PRUDHOMME
Air : Voici la riante semaine*
Lorsque je vois la France et l'Angleterre A qui mieux mieux ici se cuirasser, Je me demande et je ne comprends guère A quoi ça sert, si c'est pour s'embrasser.
Je ne veux pas leur faire de reproches, Mais la raison?
l'industrie.
Est facile à trouver :
Ayez toujours des canons dans vos poches, On ne sait pas ce qui peut arriver.
TOUS
Ayons toujours des canons dans nos poches, On ne sait pas ce qui peut arriver (bis).
- i^ - Certes, pour être rimé, le conseil n'en était pas moins excellent. Il fallait le suivre. A quoi bon? Avait-on, en ce monde, quelque chose à craindre? La revue s'amusait de la loi sur* la coalition, et de l'argot du jour, et des ventes des filles à la mode, et de tout et de tous, même des Prussiens qui venaient de prendre les duchés. Le Sleswig-Holstein , bah! quêtait cela, en vérité, et qui pouvait y découvrir un point noir ? Personne.
Chacun voulait prétendre Aux duchés incompris, Afin de les comprendre Les Prussiens les ont pris...
Mais ils devaient les rendre Après avoir appris Que le diable à tout prendre N]ya jamais rien compris...
Ainsi on se sauvait d'une irréparable faute politique — faute première qui fut un crime, Duppel engendra Sadowa — on s'en lavait par des chansons , des fredons, des couplets. Et quant à prendre le Rhin, on le prendrait un jour ou l'autre, si Ton voulait bien. On riait en attendant. Le vicomte d'Espeuilles, mort si bravement dans cette triste guerre, jouait dans ces Commentaires de César un troisième badaud. Il jouait en comique et mourut en héros.
Ces Commentaires de César l furent publiés dans
i . Les Commentaires de César, revue de l'année, en deux actes, représentée les 26 et 27 novembre 18(0, sur lc v théâtre du palais de Compiègnc.
«- 14e — te Nain jaune, à leur date, et on pourrait retrouver quelqu'un des rares exemplaires imprimés par Vallée sur papier de Hollande (in- 18, i865); mais il existait une autre revue de M. de Massa, demeurée jusqu'ici tout à fait inédite.
C'est la revue de 1867, que M. de Massa dédiait ainsi à Sa Majesté l'Impératrice :
Mais si vos fronts sont égayés , Si , loin des travaux de l'Empire, Vous daignez parfois leur sourire, Les acteurs seront bien payés.
(Massa, 16 décembre 1867.)
C'était, s'il m'en souvient, un volume à couverture bleue, manuscrit, et portant à sa première page ce titre : Les Souverains à Paris, revue en deux tableaux de l'année 1867.
L'année de l'Exposition, criarde, bruyante, fiévreuse, et qui déconcerta et vit crever comme bulles tant d'espoirs gonflés! l'année où M. Le Play écrivait à l'Empereur : Jài usé de mon autorité en m y inspirant d'un principe que les délégués du pouvoir pratiquent peu depuis quatrevingts ans. Prenant la responsabilité des actes de contrainte, j'ai fait remonter, autant que possible, au souverain la reconnaissance due pour les actes gracieux (14 novembre 1867).
Année qui ne tint guère ce qu'elle promettait et qui jeta à l'Empereur effaré le cadavre de Maximilieh au milieu des fanfares et des acclamations de la distribution des récompenses!
C'est cette année 1867 que M. de Massa passait en revue. La pièce a-t-elle été représentée? Je l'ignore. La brochure ne parle que d'un projet de distribution.