant d'arrêter le commerce.
1832. — Dernière tentative de la compagnie pour établir des factoreries dans les ports de Test. Elle n'est pas moins stérile que les précédentes.
Cependant le commerce frauduleux de Topium prend Progrès des proportions considérables ; des engagements ont *" commerce lieu à Lin-tin , plusieurs Chinois sont tués , mais les fonctionnaires de la douane, dont on paye le silence, ferment les yeux.
1834. — Un acte du parlement met fin au mono- Fin du monopou pôle de la compagnie des Indes. Le gouvernement an- ^e la compagnie. glais soumet en Chine le commerce de ses nationaux au d'an surintendan contrôle officiel d'une commission de trois membres. **®^*®^
du commerce.
L'un d'eux a le titre de surintendant et exerce la présidence. Le premier surintendant, lord Napier^ dont les Lord Napier. collègues sont MM. John F^. Davis et sir G. B. Robinson^ arrive le 13 juillet à Macao. Conformément aux instructions* que lui a remises lord Palmerston, il se rend à Canton, sans avoir demandé l'autorisation préalable du vice-roi, et veut communiquer directement avec ce fonctionnaire sans avoir recours, suivant l'usage traditionnel, à l'entremise des Hong. Le vice-roi refuse de recevoir ses communications tant qu'elles ne lui seront point adressées par cette entremise. Napier publie
M. F. Davis.
Le soriiitendaiit
eart remplacé
par un agent
politique et eommereial, e capitaine Elliot.
Périls résultant
du commerce
de l'opium.
un pamphlet contre le vice-roi. Celui-ci suspend le corn* merce. Napier renvoie les navires anglais à Lin-tin et fait venir deux frégates à Whampou. Il tombe malade et veut retourner à Macao. Le vice-roi exige qu'avant son départ il congédie les navires de guerre et il donne l'ordre que les affaires reprennent leur cours aussitôt que le surintendant aura quitté Canton. Napier meurt à Macao, épuisé par la fatigue et vaincu par l'obstination du vice-roi*.
1835. — - Davis, successeur de Napier, conseille à son gouvernement un appel direct à la justice du cabinet de Péking. Son avis n'ayant pas été adopté, U confie ses pouvoirs à Robinson et part pour Londres. Le commerce suit paisiblement son cours, tandis que ce dernier réside avec ses collègues, MM. Astell et Elliot^ soit à Macao, soit dans la baie de Lin-tin.
1836. — La commission est abolie. Le capitaine Elliot est revêtu de pouvoirs à la fois politiques et commerciaux. Il retourne à Canton et accepte provisoirement la situation dans laquelle étaient placés, avant 1834, les agents de la compagnie.
Cependant la question de Topium grandit et s'agite à Péking, à Londres, aux Indes. Dans un fort curieux mémoire présenté à l'empereur, Ho-naï-tsi, ancien intendant des sels à Canton, conseille à son gouvernement de légaliser le commerce du pernicieux narcotique et de le soumettre à des droits de douane très- élevés. Tchousun^ un des membres du conseil privé, et le sous-censeur, Hu'kiou, émettent une opinion radicalement contraire. Ils invoquent la morale, les traditions, les périls que
i. Les instructions de lord Palmerston étaient décidément agressives. Le ministre anglais n'aurait pas dû oublier que le gouvernement chinois considérait Macartney et Amherst comme des porteurs de tributs, le nouveau surintendant comme un contrôleur responsable des affaires commerciales, et que les exigences péremptoires do lord Xapier exciteraient nécessairement son indignation et sa surprise.
viendraient à courir la santé, l'existence même du peuple, si Ton consacrait à la culture du pavot les terres où croissent les céréales ; leur avis l'emporte et les voies de rigueur sont adoptées. A Canton, Eiliot et les autorités indigènes trouvaient que Ho-naï-tsi raisonnait fort juste. A Londres, les directeurs de la compagnie déploraient un trafic flétri par Topinion des honnêtes gens, mais alléguaient l'impossibilité de l'abolir, et par conséquent la nécessité d'en profiter. Parmi les riches négociants, les uns pensaient comme les directeurs, les autres soutenaient que l'usage modéré de l'opium était d'une innocuité parfaite et que la morale n'exigeait nullement qu'on en privât les populations chinoises.
1837. — Le vice-roi Tsang prie officiellement Eiliot de demander des instructions à l'effet d'éloigner de Lintin les Receiving-ships. Palmerston répond qu'il n'appartient qu'au gouvernement chinois de supprimer la contrebande et qu'il peut sévir contre les contrebandiers à ses risques et périls. Vif mécontentement de Tsang. Il refuse, quelques jours après, de recevoir une communication d'EUiot, prétextant l'oubli de quelques formalités. Celui-ci abaisse son pavillon et revient à Macao.
1838. — La situation prend des aspects plus sombres. L'empereur édicté les plus rigoureux châtiments contre la contrebande et les fumeurs. De fréquentes colhsions ont lieu. En dépit de l'opposition armée des Européens, le vice-roi fait périr, par le supplice de la strangulation, deux contrebandiers chinois Ho-lao-kin et Fong-a-ngan en vue des factoreries et répond aux protestations de la chambre de commerce par ces fières paroles : a J'ai agi de la sorte pour frapper les nations étrangères de terreur et de pitié. » Eiliot se rend à Canton, blâme la conduite de ses nationaux, et invite les contrebandiers anglais à quitter la rivière. La position des marchands Hong devient intolérable.
Démarche conciliante
de Tsang
et réponse
delordPalmerstoi
. Mesures
rigoureuses
. adoptées
par le
gouTernement
chinois.
Proeèdéf 1839. — LifhtsB'^tsuh^ vice-rôi du Hou-kouang, est
*~'(ta'^ nommé commissaire impérial à Canton. Il fait garder à mntfssâira Lia. Toe les factoreries, exige qu'on lui délivre, dans un délai de trois jours, tout l'opium qui se trouve en la possession des négociants étrangers, demande en outre que ceut-ci s'interdisent par serment le commerce du funeste narco- . tique et justifie, par une proclamation philosophique, les mesures auxquelles il est tenu de recourir^. 1 ,037 caisses d'opium8ontlivrées;£tn déclare qu'iln'est point satisfait. La terreur règne dans lesfactoreries. Lesdomestiques cbi* nois abandonnent leurs maîtres et ceux*ci ne peuvent plus se procurer de vivres. Cédant à la force, Elliot en-« gage les marchands anglais, par une circulaire officielle« à lui faire remettre toutes les caisses d'opium dont ils sont propriétaires ou consignataires afin qu'elles soient livrées aux autorités chinoises; il fait remarquer en outre à ses compatriotes, que le gouvernement anglais ne pourra leur tenir compte, dans la forme et la mesure qu'il jugera convenables, des pertes et dommages dont ils auront à souffrir qu'autant qu'on obéira ponctuellement à ses or* dres. Tous les recei ving-ships étant venus mouiller prèsdes forts du Bogue, 20,281 caisses d'opium, dont la valeur vénale surpasse 60 millions de francs, sont débarquées en présence des -agents du commissaire impérial. De larges fossés reçoivent tout leur contenu qui est dissout dans un mélange de chaux et d'eau salée et qu'on fait écouler dans le fleuve, à marée basse. Lin expulse des factoreries seize négociants étrangers particulièrement reconnus pour se livrer à la contrebande et fait rétablir les communications ; mais Elliot engage ses nationaux à quitter Canton où leur vie est en péril, suspend leur commerce,
i. Cette proclamation invoquait la raison et le bon sens des nations étrangères et faisait appel à leurs sentiments d'humanité. Lin adressa aussi deux lettres à la reine Victoria pour la prier de concourir avec lui à la suppression du commerce de ropium.
proteste publiquement contre les procédés du commissaire impérial et se retire lui-même à Macao. De leur côté, les négociants anglais, tout en continuant dans ce port leurs opérations mercantiles sous pavillons por-» tugais et américain, font appel, par une adresse habilement rédigée et dignement conçue, à la justice de leur pays.
Un Chinois est tué à Hong-kong, où étaient mouillés les receiving-ships, dans une querelle survenue entre leurs équipages et les paysans. L'assassin n'ayant pu être découvert malgré les recherches ordonnées par EUiot, Lin menace de punir les habitants de Macao et de Hong-kong s'ils continuent à vendre des vivres aux Anglais. 11 fait ensuite à Macao une visite triomphale en compagnie du gouverneur Tang. Peu après, il reçoit les sceaux de la vice-royauté des deux Kouang.
Au mois d'octobre^ la situation étant devenue plus calme, EUiot veut se rendre à Canton, pour négocier avec Lin* Il part avec deux bâtiments de guerre. L'alîiiral Kouan tente de s'opposer à son passage. Quatre jonques chinoises sont coulées. Lin prohibe tout com- • merce britannique sous pavillon étranger. Les navires de commerce anglais se réfugient à Tong-kou sous la protection d'une escadre.
1840. —Retour de l'Artd qu'Elliot avait dépêché en Le gouvememen Angleterre. Le gouvernement britannique est décidé à '"décide la guerre si les autorités chinoises ne mettent pas fin, par à la gaerre. des procédés plus équitables, aux difficultés pendantes. Une escadre, commandée par sir Gordon Bremer^ arrive dans les eaux de la Chine. Le cabinet de Londres remet ses pleins pouvoirs à l'amiral G. EUiot auquel le capitaine EUiot prête le concours officiel de son expérience. Canton est déclaré en état de blocus. Les hostilités commenceiit.
Juillet. — Ting-haï est prise, la grande Tcbousan Campagne de 1840
L*£MPIRfi DU MILIEU
EUiot lèniDOtentiaiie*
Hostilités ^1 Canton.
Mission de Yi-cban.
est occupée; on bloque les embouchures de la rivière Min et du Yang-tse-kiang. En août, les représentants de l'Angleterre ont une entrevue près de Takou, avec Kichen, gouverneur du Tchi-li. Il se charge de transmettre à Péking les réclamations écrites de Palmerston et pro. met, dans le délai de dix jours, une réponse qui ne parvient point. Du reste, il s*engage à se rendre à Canton afin d'y régler les difficultés sur les lieux mêmes où elles ont pris naissance. Pendant ce temps, un officier de la marine anglaise, le capitaine Smith^ détruisait les fortifications que les Chinois avaient construites sur les confins du territoire de Macao et le commissaire impérial Lin, prévenu d'incapacité, était rappelé à Péking. En novembre et décembre l'amiral Elliot conclut une trêve avec l'ii'pou^ gouverneur du Tché-kiang. Épuisé par la maladie, il quitte la Chine, laissant ses pleins pouvoirs à son collègue. Ce dernier entame des négaciations avec Kichen^ qui avait remplacé Lin à Canton ; mais la cession de Hong-kong aux Anglais, ayant été catégoriquement refusée par le gouvernement chinois, les hostiUtés sont reprises.
1841. — Deux forts près de Canton ayant été occupés par les troupes anglaises, Ki-chen accorde la cession de Hong-kong, une indemnité de 6 millions de piastres, l'égalité entre les fonctionnaires. L'empereur refuse de ratifier la convention. Les principaux forts du Bogue sont attaqués et détruits. L'amiral Kouan périt dans un engagement naval. Des troupes anglaises occupent les factoreries. Une nouvelle trêve est conclue, mais Kù chen, accusé de condescendance envers les barbares, est remplacé à Canton, en qualité de commissaire impérial, par Yi'Chan^ neveu de l'empereur. Ki-kong est nommé vice-roi des deux Kouang. Arrivée de sir Hughe Goughy commandant en chef les troupes anglaises de débarquement.
Dans le courant du mois de mai^ une flottille de brûlots chinois tente en vain de mettre le feu à Tescadre anglaise. Sir Hughe s'empare des positions fortifiées qui dominentr Canton et menace d'occuper la ville. Par une convention conclue avec Elliot, Yi-chan la rachète 6 millions de piastres. Les troupes s'éloignent ; une nombreuse armée de paysans attaque l'arrière-garde qui la repousse avec une grande perte. — Yi-chan s'excuse de cette trahison et le commerce anglais est rétabli dans la capitale des deux Kouang.
Août-Décembre. — Sir Henry Pottinger remphce le miiot remplacé capitaine Elliot en qualité de plénipotentiaire et sir Wil' ^
liam Parker prend le commandement de la flotte. La potuoger. guerre se poursuit sur les côtes avec activité. Les forces campagne de i84i anglaises occupent Tîle de Koulang-sou dans le port d'Amoy, après un combat naval où l'amiral chinois, Kiang-Ki-youn, se tue de désespoir, et reprennent Tinghaï et Tchousan. Une action très-vive leur livre Tchinhaï; elles s'emparent de Ning-po sans coup férir. Alarmé de ces rapides succès, le gouvernement chinois se dispose à une vigoureuse résistance, fortifie ses villes maritimes 4 et se crée, par la vente des grades académiques, de nouvelles ressources financières. Yi-king, neveu de Tao-kouang, est nommé général en chef des troupes que l'on oppose aux barbares. Le cabinet de Péking lui donne pour assistant et pour conseil Ki-chen, qui avait été condamné à mort, mais dont l'exécution est suspendue.
1842 {mars-juin). — Les Anglais prennent d'assaut un campagncdeiSM camp retranché à Tze-ki près de Ning-po; le généralissime Yi-king s'enfuit à Sou-tchéou dans le Kiang-sou. Us évacuent successivement Ning-po et Tchapou qui était tombé en leur pouvoir le 17 mai, forcent l'entrée
i. On répara les fortifications de Tien-tsin, Ta-kou, Hang-tchéoa et Tcba-pou.
