Rayé dans le texte
2. Pozzo di Borgo était l'oncle de MM. Louis et Charles Blanc.
cupation de Toulon, après avoir refusé le commandement de l'armée d'Italie, mais il faut convenir qu'en agissant ainsi il défendoit sa tête. La Convention régnoit alors, elle envoya trois commissaires (ce furent La Combe Saint Michel, Delcher * et Salicetti); ils furent accueillis par l'administration du département, mais Paoli les vit arriver avec dépit; les troupes françoises, les administrateurs du pays ne purent résister à l'ascendant du général Paoli, qui ne voulut pas quitter lui-même le pays; il leva l'étendard contre la Convention ; les commissaires et les plus ardents amis de la France durent suivre le mouvement dirigé contre tout ce qui continuoit à reconnoître l'autorité françoise : Napoléon suivit le mouvement imprimé par l'administration départementale, les commissaires de la Convention et les troupes françoises. Comme il commandoit un bataillon du pays, que j'étois l'un des administrateurs du département, Paoli dut se prononcer énergiquement contre d'anciens amis, et c'est ainsi que, par l'incendie de nos propriétés, nous nous trouvâmes en Provence, comme se trouvent des proscrits ; ce fut notre fidélité à la France qui nous fit sacrifier toute notre existence dans notre pays : que ce soit là un texte d'invectives pour sir Scott contre Napoléon, le lecteur jugera 2 .
Je me mariai en Provence : M. Clari, père de ma
i . Ex-homme de loi à Brioude, député à la Convention. 2 . Les mots soulignes sont rayés dans le texte.
femme, n'a jamais pu articuler les sottises que lui ont attribuées les libellistes, il étoit mort plusieurs années avant mon mariage et je ne l'ai jamais connu. Je fus à Paris avec mes collègues du département et nous obtînmes la formation d'une petite armée pour retourner en Corse. Elledevoit s'embarquer à Toulon et Toulon venoit de tomber au pouvoir des coalisés ; les Anglois avoient alors été reçus dans tous les ports de la Corse, excepté Calvi. Le général Dugommier et les troupes qu'il devoit conduire en Corse furent emploies au siège de Toulon ; Napoléon y commanda dans le fait l'artillerie. J'étois souvent avec lui et suis en mesure de dire que le récit que vous faites du siège est parfaitement exact. Le général Dugommier avoit conçu tant d'estime pour le jeune commandant de l'artillerie qu'il voulut lavoir avec lui dans sa voiture, lors de son entrée solennelle dans la ville de Toulon ; le commandant ne se trouvant pas au quartier général, le général Dugommier voulut que je remplaça (sic) mon frère dans sa voiture. Le souvenir de cette anecdote est restée (sic) dans mon cœur, j'espère que vous croiez sans peine que c'est un sentiment de juste reconnoissance pour deux illustres morts qui me fait entrer dans ce détail et non une puérile vanité.
Napoléon avoit écrit un Essai sur les Révolutions de Corse '. L'abbé Raynal habitoit alors Marseille, il
1 . V Essai de Napoléon n'a pas été perdu, quoi qu'en dise plus loin Joseph. On a trouvé le manuscrit annoté et corrigé dans
correspondoit avec lui. Je me rappelle d'une (sic) lettre où il lui mandoit : « M. le comte de Mirabeau, ot duquel j'ai envoie votre écrit, me charge de vous en- « gager au voiage de Paris, » et il ajoute : « L'écrit que « vous m'avez envoie est parsemé de traits qui décèlent « un esprit supérieur. » Il est à remarquer que Mirabeau lui-même, se trouvant en Corse avec son régiment, dans sa première jeunesse, avoit aussi écrit un Essai sur les Révolutions de la Corse; l'un et l'autre
les papiers que M. Libri a recueillis à Lyon (Voir son article de la Revue des Deux-Mondes, du I er mars 1842), M. Libri publie même dans cet article un fragment de YEssai sur la Corse ou deYHîstoire de Corse (c'est le même ouvrage). Ce fragment est l'épisode de Vanina et Sampiero. M. de Montholon avait déjà donné une édition de cet Essai à propos duquel, sans doute, Bonaparte écrivait cette lettre que l'histoire a conservée avec son orthographe originale :
- Je vous prirai de m'envoyer les deux derniers volumes de VHistoir de la révolution de Corse, par l'abbé Germanès. Je vous serais obligé de me donner note des ouvrages que vous avez sur Pisle de Corse, ou que vous /?o«rief me procurer promptement.
n Tentent (sic) votre réponse pour vous envoyer l'argent à quoi cela montera.
» Vous poureç adresser votre lettre :
w A monsieur de Buonaparte, officier d'artilerrie au régiment de La Fère, en garnison à Valence en Dauphiné.
" Je suis, monsieur, avec une parfaite considération,
n Votre très humble et très obéissant, etc., etc. « Buonaparte, v Officier d'arttferie. »
ont été perdus. Celui de Napoléon, je me rappelle très bien, étoit écrit avec chaleur patriotique, à la manière de J. J. Rousseau, qui étoit alors son auteur favori.
Les pièces 8 et 9 ont simplement pour but de vous convaincre du peu de justice de l'opinion que vous avez émise d'après les écrivains mal informés.
J'accompagnai Napoléon à l'ouverture de la campagne d'Italie et le quittai à Cherasco le 4 floréal an IV, chargé par lui de faire connoître au Directoire les raisons qui l'avoient porté à accorder la suspension d'armes *, et celles qui lui faisoient vivement désirer la conclusion d'une paix prochaine avec le roi de Sardaigne. Je fis le voyage avec Junot, son aide de camp *. Le Directoire approuva ces dispositions.
La réponse à votre question sur l'exécution du duc d'Enghien peut être donnée par ceux qui ont entendu M. le comte Real aux États-Unis. Il est mort depuis quelques mois, mais il doit avoir laissé des Mémoires. Il étoit possesseur de beaucoup de pièces originales. Il résultoitde sa conversation que Napoléon vouloit faire grâce au descendant du grand Condé et même l'emploier militairement. Mon frère me l'a assuré à moi comme à M. Real, le jour même de l'arrivée du duc ù Vincennes.
J'ai revu Napoléon le lendemain et l'ai trouve