LIVRE CINQUIÈME Commercc Chinois
les caractères indispensables au minimum de relations et d'affaires, il entreprend gaîment, délibérément un trafic quelconque, et s'y montre d'un sérieux au-dessus de son âge, avec toutes les ruses et déloyautés que souffre ou qu'exige le commerce, mais aussi, du moins la plupart des observateurs le reconnaissent, avec la plus grande fidélité de parole, dès que l'affaire est conclue, et un grand sentiment de la responsabilité qu'il engage.
Puis, homme fait, il devient un de ces commerçants qui ne laissent rien au hasard, un bon calculateur, un assidu qu'entourent des commis non moins assidus et non moins sages; il est d'une politesse exquise, comme tout Chinois conforme à l'esprit de sa race, et aux préceptes de son éducation. Il est aussi d'une patience inaltérable : il lui suffit d'avoir brûlé le matin et de s'apprêter à brûler le soir, sur l'autel de famille, une baguette d'encens au Dieu de la Fortune et d'attendre sans inquiétude ni contention d'esprit la visite d'un client.
Dès que celui-ci se montre au seuil de la boutique, la politesse chinoise reprend tous ses droits : il est accueilli par la formule de bienvenue : « Le grand, le sublime aïeul a-t-il bien dîné? » Puis, s'il y a lieu : « Quel est votre précieux nom pour que j'envoie ces objets à votre noble adresse? » Et aussi : « Si vous voulez bien faire à un infime insecte l'honneur d'accepter de sa main une tasse de thé, je vais vous conduire dans ma pauvre et misérable famille. »
Le malheur c'est que le Chinois étant négociant par excellence, il y a deux fois, cinq fois, dix fois trop de commerçants dans les grandes villes et jusque dans les bourgs; par cela môme tout commerce se divise en une foule de sous-commerces, toute affaire qui pourrait se traiter d'homme à homme se complique d'une longue séquelle d'intermédiaires ; ce qui vaut dix ou vingt centimes finit par valoir un franc, et les sous-traitants en arrivent à gagner, chacun pour soi, plus que le travailleur et producteur. — C'est le vice universel de la « trituration » des échanges.
♦ Un autre vice que suppose l'habileté commerciale, et qu'elle fait naître chez beaucoup de ceux qui n'y sont pas naturellement enclins, c'est l'esprit de mensonge, tel qu'il se manifeste de mille manières dans le monde entier, par la tromperie universelle du vendeur à l'acheteur ou de l'acheteur au vendeur, par la louange de sa marchandise et le dénigrement de la marchandise étrangère, par la réclame éhontée, par l'abus ou la distorsion des textes de loi, par tout le « maquis » de la procédure commerciale.
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Il n'est pas défendu de croire que l'esprit de mensonge qu'on reproche unanimement aux Chinois est en relations étroites avec leur « puissance » commerciale. Sans doute, on ment partout, mais le Chinois, nous dit-on, n'a pas honte d'altérer la vérité; il se pare même assez volontiers d'une tromperie, il la considère comme un bon tour; et tant pis pour qui se laisse prendre! — D'ailleurs solide en tant que payeur, tenant exactement les conventions librement débattues, et fidèle aux échéances.
Si donc on doit louer maintes qualités chez le négociant chinois, jusque parmi les moindi-es boutiquiers, comme aussi jusqu'aux chefs des maîtresses maisons de banques, il vaut peut-être mieux féliciter les gens du « Milieu » d'avoir mérité le nom de premier peuple paysan du monde.
Le commerce d'un pays aussi riche que la Chine en produits de toute espèce, dont les aires s'entrecroisent diversement, représente sans aucun doute une part considérable des échanges du monde entier, mais il est impossible de l'évaluer, même d'une manière approximative, si ce n'est pour le sel et autres denrées sur lesquelles pèse le monopole du gouvernement. Aux abords des grandes villes, les rivières, les canaux sont couverts de bateaux qui se succèdent en interminables convois; les portages, chemins revêtus de glaise, sur lesquels des attelages de boeufs traînent les canots d'un canal à l'autre, ressemblent parfois à des champs de foire; les routes fréquentées des montagnes entre les versants opposés sont parcourues chaque jour par des milliers d'individus. Le nombre des bateliers et des porteurs, qui servent d'intermédiaires au trafic intérieur, s'élève certainement à plusieurs millions d'hommes : tous les voyageurs ont été émerveillés du fourmillement des sanpans et des jonques.