»70 L'EMPIRB DU MILIEU
de la rivière Vou^song en prenant à la baïonnette les forts de Paou-chan qui la défendent, occupent la ville d6 Shang-haïet lui imposent une rançon de 1,800,000 fr.*. Pottinger expose au peuple^ dans une habile proclamation, les griefs et les in tentions de TAngleterre. Noui'kien^ gouverneur du Kiang-nan, Kùing et Ilipou, revêtus des fonctions de comikiissaires impériaux, doivent poursuivre de concert les négociations avec les barbares^ Ilipou s'honore par sa courtoisie; il renvoie les prisonniers de guerre et remercie sir Hughe des soins que celui-ci fait donner aux blessés chinois»
Kx^tion Juillet-Octobre é «^Une expédition anglaise, composée
Vanf-tee^kiiof. ^^ ^^ bâtiments de transport et précédée d'une escadre
de découverte, remonte le Yang4ze*kiang« Elle s'empare de Tchin-kiang, le 22 juillet, malgré la vigoureuse résistance de la garnison tartare, livre cette grande ville au pillage et prend position, le 6 août, devant Nanking. Sir Hughe fixe à 18,000,000 de francs la rançon de la capitale du Kiang-nan et annonce qu'il la fera bombarder si cette somme ne lui est pas remise dans le délai de trois jours. Le 14 août^ trois heures avant TexpiratioD de ce délai, Ilipou, Noui-kien et Ki-ing font savoir à Pottinger qu'ils ont reçu de pleins pouvoirs pour traiter. On échange des visites de courtoisie pendant que les Conciasjon subalternes rédigent la convention. Le 29 août elle est
deiapaix. conclue à bord AxxCornwaUSy scellée par les commissaires impériaux et signée par Pottinger*. Dix-sept jours
1. On prit 175 canons à Paou-chan et 388 à Shang-haï. A Tcha-pou et à Paou-chan, les Mandchoux se dL'fendirent arec une grande râleur. A Paou-chaDi le général Tchin^ qui les commandait, eut une mort héroïque.
2. En vertu du traité de Xanking, l'Anglelerre reçoit de la Chine une indemnité de 21,000,000 de piastres, à savoir : 12,000,000 pour frais de guerre, 3,00,000 pour les dettes contractées par les marchands hongs et 6,000,000 pour Topium détruit à Canton, il stipule en outre l'admission du comtnerce étranger dans quatre nouveaux ports qui seront ultérieurement désignés ; — l'équitable règlement des tarifa j •*»^ la éés-
Fin de ^expédition .
après, un courrier rapporte de Péking la ratîBcation de l'empereur. Dans le courant de septembre les Anglais Traité de 1842. évacuent toutes les positions militaires qu'ils occupent, à Texception de Tchou-san et» de Kou-^lang-sou où des garnisons doivent être maintenues jusqu'au parfait acquittement de l'indemnité de guerre. Le mon* tant en avait été fixé par la convention de Nanking à 21,000,000 de piastres.
L'expédition quitta la Chine vers la fin du mois de décembre. A son retour au sud, sir Henry Pottinger apprit que les équipages de deux navires de commerce anglais,naufragés à Formose,avaient été pris, dépouillés^ massacrés en partie par les habitants de l'île et que la populace cantonnaise s'était ruée, un jour, sur les factoreries qu'elle eût infailliblement pillées et détruites sans l'intervention énergique de la police chinoise. Il obtint que Ta-houng-a^ commandant la garnison tartare de Taï-ouan-fou, fût dégradé, et fit remettre une indemnité de 67,000 piastres aux habitants des facto*reries.
Troisième période commençant en 1843.
1843* — Ilipou arrive à Canton^ en qualité de commissaire impérial. Sa mort. Ki'ing le remplace* II échange les ratifications du traité de Nanking avec sir Henry. Celui-ci s'installe à Hong-kong et organise l'administration de la nouvelle colonie.
Le 12 juillet, Ki-ing fait publier le tarif dont les dispositions ont été réglées de concert entre Ouang^ son
TMOfSIÊMG
Ki-ing
commissaire
à Canton.
Publication du tarif.
àwn de Hang'-lcoDg à la couronne britannique^ -^ la restitution des prisoliniers ; -^ l'égali té entre les fonctionnaires des deux puissances; •^ l'occopaiion de Tchon-san et de Kou-Iang^sou jusqu'à la ratification du traita par r«mper6ur et au payement intégral de i'iodemnité.
Relations de Ki-ing avec les
aotorités françaises et portugaises.
Convention supplémentaire.
Payement
de l'indemnité
de l'opium.
secrétaire, et M. Thom^ interprète de la légation britannique*.
Aotït-Septembre, — Ki-ing a plusieurs entrevues avec le comte de Ratti- Menton, consul de France, et M. de Silveira PintOy gouverneur de Macao. M. de Ratti-Menton remet une lettre de M. Guizot au vice-roi, lequel déclare par sa réponse et dans les termes les plus courtois, que le gouvernement impérial concède à la nation française tous les avantages consacrés en faveur de l'Angleterre par les traités récemment conclus; une copie desdits traités et du nouveau tarif accompagnait cette communication.
Par le règlement stipulé de concert entre Ki-ing et M. Pinto, les mutuelles relations des autorités chinoises et portugaises sont définies, et les cinq ports sont expressément ouverts aux navires portugais.
Une convention supplémentaire concernant la mutuelle répression des crimes et délits, ainsi que le recouvrement des dettes et désignant les noms des cinq ports, est conclue le 8 octobre à Canton entre les autorités anglaises et chinoises.
Dans le courant de décembre, l'indemnité de 6 mil- Uons de piastres que cet acte avait stipulée en faveur des propriétaires de Topium détruit par Lin, fut remise toute entière aux autorités anglaises. Une proclamation officielle, adressée quelques mois auparavant par sir Henry à ses compatriotes, leur avait rappelé que le commerce de Topium était illégal et qu'ils agiraient, en s'y livrant, à leurs risques et périls.
Traités
de Whangia
et de Whampou.
1844. — Des traités de commerce sont conclus, à
1. Le tarif de 1843 établissait, sur les marchandises, des droits d'entrée et de sortie qui dépassaient rarement 5 pour iOO ad vcUorem, et soumettait les bâtiments de commerce à une taxe de 5 mace par tonneau. U abolissait le cohong et fixait les droits de pilotage.
Whangia. le 3 juillet^ entre la Chine et les États-Unis, et à Whampou, le 24 septembre^ entre la Chine et la France. Ki-ing en fut le négociateur au nom du cabinel de Péking, avec MM. Caleb-Cushing et de Lagrenée dont l'un représentait TAmérique et l'autre le gouvernement français. Les deux ministres firent consacrer expressément, en faveur de leurs compatriotes, les clauses des conventions anglaises et stipulèrent, en outre, quelques nouveaux avantages *. M. de Lagrenée obtint, par la gracieuse entremise de Ki-ing, Tédit de tolérance Édit de tolérance. dont nous avons donné la traduction au livre deuxième de cet ouvrage, et qui eût affranchi le christianisme dans l'Empire du Milieu si le gouvernement chinois l'avait fait réellement publier ou s'il nous avait été possible d'en réclamer officiellement l'exécution fidèle. La mission de notre plénipotentiaire eut beaucoup de retentissement. Plusieurs délégués commerciaux et un inspecteur des finances en faisaient partie; un amiral commandait l'escadre qui la portait^. Elle visita les
i . Ainsi il fut admis^ par le traité de Whangia, que les navires marchands pouvaient séjourner deux jours dans un port sans être assujettis an droit de tonnage ; — qu'après Tavoir acquitté une fois dans un des cinq ports, ils devaient en être exempts dans les quatre autres; — que les étrangers pourraient construire, partout où ils voudraient, des hôpitaux, des chapelles et des églises; — que le traité, lui-même, pourrait être dénoncé et révisé de concert, douze ans après le jour de sa signature. Le négociateur français stipula expressément que nos navires de guerre seraient admis dans tous les ports de l'empire et que, s'il arrivait à un de ses nationaux de franchir les limites officiellement fixées, il serait immédiatement reconduit, par les soins des autorités indigènes et sans molestation aucune, au consulat du port le plus voisin.
2. Placée sous les ordres de l'amiral Cécille, elle se composait de deux frégates : la Cléopâlre (commandant de Gandé), la Sirène (commandant Charner), et de quatre corvettes : la Sabine (commandant Gnérin), VAlcmène (commandant Duplan), la Victorieme (commandant Rigault de Genouilly), VArchimède (commandant Paris). MM. de Perrière le Vayer et d'Harcourt accompagnaient M. de Lagrenée en qualité de premier et de second secrétaires; MM. Marey-Monge, de la Hante, Raymond et de Montigny étaient attachés payés, MM. de Tarente, de la Gniche et de Gharlus attachés non payés à la mission.
m L*EMPIRS UV MILIEU
plus importants marchés de 1 eitréme Orient et recueillit un grand nombre d'informations précieuses^. Celle da M. Galeb fut plus modeste. Porteur d'une lettre adressée par le président John Tyler à l'empereur de la Chine et qu'il devait remettre personnellement* il jugea convenable de ne point tenter l'aventure, et de négocier simplement avec Ki-^ing, Les échanges des ratifications eurent lieu le 25 août 1845, pour le traité français, entre M. de Lagrenée et Ki-ing^ et le 3i décembre de la môme année, pour le traité américain, entre Ki*ing et le eommodore Biddle.
Ainsi furent expressément stipulés et positivement consacrés, par trois conventions officielles, les avan* tages politiques et commerciaux que les trois puissances maritimes obtinrent du gouvernement chinois, en faveur des nations civilisées, à la suite de la victorieuse expédition de l'Angleterre.
Dans le courant de l'année 1844, le gouvernement de Hong-kong régla, par une ordonnance du 24 janvier, l'exécution du biil parlementaire relatif à l'administration des intérêts brilanniques sur les côtes et dans les eaux de la Chine; définit, le ^% février ^ les attributions judiciaires des consuls; rappela, sous la même date 9 les lois qui interdisent l'esclavage dans les colonies de la reine et organisa, le 1^' maiy la police de la nouvelle colonie.
En mars, M. de Ratti-Menton remit les sceaux de notre consulat à M. Lefebre de Bécourt.
i. Il entrait, à cette époque, dans les vues du gouyernement français de fonder un établissement commercial et politique dans les mers de Chine, et on avait fait choix d'abord de l'ile de Boiilan pour notre nonvelle colonie. M. de Lagrenée la visita; elle fut trouvée propre à remplir le but que se proposait le roi Louis- Philippe. Les négociations politiques dans lesquelles nous étions alors engagés au sujet des mariages espagnols ne permirent point de donner suite à ce patriotique projet. L'Espagne^ maîtresse du groupe des Philippines, n'eût pas admis, sans de sérieases contQStatioos» Toccupation Irançaise de fiasitoiL
HisîoiaË m
En avrils sîr Henry Pottinger fut reniplacé par sir John Davis, qui visita peu après les cinq ports.
Déclaré port franc, le 29 nor^rwfrre, Macao fut ouvert Macacpon franc au commerce de toutes les nations, moyennant un droit fixe de 5 mace par tonneau et un tarif suffisamment modéré.
1845. — 8 janvier : une ordonnance de sir John Davis interdit le territoire de Hong-kong à la triade et aux autres sociétés secrètes.
1®^ mars, — Publication à Macao du nouveau règlement des douanes.
23 mars. — Les troupes anglaises évacuent Koulang-sou.
25 août. — Echange à Macao des ratifications du traité français.
Dans le courant de novembre, Ki-ing visite à Hong- Kong les autorités britanniques.il échange à Canton, le 31 décembre, avec le commodore Biddle les ratifiea* lions du traité américain.
Pendant que de pénibles travaux font surgir sur la plage abrupte de la colonie anglaise la belle ville de Victoria, le commerce étranger et les missions protes^ taotes s'installent et s'organisent à Shang-haï, Foutchéou, Ningpo et Amoy.
Quelques faits importants signalent l'année sui^vante.
I^ 15 janvier 1846, trois jours après le départ pour Le peuple s'opposi TEuropedela mission française, plusieurs proclamations ^ rouverture du vice-roi Ki-ing et du gouverneur Houang, affichées à Canton, font connaître que, conformément aux traités, les étrangers seront désormais admis dans Teneeinte de la capitale des deux Kouang. Elles sont déchirées et remplacées par des placards incendiaires, La
populace s'ameute, brûle et pille. Cédant à la nécessité, Ki-ing déclare publiquement qu'il ne veut pas faire Tiolence au vœu du peuple et que le seuil de la cité continuera à rester interdit.
28 février. — Une ordonnance, émanant du gouvernement portugais, confirme et étend les nouvelles franchises du port de Macao.
idtt de toiéniiet. Un édit impérial portant la date du 20 février et publié par Ki-ing etHouang, le 18 mars, affiranchit l'exercice du culte chrétien (nous en avons donné la traduc« tion au livre deuxième de cet ouvrage).
Le 18 mai, une proclamation du plénipotentiaire J.-F. Davis annonce: 1® que le gouvernement impérial vient de prendre l'engagement formel de faire admettre les étrangers dans l'intérieur de Canton aussitôt que les autorités locales seront en mesure de refréner le mauvais vouloir de la populace ; 2^ qu'en conséquence les Teboosan ènenè. troupes anglaises vont évacuer Tchou-san. — Elles s'emr
barquent en efiet^ dans le courant de juillet, lasarreetion Âmaral, le gouverneur de la colonie portugaise, ayant de Maeao. établi une nouvelle taxe sur la batelerie, les matelots et les marchands chinois s'ameutent dans la journée du 8 octobre. Des coups de canon sont échangés, quelques jonques sont détruites. La répression est aussi prompte (JU'énergique.
Le 22 du même mois, M. Everett, représentant des États-Unis, arrive à Macao. 11 est reçu quelques jours après à Canton, par le vice-roi.
Un règlement sanctionné par sir J. Davis et publié, le 6 novembre^ par M. Alcock, consul à Shang-haï, détermine les limites et fixe la police de ce port.
Expédition 1847. — De graves événements ont lieu à Canton "*®"' dans le courant du mois d'avril. Le gouvernement britannique s'étant déterminé à obtenir raison par la force
HISTOIRE m
du mauvais vouloir des Cantonnais, une expédition anglaise commandée par le major-général d'Aguilar, remonte le Tchou-kiang, encloue les canons qui défendent les abords de la rivière et prend pied dans les factoreries. Attitude ferme et prudente de Ki-ing. Après avoir apposé un refus verbal aux demandes de sirJ. Davis, il cède à la menace malgré Texaspération populaire et souscrit, le 6 avril, à une convention qui promet formellement l'ouverture de la ville pour le printemps de 1849. Aux termes de cette convention^ les résidents étrangers recevront désormais des autorités locales une protection efficace, il leur sera permis de circuler aux environs de la cité pourvu qu'ils rentrent le soir même dans leurs demeures, suivant la coutume établie à Shang-haï; ils pourront louer des terrains dans l'île de Ho-nan, ainsi qu'un cimetière à Wham-pou, et bâtir une église dans le voisinage des factoreries. Les autorités calment, par de sages proclamations, l'indignation publique.
