Cité par la Gazette cVAugshouvg
2. Les Allemands, toujours mal informés de ce qui nous regarde el oolammeal le prince de Hohetiiohe iDgelûDgen,
BILAN EXTÉRIEUR
l'état d'esprit allemand : « De quelque cùté que la Prusse dirige ses regards, elle n'aperçoit que
la France qui la <;èiïe dans Tacconriplisscmcnt de ses desseins. Qu ou veuille bien considérer que la nation prussienne est pleine de fierté, de vigueur et d'anibitioii, qu'elle a au plus haut point le sentiment de sa propre valeur, qu'his* toriquement elle considère la France comme son ennemie séculaire, et on se fera facilement une idée des sentiments de méfiance, d'amertume, de haine même qu'a fait naître chez elle, à régaid de la France, la situaiiun issue des événements de 1866. Aujourd'hui la France, loin d'exciter aucune sympathie en Prusse, y est un objet de liaine pour les uns, d'envie pour les autres, de méfiance et d'inquiétude pour tous. Il n'y a qu'un politique sentimental, ou un rêveur sans aucune connaissance du jeu des passions, qui puisse conserver Tespoir d'une entente. On doit donc s'y attendre : le conflit naîtra un jour ou l'autre, terrible et acharné. La guerre est à la merci d'un incident. Quel qu'il soit, les esprits superficiels le regarderont comme la cause de la guerre, mais cette cause est beaucoup plus profonde et plus complexe. L'hostilité réciproque des deux peuples, hostilité toujours croissante, pourrait se comparer à un fruit qui mûrit, et l'incident d'où naîtra la
ont prétendu que les rapports de StofTel ont été retrouvés à Saint-CU)U(i non ouverts. Ils étaient adressés au ministère de la Guerre, lus avec attention et comrnunuiucs ensuite à rEmpereur qui, après les avoir lus, les renvoyait.
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L'EMPiaB LIBÉRAL
rupture sera cuniiiie le choc accidentel qui fait tomber de l'arbre le fruit venu à maturité. » Pas iiu des espions allemands qui sillonnaient la France (et il n'en manquait pas) n'aurait pu tracer de nos sentiments vis-à-yis de F Allemagne un tableau approchant de bien loin celui que Stoffel faisaitde la haine allemande contre nous. Nous étions donc haïs bien plus que haïssants. Et cependant, par une inexplicable contradiction (et c'est par là que ces rapports deviennent trompeurs) y c'est au peuple haï que Stoffel attribue d'avance la responsabilité d'un incident d'où sortira la guerre inévitable.
« La Prusse n'a nullement l'intention d'atta^quer la France. Elle fera au contraire pour éviter la guerre tout ce qui est compatible avec son honneur. Il est erroné de croire que la Prusse déploie cette immense activité militaire avec rintention d'amener un conflit, et tout concourt à le prouver, le bon sens le plus vulgaire, la connaissance des choses et celle des intérêts de la Prusse, le sain jugement du Roi et de son gouvernement, la haute intelligence de M. de Bismarck, enfin l'absence de tout indice. »
Il rapporte avec componction que Bismarck lui disait : « Jamais nous ne vous ferons la guerre ; il faudra que vous veniez nous tirer des coups de fusil chez nous, à bout portant. » On le voit, Bismarck était bien servi.
Cette complicité lui fut très précieuse. Les affirmations de Stoffel venant se joindre aux
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rapports optimistes de Benedetti, Topinion s'établit dans l'esprit de l'Empereur et de ses ministres que nous n'avions aucune agression à redouter, que la guerre était entre nos mains, et que si nous ne la provoquions pas de propos délibéré, elle n'éclaterait pas. Or, comme l'Empereur était décidé à ne pas insister sur le règlement de la question du Sleswig, et que la seule hypothèse dans laquelle il ne croyait pas pouvoir éviter la guerre, Tunion politique du Sud avec le Nord, paraissait abandonnée par Bismarck, la paix lui semblait tout à fait assurée.
Les avertissements effravés de M"* de Pour-
talés n'avaient provoqué qu une ironie aimable de sa part : a Sur quel nuage sombre se sont arrêtés ces beaux yeux? »
Ce n'était pas le gouvernement seul qui s'endormait. Guizot, un des oracles de la diplomatie des anciens partis, s'était expliqué sur le sujet, et avait conclu que la guerre n'était ni inévitable, ni probable K
Ainsi étaient accroupies, dans l'ombre, deux
■ 1. «Soit quo roiisidère les faits généraux ou les faits personnels, Ja sihi ilioii des peuples ou le caiaclèro dos ]»rinces et de leurs niimsUes, je ne vois nulle part que les i»a^sh>ns et les ( h-ijji es <le la pierre dominent; je reconnais jiarLout la prépuiiil(^^raiice des seiitimctils, des intérêts et des instincts de la paix, [.a ^'ueno îi'est lu inévilable, ni probable, et maiiitenani, pour un temps indéterminé, l'Europe i omme la France aspire à la paix. » (La France et la Prusse devant V Europe f p. 120.)
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hèies iVriXé^. i«i tieToiuûou et la Prusse, toutes deux prèles i s élancer sur l^Empire et à s'en-
Ir'aiderpour i élranglt r . En zArd'e contre la liévolution. nous étions daas la plus trompeuse sécurité TÎs-à^TÎs de la Pmsse.