La Chine se suffisant presque entièrement, grâce à la diversité de ses produits, a pu longtemps limiter son commerce extérieur au chargement de quelques navires. Ce n'est pas qu'en principe la nation se refusât à trafiquer avec les étrangers; bien au contraire : les Arabes, les Malais, les habitants de rindo-Chine avaient toujours commercé librement dans les ports du midi de l'empire, et lorsque les Portugais apparurent, en 1516, à l'entrée de la rivière de Canton, ils furent parfaitement accueillis. Nul doute que le territoire ne leur eût été ouvert comme il l'avait été au Moyen âge à tous les voyageurs hindous, arabes, européens qui s'étaient présentés isolément. Mais les Portugais, puis après eux les Espagnols, les Hollandais, les Anglais, arrivaient presque en conquérants, sur des
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navires de guerre, la menace à la bouche et la main sur la mèche des canons.
Dès la troisième visite des Portugais, en 1518, des conflits éclatèrent, et bientôt il ne se passa guère d'année sans que les « barbares étrangers » ne commissent des actes sanglants, justifiant le nom que les Chinois leur avaient donné. En outre, ils guerroyaient entre eux. Les habitants du royaume Central, voyant dans tous ces visiteurs des gens d'une même nation, se demandaient avec stupeur pourquoi ces compatriotes s'enlevaient réciproquement vaisseaux et marchandises; ils ne trouvaient en eux qu'une race sanguinaire et sans foi, que tous les enfants de Han devaient éviter avec soin.
Les ports se fermèrent aux étrangers, ou du moins on ne les reçut qu'en leur imposant des restrictions gênantes et de honteuses formalités. Pour se préserver du contact des Européens, la Chine se faisait inaccessible. « Les barbares sont tels que des bètes et ne doivent pas être gouvernés d'après les mêmes principes que les citoyens » ; ainsi s'exprimait un document officiel traduit par Prémare. « Essayer de les diriger par les grandes maximes de la raison, ce serait vouloir aboutir au désordre. Gouverner les barbares par l'arbitraire est la vraie méthode, et le meilleur moyen de les gouverner. »
Le commerce de l'opium vint ajouter de nouveaux griefs à ceux que le gouvernement de Peking avait déjà contre les Européens. L'usage de cette drogue ne se répandit en Chine que vers la fin du siècle dernier, époque à laquelle il était encore importé comme simple « médicament ». Dès 1800, l'empereur lança une proclamation pour défendre à son peuple d'échanger son argent contre la « vile ordure », mais le mal était déjà fait et le poison se répandait avec une rapidité irrésistible : la Compagnie des Indes avait déjà pour complices des millions de fumeurs, et parmi eux la plupart des mandarins chargés officiellement de mettre un terme au trafic. La contrebande de l'opium s'accroissait d'année en année, au grand détriment du trésor impérial ; l'exportation des thés et des soies restant très inférieure à l'importation de l'opium, l'argent du Royaume Central s'engouffrait « dans les profondeurs insatiables des régions transmarines ».
A la fin, le gouvernement chinois exaspéré eut recours à la force ; en 1839, tous les étrangers établis à Canton, au nombre de 275, furent emprisonnés, et le commissaire britannique ne put acheter sa liberté et celle de ses compatriotes qu'en livrant au vice-roi Lin, pour être détruites, plus de vingt mille caisses d'opium appartenant à ses nationaux et représentant une valeur d'au moins 50 millions de francs.