Un arrêté du Tao-taï, revêtu de l'approbation du consul britannique et portant la date du 4 avril, réglemente, en ce qui concerne les navires anglais, la police du port de Shang-haï.
Mai, — Disgrâce de Houang-nan-toung, gouverneur du Kouang-tong, convaincu de partialité dans les examens littéraires ; il remet les sceaux de son office à Svrkouang^ tsing. Le 15 du même mois, le capitaine de vaisseau Lapierre, commandant la Gloire et la Victorieuse ^ bràle dans le port de Touranne une partie de la flotte cochinchinoise, pour punir la cruauté et l'insolence des autorités annamites. Il avait été chargé par l'amiral Gécille d'obtenir l'élargissement d'un vicaire apostolique, Mgr Lefebvre.
M. Everett, représentant des États-Unis, meurt le 29 à Canton.
Représailles exercées par
le commandant
Lapierre k Touranne
L'EMPIRE DU MILlEtl
Perte
de la Gloire
et de
la VietnrieuMê.
La Gloire et la Victorieuse foui naufrage, le 10 août, en vue des cotes de Ck)rée. Une grande partie du matériel est sauvé. Les équipages se réfugient sur un îlot. Deux embarcations échappées au désastre en apportent la nouvelle à Shang-haï et le sauvetage est achevé par des jonques du pays. Le commandant Lapierre devait dresser les plans hydrographiques de ces dangereux parages, et recevoir des fonctionnaires coréens une réponse aux réclamations que leur avait remises l'amiral Cécille, concernant le meurtre de trois missionnaires français.
Octobre. — Sir J. Davis se rend en Gochinchine, chargé d'une lettre de la reine pour l'empereur annamite. Il est reçu avec courtoisie par deux hauts fonctionnaires de rÉtat, mais il se voit refuser l'accès de la capitale et remporte la lettre dont il est porteur.
5 Décembre. — Assassinat de six Anglais par les habitants du village de Houang-tchou-ki, situé sur la rivière^ à deux lieues nord de Canton. Leurs cadavres sont apportés aux factoreries. Sir J. Davis vient à Canton pour diriger lui-même l'enquête relative à ce terrible et mystérieux attentat.
1848. — Janvier. En présence du préfet de Canton et d'un fonctionnaire délégué par le consulat britannique, quatre paysans chinois, reconnus coupables, par les autorités indigènes, des meurtres de Houang-tchouki, sont décapités sur la place publique de ce village. Ki-ing a fait rendre prompte et sévère justice.
Février. — M. Forth-Rouen, ministre de France, arrive sur la Bayonnaise et se fixe à Macao avec le personnel de sa mission. Ki-ing, appelé à Péking, remet à Sukoùang-tsin, gouverneur du Kouang-tong, les sceaux de commissaire impérial et de vice-roi des deux Kouang.
HISTOIKK 679
L'inspecteur des douanes, Yé-mengtching^ devietit gouverneur du Kouang-tong.
7 Mars. — Un des anciens marchands Hong de Canton, Of«-5flm-gMfl, succède à Hien-ling, en qualité de Taota'û résidant à Shang-liaï.
Juin. — Il fait châtier, par la justice criminelle, deuX matelots duGhan-tong, qui avaient insulté et frappé des missionnaires anglais dans la ville de Tsing-pou. M. Alcock saisit cette occasion pour exhorter officiellement ses compatriotes à ne point franchir leslimites fixées par les règlements internationaux.
Juillet. ~ M. Sinibaldo de Mas, ministre plénipotentiaire d'Espagne, arrive à Macao *.
Une notification émanant de M. Peter Parker^ chargé d'affairesdes Etats-Unis, détermine les limites que ses nationaux ne peuvent franchir autour de Shanghaï ^. Un nouveau plénipotentiaire américain, M. John-W. Davis, débarque à Canton.
Le 20 juillet, une proclamation officielle de Tchao^ Tao-taï intérimaire deShang-haï, consacre la vente de certains terrains que Tévéque catholique Bési vient d'acquérir à Su-kia-houé (Si-ka-vé), village situé à deux lieues S. E. de Shang-haï, pour y construire une église et une résidence ^.
Le congrès des Etats-Unis, par un acte voté le 1 1 août, investit les agents diplomatiques et les consuls des États- Unis en Chine de pouvoirs judiciaires très-étendus.
Su informe la légation américaine, le 22 septembre, des châtiments infligés aux pirates qui ont assassiné, Tan-
1. MM. de Sandoval, de Ceballos, d'Aguilar et Lecaroz faisaient partie de sa légation en qualité de secrétaires, attachés et élèves interprètes.
2. Leurs excursions, aller et retour, comme celles des sujets britanniques, ne pourront pas durer plus de M heures.
3. Selon la tradition locale, ce village était autrefois la résidence dii chrétien Paul Su, qui fut un des ministres de la dynastie Ming et rendit de grands services aux missionnaires.
580 L'EMPIRE DIT MILÎEU
née précédente^ le missionnaire LotrrtV^ dans les eaux de Tcha-pou. Trois ont été décapités et les six autres bannis. 6 Novembre. ^— Le plénipotentiaire américain et le vice-roi 5u, accompagné du gouverneur Yé^ ont une entrevue officielle à Canton dans la demeure du négociant Haou-qua. Attitude froide et altière du vice-roi, à qui M. John W. Davis remet ses lettres de créance.
/oiiTertare
de Canton
it de noatean
diilèrée.
1849. — 14 février : Su- kouang-lsing yisitQ le cornmodore Geisinger à bord du Flymouth, et charme l'assistance par l'enjouement *et la courtoisie de ses manières. Le 17, il se rend au Bogue où il a une longue conférence avec sir 6. Bonham au sujet de la convention du 7 avril 1847, qui stipule l'ouverture prochaine de la cité cantonnaise.
Mars et Avril. — Le sentiment public proteste haute* ment à Canton contre l'engagement officiel que consacre cette convention. Il se manifeste par les plus violentes proclamations et par un appel aux armes. Les étrangers font des préparatifs de défense ; le commerce est suspendu, une collision semble imminente. Su trans. met à sir 6. Bonham un édit impérial^ qui lui ordonne de respecter le vœu du peuple. Cédant à la nécessité, le plénipotentiaire anglais fait connaître, le 2 avril, à ses nationaux que la convention ne peut être exécutée. La sécurité est rétablie, A la suite de cette victoire remportée par l'insolence des habitants de Canton sur la prudente longanimité du gouvernement britannique, l'empereur confère des titres de noblesse à Sti et à Yé et la reconnaissance publique leur élève un monument en commémoration du service qu'ils ont rendu à la cité.
Le docteur G. Bowring est nommé consul d'Angleterre à Canton.
En exécution du décret royal qui affranchit le port de son gouvernement, Amaral supprime, le 5 ma ! ei
douanes portugaises et chinoises établies à Macao.
Un arrangement conclu entre le Tao-taï et M. de Mon- Limites tigny, consul de France à Shanghaï, déterminent les li- ® fr^^^i^***" mites de la concession française. Le consul américain, fixées à Shang-har M. Griswold, proteste contre cet arrangement, qu'une proclamation du Tao-taï avait porté, le 6 avril, à la connaissance du public.
22 Août. — Assassinat du gouverneur de Macao, don Assassinat Joao Ferreira do AmaraU près de la barrière qui sépare "*'* '
le territoire chinois de la colonie portugaise. Ses meurtriers décapitent son cadavre et prennent la fuite, emportant sa tête. Ses restes sanglants sont transportés à Macao. La tête de Tinfortuné gouverneur est réclamée, mais n'est point rendue. Pour châtier ce lâche attentat, les troupes de la colonie chassent le poste chinois qui défend la barrière, pi*ennent d'assaut le petit fort de Lap-kap, enclouent ses canons, et massacrent en partie sa garnison. Après une longue et douloureuse négociation dans laquelle les ministres de France, d'Angleterre, d'Espagne et des Etats-Unis prêtèrent, avec empressement, au conseil de la colonie portugaise, le concours de leurs sympathies, le vice-roi Su fit connaître à ce conseil que les assassins d'Amaral avaient été découverts, convaincus et mis à mort. Sa tête fut renvoyée à Macao. On croit encore aujourd'hui que les auteurs de ce crime odieux ne furent jamais punis et que Su luimême en avait été l'instigateur. Les procédés énergiques et les allures indépendantes du gouverneur Amaral avaient froissé son orgueil et excité son ressentiment.
Les 30 septembre et 23 octobre^ une escadre anglaise, sous les ordres du commandant Hay, attaque et détruit deux flottes de pirates, l'une dans la baie de Typsoung, l'autre sur les côtes de Cochinchine.
1850. — 25 février. Mort de l'empereur Tao-kouang à l'âge de 69 ans. En vertu de son testament, Yi-tchi^
son quatrième fils, loi succède sons le nom de Him* foung.
3 Mars. — 13 jonques pirates sont capturées parle steamer anglais Medea, dans la baie de Mir. Su remercie oiBciellement sir 6. Bonham et envoie des présents à l'équipage de la Medea.
2 Mai. — Le nouveau gouverneur de la colonie portugiiise, M. do Cnnha, arrive à Macao, fur la corvette DoH Jodo, commandée par M. Guimarams. Il meurt du choléra le 6 juillet.
Juin,"^^ Sir George Bonham visite Sbang-haï. M. Med' MitiioB kfifit^ interprète du consulat anglais, est chargé par
\ TkâSS"** '"' ^® *® rendre è Tien-tsin sur le steamer Reynard et d'y reinetire une communication adressée aux ministres du nouvel empereur. Le Reynard ne peut franchir la barre du Pei-ho; M. Medhurst s'acquitte de sa mission auprès des autorités locales, il explore le golfe de Pet* chi«li jusqu'aux confins du Liao-tong.
Juillet. — Retour de sir G. Bonham à Hong-kong.
Août-septembre. — Les habitants de Fou-tchéou protestent contre l'ouverture de leur cité, par des représentations comminatoires adressées à sir George Bonham.
Des troubles insurrectionnels éclatent dans le Kouangébnt de rinsnr- si. Les rebelles franchissent les frontières du Kouangleetion. tong, Canton se prépare à la résistance.
Ouariy premier magistrat de Kia-ing-tchao, une des préfectures du Kouang-tong, publie, le 8 août, une violente argumentation contre les doctrines et les pratiques du christianisme. Il fait emprisonner plusieurseatholiques^ ainsi que le missionnaire français Leturdu. Celui-ci est renvoyé à Canton^.
Novembre. — Mort de Lintse-tsu^ que Tempereur avait envoyé dans le Hou-nan pour combattre la rébel-
i. Voir aux pièces justificatives la traduction de ce curieux et intlmetif doeument.
HISTOIRE m
lion. De grands honneurs sont rendus à sa mémoire. Lin, (|ui joua un rôle si remarquable à Canton en 1839, était ^un des chefs les plus actifs et les plus énergiques du parti hostile aux étrangers.
1851. — Janvier: Progrès que ce parti faitàPéking ; il obtieutla disgrâce du premier ministre Mou-tchang-a et de Ki-ing.
Arrivée de M. Cardoza, gouverneur de Macao.
Mai. — Naufrages sur les rochers des Pratas du brick anglais le Vélocipède et du vapeur de guerre anglais le Reynard, envoyé à son secours.
M. de Montigny opère le sauvetage du baleinier le Narval , naufragé sur les côtes de Corée.
Août-septembre. — Correspondance entre Su et M. Peter Parker, chargé d'aiSFaires des Etats-Unis, au sujet des lois de Tenipire qui prohibent l'exportation des gi'ains. Ces prohibitions sont affirmées et maintenues.
Le révérend Charles Guztlaff, interprète du gouvernement anglais, meurt à Hong-Kong, le 9 août.
La population fokiennoise de Shang-haï ayant protesté, par de violents libelles, contre la construction d'un champ de course, le Tao-taï, tin-A:om, rappelle publiquement à ses administrés les obligations qi^e les traités leur imposent vis-à-vis des nations étrangères.
De nouvelles ordonnances, rédigées par le Tao^taï de Shang-haï et les consuls étranpjers, concernant la perception des droits de douane et réglementant la police du port, sont publiées les 14 août et 24 septembre.
Octobre. — Arrivée du nouveau ministre de France, M. de Bourboulon. — Le service de notre légation lui est remis par M. de Codrika, qui remplissait, en Chine, les fonctions de chargé d'affaires de France, depuis le départ de M. Forth-Rouen.
H novembre. — M. Guimaraëns, commandant la corT
vette le Don Jodo, est nommé gouverneur de la coloniô portugaise.
Décembre. — Révolte en mer de 350 coulis chinois embarqués sur le Victory, à destination de Gallao. L'équipage est massacré en partie. Les coulis se font débarquer sur divers points des côtes.
Le 2S, un incendie dévore 472 maisons à Hong-kong.
TroaUes deTcboa-san.
Ksgrâce de Sa.
1852. — Janvier. Plusieurs évéques catholiques, réunis à Shang-haï, rédigent en chinois une apologie de la religion chrétienne. M. de Bourboulon est prié de la faire parvenir à l'empereur, mais le vice-roi Su refuse de la transmettre.
Février. — Ning-po est bloquée par une flotte de pirates. Les autorités indigènes déclinent le secours que leur offre l'amiral anglais. Elles composent avec leurs chefs, Âpac et Alin. Ceux-ci reçoivent des grades dans Tarmée chinoise et sont chargés de la protection du commerce local.
Le zèle imprudent d'un prêtre catholique indigène suscite le ressentiment des populations païennes et fait naître de graves désordres dans Tîle de Tchou-san. L'existence des chrétiens y est mise en péril. M. de Montigny se rend sur les lieux; par Ténergie de son attitude et l'impartialité de ses décisions, il calme à propos cette effervescence.
Mars. — Soulèvement des passagers chinois du troismâts américain Robert-Bowne, Ils massacrent la plus grande partie de l'équipage. Le commodore Aulick livre seize des coupables aux autorités chinoises. Un seul est puni de mort.
