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Voir plus haut, Louis refusait de l'épouser

Enfin le roi Joseph envoie à son neveu cette lettre navrée :

Au prince Louis.

Londres, le 10 juillet 1837.

Mon neveu.

Je reçois votre lettre d'aujourd'hui , il en coûte à mon cœur de ne pas vous voir et vous traiter avec la tendresse que j'ai toujours eue pour les enfants de mon bien-aimé frère Louis ; mais vous avez rompu les liens qui m'attachaient à vous, en permettant qu'on vous crût capable, de mon vivant et de celui de votre père, de vouloir prendre notre place! Que serait-ce que ce monde si les enfants et les neveux ne voulaient pas attendre la mort de leurs parents pour occuper leur place? Ni l'imagination de Milton, ni le pinceau de Michel-Ange ne seraient capables de représenter Phorrible scène de ce bouleversement, sans cesse renouvelé, car les enfants aussi sont destinés à être pères un jour. — Je me suis expliqué avec M. de Persigny, je lui ai écrit, je ne sortirai pas de ma résolution, prise avec maturité : A chacun la responsabilité de ses œuvres. — Je ne veux pas, par mon indulgente indifférence, donner à mes enfants et petits-enfants le droit de me compter déjà comme mort. Je ne veux pas me fermer le continent, où des affections de famille me restent encore. — Vous vous

- u3 êtes séparé des quatre frères de l'Empereur ; pour ma part, j'ai accepté la séparation que vous avez voulue : je n'ai pas d'animosité, mais je suis mû par le sentiment de la justice, qui ne me permet pas de sacrifier le bonheur de voir un jour mes enfants, au plaisir de revoir un neveu qui m'a assez peu connu et assez peu estimé pour penser que je céderai jamais à personne l'obligation où je suis d'être toujours tout ce que voudra ma nation et rien que ce qu'elle voudra. — Le temps, la volonté de votre père, de vos oncles, pourront un jour modifier peut-être ma résolution; quant à aujourd'hui , je désire que vous me laissiez en paix dans ma retraite, c'est assez de l'amertume dont vous avez jusqu'ici enivré les jours de votre famille, qui avait droit de compter sur plus de confiance et de modération de votre part.

Adieu> je fais des vœux pour votre bonheur. Vous ne le trouverez que dans le repentir, le travail et votre soumission à la volonté de la Providence; puissiez-vous rendre la tranquillité à votre mère, et à cet excellent Louis, le meilleur et aujourd'hui le plus malheureux des hommes.

Le 5 juin 1839, le roi Joseph, au moment de la mort de la princesse Charlotte, écrit à cet incorrigible neveu Louis :

Mon cher neveu , j'ai lu avec quelque consolation les témoignages d'intérêt que t'a dictés la perte inat-

- 114 ^ tendue que nous avons éprouvée. Cette chère enfant t'aimait beaucoup aussi, et elle s'était interposée comme un bon ange entre toi et ton père I

Ainsi , le père et le fils étaient souvent en querelle. L'esprit droit et modéré de i'ex-roi de Hollande n'admettait pas les extravagances nébuleuses du prince Louis . Ce qui n'empêchait pas, lorsque le fils était traduit devant la Cour des Pairs, le vieux roi de défendre, dans une lettre rendue publique, celui qu'il appelait un caractère faible entraîné par des amis.

Quant à Mathilde, elle se consolait. Le prince Demidoff écrivait au roi Joseph la lettre suivante :

Florence, ce % septembre 1840.

Monseigneur,

Je me fais un devoir d'annoncer à Votre Altesse que Monseigneur le prince de Montfort a bien voulu donner son consentement à l'union qui depuis longtemps était l'objet de mes vœux. Je suis sensible comme je le dois à cette marque de confiance qui me remet le soin du bonheur d'une personne aussi accomplie que votre nièce Test, Monseigneur.

J'ose compter sur les sentiments bienveillants de la famille dont cette heureuse alliance va me rapprocher, et en particulier, Monseigneur, sur ceux dont j'ai déj^

- u5 reçu des témoignages de la part de Votre Altesse. En les invoquant de nouveau, je saisis cette occasion pour vous assurer, Monseigneur, de mon profond respect et de mon dévouement sans bornes,

Demidoff.

La princesse Mathilde épousa le prince Demidoff. On sait comment finit ce mariage.

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