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Ce fut le signal de la « guerre de l'opium ». En 1841, les Anglais s'emparèrent de l'archipel de Tchousan, puis des forts de la rivière de Canton. L'année suivante, Ningp'o et Tchingkiang étaient pris, l'entrée du Yangtze kiang était forcée, et l'Angleterre dictait un traité à la Chine devant la cité de Nanking. La convention abolissait le monopole des douze hong, intermédiaires auxquels les commerçants étrangers avaient dû s'adresser jusqu'alors, et donnait à la Grande-Bretagne, outre une forte indemnité de guerre, l'île de Hongkong en toute propriété; désormais cinq ports devaient être ouverts au commerce des nations occidentales, Canton, Amoï, Foutcheou, Ningp'o et Changhaï, mais il restait interdit à tout navire britannique de remonter la côte au nord de l'estuaire du Yangtze kiang.
Toutefois les dures conditions du traité ne furent point observées; la résidence dans le port de Canton finit par être interdite aux étrangers, et certains monopoles furent rétablis; de leur côté les Anglais, les Français, les Américains exigeaient de nouvelles concessions.
Une deuxième guerre éclata en 1857 entre la Chine et les deux puissances occidentales, l'Angleterre et la France. Canton fut reprise, et les vaisseaux européens entrèrent dans la rivière de Peking; mais la paix, rapidement conclue et signée à Tientsin en 1858, ne fut qu'une paix boiteuse, et déjà l'année suivante il fallut tenter de nouveau l'entrée du Peï ho, cette fois sans succès; c'est en pénétrant pour la troisième fois dans le fleuve, en 1860, que la supériorité des armes de l'Occident fut définitivement établie; les troupes anglo-françaises prirent d'assaut les forts de Takoou, battirent en rase campagne l'armée que commandait le Tartare Sangkolinsin et campèrent devant Peking. Bien plus, les alliés infligèrent la honte au gouvernement impérial de le protéger contre les rebelles et de reconquérir pour son compte les cités riveraines du Yangtze kiang, occupées par les Taïping. En vertu du traité de 1860, de nouveaux ports furent ouverts au commerce européen, et en 1878, sans qu'il fût nécessaire cette fois de donner la voix au canon, la cour de Peking dut, en expiation du meurtre de Margary, accorder aux négociants européens l'autorisation de choisir d'autres marchés sur le littoral.
Il y eut dès lors dix-neuf ports de mer ou de rivière ouverts au commerce étranger, avec leurs annexes, et sans compter les villes d'escale comme Nganking, Tatoung, Haûkoou, Chazi, et des terrains concédés aux « Barbares de l'Occident », d'où leur nom de « concessions », pour une période de quatre-vingt-
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dix-neuf ans, avec nombreux droits et privilèges, tels que celui de l'extranéité, bref, on peut le dire, des États gênants dans l'État gêné.
Depuis lors, d'autres ports, en grand nombre, sont devenus eux aussi des ports à traité, et nul doute qu'il y en aura de plus en plus à la suite de la guerre du « tournant du siècle », si même ils ne sont pas tous ouverts au trafic de toutes les nations.
Jusqu'à ces dernières années, ces ouvertures
II de ports profitaient presque exclusivement à la
VANGLETERRE Grande-Bretagne; son commerce y était tout à
SUR MER, fait prépondérant; son action politique, déci-
LA RUSSIE sive; son prestige, immense, et les autres nations
SUR TERRE de l'Europe, la France notamment, n'y étaient
aux yeux des Chinois que ses pâles satellites.
Mais les choses ont bien changé récemment : il est vrai
que les Anglais se sont substitués aux Japonais dans le port
fortifié de Weï-Haï Weï, non loin de la commerçante Tcheîbu ;
mais la Russie occupe Port-Arthur, TAllemagne s'est installée
à Kiaotcheou, les Japonais à Formose, la France et l'Allemagne
tiennent garnison à Changhaï, à côté des Anglais qui ne
cachaient pas leur ferme volonté de dominer exclusivement ce
port et tout le fleuve Yangtze kiang, et tout le bassin de ce
fleuve, I cœur » et « fleur » de la Chine.
Les nations maritimes de l'Europe autres que l'Angleterre n'étaient donc, comme on n'a pas craint de s'expi'imer plus haut, que les pâles satellites de la Grande-Bretagne, mais les Chinois n'avaient garde de considérer leurs voisins les Russes comme des subordonnés et valets des Anglais; ils ne « révéraient j> et n'appréhendaient pas moins la « silencieuse » Russie que la « perfide » Albion.