Progrès de la rébellion. Le vice-roi Su-kouang-tsing, qui n'a pu défendre contre ses entreprises ni Vou-tchangfou, ni Han-yang-fou, est disgracié et mandé à Péking pour y rendre compte de sa conduite. Les fonctions in-
tt85
tériraaires de commissaire impérial et de vice-roi des deuxKouang sont confiées à Yé-ming-tching ; celles de gouverneur du Kouang-tong, sont remises au trésorier Pi-koueï. Yé ayant pris le commandement des troupes qui combattent la rébellion dans le Kouang-si, Pi-koueï remplit temporairement ses fonctions diplomatiques.
Mai. — Le missionnaire français Bonnard est décapité en Cochinchine.
Juillet-aotU. — M. de Bourboulon visite Tchou-san, Ning-po et Shang-haï. Il installe à Ning-po l'utile établissement des sœurs de charité et achève, par sa prudente intervention, de rétablir la paix à Tchou-san. A Shang-haï, sa fermeté triomphe des résistances du Taotaï qui avait refusé d'abord de lui rendre visite.
1833. — Janvier. Arrivée à Hong-kong d'un nouveau plénipotentiaire américain , M. Humphrey Marshall. Il demande une audience au vice-roi Yé. Sa requête n'est pas admise.
Février-mars. - — Rapides succès des rebelles qui s'emparent des plus grandes villes de la Chine centrale. Nan-king tombe en leur pouvoir le 29 mars. Le gouverneur du Honan, Ki-chen, qu'ils ont vaincu, est dégradé de ses fonctions ^ . Le Tao-taï Ou est chargé par le viceroi du Kiang-nan de réclamer officiellement le concours des autorités étrangères contre le péril commun. MM. Bonham et Marshall se rendent à Shang-haï, où ils adoptent de concert une politique de neutralité. Le Tao-taï achète plusieurs bâtiments de commerce, il les arme, et établit une croisière dans les eaux inférieures du Yang-tzé.
Progrès des rebelles.
Politiqao de neatralitè.
1. Ki-chen avait joué un rôle important dans les négociations qui mirent fin à la guerre de Topium. II exerça plus tard les fonctions de commissaire impérial au Thibet*
Éreetion d'nn mât ) paTillon fran< càtek Canton.
^Uite de sir G.
Bonham
kNanUnf.
M. Mai'shall entreprend de se rendre à Nanking sur la frégate à vapeur Susqtàehannah. Elle ëchoae sar un banc de sable et retourne à Shang-haî.
Mars-avril. — Le ministre de France fait arborer à Canton nos couleurs nationales, malgré la résistance de la communauté étrangère, qui prétend avoir le droit de s*y opposer en tant que locataire du jardin des factoreries. Ce mauvais vouloir, dont notre diplomatie ne triomphe qu'avec peine, se manifeste par des actes de violence qui nécessitent la patiente, mais regrettable intervention de notre marine.
Avril. — Sir 6. Bonham remonte le fleuve Bleu jusqu'à Nanking sur le steamer Hermès, et se met en communication , par l'intermédiaire de ses subordonnés, avec les chefs rebelles. Ceux-ci témoignent aux Anglais d^ dispositions nssez hautaines, tout en réclamant leur fraternel (concours. Les batteries rebelles de Tcbin-kiang font feu 9ur l'Hermès. La presse anglaise publie les proclamations religieuses et politiques de Taî*pingouang et de ses ministres. Enthousiasme sympathique de la plus grande partie des résidents, et en particulier des missionnaires protestants, pour la cause de Tinsursection.
Mai. — Une bande de brigands, appartenant à la Société du Petit Couteau (Siao-tao-koueï), s'empare d'Amoy. Elle respecte les résidents étrangers.
Un comité de coopération s'organise à Shang-haï pour la défense commune.
Juin. — Deux bâtiments russes, la Pallas et la Vostock^ commandés par Tamiral Poutiatine, mouillent sur la rade de Hong-kong en partance pour le Japon.
Juillet. — Entrevue de M. Marshall avec le vice-roi du Kiang-nan. Le coramodore Ferry visite les côtes du Japon et fait remettre à l'empereur une communication du président des États-Unis,
Le 7 septembre, la cité de Shang-haï tombe au pouvoir d'une bande de pillards commandés par le Cantonnais LiéoUy courtier de marchandises et affilié k la Triade. Le sbus- préfet est égorgé au seuil de son prétoire. L'énergique intervention de M. Marshall sauve la vie du Tao-taï, qui devient momentanément l'hôte du consulat américain, et met bientôt le siège avec une armée devant son ancienne résidence.
La douane ayant été envahie et renversée, les consuls anglais et américains notifient à leurs nationaux que, dorénavant et jusqu'à nouvel ordre, ils percevront les droits de douane pour le compte du gouvernement chinois, et que ces droits seront acquittés soit en argent, soit en billets (promissory-notes), payables dans le délai de 40 jours. M. Édan^ chargé du consulat français en l'absence de M. de Montigny, ne s'associe point à cette démarche.
Les trois consuls conviennent d'observer la politique de la neutralité.
Octobre. — Le Tao-taï veut établir sur la rivière, en face des concessions étrangères, une douane flottante. Opposition des consuls.
Arrestation et emprisonnement, au Chen-si, du missionnaire italien Seraphino Carlozzi,
Novembre-décembre, — Amov rentre sous la domination impériale. Deux catéchistes de Tévéque catholique Maresca sont entraînés de force et torturés dans la cité de Shang-haï. M. Édan obtient des chefs insurgés une éclatante et respectueuse rf^paration.
M. deBourboulon se rend à Shang-haï>puis à Nanking, sur la corvette à vapeur le Cas&ini, Tintien-ho, premier ministre de Tâï-pinî<-ouang, le reçoit dans son yamoun. Costume thc^âtral et aiTOgance de ce persoimage, auquel M. de Bourhoulon donne une leçon méritée de s^voir^ vivre, et fait entendre des conseita de prudenee fûu^
Shang-ba! prit par les rebelles.
Visite de M. de
Bourboulon
il Nanking.
que de salutaires recommandations en faveur des chrétiens^.
Uaeptrtie Mettant à profit, avec beaucoup d'habileté et de per-
^ eèdèe sévérance, les embarras de toutes sortes que causent au kiiRBMia. gouvernement chinois les progrès de la rébellion , la Russie arrache à sa faib^jesse, en 1853, une convention qui cède au czar, à perpétuité, la plus grande partie des territoires compris entre les monts Yablonoî et le fleuve Amour.
1854. — Janvier. Les autorités consulaires de Shanghaï offrent en vain leur médiation aux belligérants.
Un navire péruvien ayant quitté Shang-hal sans acquitter les droits de douane, le consul des États-Unis déclare publiquement, le 20 janvier, que le commerce de ses nationaux dans ce port devra désormais en être affranchi.
M. MaC'Lane succède à M. Marshall en qualité de plénipotentiaire des États-Unis.
6 février. — Circulaire des trois consuls notifiante leurs nationaux que la douane chinoise est établie, jusqu'à nouvel ordre, à T embranchement du fleuve et du canal de Sou-tchéou« Le Tao-taï leur fait connaître son intention d'organiser un système de douanes intérieures. Ils ne lui permettent point de l'exécuter.
Mars. — Au nom de toute la communauté étrangère, M. Alcock réclame oSiciellement la protection des bâtiments de guerre anglais et français, mouillés dans le port de Shang-haï.
i. Le secrétaire de la légation de France, M. de Gonrcy, antenr de cet ouvrage, avait eu la veille une fort curieuse entrevue avec deux ministres de Taï-ping-ouang, Houang-ivrcoun et Laî-han-in. Ce dernier, dans un discours mesuré et méthodique, lui avait longuement exposé les théories religieuses et politiques de la cause insurrectionnelle. (Voir les deux articles publiés dans la Revue des Deux^Mondet, par M. de Goorcy, au mois de juillet i860.)
HISTOIRE tiS9
Il est décidé , par le Tao-taï et les consuls, qu'une m. Édan refuse muraille sera construite entre les concessions étrangères d'ai»ndonuer et les terrains qui servent de théâtre aux hostilités. Le consulat français Tao-taï engage le consul intérimaire de France à se retirer momentanément avec ses nationaux sur la concession anglaise, afm de laisser le champ libre aux opérations mihtaires. Refus courageux de M. Édan. Il continue à résider dans le consulat français, bien que cette demeure soit exposée directenîent au feu des rebelles.
Le 10 mars, un traité ouvrant au commerce américain les deux ports de Simoda et de Hakodadi , est conclu par le commodore Perry avec les autorités japonaises.
Avril, — Partialité de la communauté étrangère, Attitude particulièrement des oflSciers et des missionnaires amé- ** VraiTèrr"^ ricains, en faveur des insurgés de Shang-haï. On leur de Sbang-hai vis fournit des vivres et des munitions de toute espèce. ^iébeUion Quelques soldats impériaux commettent des désordres sur la concession anglaise. Le juge provincial, Ki-eulhang-a^ général en chef de Tarmée, adresse ses excuses au consul anglais, mais ne veut point consentir à éloigner son camp, sur la demande qui lui en est faite. Il y est contraint par la force, à la suite d*une attaque dirigée contre ses retranchements par les équipages de VEncounter et du Vandaliay et par le corps des volontaires étrangers.
Par une circulaire énergique, les consuls anglais et américains rappellent leurs compatriotes aux devoirs de la neutralité.
Le docteur Bowring succède à sir G. Bonham, en qualité de gouverneur de Ilong-kong et de plénipotentiaire britannique. Il se rend à Shang-haï.
Une collision éclate à Ning-po entre les équipages des lorchas portugaises et des navires cantonnais mouillés
Visite éè M. MteiartèàlUlÉkittt.
Pablication
îiSliaiif-hal
des
Liind-reguiatloiis.
Institation de riuspectorat
étranger dus douanes.
Yé refuse de discuter
la révision des traités.
dans le port. Des coups de canon sont échangés. La sécurité des résidents est sérieusement compromise.
3fai. — M. IVlac-Lane-se rend à Nanking sur la frégate Susquehannah. Il y fait remettre au gouvernement rebelle une déclaration positive de neutralité.
Juin. — Les vapeui*s anglais Rattler et Styx remontent le Yang-tzé-kiang jusqu'à Nanking. M^ Medhurst en rapporte de nouveaux traités et de nouvelles informations.
Sous le nom de c land régulations^ » et après en avoir conféré avec le Tao-taï, M. Alcock propose à l'adoption de ses collègues un règlement qui fusionne désormais les terrains des concessions anglaises et françaises; détermine exactement leurs limites; fixe les conditions nécessaires pour y acquérir et y transférer la propriété foncière; y institue un conseil municipal, une police et un budget; annule toutes les conventions antérieurement stipulées, à l'égard de ces terrains, entre les agents britanniques ou français et les autorités locales. «
13 Juillet. — Une convention dont les termes sont arrêtés de concert entre les trois consuls et le Tao-taî Ou, institue à Shang-haï Tinspectorat étranger de la douane chinoise, afin d'assurer, au profit du trésor impérial et du commerce légilime, l'exacte et Impartiale exécution du tarif. MM. Wade^ Stnith et Lewis sont nommés membres de cet inspectorat par les agents de TAngleterre, de la France et de l'Amérique.
La rébellion continue à désoler le Kouang-tong. Patclian tombe en son pouvoir. Yé sévit contre les perturbateurs avec une sévérité impitoyable. Des milliers de têtes tombent sous le glaive de ses bourreaux.
Août. — MM. de Bourboulon, Bowring et Mac-Lane confèrent à Hong-kong au sujet de la révision des traités. Invité par le ministre anglais à la discuter avec
HISTOIRE 59i
lui, le vice roi des deux Kouaug décline sa propre compétence. Sir John lui fait connaître son intention de s'adresser directement au cabinet de Péking.
Disgrâce du Tao taï de Sbang-haï, Ou-kien-chang; il est arrêté et envoyé à Péking. La Jeanne d^Arc^ portant le pavillon du contre-amiral Laguerre, s'échoue sur un banc de sahle à Tentrée du Vou-song.
L'amiral français s'engage à faire protéger, au besoin, par ses soldats la construction du mur que le juge A't fait construire entre la concession française et les faubourgs de Shang-haï.
Septembre. — Arrivée à Shang-haï des trois plénipotentiaires et de leur personnel diplomatique.
L'amiral anglais, sirJ, Stirling^ conclut avec le Japon un traité dont les clauses peu satisfaisantes ne sont point ratifiées par le cabinet de Londres,
Une décision du gouvernement britannique annule les promissory-notes souscrites par les négociants anglais au profit de la douane chinoise, pendant la période qui s'est écoulée entre la prise de Shang-haï et le rétablissement provisoire de la douane (du 7 septembre 1853 au 9 février 1854).
Octobre, — Ki-eul-hang-a reçoit dans son camp la visite des plénipotentiaires. Il s'engage à faire connaître au cabinet de Péking leur prochaine arrivée à l'embouchure du Pei-ho. MM. Bowring et Mac-Lane s'y rendent immédiatement. M. de Bourboulon, n'ayant en ce moment aucun navire de guerre à sa disposition, ne peut s'y transporter avec eux, mais leur adjoint M. le comte Kleczkowbki, second secrétaire de sa légation.
Ki visite le ministre de France et l'amiral Laguerre. Il réclame leurs concours contre les rebelles et proteste énergiquement contre les manœuvres déloyales d'une partie de la communauté étrangère.
Stérile tentative es ministres aillais et américains
poar entrer
a commanication
directe
a^ec le
foaTemeinent
chinois.
'amiral Laguerre léclare Shang-hal m état de siège.
Novembre. — Arrivés, le 15 octobre, à l'embouchure du Pei-ho, MM. Bowring et Mac-Lane entrent en communication avec les autorités locales auxquelles ils font connaître le but de leur voyage ainsi que leur désir de se rendre à Péking. Le gouvernement impérial refuse de les accueillir. Il envoie deux commissaires, Tsong^ ancien gouverneur du Houpé, et Ouen, surintendant des forts du Pei-ho. Ceux-ci reçoivent les deux ministres, le 3 novembre, sous une tente dressée au bord de la mer^ examinent attentivement les notes qu'on leur présente, demandent un délai de cinq Jours pour les transmettre à Péking, opposent des fins de non-recevoir à la plupart des réclamations qui y sont inscrites, rappellent qu'il appartient au vice-roi de Canton de les discuter avec les nations étrangères, et s'engagent à lui faire adresser le plus tôt possible des instructions en conséquence. Les deux ministres répondent par écrit qu'ils rendront compte à leurs gouvernements du stérile résultat de leur démarche, et retournent à Shang-haï. Tsong promet à M. Kleczkowski d'appeler, sans retard, l'attention de son gouvernement sur l'arrestation du Père Seraphino Carlozzi.
