‹ L'empire libéralChapitre 60 sur 99 · I. Lettre au Pays · texte numérisé non relu

I. Lettre au Pays

en continuant les démonstrations pacifiques.

On y réussissait dans le langage officiel. Cependant, parfois la pensée secrète se montrait; il n'est de feu si bien couvert, qui ne laisse échapper quelque fumée. Dans un dîner diplomatique, vers la lin de 1869, le ministre allemand h Washington annonçait l'imminence de la guerre. Thile le blâma vivement non qu'il le démentit, mais « parce que si la guerre éclatait, ils avaient tout intérêt à mettre de leur côté la sympathie publique et à faire croire que c'est la France qui l'aurait provoquée » K

Ces propos arrivaient aux Tuileries et alors on se prenait un moment à douter de la sincérité des déclarations officielles. Mais Bismarck, à la première rencontre avec Benedetti, recommençait ses caresses enfarinées, et on se i assurait. Son auxiliaire le plus précieux dans cette comédie fut notre attaché militaire Stofld. Choyé, séduit, invité à Varzin dans l'intimité, le colonel était devenu, sans s'en rendre compte, j'en suis persuadé, son agent auprès de nous plus que notre agent auprès de lui. Cela devenait tellement flagrant que Benedetti avait demandé son remplacement et qu*on s'occupait de lui chercher un successeur. En attendant, ses rapports exerçaient une incontestable influence sur les opinions du ministre de la Guerre et de l'Empereur ^ U retraçait en termes saisissants

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