Et la Russie suivait ses voies continentales avec autant de persévérance que l'Angleterre ses voies maritimes.
Si jusqu'à maintenant sur la frontière de terre, au sud et au sud-ouest de l'empire Jaune, le manque de voies de communications faciles ont empêché l'établissement d'un marché international, la Russie a depuis nombre d'années des consulats et des entrepôts dans les villes dzoungares et mongoles, à Tchougoutchak, à Kobdo, à Ouliasoutaï, surtout à Ourga; elle dispose librement de la route po taie de Kiakhta à Tientsin par Kalgan et Siouan hoa; elle a le droit d'installer ses agents aux deux extrémités de la route qui traverse les solitudes du
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Kansou mongol, à Tourfan et à Soutcheou, près de la « Porte du Jade » ; elle rouvre à son profit l'ancienne voie transcontinentale entre l'Orient et l'Occident.
Voisine de l'Empire Chinois sur un espace de plusieurs milliers de kilomètres, la Russie avait sur les puissances européennes, l'immense avantage de pouvoir agir d'une manière continue pour l'accroissement de son influence; grâce aux populations intermédiaires, formant la transition ethnologique de l'une à l'autre nation; elle comprenait bien mieux le caractère chinois et savait obtenir par la douceur et la ruse ce que les Occidentaux cherchaient à conquérir par la violence. La Russie n'a pas eu besoin d'entrer en guerre pour se faire concéder la rive gauche de l'Amour et tout le littoral de la Mandchourie, jusqu'à la racine de la Corée, et pour importer ses marchandises en ne payant que les deux tiers des droits exigés des autres nations.
Tous ces avantages « terrestres > concédés à la Russie, en même temps que les avantages « marins » accordés aux autres « Barbares d'Occident », ne sont rien à côté des libertés qu'elle a prises récemment, peut-être avec secrète connivence de la Chine, en Mandchourie et en Mongolie, pour ne rien dire du Tibet. Sans qu'il y paraisse, 1' « ours » est en train de terrasser la « baleine k.
A l'origine des événements qui semblent
/// devoir livrer la Chine entière aux entreprises des
LES Européens, à leurs industries, à leur négoce,
36 POBTs et non plus seulement à leurs missions, trente-six
A TRAITÉ ports étaient des « ports à traité », accessibles
au commerce international, à savoir :
Nioutchouang, hors de la Chine des dix-huit provinces, en Mandchourie : ainsi nomme-t-on ce port à traité d'après une ville estimée à 60 000 âmes, située dans l'intérieur des terres; mais il s'appelle réellement Yingtze ou Yinkoa, à la rive du golfe du Liaotoung, à l'embouchure du Liao ho, fleuve de 1 000 kilomètres né dans la Mongolie méridionale et renforcé des torrents du Petchili et de la Mandchourie. Yingtze, bien que situé sous le parallèle de Naples, a le grand tort d'être bloqué par les glaces durant quatre ou cinq mois chaque année.
Kintcheou, également hors de la Chine propre, en Mandchourie, est un port double, sur un étroit pédoncule rattachant
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Commerce Chinois.
la presqu'îlette de Port-Arthur, le Liaoutie chan, au reste de la presqu'île de Liaotoung; à l'ouest, port sur le golfe de Liaotoung ; à l'est, port sur la baie de Corée ; roches à l'entrée, et quelques glaces encore, bien que sous une latitude calabraise et
Fig. 21. — TciiEFOU ET Weï-Haï-Weï.
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presque sicilienne. Kintcheou, à 50 kilomètres seulement de Port-Arthur, et Nioutchouang aussi, peuvent être considérés d'ores et déjà comme des ports russes.