De retour à Shang-haï, M. Mac-Lane fait connaître aux négociants américains, par une sentence longuement motivée, qu'ils devront verser à la douane chinoise, pour s'acquitter envers elle de leurs obligations arriérées, un tiers seulement de la valeur des promissorynotes qu'ils ont souscrites à son profit, depuis l'occupation de la ville de Shang-haï par les rebelles, jusqu'au 13 juillet, époque de l'institution de l'inspectorat.
Décembre, — Les chefs rebelles refusant d'obtempérer aux prudentes et loyales injonctions de l'amiral Laguerre, qui faisait garder par un détachement de marine le mur récemment construit entre les faubourgs et la concession française, l'amiral fait détruire plusieurs
de leurs ouvrages, enciouer les canons d'une de leur batterie» et déclare la ville de Shang-haï en état de siège.
Des notifications publiées» par les agents d'Angleterre et d'Amérique rappellent à leurs compatriotes les périls auxquels ils peuvent s'exposer, et les peines légales qu*ils encourent s'ils ne respectent point la neutralité.
En 1854, de graves événements s'accomplissent sur les rives de TAmour. Bloquée par les forces anglo-françaises, dans le delta de ce grand fleuve où elle est venue chercber un refuge, l'escadre russe fait appel au concours du général Mourawieff, gouverneur de la Sibérie, et ce dernier, sous prétexte de la défendre contre les enti^eprises des alliés, construit d'importantes fortifications au sud de l'Amour, sur le territoire chinois. Inutiles protestations du cabinet de Péking. Après avoir perdu un de ses bâtiments englouti dans la baie de Yédo, sous l'irrésistible influence d'un tremblement de terre, et conclu un traité avec le gouvernement japonais, l'amiral Poutiatine échappe à la croisière, rejoint Tescadre de l'Amour, remonte en grande partie le cours de ce fleuve et se rend par terre à Saint-Pétersbourg, où il instruit son souverain des succès politiques obtenus, dans ces lointains parages, par l'initiative hardie de ses généraux.
Les Russes
s'établissent
au sud
de l'Amour.
1855. — 6 janvier : Un détachement de marins fran- Attaque çais, appartenant aux équipages de la Jeanne (F Arc et ^j^^p^^Tç^^^^ du Colbert, tente de pénétrer dans la ville de Shang-haï. contre Shang liai 11 escalade les remparts, mais il est contraint de se retirer après une lutte acharnée de cinq heures dans laquelle succombent 2 ofliciers * et 7 matelots.
i. Le lieutenant de vaisseau Durun de la Jeanne-d'Arc et l'enseigne Petit ^\t Colbert.
De sages mesures, arrêtées de concert entre le Taotaï et M. Alcock, conformes d'ailleurs aux règlements en vigueur, font évacuer par la population chinoise les habitations récemment construites sur la rive nord da Yan-king-pang, et permettent à Ki de rapprocher ses lignes d'attaque.
Février 17, — Le consul américain, d'après l'ordre de son gouvernement et malgré la décision de M. Mac- Lane^ annule les promissary-notes, souscrites par ses nationaux au profit de la douane de Sbang-haï depuis le 7 septembre 1853 jusqu'au 13 juillet 1854. siiaiig-iiaT évacné Pendant la nuit du 17, les rebelles, surpris par les impar les rebelles, pénaux, abandonnent la cité de Shang-haï. Attaqué
dans sa fuite par un détachement de l'arniée de Ki, le chef I.1V0U est pris et décapité. Les plus beaux quartiers de Shang-haï sont la proie des flammes. L'intervention française conjure en partie les sanglantes représailles du vainqueur.
Le gouvernement des États^ Unis échange avec celui du Japon (21 février) les ratifications de leur récent traité.
Mars. — Funérailles solennelles des officiers et des marins français qui ont succombé dans l'attaque de Shang-haï. Leurs dépouilles reposent sous un monument élevé près du consulat de France.
Une proclamation du ïao-taï Lan (20 mars) expose à ses nationaux les formalités qu'ils doivent remplir pour acquérir des terrains sur les concessions étrangères.
Sir J. Bowring se rend à Siani où il conclut, au nom de la Grande-Bretagne, un traité de commerce et de navigation.
9 avril. — M. Alcock est nommé consul à Canton. M. Robertson lui succède au consulat de Shang-haï.
Mai. — Tchaou^ récemment nommé Ta-otaï, rappelle
officiellement les lois de Pempire qui défendent l'exportation des métaux et des grains.
Développement rapide du commerce étranger à Foutchéou.
Juillet, — Le vice-roi du Min-tché, Ouang-i-tih, flétrit publiquement, en termes énergiques, les abus auxquels adonné lieu, près de Ning-po, l'embarquement de plusieurs jeunes filles sur des navires étrangers et réclame le concours des agents de tous les pays dans le but de supprimer cet odieux trafic.
3 Août. — Une flotte pirate de 50 jonques bien armées est détruite, en partie, par les Anglais et les Américains non loin de Hong-kong, dans les eaux de Kaoloun, tandis qu'au nord le Bittem^ le Confucius et le Paoû'Chan, livrent plusieurs combats aux forbans qui infestent le golfe du Pé-tchi-li.
Le Tao-taï Tchaou, prévient les consuls qu'à partir du 11 août, il fera rigoureusement saisir et confisquer l'opium débarqué à Shang-haï.
M. Wade se rend en Tourane. II est chargé de faire parvenir à l'empereur annamite une communication de sir John Bowring. Sa mission échoue complètement.
Le 1®"* septembre, Tchaou publie une longue notification à l'effet d'imposer aux négociants et banquiers de son district l'obligation de recevoir, à l'avenir, les prînpipales monnaies étrangères dont les valeui^s respectives, par rapport au taël d'argent pur, ont été soigneusement et publiquement vérifiées dans sonyamoun, en présence des consuls étrangers.
LeBittern, capitaine Vamittart, et lePaou-chan livrent dans la journée du 18 un combat acharné, près du port de Chi-pou, à une nombreuse flotte de pirates qu'ils détruisent presqu'entièrement. Les marchands indigènes offrent aux matelots du Bittern une somme de 200,000 francs en témoignage de leur reconnaissance.
Protestation
de Ouang-itit
contre lesabi
de Témigiati)
cbiuu'se.
Stérile nis^iu de M. Wade auprès
dn goaverr.eroi annamite.
306 L'EMPinB DU MILIEU
Novembre, — Le ministre de France, M. de Bourboulon, s'embarque pour la France où il va se reposer quelque temps des fatigues de sa mission^ après avoir accrédité M. le comte de Courcy^ en qualité de chargé d'affaires, auprès du gouvernement cbipois.
Elargissement et renvoi à Canton d'un misaionnaire français, M» Jacquemine détenu illégalemept, depuis cinq mois, dans les prisons de Kia-in-tchéou (provinea du Kouang-tong).
M. r amiral Guenn, qui a remplacé M. Laguerreàm^ le commandement de notre escadre, conclut un traité, à l'imitation du commodore Perry, avec le gouverna? ment des îles Lou-tchouS Le 9 novembre un traité e9t conclu entre la Hollande et le Japon.
Décembre, — Les habitants d'Amoy, secrèteniant en^ courages par l'administration locale, s'opposent à la construction du consulat américain sur l'île de Koulang-sou. L'arrivée de la corvette des Etats-Unis, Yanda' lia, met lin à leurs manifestations hostiles.
1856. — Janvier. — Le gouverneur du Kiang-sou, Kieul'hanga^ remetà.M.Edan la somme de 10,000 taêls (80,000 francs environ) pour indemniser les familles des marins français qui ont péri, le 6 janvier de l'année précédente, à l'attaque de Shang-haï.
F(? fait part à M. de Courcy des représentations qu'il vient d'adresser aux divers agents de Tempire pour les exhorter à la tolérance envers le christianisme. fcndie du bazar Pendant la nuit du 4 au 5 janvier, le bazar chinois de
de Macao. .
1. Par ce traiti', le gouvernement Oukinien nous concède la liberld de faire le coduncrco dans le port de Nafa, de circuler sans entrave sur son leiriloiie, d'y louer ou aclieler des imnaeubles; il s'engage, on ou Ire, à nous aircrnier ou ù nous vendre, près de 2uw-maï, un terrain d'une cerlaine élendnc où nous pourrons établir un magasin de charbon et faire flotter nos couleurs nationales.
Mesures prises
contre les abus
de l'émigration.
Macào devient tout entier la proie des flammes. tJn détachement de 150 marins français contribue puissamment à éteindre l'incendie qui menaçait de consumer la ville européenne.
Février-mars. — • Les représentants de la France, de l'Angleterre, des États-Unis, de l'Espagne, du Portugal, ainsi que les autorités chinoises, prennent des mesures énergiques, chacun en ce qui concerne leurs nationaux et suivant l'étendue de leurs pouvoirs, afin de prévenir le retour des déplorables abus et des sanglantes représailles auxquels a donné lieu, en diverses circonstances, l'expédition de coulis chinois pour San-Francisco, Melbourne, Panama, Cuba et l'Amérique du Sud.
Deux matelots, l'un Anglais, l'autre Français, qui ont déserté leurs navires et se sont réfugiés en Mandchourie, sont conduits enchaînés à Péking, par la voie de Ninngouta et de Tien-ngan et envoyés à Shang-hai par les ioins de l'administration indigène. Curieux récit de leurs aventures.
Le 29 février^ un missionnaire français, M. Chapdeleine^ et deux chrétiens chinois sont mis à mort à Silin, dans le Kouang-si, par l'ordre du sous-préfet de cette ville.
Avril-mai — Sir J, Stirling remet à sir Michaël Seymourle commandement de l'escadre anglaise.
Les représentants de la France, de l'Angleterre et des États-Unis font connaître officiellement au vice-roi de ,. ,
diseuftâion au suje
Canton qu ils sont chargés par leurs gouvernements de du renouveiiemen négocier avec le cabinet de Péking la révision des trai- ^^* ^^^^^' tés et la réparation des griefs dont ces gouvernements ont à se plaindre. Yé leur répond que cette révision ne lui paraît nullement opportune et qu'il n'est pas disposé, pour son compte, à y prendre part.
La concession française cesse d'être soumise, à
Yé décline de nouveau toute
Shang-haï, au régime commun institué par les Lands régulations.
Effrayé des périls que fait courir à la sécurité publique la turbulence des corporations folk ien noise et cantonnaise, le Tao-taï de Shang-liaï demande aux trois consuls l'autorisation de faire visiter^ par sa police, les navires appartenant à leurs nationaux et d'y saisir les gens suspects. Cette autorisation lui est refusée.
Le gouverneur du Kiang-sou, Ki-eul-hang-a, est tué dans une bataille^ sous les murs de Tchin-kiangfou.
Juinjuillet. — L'amiral Guérin visite successivement Hakodadi^ la baie àe Castries^ les côtes de la Corée et les îles Liou-Tchou.
Après avoir conclu un traité avec Siam, M. Townsend'Harris se rend à Simoda,où il représente les États- Unis auprès du gouvernement japonais en qualité de consul-général.
M. de Courcy dénonce à IV le meurtre juridique du misFionnaire Chapdeleine; n'ayant point obtenu la satisractioii qu'il réclame, il en maintient les termes et fait connaître au vice-roi qu'il attend les ordres du gouvernement français.
Le consul intérimaire de France à Shang-haï obtient du Tao-laï, par son attitude énergique, la punition de deux magiblrals subalternes qui ont injustement sévi contre la chrétienté de Sou-tchéou.
Août-septembre, — Un jeune Américain, M. Cunning" "M.cunningham ^^^ ^gj ^^^ dans une rixe à Fou-tchéou. Le consul des
à tou-tchéou. , ' «Il
Etats-Unis autorise ses compatriotes à cesser le payement des droits de douane jusqu'au moment où la punition des coupables aura été obtenue. Le vice-roi du Mintché la promet au docteur Parker dans une entrevue officielle et annonce publiquement, un mois plus tard, que justice a été faite. Ce fonctionnaire refuse de
Le représentant
delà rranrc demande
i^atisfactioa poîir le meurtre lu missionnaire
Ch.îpileleine.
Meurtre
transmeltre à sa cour une lettre du président des États- Unis, que M. Parker l'avait prié de faire parvenir à Péking.
Ce dernier informe, à Shang-haï, les hautes autorités du Kiang-sou des instructions qu'il a reçues de son gouvernement relativement à la révision du traité de Wanghia. #
8 Octobre, r- Les autorités cantonnaises font saisir à bord de la lorcha anglaise Arrow, sems réclamer Tasdistance de M. Parkes, consul de S. M. Britannique, treize Chinois accusés de piraterie. M. Parkes veut s'opposer lui-même à cette arrestation. Ses représentations et son caractère sont méconnus. Il exige, dans un délai de 48 heures, le renvoi des prisonniers à son consulat ainsi qu une lettre d'excuse du vice-roi. Cette lettre ne lui ayant pas été remise, il refuse d'admettre les treize chinois qui sont conduits, le lendemain, par la police à la porte de sa résidence et fait connaître officiellement à la communauté étrangère que le soin de venger l'honneur national est remis à l'autorité militaire. Les hostilités commencent. Le 23, les forts qui protègent Canton sont attaqués et occupés; le 25, 1,200 paysans armés attaquent les factoreries et sont repoussés avec perte. Sir Michaël ayant demandé au vice-roi une entrevue qu'il n'obtient pas, fait bombarder la ville, le 27, psiY YEncounter et le Barracouta, et ouvrir, le lendemain, une large brèche dans la muraille. Le 29, une compagnie de débarquement entre dans Canton sous 'le feu plongeant de l'ennemi, pénètre jusqu'au prétoire de Yé qu'il trouve vide et le met au pillage. Sollicité par le vice-roi qui désire connaître les nouvelles exigences des autorités britanniques, l'amiral demande la libre admission dans la cité des agents qui représentent les trois puissances. Il ne reçoit point de réponse et fait recommencer le bombardement.
