PALAIS DE COMPIÈGNE
Spectacle du Vendredi 5 d&embre 1862
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Pantomime en deux tableaux •
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Jan, fermier Barôh Lambert
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Casia | ** &lk * % • 7S.A.S. P*« dé MêttéHtfch.
Stenko, fiancé deCasïa. M, À. de ïoledo.
La fée Cassilda . . . . Baronne de Vatry.
La fée Maladetta . . , Comtesse Stéphanie Tascher.
SiaaaUoi mauvais génie Gomte de Jaucourt.
xi . , , , l G 1 * de Glermont- Tonnerre*
Mauvais génies . . . .) „ , V . A
p ( Raron 4e Vatry.
Baronne de Vatry.
M me Dubois de l'Etang.
C Me de Clermont-Tonnerre.
Lady Westmorland.
Paysannes et paysans. ( . , ' . . ^ J r J \ Marquis de Caux.
Marquis de Caumont.
M. Caro.
I Comte de l'Aigle.
Compiègne. Typographie de Vol de Conantray.
Et qui ne se rappelle les revues de M. de Massa ? Les Commentaires de César ont déjà fait leur chemin par le monde. M. le marquis de Massa était Vhomme-revue de la cour, troussant le couplet comme Clairville et Grange, l'actualité comme Guénée. Il faisait des revues même au Mexique : « Massa, dit une lettre intime, compose une revue mexicaine, qu'il veut faire jouer à son retour à Mexico ; il nous a lu quelques scènes qui sont fort amusantes; M m6 Magnan sera sa principale actrice et jamais Mexico n'aura vu fête pareille. »
Que l'on avait ri, ep novembre i865, à Compiègne, lorsque défilaient devant Leurs Majestés tous ces personnages allégoriques spécialement chargés de célébrer César: l'Angleterre, la France, Deauville, l'Africaine, Robin des Bois, l'hôtel des Ventes, etc. ! Le prince impérial jouait un grenadier, le lieutenant-colonel de Galliffet, un fantassin, et le général Mellinet, un invalide. S. A. le prince de Metternich, ambassadeur d'Autriche, tenait l'orchestre, tandis que la princesse représentait une vivandière de ces
turcos qui, à Tûrbigo, enfonçaient leurs baïonnettes dans les ventres autrichiens, et chantait :
Je suis une guerrière Au cœur, au cœur joyeux, La vi, la vivandière Des turcos bleus !
Puis on s'amusait gaiement, sur un air d'Offenbnch, Je ce pauvre diable de Vercingétorix, un héros de la Gaule, paraît-il, à qui on élevait, Dieu sait pourquoi, une statue quelque part en France ;
Le roi bronzé qui s'avance,
Et seul en vaut dix,
C'est Vercingétorix.
Cet Auvergnat de naissance
Vient des bords du Styx,
Reyient des bords du Styx !
Je veux bien que Vercingétorix ne soit pas un de ces personnages sacro-saints auxquels il soit interdit de toucher, et je ne crierai certes pas au sacrilège. Et pourtant j'éprouve une amertume profonde à voir le souvenir même de ce fier Gaulois, l'aïeul des martyrs de la patrie, traîné devant le César de Compiègne sur un air de quadrille comme sur une claie.
En revanche, si le Gaulois est raillé, l'historien de César reçoit plus d'une fois d'assez brutales bouffées d'encens.
Tantôt il est te eoetor qui mène le ehâf de l'État, taatôt le savant acharné qui fouille activement les vieux testes.
et les tombeaux. Au surplus, sur l'air de T'en souvienstu y ou sur l'air : Je $*ii k$ muse 4u printemps, il est toujours parfait.
Air : T'en souviens-tuf
Ce cocher-là, jour et nuit, je vous jure, Du siège auguste où le peuple l'a mis, Depuis seize ans sait bien, d'une main sûre, Mener ton char et ses coursiers soumis!
Des trop fougueux calmant l'effervescence, Des trop craintifs corrigeant les arrêts.
Son char enfin, c'est celui de ta France Et son chemin «'appelle le progrès.
Air : Je suis la muse du printemps.
De César ouvrir le tombeau , Cette pensée était féconde :
D'une recherche si profonde La vérité fut le flambeau !
Sur les vestiges de la pierre, Dans les forêts et dans les camps, Dans les entrailles de la terre, L'auteur a pris ses documents.
Proscrit d'abord, au premier pas, César, maître chargé d'entraves, Prouve aux pirates* ses esclave*,
Qoe sa rançon, c'est leur trépas...
Cinq ans de lutte et de conquête , Cinq ans par vaux et par chemins, Et les Gaulois courbent la tête Sous le joug des soldats romains !
Devant César tout a fléchi ; Un grand acte ici se consomme , Et.déjà pour marcher sur Rome, Voilà le Rubicon franchi 1 Demain, ô leçon opportune, Le sort, qui domine les rois, Tiendra César et sa fortune Dans une coquille de noix!...
Mais son étoile a survécu , Vainqueur de Pompée et Pharnajce, On sait le bulletin qu'il trace :
« Je vins, je vis et j'ai vaincu ! »
Malgré tant de haines rebelles, Nul pamphlet ae doit les ternir; A lui les palmes immortelles Que lui réservait l'avenir!
Loin des partis qui ne sont plus, Le temps a dégagé l'histoire, Et César reniât dans sa gloire Après deux mille ans révolus!
Plus loin, la France et l'Angleterre fraternisaient et célébraient sur un vieux pont-neuf, le traité de coin-
merce qui, dans la réalité, souriait surtout à nos voisins.
— Plus de passeports 1 disait l'Angleterre; nous jetons un pont sur la Manche i
— Et, ajoutait la France, le boulevard Haussmann est prolongé jusqu'à Piccadilly.
la France, avec émotion.
Ma sœur...
l'angleterre, de même.
Ma sœur...
(Elles s'embrassent.)