‹ L'empire, les Bonaparte & la courChapitre 38 sur 59 · ORDRE DU JOUR · texte numérisé non relu

ORDRE DU JOUR

Sa Majesté l'Impératrice se trouvant le 24 de ce mois aux Tuileries, a fait demander une carafe d'eau glacée. L'huissier Pierrot a ordonné au valet de pied Bablet d'aller la chercher immédiatement; mais celuici s'y est refusé et il en est résulté un retard fâcheux dans l'accomplissement des ordres de Sa Majesté.

A cette occasion , le valet de pied Caillieux a pris parti pour son camarade et a grossièrement répondu à M. Pierrot.

Ces deux hommes méritent d'être punis.

En conséquence, l'adjudant général du palais leur inflige à chacun une garde hors tour.

L'adjudant général du palais, Rolin.

27 août i855.

9 mai 1868. — Le sieur KiefFer porte une lettre rue Lafayette. Il sort à 1 1 heures 45, rentre ivre à 3 heures. Déjà puni pour avoir pris des éponges.

Cet homme n'a pas le sentiment de ses devoirs et il faut prendre à son égard les mesures les plus sévères.

Etc., etc.

On a publié les mots d'ordre que Ton donnait aux gardes du palais. Un des mots d'ordre de septembre 1 870 était (la fatalité s'en mêle) : Soult et Sedan,

Que de souvenirs semblables, de curiosités enfouies, disparues dans l'incendie des Tuileries ! L'ex-impératricc conservait , par exemple, des cheveux des princesses d'Angleterre, de la reine Victoria. On avait échangé cela à Londres. Il y avait aussi beaucoup de dessins à la plume du petit prince. L'un d'eux représentait des Prussiens battus par les Français.

Ces mille riens formaient le bric-à-brac de l'histoire du second empire et je ne les regrette pas sans doute comme des pièces capitales. Mais quoi! tout a son prix : une mouche sur un visage lui donne sa vraie physionomie. L'historien à vues philosophiques a lui-même besoin de ces détails d'anecdotes. Les bibelots historiques, comme les curiosités artistiques, ont leur prix.

Aussi ne don né- je ici beaucoup de ces curiosités que, si je puis dire, comme des historiettes d'étagère.

Après tout, Trianon et sa laiterie ont leur place même dans le grand drame de la Révolution française.

C'est Trianon et la bergerie qui me font penser à Cendrillon .

L'ex-impératrice avait un âne qui s'appelait Cendrillon. Elle l'adorait, jusqu'au jour où elle lui en préféra un autre. Ce jour venu, un courtisan intercéda pour Cendrillon délaissé par la lettre que voici, une de ces plaisanteries précieuses auxquelles jadis excellait ce bel esprit de Voiture. Le morceau malheureusement n'est pas signé. Mais il donne bien le ton d'une cour où l'argot du boulevard se glisse dans les conversations habituelles et où le « on en mangerait » du gouailleur souligne l'afféterie du courtisan.

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