* Affdira
de la Loreha
« Arrow. •
Canton bonrib<irilé par les Anglais.
AU tode Dans ces graves coiijonctares, le ministre des Etais
*" ê7v^e"'' ^'"'^ ^^ '® ^^^^^ fraffaires de Fratice déclarent prudertet irAincriqoe. ment que jusqu'à nouvel ordre ils resteront neutres; Eil Tabsence de l'escadre française, un détacbemënt de soldats américains^ débarqués par le commandant Féole, AwPorUmoHth, protégé notre consulat. Cependant M. de Courcy, ne cache point à Yé ses symptihies pour la cause anglaise. Il proteste ënergiquement contre ttne proclamation du vice-roi qui met à prix les tête^ de nos alliés et refuse péremptoirement de rappeler ceux de ses nationaux qui occupent encore les factoreries.
Novembre, — Les Anglais détruisent 33 jonques dans la rivière de Canton, s'emparent sucee^ivement de French'Folly ^ des forts du Bogue et de SkamiH et construisent des travaux de défense autour dès factoreries, i.cronsni Tous les résidcnts français ayant évacué Canton,
'^'"'"rissf "'"" ^^^^^ vice-consul , M. Fritz BoreU qui s'est conduit danâ son pavillon, ces graves occurrences, avec autant de tact et de mesure que d'énergie et de dévouement, abaisse le pavillon na" tional.
Sir J. Bowring se rend à Canton^ il sollicite une audience du vice-roi qui objecte Timposslbilité où il se trouve de le recevoir à cause de l'exaspération populaire.
Le in Villon améii- Les forts de la Barrière ayant tiré quelques coups de
feu sur les canots qui ramenaient de Canton le détachement américain chargé jusqu'alors d'y protéger le pavillon des États-Unis, et le vice-roi ne faisant point d'excuses, le commodore Arwstrong entre en lice à son tour, s'empare de l'un de ces forts et menace de le faire sauter. Ye écrit alors au docteur Parker pour lui exprimer ses regrets au sujet de la fâcheuse méprise qui a eu lieu et lui demander un modèle du pavillon des États- Unis afin qu'elle ne puisse plus se renouveler f
cairi (st insulté.
Décembre, •'— Les fticloreries de Canton sont la proie inrcuJie dès flammes; on ne peut éteindre Tincendie, et quand ^^^ facioiciics. toutes les maisons ont été consumées, les troupes anglaises bivouaquent au milieu des ruines.
La terreur règne à Hong-kong dont la population chinoise se montre hostile. Les vivres manquent à M acao. Sans 1^8 représentations hardies de M. Guimaraens et rintenrention du chargé d'affaires de France, la colonie portugaise serait affamée.
30 Décembre, *-* 10 soldats chitiois s'embarquent ootnme passagers, et sous un déguisement, à bord du petit steamer, Thistle, qui se rend de Whampou à Hong-kong. Ih égorgent l'équipage, pillent, incendient le bâtiment et l'échouent à la côte,
L'amiral Seymour fait connaître, par dés'proclamàtions adressées au peuple, qu'il ne fait la guerre ni à la Chiné ^i à ses habitants, mais seulement au vice-roi Yé et aux Cantonnais.
1887. -** 15 jan'oiér. — I-chen^ boulanger chinois dé Tentauve d'cm- Hong-kong, empoisonne, avec un mélange arsenical, le eorilrsrkTrng pain qu'il fournit aux habitants européens de la colohie kong par un bon anglaisé. Un grand nombre de résidents, entre autres ''"^'' '^''"'^''* sir h Èowring, sont gravement malades; quelqUes-Uns succombent. Les représentants des Etats-Unis, de la Fronce et du Portugal protestent contre cet odieux attentat i
La pail n*est point troublée dans les autres ports de l'empire^ mais le gouvernement chinois augmente les fortifications du Pei-ho.
Dans la nuit du H janvier, les passagers chinois du bâtiment frartçais, le Port de Bordeaux^ tentent de s'en etnparer, datis la rade même de Macao, d'y mettre Id feu et de le jeter à la côte. L'intervention de la corvette russe, Oli\)Uazf»y sauve le navire et l'équipage.
60S L'EMPIHE DU MILIEU
Kévoiio 28 Janvier, — Révolte de 480 émigrants chinois,
toisdcTiwîati. embarqués à Soua-tao sur le navire français ïAnais. Les officiers de ce navire sont massacrés et son équipage retenu prisonnier par les habitants des villages voisins. VAnaïs s'échoue sur les rochers de la côte où il est brisé par les coups de mer. Envoyé sur les lieux du sinistre par l'amiral Guérin, M. Lelieur de la Ville-sur- Arce, commandant du Catinat^ recueille les matelots de
VAnaïs et tire une vengeance éclatante du sanglant attentat dont ses officiersont été victimes.
10 Février, — Capture du steamer Queen^ dans les eaux de Canton, et assassinat des passagers anglais qui se trouvent à bord; un seul, M. Cleverly, est sauvé. Plusieurs Portuguais faisant partie de l'équipage sont conduits à Canton, et renvoyés quelques jours après sains et saufs.
Mars. — Retour de M. de Bourboulon, auquel M. de Courcy remet le service de la légation française.
Une flotte pirate est attaquée et brûlée en grande partie, par le Homet^ dans la baie de Saint-Jean. 17 jonques sont détruites.
Les Anglais reçoivent des renforts.
Avril. — Conférences à Macao entre les trois plénipotentiaires, touchant les nécessités de la coopération et les moyens de l'acconiplir.
10 jonques et 3 lorchas de guerre sont capturés dans Deep-hay, après une courageuse défense. Plusieui's documents authentiques, trouvés à bord de Tune d'elles, fournissent de curieuses informations sur les dangers qui entourent de toutes parts la colonie britannique.
Périlleuse situation des Indes. Le gouverneur prie instamment sir John Bowring de lui envoyer, sans retard, toutes les troupes et toutes les munitions dont il peut disposer.
Juin. — Destruction de trois flottes de guerre dans
les baies Escape et Sao-chi^ et dans les eaux de Fatchan.
Arrivée de lord Elgin^ ambassadeur de Sa Majesté Arrivée de lord britannique. Il communique ses instructions au pléni- ^^^l^iJ^^' potentiaire de France, et part, le 20 juillet, pour Calcutta, conduisant au gouverneur des Indes tous les renforts qui peuvent le suivre, et lui portant le concours désintéressé de son patriotisme.
18 Juin. — Occupation du fort de Chouen-pi.
Juillet. — M. Rigault de Genouilly remplace M. le contre-amiral Guérin. Il réunit notre escadre dans la baie de Castle-Peak, et y exerce ses équipages en attendant l'action commune.
La garnison de Macao reçoit quelques renforts.
Une rixe survenue à Ning-po, entre les équipages des jonques portugaises et japonaises, y met en péril la sécurité des résidents. L'intervention collective de M. de Montigny et du capitaine de vaisseau Collier^ commandant la Capricieuse et le Marceau, rétablit Tordre dans ce port.
10 Août. — Deux bâtiments de guerre autrichiens, la Novara et VUrbair, accomplissant une mission scientifique, sous le patronage de l'archiduc Maximilien, jettent l'ancre dans le port de Shang-haï.
Le blocus de Canton est officiellement déclaré par le commandant des forces anglaises. Retour de lord Elgin, son entrevue avec l'amiral russe Poutiatine, qui a voulu entamer des négociations sur les rives de Pei-ho, mais dont les avances ont été repoussées.
15 Octobre. — Le baron Gros, ambassadeur de France, arrivée du baror arrive en Chine à bord de V Audacieuse. Conférences des <îros. ambassadeurs et des amiraux. Ils reconnaissent la nécessité de frapper un coup décisif, au sud de l'empire chinois, avant d'ouvrir, au nord, la campagne diplomatique.
Les Françaii
p ennent part aax
hostilités.
0)11 ton sommée lie se reudrc.
Occupation
de Canton.
Capture de Yé.
Deslitulion de Yé.
M. Reed, qui succetle au docteur Parker en qualité de ministre plénipotentiaire des ÉtatSrUnis, débarque, le g novembre, ù Ilong-kong.
H Décembre, — L'amiral Rigault notifie le blocus du fleuve par les forces navales placées sous son oomroan^ dément.
Le 12. — Les ambassadeurs demandent au vice-roi, par une note collective, la libre admission de leurs nationaux dans la cité cantonhaise, et uïie indemnité pour les pertes qu'ils ont subies depuis le commencement de la guerre. Ils ne reçoivent point de réponse et font oc cuper Tîle de Honandans la journée du 16. Le ii, ils exposent au peuple, par une proclamation, rorigineet le but des hostilités, et somment la ville de se rendre.
1858. 1®' Janvier, — Les forces alliées pénètrent dans Canton et s'y établissent. Le vice-roi cherche à ftiir feous un déguisement; il est reconnu et fait prisonnier, ainsi que le gouverneur du Kouang tong, Pikouéi^ et le général mandchou, Mouh-ki-te nar.
Après s'être entendu avec les notables de la ville sur les dispositions qu'il convient de prendre pour y assurer le maintien de Tordre, les ambassadeurs- en confient l'administration à deux commissaires, MM. Parkes et Martinenu des Chenets, Ceux-ci entrent en fonction le 0 janvier.
4 Février, — Un décret impérial, portant la date du 28, destitue Yé-ming-tching, le prive de ses charges et dignités, et lui donne pour successeur Houang-isounghan, vice- roi du Setchouen. En attendant Tarrivée de ce fonctionnaire, le gouverneur du Kouang-tong, Pikoueï, remplira, par intérim, les fonctions de vice-roi des deux Kouang et de commissaire impérial.
Installation à Whampou des consuls étrangers, et notifications par les amiraux de la levée du blocus.
Le 8. — Les ambassadeurs annoncent, par des proclamations, que la paix est réiablie, mais que les troupes alliées continueront à occuper la ville. Rendu à la liberté et réinstallé publiquement dans ses fonctions, Pi-koueï prête aux deux commissaires une assistance loyale et efficace.
Départ du vice-roi Yé-ming-tching pour Calcutta, où il S6 rend comme prisonnier de guerre.
Les ambassadeurs de France et d'Angleterre, ainsi Départ que les plénipotentiaires d'Amérique et de Russie, ^'p.^î^J'eTo^^^^^^ MM. Reed et Poutiatine, se transportent à Shang-haï avec leur suite.
DeuiL membres des ambassades anglaise et française, MM. Oliphant et de Contades, sont chargés de se rendre à Sou-tcheou et d*y remettre au vice-roi du Kiang-nan des communications diplomatiques destinées au cabinet de Péking *. Ils reviennent à Shang-haï le 17 mars, après s'être acquittés très -heureusement de leur mission.
Mars — Avril. — État déplorable de Canton : Texas*» pération de la populace, entretenue par les intrigues des autorités subalternes et les bravades de la milice, y est à son comble. Les guets-apens, les assassinats s'y succèdent. L'état de siège y est proclamé le 28 avril.
Par une note adressée, le 25, au gouvernement chinois, les ambassadeurs sollicitent l'envoi à l'entrée du Peï-lio d'un commissaire impérial avec lequel ils puissent entamer les négociations.
Mai, — Réponse du gouvernement chinois à la de- Réponse iiautair mande des ambassadeurs et des plénipotentiaires : « Lord ^" gouveriinmn Elgin, le baron Gros, M. Reed, doivent négociera Can- àia demande ton; quant à l'amiral Poutiatine, il peut s' aboucher avec des ambassadeur le commissaire impérial, auquel le gouvernement a re-
4. M. Oliphant devait remettre au vice-roi, outre la note de \oi^ Elgiij, deux dépêches de MM. Reed et Poutiatine.
Ces derniers
se rendent
au Pei-ho.
Mort de Ki-ing.
C onclusion
des traités de Ticn-lsin.
mis de pleins pouvoirs pour négocier avec la Russie sur les rives du fleuve Amour. »
Départ pour Tembouchure du Pei-ho des escadres alliées et des représentants de la France, de l'Angleterre, de l'Amérique et de la Russie.
Le cabinet de Péking envoie Tan-ting-siang à la rencontre des ambassadeurs. Ce fonctionnaire n'ayant pas de pleins pouvoirs et n'en ayant pu produire dans le délai de six jours qui lui avait été fixé, lord Elgin et le baron Gros prennent la résolution de se rendre à Tientsin, pour y attendre les plénipotentiaires du gouvernement chinois, et les commandants des escadres font connaître aux autorités locales leur intention d'occuper les forts du Pei-ho, afin que les représentants de leurs pays puissent accomplir, sans péril, leur entreprise.
Les troupes alliées occupent, le 20 mai, les forts de Takou après une courte résistance.
Les canonnières avant détruit ou mis en fuite les jonques qui obstruaient le cours du Pei-ho, les deux ambassadeurs se rendent à Tien-tsin dans la journée du 29 novembre. Ils y sont suivis par MM. Reed et Poutiatine.
Juin. — Koneï'liang, membre du cabinet Impérial, et Iloua-cha-na, directeur du déparlement des affaires civiles, sont munis de pleins pouvoirs et arrivent à Tientsin pour commencer les négociations.
Fin tragique de Ki-ing qui devait leur prêter les avis de son expérience et qui se laisse publiquement convaincre par M. Lay, dans une entrevue oflîcielle, d'iinpéritie et de mauvaise foi.
De nouveaux traités sont conclus, le 26 juin, entre la Chine et TAngieterre, et le 27 entre la Chine et la France (voir les pièces justificatives). Quelques jours auparavant, les 17 et 18 juin, de nouvelles conventions avaient été signées par M. Reed et l'amiral Poutiatine
au nom de leurs gouvernements respectifs ; de son côté, le général Mourawief avait conclu le traité d'Aïgoun *.
Un corps considérable de milice chinoise qui menaçait Canton est dispersé par un détachement des forces alliées. Les commissaires font saisir une proclamation du vice-roi Houang qui fait publiquement appel à la haine de ses administrés contre les Anglais.
Le choléra sévit à Macao dans le courant de juin et y fait de nombreuses victimes.