Mais les textes officiels des traités ne servent guère qu'à déguiser le vrai. Des ports officiellement ouverts, tels que Port-Arthur et Talien-wan, ne le sont qu'à demi ou peuvent être fermés quand il conviendra aux Russes, tandis que des
La Chine. livre cinquième
ports, où les étrangers ne sont point officiellement admis, sont pourtant disputés par eux, envahis, changés par eux en entrepôts et en forteresses. Tel est le port de Thing-ouang-tao, situé tout près du poste stratégique d'importance capitale qui occupe l'extrémité de la Grande Muraille, Chan haï kouan. Anglais, Russes, Allemands et Japonais se le disputent, se donnant à eux-mêmes les concessions qu'ils se feront accorder officiellement plus tard. Peking est aussi devenu de fait un port ou plutôt un poste ouvert, en dépit de toutes les conventions antérieures. D'autre part, si l'on s'en tient à la lettre des traités, Louichoun kou, c'est-à-dire Port-Arthur et sa voisine Talien-wan, devenue Dalniy pour les Russes, sont censés officiellement être des ports chinois, simplement concédés en bail aux amis et alliés de Russie;
Tientsin, en Petchili, la grande ville du Nord, le port de Peking, la cité du fleuve Peï ho, en même temps que du canal impérial;
Tchefou en Chantoung, à peu près en face de Port-Arthur, à l'ouest de l'anglaise Weï-Haï Weï, devant les flots où se séparent les eaux de la mer Jaune, de la baie de Corée, du golfe de Petchili. La baie de Kiaotcheou, sans être énumérée parmi les ports à traité, n'en est pas moins un port de la Chine, quoique appartenant de fait à l'Allemagne : c'est même le point vers lequel le commerce allemand compte faire converger le principal trafic du Chantoung et du Petchili ;
Yitcheou fou, en Chantoung, au sud des monts de la presqu'île, sur le Yi ho, qui se dirige vers la dépression du Grand Canal, ici lacustre et marécageuse; on estime que sa situation commerciale est avantageuse et les Allemands se disposent à en profiter : il n'y a guère que des mahométans dans cette ville murée de 5 500 mètres de tour;
Changhaï, en Kiangsou, l'un des entrepôts du monde, le port < princeps » du bassin du Yangtze kiang, dans le delta de ce maître fleuve;
Soutcheou, en Kiangsou, la grande, la joyeuse, l'illustre cité, sur une coulée du fleuve dont le cours a été accaparé par le Grand Canal;
Tchingkiang, en Kiangsou, la place marquée pour tant d'échanges, là où le Grand Canal recommence, à la rive droite
Fig. 22. — Baie de Kiaotcheou.
P 'après IVaitJier Anx. et Rinhûiofèn.
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La Chine. livre
du Yangtze, non loin de l'endroit où il se termine sur la rive ganche ;
Wouhou, en Nganhoeï, l'une des cités trafiquantes bordant le fleuve Bleu, qui est ici navigable aux lourds bateaux à vapeur ;
Kiukiang, en Kiangsi, à la rive droite de ce môme Bleu, dans l'heureuse contrée où lui arrive le déversoir du lac Poyang qui, lui-même, a reçu toutes les eaux de la province ;
Hankoou en Houpe, l'emporium central de la Chine, à la rencontre du Bleu et de la puissante rivière Han, qu'animent tout du long d'innombrables sampans et d'innombrables jonques ;
Yotcheou, en Hounan, à la rive droite du « fleuve magnifique », là où il s'ouvre au déversoir de ce lac Toungting dont le bassin embrasse tout le vaste territoire « hounanais » ;
Chazi, en Houpe, sur la rive gauche du Yangtze, en même temps qu'en relations aisées par canaux et canots, avec la rivière Han et le lac Toungting;
Itchang, en Houpe, au terme de la navigation aisée du fleuve central du « Milieu », mais non pas au bout de son accessibilité par jonques, bateaux plats, canonnières ;
Tchoungtchengfou, en Setchouan, un grand port du fleuve Bleu dans la plus grande province de tout l'Empire, celle qui recolonise le plus les pays ravagés par les rebellions ;
Hangtcheou, en Tchekiang, l'une des anciennes capitales de la Chine, et la plus belle de toutes, sur un estuaire qui fut en son temps la fin du Yangtze;
Ningp'o, en Tchekiang, à cinq lieues de la merde Chine, sur un fleuve à marée où la Lusitanie envoya des vaisseaux dès le premier quart du xvi<^ siècle ;
Wentcheou, en Tchekiang, au bord d'un estuaire achevant une rivière dont les branchements drainent le midi de la province;
Founing fou, en Fo'kien, sur une de ces baies qu'on proclame « incomparables », mais avec peu de pays libre en arrière, la montagne y bloquant de près la côte ;
Foutcheou, en Fo'kien, la fameuse ville « navale », à quinze lieues de la mer, sur le fleuve du Min.
