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CHAPITRE VIII

Documents divers.

On trouvera, réunies ici, plusieurs pièces importantes qui complètent ou éclairent les chapitres précédents, et des documents d'un intérêt littéraire ou politique spécial que je ne pouvais classer dans les divisions un peu arbitraires , sans doute, adoptées pour ce volume.

En première ligne, je citerai ce travail du roi Joseph, véritable rudiment de ses Mémoires, travail qu'il adressait à l'auteur américain d'une Vie de ï Empereur, au major Lee.

Ce major Lee qui tenait à la fois et la plume et l'épée, était-il le fils de ce général Henri Lee (mort en 1818) et qui nous a laissé les célèbres Mémoires sur la guerre d'Amérique? (Mémoirs of the Warin the southern départment of the United-States). Toujours est-il que ce major Lee était venu à Paris et avait demandé des renseignements précis au roi Joseph qui lui répondait par les observations suivantes :

Deuham New-Uxbridge, i5 novembre, et Londres, 3o novembre i8?4,

A Monsieur le Major Lee, 29, Allée des Veuves, Paris.

Je viens de lire le premier volume de la Vie de l'empereur Napoléon. En réplique à votre lettre du 22 février, je m'étois offert de répondre par oui ou par non à toutes les questions que vous auriez pu me faire ou par un candide je ne sais pas, le cas échéant. Quelques entretiens avec vous eussent encore mieux valu et je persiste à croire qu'ils seroient utiles à l'exactitude de votre ouvrage r puisque c'est la vérité que vous cherchez et que vous ne sauriez la trouver entièrement dans les écrivains qui vous ont précédés (sic); presque tous ont eu un thème prescrit par les puissances ou les passions politiques qui gouvernent l'Europe depuis la chute de l'empire François. Les uns, comme Walter Scott, Bourrienne, etc., ont eu mission de décrier Napoléon; les autres, tels que Norvins et ses copistes, de dénigrer ses frères, qui lui ont survécu. Aujourd'hui, surtout, c'est la mode en France pour justifier les confiscations et les persécutions dont ils sont les victimes, de les représenter comme des hommes nuls et indignes de leur nom. Il n'est pas difficile de deviner quels sont les hauts intérêts qui tracent cette marche aux écrivains mercenaires, que suivent, sans s'en douter, ceux qui écrivent de bonne

foi , mais sur de faux errements et sans connoître personnellement aucun des frères de Napoléon. Il n'en auroit pas été ainsi de vous, monsieur, si j'avois pu avoir l'avantage de vous voir ; j'aurois porté la conviction dans une âme pure, telle que doit être celle d'un écrivain d'un pays vraiment libre, possédant l'estime de deux hommes supérieurs, tels que Mareschâl et Hopkinson. Je pense que dans l'intérêt de la vérité, qui est aussi celui du long succès de votre ouvrage, vous devez faire pour les volumes qui vont suivre ce que vous n'avez pas fait pour le premier, dont je viens d'achever la lecture. Vous concevez, monsieur, que ce n'est pas la vie de Napoléon que je puis écrire, moi ; je ne puis que vous soumettre quelques souvenirs dont je suis bien sûr et qui eussent suffi à rendre votre premier volume libre de toute erreur.

Vous pensez sans doute comme moi, Monsieur, que, pour être respectée, la mémoire de Napoléon n'a besoin d'aucun ornement étranger; la vérité lui suffit.

Il n'est pas besoin surtout de l'exalter au détriment de ses parents, qu'il a toujours eu raison d'aimer; vous ne voudriez pas, Monsieur, lui avoir déplu s'il revenoit au monde. C'est donc la vérité qu'il vous faut aider à rencontrer, souvent loin des traces de vos prédécesseurs.