Juillet. — L'état des affaires à Canton inspire de grandes inquiétudes. Les tentatives d'assassinat s'y multiplient. Dans la nuit du 22 au 23 juillet, plusieurs milliers de braves tentent d'escalader la muraille. Cédant aux menaces occultes des autorités cantonnaises , les habitants chinois de Hong-kong et de Macao émigrent en grand nombre. Sir J. Bowring s'efforce de rassurer par des proclamations la colonie britannique.
Août. — Retour de M. Alcock à Canton.
Les troupes alliées s'emparent, après une vigoureuse résistance, de la petite ville de Nam-tao, située dans le voisinage de Canton et dont les braves avaient fait un de leurs quartiers généraux.
Octobre. — De retour à Shang-haï, les ambassadeurs négocient activement la révision des tarifs. Ils signalent, en termes énergiques, aux plénipotentiaires chinois les dispositions hostiles des autorités cantonnaises, et leur annoncent que l'occupation de la capitale du Kouangtong par les forces de la France et de l'Angleterre, devra continuer jusqu'à l'entier rétablissement de la paix.
TeiU..tivc
des braves
contre Canton.
Révision des tarifs.
1. Les traités russes furent refondus plas tard en une seule convention dont on échangea les ralificalions à Péking le 10 septembre 1858. Elle étendit la domination du czar sur le territoire compris entre le fleuve Ousouri et la mer et sur d'autres régions, de moindre étendue, situées au sud de TAraour; stipula, en faveur des Russes, le droit de navig^ition sur tous les affluents méridionaux de ce fleuve, et institua une commission mixte chargée de la rectification des frontières.
t)08 LEMPIRE DU MILIEU
Rpprés niation Novembre, — Le cabinet de Péking représente à lord
* " ^Tnl'C'"*^"^ Elgin les périls que pourrait entraîner la résidence per^
oonteii ligueur maueute des représentants de TAnglelerre dans la ca-
tiesifaiics. pitale de Tempire et insiste auprès de lui sur l'abandon
de la clause qui stipule cette résidence; lord Elgin lui
f^it entendre que son gouvernement pourra n'en point
exiger la rigoureuse exécution si Tenvoyé britannique
est gracieusenieiit accueilli à Péking, quand il s'y pré-
sentera et si la Chine observe scrupuleusement les con»
dilions du traité.
I oïd Eij;iii visite Après avoir approuvé la révision des tarifs, lord Elgia
ie\ani? iz\ yl^\l^. \q^ pQ^i^ Jq Yang^zc-kiang afin de désigner, p^r
lui-même, ceux qu'il serait le plus avantageux d*ouvriF au commerce étranger.
Décembre, — Expédition française en Gochinebine. Départ de M. Reed poui l'Amérique.
PaciDraiion 1859 : Junvier. — Les ambassadeurs visitent Canton,
(lerTÎI virons ^^ '^ cahue se rétablit progressivement. de Caillou. Uu détacliemeni de marine qui faisait l'exercice aux
environs de la cité ayant été traîtreusement assailli, dans la journée du 4, par une bande de braves, une ex-^ pédition est dirigée, le 8, contre les villages qu'ils occupent et ces villages sont détruits.
Le 20, plusieurs canonnières à bord desquelles se trouvent le général anglais Straabenzée, l'amiral Seymom\ le commandant d'Aborille et un certain nombre de maiidaiins délégués par Pi-koueï, se rendent à Fa tclian où la population les accueille avec empressement.
Février. — Les agents des puissances alliées et les funciionnaires cantonnais s'appliquent à cfilmer, par liiurs démarches conciliantes, relFervescence hostile des pO|>ulations canlonnaises et achèvent de dissoudre la ligue formée contrôles Anglais pjir les i/ïn-e^* des 90 vil-
lages. L'expédition pacifique envoyée à Ta-youen^ ou fonctionnait le conseil 'de cette ligue, lui porte le dernier coup.
Mars. — Le vice-roi Houang est destitué; Ho-koueïtsing le remplace.
Le baron Gros s'embarque pour la France. Départ
Lord Elgin visite les côtes méridionales de la Chine ; *" ^^"^ ^''«' il retourne ii Canton et désigne le terrain où devront s'élever les nouvelles factoreries.
Plusieurs canonnières remontent le Si-kiang au-delà des frontières du Kouang-si , et un détachement de troupes alliées parcourt les villages situés sur le versant nord des montagnes du Nuage^Blanc. Résultats favorables de ces expéditions pacifiques.
M. Bruce^ le frère de lord Elgin, est nommé ministre m. Bruce, plénipotentiaire à Péking ; M. Alcock, consul-général au ministre anglais Japon ; MM. Robertson et Parkes, consuls à Canton et à Shang-haï.
Mai, — Arrivée de M. Bruce et de M. John Ward^ ministre des États-Unis. Départ de lord Elgin que les Départ commissaires impériaux ont pris soin de rassurer offi- «i» lord e gm. ciellement au sujet de la réception à Péking du plénipotentiaire britannique.
Mort de Pi-koueï, à Canton, et de Yé-ming-tching,.à ^^^^ jg yé. Calcutta. Les restes dé l'ex vice-roi des deux Kouang sont transportés en Chine et reçus avec beaucoup de respect par la population cantonnaise,
Sir John Bowring remet à M. Hercules Robinson le gouvernement de Hong-kong; le contre-amiral Hope succède à sir M. Seymour.
Juin- Juillet. — M. de Bourboulon et M. Bruce se rendent à l'entrée du Pei-ho. Ils sont porteurs des ratifications qui doivent être échangées à Péking. Vaines tentatives du gouvernement chinois pour que cet échange ait lieu à Shang-haï ou aux environs de Ta-
610 L*EMPr,RE DU MILIEU
kou. Les ministres trouvent la principale branche du Pei-lio complètement barrée ; ils font savoir aux commandants des forts qu'ils passeront outre, de gré ou de Echec subi force. Le 22, nos marins attaquent les fortiOcattons de parles forces Xa-kou et sont repoussés avec une erande perte. Trois
angio- françaises ' ^ . *^ *
aa Pei-hu. canonnières sont coulées. L'amiral Hope est blessé grièvement. Les deux ministres retournent à Sbang-haî, ils envoient en Europe leurs secrétaires: MM. Kleczkûwski et Rurnbolt , pour y rendre compte de la situation et repoussent résolument toutes les avances du cabinet de Péking, qui, effrayé des conséquences de sa victdre, essaie de renouer avec eux des relations directes. Conduite prudente Dans CCS graves conjonctures, M. John Ward se con* de M. Ward. duit avec beaucoup de prudence. Il subit les exigences du gouvernement chinois, sans accepter toutefois les humiliations auxquelles on veut le soumettre; se rend à Péking en voiture fermée ; y éprouve beaucoup d'en* nuis et de dégoûts et retourne à Shang-haï, après avoir échangé, dans la ville de Pe-tang, les ratifications du traité américain.
Tentative d'assassinat commise à Shang-haï, contre M. Lay, surintendant de l'inspectorat étranger des douanes chinoises.
Résistance des Chinois embarqués dans ce port sur le navire français la Gertrude. M. de.Bourboulon ordonne une enquête sévère et donne satisfaction au légitime mécontentement de la communauté étrangère tout en sauvegardant les droits des armateurs.
Curieux rapports adressés à Tempereur par le général prince Sang-Ko-lin-sin, relativement aux affaires de Ta-kou.
Misd(nv:^'ueur Novembre. — Décembre. — Le traité des États-Unis
(lu
irait' aiiKiicain. ^'•*^'^ ^'' Vigueur. Les ports do Som-tao et de Tahomn-
l'on sont ouverts. Le gouvernement chinois déclare que les négociants anglais et français seront admis, par la
bienveillance de l'empereur, à jouir immédiatement des bénéfices que ce traité assure aux Américains.
Les préparatifs des nouvelles expéditions se poursui-* vent activement en France et en Angleterre.
Un règlement relatif à la surveillance de l'émigration chinoise est publié à Canton, le 4 novembre, par les commissaires des puissances alliées, de concert avec les autorités locales.
L'rtnigratiOn
rhinuUe
réglementée
Il Canton.
. 1800. ^-^ Janvier. — M. Lay organise, non sans vé' sistance et sans difficulté, le système de l'inspectorat étranger des douanes chinoises.
Un règlement relatif à l'organisation et à la police du {Âlolage est publié à Sbang-haï, le il janvier, par les consuls des trois puissances.
De nouvelles dispositions sanctionnées par les consuls, complètent le règlement publié, le 4 novembre i&59, à Canton, concernant la police de l'émigration chinoise.
Février. — En vertu d'un ultimatum notifié par les uiumuim signin deux plénipotentiaires, la France et TAngleterre exifi;ent ^"
* * ^ ^ gMveruement
des excuses formelles au sujet des événements de Ta- . chinois. kou, la réception et la résidence de leui*s représentants à Péking, et une indemnité de 60 millions de francs pour chacune des deux puissances. Un délai d'un mois est accordé au cabinet de Péking pour accepter ou rejeter cet ultimatum.
Mars. — Rejet formel de l'ultimatum par lé cabinet de Péking. Le 8, le général Montatihan^ commandant l'expédition française, arrive à Shang-liaï. Le 14, à la suite d'un conseil de guerre tenu à la légation britannique, les deux ministres déclarent officiellement aux commandants des forces alliées que l'action diplomar tique doit faire place h l'action militaire et l'occupation de Tc^Aou-^an est résolue.
Beprise lies hostilités.
Le baron Gros
ctlordElgiii
envoyés
de nouveau en
Chine.
Capture des forts
de Ta-kou
et occupation
de Tien-tsin.
Les rebelles
boiit repoussés
à Shapg-haï.
21 Avril. — Occupation de Ting-haï et des îles Tchou-san, dont Tadministration est remise à deux commissaires anglais et français, MM. Hugues et de Méritens.
LordElgin et M. le baron Gros sont envoyés de nouveau en Chine comme ambassadeurs. Les commandants alliés doivent restar sur la réserve jusqu'à leur arrivée.
Mai. — Les autorités provinciales du Kiang-sou demandent la protection des forces alliées contre les rebelles qui viennent d'occuper Sou-tchéou. Destitution de HO'Koueï'Tsing^ vice-roi du Kiang-nan.
30 Juin. — Les deux ambassadeurs arrivent à Shanghaï.
Juillet. — Ils rejoignent les troupes alliées qui ont opéré leur débarquement à Tché-fou et à Ta-lien^Ouan sur les côtes du Tchi-li. Il est résolu que toute tentative de négociation sera repousséè jusqu'au moilnent où l'on aura enlevé les forts de Ta-kou et occupé militairement Tien-tsin.
Août. — Le 21, les alUés attaquent les forts de Takou , dont ils s'emparent après cinq heures de combat; ils se dirigent, le lendemain, sur Tien-tsin qu'ils occupent sans résistance. Koueï-liang et Heng-foUy vice-roi du Tchi-li, sont désignés, par le cabinet de Péking, pour négocier avec les barbares.
Les rebelles se rapprochent de Shang-haï; vives alarmes de la communauté étrangère. Proclamation menaçante des insurgés.
4 Septembre, — Les rebelles attaquent Shang-haï. Ils sont repoussés avec perte par les faibles détachements de marins qui protègent les concessions. Plusieurs compagnies de volontaires s'organisent pour la défense commune.
5 Septembre. — Ouverture des conférences de Tientsin entre les deux ambassadeurs et les envoyés chinois.
Koueï-liang, ayant été contraint d'avouer qu'il n'avait pas de pleins pouvoirs, ces conférences sont rompues dans la journée du 8. Les ambassadeurs font savoir au gouvernement chinois qu'ils ne négocieront plus qu'à Tong-tchéou et adressent aux généraux l'invitation de marcher sur Péking.
17 Septembre. — Le prince de Y et Mou, chef du département de la guerre, ont une entrevue à Tongtchéou avec les représentants des deux ambassades. Ceux-ci leur notifient les conditions auxquelles la paix pourra être établie.
18 Septembre. — Arrestation de M. Parkes qui avait pris part, au nom de Lord Elgin, à l'entrevue de Tongthéou, et delà plupart des officiers qui accompagnaient dans cette ville les représentants des deux ambassadeurs. M. deBastard, premier secrétaire de M. le baron Gros et M. de Méritens reviennent sains et saufs au camp après avoir couru les plus grands périls. Attaquée immédiatement par les troupes anglo -françaises^ l'armée chinoise est détruite en partie près de Tchang-kia-ouan^ et les forces alliées s'avancent sur Péking.
21 Septembre. — L'armée tartare qui protège les abords de la capitale, sous le commandement de Sangko-lin-sin, est battue et dispersée à Pà-U-kiao. Les troupes alliées campent à quelques milles de Péking, attendant leur matériel de siège.
9 Octobre. — MM. Parkes^ Loch., et d'Escayrac de Lauture sont ramenés au camp. Ils ont subi, pendant plusieurs jours, d'indignes traitements dans les prisons chinoises. Le capitaine Brabazon, le colonel Grandchamps^ l'abbé Luc, l'intendant Dubus^ MM. Bowlby^
de Normann, Anderson et plusieurs soldats ont succombé aux horribles fatigues de leur captivité. -^ Occupation et pillage du Youen-ming-youen, palais d'été de
Rupture
d«s couTérences
deTien-tsin.
Entrevue
et trahison
de Tong-tchéou.
Combat
de Tcbang-kia-
oaan.
et de Pa-li-kiao.
m L'EMPIRE DU MILIEU
Tempereur; ce dernier quitte sa capitale, francbii U grande muraille et se retire en Mandchourie. Pékiiig capiiuie. 13 Octobre, -r- Capitulation de Péking, quinze cada*
vres mutilés sont remis à nos troupes. On les ensevelit* en grande pompe, dans le cimetière catbolique et le cimetière russe.
lucendie 18 Octobre. -^-Lord Ëlgiu fait détruire, par le feu, le
youelming- P^'^îs du Youen-ming jouen, pour châtier le gouverne- Youen. ment chinois de la trahison commise par lui à Toog- Tchéou et perpétuer le souvenir de cette vengeance na«tionale.
conveniions 25 Octûbfe, — De nouvelles conveutious soDt oon-
*"^' dues à Péking, avec le gouvernement chinois, par les ambassadeurs d'Angleterre et de France et les ratifications des traités de Tieu-tsin sont échangées entre ces am*bassadeurs et le prince de Kong^ frère de Tempereur. (Voir les pièces justiHcatives.)