CINQUIÈME , Commerce Chinois.
Amoï, en Fo'kien, le port depuis tantôt quatre cents ans fréquenté par les Européens et le lieu d'embarquement d'émigrants innombrables, pour tous les pays où vont travailler et trafiquer des coulis;
Chachantoou ou Swateou, en Kouangtoung, sur un fleuve à marée, au voisinage de la mer, lieu de départ de dizaines de milliers d'émigrants par an ;
Kaoloung, en face de l'île de Hongkong; à retirer de la liste des trente-six, puisque en réalité elle n'est plus chinoise politiquement, l'Angleterre ayant obtenu de la Chine la cession de cette ville et de son territoire par bail de 99 ans de durée;
Lappa, station douanière dans une île du Konangtoung, en face de Macao la portugaise ;
Canton, en Kouangtang, sur sa rivière des Perles, en son delta du Si-Kiang, la capitale commerciale et sociale des Chinois méridionaux;
Kioungtcheou, la capitale de l'île d'Haïnan, ou plutôt le port de cette capitale, à une petite distance au bord de la mer, Kioungtcheou proprement dit étant une ville continentale, sur un fleuve à marée ;
Pakhoï, en Kouangtoung, à la rive septentrionale du golfe du Tonkin, pour ainsi dire dans la banlieue de l'Indo-Chine française ;
Sanchouï, en Kouangtoung, à l'origine du delta du fleuve Si-Kiang, dans la banlieue commerciale de Canton;
Outcheou, en Kiangsi, sur le cours plus ou moins aisément navigable du Si kiang;
Tounghing, en Kouangsi, près de la mer, au voisinage de Mon Kaï, ville de l'Indo-Chine française;
Longtcheou, en Kouangsi, dans le bassin du Si kiang, à proximité de la frontière du Tonkin, sur une voie ferrée venant de Hanoï;
Hokeou, en Yunnan, sur le Fleuge Rouge, simple faubourg de Laokaï, ville du Tonkin : Hokeou est le Song fong des Tonkinois;
La Chine. livre
Moungtze, cité yunnanaise de grande altitude, sur un plateau des montagnes, à la gauche du Fleuve Rouge;
Semao, ville du Yunnan méridional, en pays de montagnes, à quelque distance de la rive gauche du Mékong, non très loin de l'endroit où ce maître tleuve passe dans l'Indo-Chine française;
Momeïn ou Teng Yué, tout à l'occident du Yunnan, à proximité des frontières de l'Indo-Chine anglaise.
Ainsi, quatre sur le littoral de la Chine du nord; un dans le continent du Chantoung, sur le versant du Canal Impérial; dix sur le Fleuve Bleu et dans son delta; douze sur le littoral du sud-est et du sud; un dans l'île d'Haïnan ; deux dans le delta du Si kiang et deux autres dans son bassin; un sur le Fleuve Rouge; trois en « pleine terre », aucunement ports, simples places de commerce près de la ligne de rencontre du Yunnan et de Tlndo-Chine; plus un autre port continental, dont il n'y a pas lieu de s'occuper ici, Yatoung, à la frontière du Tibet et du Sikkim (Inde).
L'ensemble du commerce de la Chine avec
IV les pays étrangers a presque trois fois décuplé
COMMERCE depuis l'ouverture des ports.
EXTÉRIEUR En voici l'ascension graduelle depuis la
DE LA CHINE guerre anglo-chinoise, qui a fait la première
brèche à la muraille de prohibition dont le
« Milieu » s'était entouré :
1836 à 1842 (moy. ann.)