Pour suppléer, autant qu'il est en moi, aux conversations qu'il importeroit que j'eusse avec vous, je vous

envoie quelques pièces * qui pourront vous servit dans les volumes qui vont suivre et dans une nouvelle édition de votre premier volume :

i° Une note contenant l'exacte vérité sur la descendance de Napoléon. Elle repose sur des pièces authen-T tiques qui sont en mon pouvoir, . 2° Une note parmi celles que j'avois indiquées ou croisées en marge des premiers volumes de M me d* Abrantès. Elle vous prouvera Terreur dans laquelle vous êtes tombé, d'après elle, en fesant descendre Napoléon des empereurs grecs Commène. C'est une fable.

3 e Une copie de lettre que j'écrivis à M. de Las Casas lors de la publication de la première édition de son ouvrage, sur Terreur que vous répétez à mon détriment et que M. de Las Casas a reconnue et rectifiée dans les éditions suivantes, Voiez à ce sujet M. de Las Casas, qui est à Paris. Sa réponse est restée aux États-Unis.

4° Une lettre du général Lamarque, en preuve de ce que je vous dis dans l'article ci-dessus, ■

5° Une biographie qui a été imprimée sur moi; elle vous démontrera ce que mes compatriotes de la Corse, qui sont à Paris, pourront vous dire plus convenablement que moi, sur les premières années de la Révolution dans le département de la Corse, où j'ai constamment été honoré de la confiance de mes conci-

i . Elles n'étaient pas jointes, aux Tuileries, à cette lettre de Joseph,

toiens depuis 1788 comme officier municipal; président du district en 1789, administrateur du département sous la présidence du général Paoli, en 1791, 92 et 93 S député au conseil des Cinq-Cents. La confiance constante du pays n'est nulle part accordée à un homme tel que me représente M. de Norvins et tel que je suis représenté à la page 48 et 58 de votre premier volume.

6 e Vous avez connoissance de la réponse de Louis à Walter Scott. Voiez sur le même sujet la copie de l'écrit d'un Américain au comte Bonacorsi, auteur des Commentant di Napoleone.

7 Les contemporains de Napoléon auroient bien des observations à faire sur la manière dont vous envisagez les événements de la Corse au commencement de la Révolution. Napoléon n'étoit pas un chef de parti en opposition avec le général Paoli; les pièves n'ont rien à faire avec les clans d'Ecosse ; il n'étoit le chef d'aucune. C'étoit un simple officier d'artillerie. Paoli étoit l'homme de la nation corse, plus populaire que Wasghinton (sic) en Amérique. Il étoit général de division, commandant en chef les troupes françoises, qui n'aiant pas été sur le continent de la France depuis la Révolution, étoient moins imbues des principes révolutionnaires que leur commandant; les offi~ ciers n'aiant pas émigrés (sic) contribuoient à les

1. Toutes ces dates sont rayées par Joseph sur la minute de ce petit travail*

défendre de la contagion des idées nouvelles*; il correspondent directement avec le roi Louis XVÏ. Napo* léon, né dans une ville maritime, occupée par les troupes françoises depuis 1764, n'avoit pas une influence personnelle ou de famille sur une piève particulière : les villes maritimes de la Corse, occupées de tous temps par des troupes étrangères, peuplées, de descendants d'Italiens, de Grecs ou de Provençaux, ne participoient point des mœurs des Corses de Tintérieur du pays; ainsi tout ce que vous répétez de l'inimitié héréditaire des Peraldi est faux ; j'ai beaucoup contribué par mon vote et celui de mes amis à envoier M. Manus Peraldi à l'Assemblée législative en 1792. Nous étions amis, ainsi que M. PotfodiBorgo, à cette époque. Peraldi est mort; M. Poçço di Borgo, aujourd'hui ambassadeur de Russie* vit à Paris; nous ne nous sommes plus revus depuis , mais je ne crains pas que vous le consultiez *.

Ainsi s'évanouiront toutes les calomnieuses chimères de Scott et de la presse angloise. Cest V administration du département dont j'étois membre qui occasionna la division avec Paoli, qui fut aliéné de la France par la condamnation et la mort du roi; dans le principe il ne fut pas plus anti-françoi* que Lafayette. Il reçut plus tard l'es Anglois, lors de Tcc-

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