M. de Bourboulon et M. Bruce se rendent à Shanghaï et à Tien-tsin,
L'Eirpcreur Jer Novembre, — Le prince de Kong annonce aux
^^présentants des puissances que l'empereur vient de ratifier les conventions de Tien-tsin et de Péking. Il délivre successivement à M. le baron Gros les établissements que les catholiques possédaient autrefois dans la capitale de l'empire, et fait remettre aux deux ambassadeurs les sommes destinées aux familles des victimes de Tong-tchëou.
La destitution de Sang-ko-lin-sin et du ministre Chaui-Ung est officiellement annoncée aux ambassadeurs. Ceux-ci sont prévenus que les principales autorités de l'empire recevront immédiatement des copies officielles de tous les actes diplomatiques conclus à Péking, et un certain nombre de ces copies sont livrées à M. le baron Gros, afin qu'il les fasse passer lui-même au viceroi dés deux Kouang.
raiilic les traitas.
Il est convenu entre les deux ambassadeurs que MM. Bruce et de Bourboulon ne prendront pas leurs résidences à Péking avant le printemps de 1861, que les forcesfrançaises continueront à occuper Tché-fou et que TchoU'San sera immédiatement évacué.
M. le baron Gros qiiitte Péking le 10 novembre, et nèpart Tien-tsin le 16, après avoir accrédité M. de Bourboulon auprès du prince de Kong.
En décembre il se rend à Canton où le vice-roi Tchao l'accueille avec empressement et cordialité.
Le 18 du même mois, il quitte la Chine, ramenant avec lui les dépouilles de son premier secrétaire, M. de Bastard, mort à Hongkong, 16 jours auparavant, d'une fièvre cérébrale.
Un corps de troupes, placé sous les ordres du général Collineau, occupe Tien-tsin après l'embarquement de la plus grande partie des forces expéditionnaires.
Le 15 décembre, le général Ignatieff obtient du gou- Nouvelle cession vernement chinois un traité additionnel qui étend en Mandchourie les frontières russes jusqu'à la rivière Towmm et reculeces frontières, sur les bords de la mer Jaune, jusqu'à la 42® parallèle. A la suite de cette convention sont jetés les fondements du port de Vladi-Vostoch.
Janvier 1861. — Retour de lord Elgin à Hong-kong; Départ il passe quelques jours à Canton et quitte la Chine. deiorUEigm.
Tchou-'San est évacué.
Cession effective de Kaou-long au gouvernement britannique.
Réembarquement à Hong-kong de la plus grande partie des troupes anglaises.
Un département dont les fonctions spéciales consis- institution tent à traiter les affaires de l'empire avec les nations î>Pcking
, , • . . , Tx , . , T . d''*" departemen
étrangères est institue à Pékmg et la direction en est des
remise au prince de Kong. affairesétrangèrw
de territoire faite k la Russie
Mort de l'c'tnpereu'
Conseil (le régence.
Février. — Plusieurs bâtiments anglais, sous les ordres directs de Tamiral Hope, remontent le Yang-tzekiang jusqu'à Nanking ; une mission commerciale accompagne l'expédition militaire. Assurances paciRques données h Tamiral par les chefs rebelles.
Mars, — Publication d'un règlement provisoire relatif à la navigation commerciale du Yang-tze-kiang. MM. Bruce et de Bourboulon s'établissent à Péking. Avril. — Le steamer américain Mee-lee est capturé dans les eaux de Canton^ et son équipage est en grande partie massacré par les pirates.
Mai, — Une escadre anglaise bombarde le village de Tsiao-tchéou dont les habitants ont pillé les magasins de MM. Braddiey à Soua-tao.
Capture par une jonque pirate du brick le NorthStar, dans les eaux de Hong-kong.
Juin. — Négociation du traité prussien avec la Chine par le comte d'Eulenbourg.
Juillet. — Tentative d'assassinat commise au Japon contre les membres de la légation britannique.
17 Août. — L'empereur Hien-foung meurt, à 30 ans, d'épuisement et de tristesse, dans son palais de Jé-hol en Mandchourie. Son fils aîné, Tsaï-tchoim, lui succède sous le nom de Ri-siang. Un conseil de régence dont les membres appartiennent au vieux parti de la guerre et où siègent deux hommes particulièrement hostiles aux étrangers, Tsaï-yoïien^ prince de Y, et Mou-Yin^ ministre de la guerre*, administrent l'empire au nom du jeune prince.
2 Septembre. — Signature du traité prussien à Tientsin.
Octobre. — Deux missionnaires protestants sont massacrés par les rebelles à Tchi-fou.
1. Les négociateurs de Tong-tchéou et probablement les auteurs de la trahison (jui amena U bataille de Tchang-kia-ouan.
M. Aanson Burlingame, plénipoteriliaire des Etats- Unis, arrive à Hong-kong.
Le 21, les troupes alliées évacuent Canton.
Le 30, les règlements relatifs aux droits de transit, aux droits de douane, ainsi qu'à l'organisation du commerce anglais dans les ports du Yang-tsé-kiang, sont publiés par le consul britannique. Ces règlements ont reçu l'approbation du prince de Kong.
. Novembre, — Sous Tinfluence du prince de Kong et Coup d'État. de l'impératrice douairière, un coup d'État a lieu dans la capitale de Tempirei La régence est confiée aux deux impératrices * ; le pouvoir sera exercé par un conseil que préside le prince de Kong, en qualité de premier ministre, et dans lequel siège Koueï-liang; le prince de Y (Tsaï-youen) et Touan-houa se donneront eux-mêmes la mort ; leur collègue Sou-choun sera publiquement décapité, les autres membres de l'ancien conseil sont condamnés à l'exil. Le nom de Tong-tchih remplacera celui de Ki-siang qui avait été donné au nouveau règne. Retour à Péking du jeune empereur. (Voir pièces^ mstificatives.)
Un décret impérial sanctionne et organise l'institution de l'inspectorat étranger des douanes chinoises.
Progrès du commerce étranger à Kiou-kiang et Hankéou.
3 Décembre, — Par un décret rendu sur la représen- Décret de toiéranc tation du prince de Kong, l'empereur rappelle la protec- çn/aveu'-
^ ^ . 1 ^^ christianisme
tion que Kang-hi accorda jadis aux catholiques, assimile le culte chrétien à celui de Boudha et de Tao et proclame la tolérance dont le traité de Tien-tsin lui fait une obligation envers le gouvernement français.
Le 18, Ning-po tombe au pouvoir des rebelles. La communauté étrangère n'est point inquiétée/
1. La femme légitime de l'empereur Hien-foung et celle de ses concubines qui est la mère du jeune empereur.
6i8 L'ExMPlRE DU MILIEU
Les rebelles 1862. — Jahier, mars. — • Le8 rebelles s'emparent de Sha^g^hai Haiig-tchéou le 18 janvier, s'avancent jusqu'à Vou-song, semant sur leurs pas le meurtre et le pillage, et menacent Shang-haï où le commerce est complètement suspendu. La nécessité d'une protection eflicace qu'on ne peut at* tendre de l'administration locale, conduit les autorités étrangères à se départir du rôle de neutralité suivi jus^ que-là. Défense est faite aux rebelles de s'approcher à plus de trente milles des ports ouverts par les traités, lis sont chassés des villages qu'ils occupaient aux environs de Shang-haï par les forces anglo*françaises, lesquelles coopèrent, sous la direction de l'amiral Hope, aveeles * soldats impériaux, à la défense commune. Plusieurs Organisation engagements ont lieu sur la rivière. L'américain Ward
ducorpsdeWard. . i i • i * • j n» -i • *
groupe autour de lui quelques centames de Manitois et de déserteurs, reçoit du gouvernement chinois le titre de colonel, discipline quelques compagnies indigènes et entre en campagne contre les insurgés. M. Lay est chargé de faire à Londres, pour le compte de ce gouvernement, l'acquisition de plusieurs navires qui seront armés contre la rébellion et dont le commandement sera confié à M. Osborn, officier de la marine britannique.
Un règlement douanier, concernant le port d'Amoy,
est publié, le 26 mars, par les soins de rinspeoteur»
M. Wallace-Ward,
Cessions Deux conventions, portant la date du 6 mars et
fauLTcrnion '® sceau du vice-roi des deux Kouang, cèdent au
au Rouvemement gouvernement français, pour y établir son consu-
euux*^ lat, une partie des terrains occupés à Canton avant
missions caiiio- la guerre par le prétoire du trésorier, et aux missions,
**^"^^* pour y bûtir une cathédrale, ceux où se trouvait, à la
même époque, le Yamoun du vice-roi Yé-ming-tching.
Délimitation à Tché-fou et à Tien-tsin des concessions
françaises.
Nouveau décret
en faveur
du christianisme
HISTOIRE m
Avril. — Les habiles négociations et la ferme politique du ministre de France obtiennent, en faveur du christianisme, un nouveau décret portant la date du 6 avril et précédé de considérants très explicites par lesquels le gouvernement chhiois s^engage à faire disparaître du code national toutes les clauses infamantes OU prohibitives qui concernent le culte des chrétiens. (Voir les pièces justificatives.)
Organisation à Ni|ig-po d'un corps franco-chinois , dont le commandement est confié à M. Lebreton,
Engagements meurtriers près de Shang-haï. Les organisatioi villes de Nanrchiang et de Ka-diny sont reprises aux fraur!I)Vi!inois. rebelles.
Mai, — Provoquées par les bravades de la garnisoçi rebelle qui occupe Ning-po, les forces anglo-françaises Teispulsent le 10 mai, et remettent la ville aux autorités imi^riales.
Les troupes alliées et le régiment de M. Ward poursuivent activement leurs succès contre l'insurrectiott à laqîjelle Tsing^poti, Nan-jao et Tcho-lin sont successivement reprises. Mort de Tamiral Protêt, frappé d'une balle au cœur« le 17 mai, à l'attaque de Nao-jao,
M. et Mme de Bourboulon quittent Péking et retournent en France par la Sibérie *. M. le comte Kleczkowski dirige la légation de France en qualité de chargé
d'affaires.
Assassinat juridique du père Neel et de neuf chrétiens
indigènes dans le Kouei-tchéou. Représentations énergiques de M. Kleczkowski.
8 Août. — Un traité est conclu entre la Belgique et
Mort de Tamiral Protêt.
Martyre du père Néel.
I. Le curieux récit de c$ pénible et intéressant voyage qu'une femme européenne accomplissait ainsi pour la premiôre fois, a été publié, sous its afispiees de M*^ de Bourboulon^ dans le journal le Tour du Monde,
la Chine; M. Bols^ consul-général et plénipotentiaire de S. M. le roi des Belges, en est le négociateur au nom de son gouvernenaent.
13 Aoiït. — Signature d'un traité entre le Portugal et TEmpire du Milieu. M. Guimaraens, gouverneur de Macao, y appose sa signature en qualité de plénipotentiaire de S. M. T. F. Il quitte la Chine, deux mois plus tard, après l'arrivée de son successeur, M. AmaraL ' Mort de Ward. Septembre. — Ward est tué, près de Ning-po, dans
lurgevinc est son i. ^ »•! i- i. n ¥ l
rocccsseur. "" combat qu il livre aux rebelles. Le gouvernement chinois décrète qu'un temple sera élevé à sa mémoire. M. Burget:ine lui est donné pour successeur.
Evacuation de Tien-tsin par les forces alliées.
Ravages exercés, dans le sud du Kouang-tong , par une nombreuse troupe de bandits. Alarme à Canton. Sur la demande du vice-roi Lao, les représentants de France et d'Angleterre autorisent l'envoi d'un détachement des forces alliées dans la capitale des deux Kouang.
Octobre. — Foung-hoiia^ près de Ning-po et Kchding^ près de Shang-haï, sont reprises aux rebelles. Nombreux succès remportés dans le Fo-kien et le Tche-kiang, par le corps franco-chinois que commandent MM. Giqud et Lebreton.
Destitution Novembre. — Le conseil de régence destitue le viceroi Lao, accusé de malversation dans le recouvrement des taxes foncières, et lui donne pour successeur Lioutchang-you^ gouverneur du Kouang-si.
Après une vigoureuse résistance , les rebelles sont chassés par les troupes de Burgevine des fortifications qu'ils occupaient à Pao-kong^ dans leKiang-sou.
L'amiral Hope quitte la Chine.
De nouvelles modifications sont apportées aux règlements relatifs à la navigation commerciale du Yangtze-kiang.
de Lao.
Décembre, — Les rebelles sont chassés de Changyou^ dans le Tcbe-kiang.
Funérailles de Tempereur Hien-foung.
1863. — Janvier. — Burgevine ayant saisi de force, Burgcvine à Shang-haï, dans les caisses du gouvernement, la solde '^«stitué. arriérée de ses troupes, est destitué par le Ta-otaï. Le capitaine Holland puis le major Gordon , lui succèdent dans son commandement. Réorganisation du corps anglo-chinois.
Les ratifications du traité prussien sont échangées, le 14, à Shang-haï.
Le H, M. Lay, inspecteur - général des douanes, adresse aux chambres de commerce de Shang-haï et de Hong-kong, un mémoire explicatif et justificatif, sur la réorganisation du service confié par le gouvernement chinois à sa direction ^.
Février. — Arrivée de M. Berthemy^ ministre plénipotentiaire de France à Péking, et de M. Maubomsirij consul-général de France à Shang-haï.
Les troupes impériales et le corps anglo-chinois sont repoussées, avec perte, à Tassant de Taï-tsan.
L'ancien vice-roi du Kiang-nan, Ho-koueï-tsing^ qui avait laissé prendre Sou-tchéou par les rebelles, est décapité à Péking.
Mars, — MM. Lebreton et Tardif de Moidrey^ commandants du corps franco-chinois, ayant été tués successivement devant Chao-king-fou^ M. le lieutenant de \B.i&se^\xî)* Aignebelle prend la direction de ce corps.
Chao-king tombe au pouvoir des Impériaux.
Alarmes causées à Tien-tsin par les déprédations que Tarmée des Nien-fei commet dans le voisinage.
Avril, — Fou-chan et Taï-tsan^ dans le Kiang-sou, rentrent au pouvoir des Impériaux.