RÉPONSES DE M. VITU ET DU GÉNÉRAL TROCIIU. RÉPONSE DE M. YITU
AUX QUESTIONS POSÉES PAR x\i. LE PRÉSIDENT.
M. LE Président : Vitu, vous êtes prévenu de vous être rendu coupable du double c'élit de diffamation et d'outrage contre M. le général Trochu, en fournissant à M. de Villemessant les deux articles incriminés; avez-vous quelques explications à fournir?
M. Vitu : Celles que j'ai à vous donner personnellement, monsieur le Président, seront très-courtes. Mon défenseur présidera à la discussion des faits, et ils s'expliqueront d'eux-mêmes, à mesure qu'ils se dérouleront devant vous.
Mes intentions ont été très-simples. Je n'ai pas pris la plume avec la volonté de commettre quoi que ce soit qui ressemblât à un délit, ni de diffamer ou d'outrager le général Trochu. Mon seul but, c'était de faire connaître à i3n public nombreux ce que je crois la vérité sur des faits qui se sont passés sous nos yeux et qui ont impliqué à un si haut degré les intérêts et l'honneur de la France. Je l'ai fait en pleine conscience et en pleine connaissance de cause. Si, dans ces articles, la phrase est paifois dure, je ne m'en accuse pas précisément, car il est naturel que, lorsqu'on écrit et qu'on pense ce qu'on écrit, l'expression suive le cours de la pensée, arrive à être forte et à donner aux personnes intéressées l'impression d'un outrage.
Voilà toute l'explication que j'ai à donner.
Je ne crois pas au fond m'être écarté de ce qui était mon droit, bien que je l'aie fait sous une forme agressive, appropriée à l'organe dans lequel j'écrivais. Je crois m'être préoccupé surtout d'être un historien et n'avoir fait qu'exercer le droit de critique. L'ai-je franchi ou exagéré? Je ne sais, mais j'ai cru faire œuvre d'historien consciencieux, et j'espère que l'audition des témoins justifiera pleinement ce que je dis.